Hollande au dessus d’un nid de coucous

Ces dernières semaines notre cher gouvernement et ses compétents ministres ont entendu la grogne montante en France concernant la hausse de la fiscalité. Un an et demi après l’élection triomphale de notre président, parfaitement conscient et solidaire des efforts que doivent accomplir les français pour réparer l’insupportable quinquennat précédent, après un collectif budgétaire et une loi de finance 2013 qui devaient en épargner 90%, le budget 2014 se dessine.

hollande2012-2013

Je ne reviendrai pas sur les innombrables jeux de mots tous plus sophistiqués les uns que les autres pour présenter de la moindre augmentation de dépense comme des baisses de dépense, ce serait un travail journalistique qui demande du temps, des investigations, des mises en perspectives économiques, du sérieux et de la neutralité, je ferais naturellement confiance aux journalistes français. Une évidence se matérialise de plus en plus concrètement dans l’esprit toujours trop cigale des français : Avec un déficit de 4% du PIB, il faut trouver beaucoup de pognon. Mais pourquoi exprimer le déficit non pas en fonction du ratio entre les dépenses et les recettes de l’Etat mais ramené à l’ensemble de la richesse produite d’abord ? Je ne connais pas la réponse mais on peut aisément parier qu’un jour un gros malin à Bercy a imaginé que dire 4% c’est mieux que d’avouer aux ménages français qu’on dépense 10% de plus que ce qu’on gagne…

A peine arrivé au pouvoir, les socialistes commandent un rapport à un gourou magique qui pointera du doigt les carences françaises, mais pas trop méchamment, il est du sérail, faut pas déconner, en faisant un peu zèle, en fait pas beaucoup, il risquerait de conclure que le socialisme ça ne marche pas. Gallois a donc montré la lune comme Galilée avait vu dans sa lunette très mal polie les 4 principaux satellites de Jupiter, tellement immanquables. Les socialistes ont évidemment regardé le doigt : Le principe du CICE est identique à la TVA anti-délocalisation de l’affreux Sarko à peine abrogée à l’arrivée des socialistes au pouvoir. Mais ils sont persuadés de pouvoir faire mieux avec des contraintes bureaucratiques en plus, sorte de valeur ajoutée socialiste à un projet médiocre pensé par la droite : Celui qui paie change mais le poids de la bureaucratie et de secteurs marchands privés de concurrence se maintiennent alourdissant l’ensemble comme avant…  Pour le taux à 5.5, les socialistes pensent que maintenir le taux équivaut à une rentrée supplémentaire qu’on peut redistribuer en fonction des besoins de la clientèle et non en rendant l’argent aux français pour qu’ils le dépensent librement… (Ou se désendetter). L’an dernier de nombreux groupes de protestation sont nés pour s’opposer à ce qu’il leur semblait inéluctable à leurs yeux, les socialistes allaient chercher à combler les déficits uniquement par l’augmentation de la pression fiscale. Est alors apparu tout un bestiaire enchanteur, de pigeons, de moutons, de tondus, de poussins. La basse-cour s’est rebiffée mais les impôts sont tombés.

Arrive le budget 2014, et accrochez-vous bien, rebelote. Hollande passe à la télé le 14 juillet puis, plus tard, fait une audience record pour distiller ses incantations magiques dont il a le secret. Pour des raisons économiques c’est-à-dire de retombées publicitaires, à ce rythme il va être tricard sur TF1. Aurons-nous l’interview exclusive du président sur France 24, TMC et sur Canalsat avec SyFy et Comédie + ? Les premières annonces arrivent et un élément de langage comme disent les politiques apparaît : « La pause fiscale ». Rappelons deux choses en passant, le terme « pause » ne signifie pas « arrêt »… Les mots ont du sens, les actions qui suivent ont-elles des conséquences. Mieux vaut rester précis car comme dit Martine la philosophe qui a bradé le poste de premier secrétaire pour se contenter de sa ville et qui a de plus en plus de moule et la frite, quand c’est flou, il y a un loup. En plus les « éléments de langage » permet aux élus du même bord de dire exactement la même connerie. En théorie c’est pratique, le « petit journal » de Canal + repère que tous disent la même chose, ils en dissertent pendant l’émission à base de « hahaha » et ne se demandent jamais si c’est pertinent sur le fond. Seulement, c’est mon second point, depuis tout le monde au gouvernement y va de sa phrase et surtout pour essayer de figer un semblant de calendrier. Dans quelques siècles, avec des techniques de pointe dont aucun de nos experts missionnés par les socialistes pour lire dans leur boule de cristal de quoi l’avenir sera fait comme ce brave Attali qui depuis 1981 conserve les clés de l’Elysée bien que comme conseiller d’une entreprise privée il serait depuis longtemps emmitouflé avec des cartons de déménagement sous un pont parisien,  on n’arrivera pas à dater cette fameuse pause. Jean-Marc, l’autorité incarnée, donne un chiffre différent de son président aux convictions tout aussi inébranlables, Mosco nuance l’incertitude et à la fin d’un processus aussi original que participatif pour reprendre un terme cher aux socialistes, c’est la pétulante prix Nobel d’économie du gouvernement, enrôlée pour ses travaux spectaculaires prouvant l’existence d’un unique camp du bien, Najat qui du haut de sa stature donne encore une autre version. Au même moment Jean-Marc avant d’être muté à l’hôpital Velpeau traitant les cancéreux en phase terminale voulait siffler la fin de la récré durant laquelle l’excité Manuel tirait sur les couettes de Christiane et sur les roms révélant sa nature de futur Duce avant que les français, en voyant ses résultats sur la délinquance, ne se sentent dupés. Pas de chance, il voulait contrôler les interventions médiatiques de ses ministres mais sur Europe 1 il livrait les noms d’otages français dont les familles avaient demandé de garder secret.

