L’indispensable recomposition politique des opposants à toutes les formes de socialismes pour échapper à la servitude

A peine 2 ans après son élection, François Mitterrand changeait radicalement de cap et mettait fin aux illusions communistes des nationalisations, du changer la vie et autres chimères gauchistes traditionnelles qui ne résistent jamais à l’épreuve du pouvoir ni à la réalité économique. Cette capacité à changer autant s’explique aussi par la personnalité troublante de Mitterrand, un détonant mélange de cynisme et d’opportunisme parfaitement en accord avec la découverte de sa francisque et de ses amitiés douteuses. Aux législatives de 1986 il n’hésita pas à changer les règles pour que les résultats fussent plus accommodants. Il en résultat l’entrée d’une trentaine de députés FN à l’assemblée nationale du temps où Jean-Marie Le Pen se présentait comme le « Reagan » français luttant contre le « fiscalisme » et le mondialisme responsable selon lui du détournement des élites françaises des attentes du peuple. A l’élection présidentielle de 1988, Raymond Barre avait réussi à éloigner l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing de toute ambition de retour et Jacques Chirac était nettement battu au second tour par le président candidat affichant tout de même un bilan catastrophique achevé par une cohabitation, première du genre sous la Vème république. Mitterrand a été confortablement réélu alors qu’atteint d’un cancer qui le rongeait au point de ne plus pouvoir le cacher à la fin de son mandat, celui-ci se terminant par une nouvelle déroute électorale en 1993, inévitable après le renvoi des sociaux-démocrates à la mode Rocard deux ans avant. Cédant aux chantages modernistes et progressistes du gauchisme arrivé au pouvoir, Mitterrand nomma Edith Cresson avec le succès que l’on connait lorsque l’on croie qu’une personne sans expérience ni talent et aux aptitudes insuffisantes pour le poste peut néanmoins réussir… Ce rappel permet de se convaincre que même dans une démocratie ancienne et solide avec un haut niveau d’instruction, il se peut que les électeurs aient la mémoire courte à en juger les récents événements !

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Arnaud M. l’homme qui pense sauver autant d’emplois que la CGT. Ceux qui n’ont pas vu de caméras de TV et le bouillonnant ministre apprécieront. 

Vint ensuite la trahison ultime de Mitterrand au pouvoir et la première concrétisation du renoncement de la droite à être elle-même, d’assumer ses idées et de rester fidèle au gaullisme, cédant aux sirènes de la pensée unique : Le traité de Maastricht. Etant trop jeune pour me rappeler en détail toute cette histoire amorcée en 1981 avec l’arrivé de communistes assumés ou de communistes à peine light au pouvoir, je constate en me basant uniquement sur ces principaux faits que l’évolution des idées politiques en France est fortement liée à cette période. Période au cours de laquelle on vit également le mur de Berlin tomber en 1989 sans qu’aucune conclusion sérieuse n’émergea dans les années suivantes. Certains à droite et au centre comprirent que l’acharnement de Chirac à s’imposer personnellement plus que ses idées l’amènerai naturellement à refuser en 1993 de devenir pour la troisième fois premier ministre et pire encore, en 1995 à être démagogique pour enfin être élu. En 1992, Jacques Chirac prit position en faveur du référendum de Maastricht en balayant d’un revers de main ses propres déclarations eurosceptiques de l’appel de Cochin datant de 1978. Marie-France Garaud et les souverainistes Pasqua, Seguin et De Villiers étaient conviés d’aller se faire voir.

Seguin craignant une dérive technocratique, Mitterrand mentant tranquillement

Ces dernières années, je me suis interrogé sur les motivations et le parcours des dissidents du RPR et de l’UDF ayant franchi le Rubicon en ralliant le FN ou entrant en dissidence avec une droite qui n’écoutait plus le peuple après un référendum (2005) ou jouait ouvertement contre ses intérêts. Comment passer de l’UDF au FN ? C’est le cas de Jean-Yves le Gallou qui se bat désormais contre la tyrannie médiatique qui oppresse le débat intellectuel pour que seules les idées gauchistes de mai 68 soient jugées non seulement tolérables mais également majoritaires ce qu’elles ne sont pas. Yvan Blot passe lui du RPR au FN et fait maintenant la promotion de la démocratie directe trop timidement instituée par Sarkozy pour que le peuple puisse se saisir de grandes questions afin que les réformes institutionnelles ou grandes questions sociétales soient tranchées par le peuple et non par la voie parlementaire forcément partisane. Si la France était dotée d’un pareil mécanisme, nous n’aurions jamais vécu le mélodrame stérile autour du mariage pour tous : Saisissant que ce projet agrégeait trop de mécontentements, le président n’aurait jamais avancé d’une manière aussi dédaigneuse par la seule voie parlementaire tandis qu’une demande populaire de référendum sur le sujet l’aurait probablement brisée ensuite. Le référendum d’initiative populaire n’a pas pour but de s’exprimer sur tout et n’importe quoi tous les dimanches, c’est une épée de Damoclès au-dessus des représentants du peuple pour s’assurer qu’ils œuvrent conformément à celui-ci et non en faveur de ses intérêts propres ce qui est manifestement le cas quand on a appris que le ministre en charge de la fraude fiscale était lui-même un fraudeur notoire et que la déclaration d’Hollande pour échapper à l’ISF et le statut actuel de se concubine était particulièrement trouble… Citons encore le vote des sénateurs qui entérine la fin du cumul des mandats sauf pour eux-mêmes. Du siècle des lumières au cours duquel l’idée qu’une majorité plus vaste que les 50% était nécessaire pour de grandes transformations se fit jour, il en reste une trace dans notre constitution : Toute réforme constitutionnelle n’est rendue possible que par la majorité des 2/3 des députés et sénateurs réunis en congrès. Enfin, Philippe de Villiers a quitté l’UDF pour fonder un parti souverainiste qui lui aussi affirmait l’impérieuse nécessité de garder une économie libre pour la santé financière de la France ainsi que son refus de transférer au profit une oligarchie non élue, technocratique et bureaucratique des pouvoirs grandissants.