mosco

La séquence suivante porte sur la fiscalisation de l’EBE. Si l’objectif après un psychodrame de deux semaines était d’en arriver à une toute bête augmentation de l’IS afin de consolider la médaille d’or françaises dans les JO de l’impôt, Machiavel reconnaitrait son amateurisme, les socialistes ont trouvé mieux que de l’EPO, ils déposeraient Lance Armstrong dans une fiscal cliff classée hors-catégorie. Une idée pas trop mauvaise avait été toutefois émise : Chercher à développer l’épargne type PEA sur des PME et ETI. On vient d’apprendre que dans la loi de finance 2014 un article prévoit une surtaxe avec effet rétroactif. Que dire ? On vous incite à investir dans un secteur et derrière on vous taxe en déchirant les règles du jeu. Remarquez, on est tous un peu socialiste au fond, je refuse de jouer au Monopoly si ce n’est pas moi qui tient la banque. Mardi matin dans les experts, Alain Madelin pousse un coup de gueule à ce sujet et rappelons que depuis qu’il a quitté la politique, ses commentaires et ses critiques évitent autant que possible la critique partisane et amnésique des ténors de l’UMP (Allez à 1m32s):

Ceci-dit, il ne me semble pas inutile de rappeler que le plafond des livrets A avait été augmenté drainant des milliards d’euros sur ce livret tandis que le logement social qu’il est sensé financer n’était pas nécessairement en demande et que peu de temps plus tard, le taux était abaissé soit disant du fait de l’absence d’inflation. Comme se plait à rappeler Olivier Delamarche, la Cassandre de BFM, dans le panier de l’INSEE, y figure la balle de ping pong et non le coût du logement qui est pourtant de loin le premier poste de dépense des ménages… Alors pourquoi pas un petit chyprage des comptes surtout quand le FMI avance l’idée avec une décontraction indécente ?

La basse-cour avait raison, les socialistes ne savent rien faire d’autre que d’augmenter les recettes puisque la réduction des dépenses leur est intrinsèquement étrangère et électoralement mortelle. Au travers des exemples de détournements clientélistes présentés dans les médias comme de la redistribution, la mécanique socialiste n’a jamais été autant mise à nue. Si vous êtes bricoleur, vous avez déjà refait un raccord électrique. Avec une paire de ciseaux on dégage les fils de cuivre de la gaine en plastique mais Hollande et ses amis choisis pour satisfaire le dogme officiel (parité/courants/diversité/jeunes-vieux/truands-truands ha non pas celui-là officiellement cf Marseille où l’élève a dépassé ses maîtres) nous a offert beaucoup plus astucieux : Il ne fout pas en l’air quelques fils de cuivre avec le plastique en dénudant le câble mais qui coupe droit l’ensemble et s’étonne ensuite qu’il n’y a pas de cuivre qui dépasse. Ne dites plus qu’Hollande c’est M. Bricolage, en constatant ses échecs plutôt que de se former avec des pros, il a préféré fermer les magasins ce jour-là. Compte tenu de la situation économique, des exemples à suivre existent et qui donnent des résultats volontairement occultés et de l’aveuglement étatiste vendu maladroitement sur la forme, grotesquement sur la durée et follement sur le fond, je rejoins la conclusion de Charles Gave http://institutdeslibertes.org/la-croissance-et-les-poux-sont-de-retour-cherchez-lintrus/ dans son dernier billet : Nous ne sommes pas gouvernés par des incompétents mais par des fous.

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A propos Duff

Ingénieur consterné par le monde dans lequel il vit...
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3 commentaires pour Hollande au dessus d’un nid de coucous

  1. reveilletoiliberte dit :

    correction/ajout 1ere phrase: « … notre *très* cher gouvernement … »

  2. paroxystique dit :

    A voir le sommet de mesures contradictoires et le mitraillage compulsif de l’économie à la 12,7, il n’y a que 2 possibilités:
    1. L’idéologie collectiviste forme un brouillard impénétrable dans les cerveaux ayant un jour chanté l’internationale (si si on l’entend encore…)
    2. Le pays est réellement foutu, la faillite se pointe à la vitesse de la lumière sur leurs gros yeux écarquillés, et l’on assiste au dernier sursaut frénétique du râteau du croupier… Les jeux sont faits, rien ne va plus…

    CPEF

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