 hollande2012-2013

Un président normal n’estimant pas nécessaire de se serrer la ceinture autant que ces concitoyens

Avec l’orientation socialiste voire communiste du programme économique de Marine Le Pen, tous ces gens se sont logiquement détournés du FN. Le FN se moque de la liberté, c’est un parti autoritaire qui comme tous ceux qui n’élève pas la liberté au rang le plus élevé des combats, est prêt à contraindre le peuple par tous les moyens. Il en va de même pour les socialistes qui rejettent l’idée que seule la liberté au moins sur le plan économique est la condition préalable au progrès économique et social. En 1944 l’économiste F. Hayek, nobélisé plus tard écrivait comment dès la fin du XIXème siècle des courants de pensée hostiles à la liberté avaient contaminés progressivement la société allemande. Les partis traditionnels ne défendant plus la liberté et s’étant discrédité dans une république de Weimar agonisante, le terreau devenait de plus en plus favorable à deux partis politiques qui s’empoignaient tandis que sur le fond, ils ne présentaient que peu de différence à celui qui chérit la liberté : C’était le NSDAP dont le S a toujours signifié « socialisme » et rien d’autre, et le parti communiste qui reprochait aux socio-démocrates de ne pas être assez anticapitalistes.  La lecture de « la route de la servitude » est indispensable car elle offre toutes les clés pour comprendre un monde que l’on croyait disparu avec ses idéologies violentes, haineuses, établissant comme seul horizon de progrès aux hommes celui de détruire les autres. A plusieurs reprises j’ai eu l’impression qu’Hayek me parlait de l’antagonisme théâtral entre le FN et un autre front, celui de gauche comme quoi le nom avait été savamment choisi ! Les récents événements, les mensonges grossiers des ministres, les gardes à vue autoritaires de Manuel Valls, il n’est pas exclu que les socialistes actuellement au pouvoir s’enferment dans le déni de réalité et se montrent coupables d’atteintes graves à la liberté. Tout se joue bientôt : Si face à la gronde et à des défaites électorales mémorables qui s’annoncent, Hollande ne revient pas devant le peuple (référendum ou dissolution) le slogan de Sarkozy de 2007 pourrait bien reprendre du service dans une version un peu différente : « Avec eux, tout devient possible »…

Les radars ont-ils fait baisser la mortalité routière autant que les progrès techniques et les scores en hausse aux crash test des voitures européennes?

Vouloir préserver notre modèle social qui n’est pas un modèle, exporté nulle part, qui nous a été imposé par le CNR alors que les communistes armés pesaient 25% des voix à la fin des années 40, est une pure folie, et en aucune manière une réponse adéquate aux problèmes posés à la France. La France subit la mondialisation et le libre-échange parce que la France ne s’est pas s’adaptée à une réalité imposée que ses chers, très chers socialistes de tous bords n’arrivent pas à appréhender. Au lieu d’en profiter, de partir à l’assaut de ces nouveaux marchés, au lieu de reconnaître que c’est l’échange qui crée la richesse, que c’est notre système de formation qui est HS, on préfère tourner le dos à la destruction créatrice de Schumpeter, en dilapidant de l’argent publique pour des canards boiteux comme le fait si bien Arnaud Montebourg… Où iront les mouvements de protestation ? Feront-ils comprendre aux français que l’économie planifiée ne marche pas, qu’elle n’a jamais marché et qu’elle conduit inévitablement à la servitude ?

A force de ne plus être la droite, la droite s’est éparpillée depuis les années 80 dans différents mouvements plus ou moins soumis ou révoltés par la pensée unique qui nous impose une économie de marché de moins en moins libre, du progressisme sociétal qui n’est rien d’autre qu’une décadence hédoniste et enfin une construction européenne éloignée de ses buts honorables d’origine pour accoucher d’une bureaucratie dirigée par des technocrates dont le pouvoir grandit après chaque atteinte portée aux démocraties. La droite doit se ressaisir et vite, puisse la défaite prévisible de NKM à Paris accélérer la réflexion : A trop copier la gauche qui pourtant s’effondre, prise à ses propres pièges, les parisiens vont probablement préférer l’original à la copie offrant ainsi aux socialistes une satisfaction médiatique dans l’océan de déroutes locales inévitables désormais. Dans le cas contraire, les mouvements de fronde idéologiquement disparates ne feront que prolonger la mal français en sapant toute espérance d’unité autour d’un projet salvateur. C’est le rôle historique que doit maintenant assumer la droite : La gauche au pouvoir applique aveuglement son programme stupide et dévastateur, elle a donc une lourde responsabilité dans la débâcle mais que dire de la droite qui lors de ses retours aux affaires n’a rien changé, rien défait des folies socialistes alors qu’eux ne se privent pas pour tout défaire dans les premières semaines ?

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A propos Duff

Ingénieur consterné par le monde dans lequel il vit...
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