Comment en est-on arrivé là ? Un flashback cruel mais nécessaire

Reprenons le film, en juillet 2010, Nicolas Sarkozy tient un discours à Grenoble que sa faible côte de popularité autorisa aux principaux médias subventionnés de qualifier d’ignoble. Sarkozy avait eu l’outrecuidance de lancer un débat national sur l’identité. Mal ficelé, avec des objectifs louables mais aux limites indécises tant sur la forme que sur le fond, l’échec de ce débat nous revient sans cesse à la figure comme un boomerang. Preuve qu’il était nécessaire la gauche au pouvoir en subit les conséquences à son tour : La gauche et ses penseurs courageux avaient estimé nécessaire de ne pas y prendre part pour toujours les mêmes et infatigables raisons morales qui leur assurent une supériorité de fait, indiscutable au point qu’il ne soit jamais utile pour eux d’en apporter la moindre preuve. Durant la campagne 2012, Marine Le Pen démarra sur les sujets économiques, son rejet intellectuellement valable de l’euro, son rejet tout aussi valable d’une Union Européenne faisant fi des référendums et ne répondant à aucun contrôle démocratique constituaient des angles d’attaque prometteurs en pleine crise de l’euro et après un traité de Lisbonne épargné de toute consultation citoyenne. Son abnégation à paraître crédible ne lui assurait pourtant pas la percée escomptée dans les intentions de vote. Et pourtant, combien de fois ai-je entendu sur France-Info des reportages sur ces français décomplexés du vote FN suite à l’accession de MLP à la présidence et la mise en tête de gondole de ces sujets convaincus que Nicolas Sarkozy les avaient trahis…

Pour remonter dans les sondages, MLP revint aux fondamentaux islamophobes. Ce fut l’abattage rituel de la viande qui fut mis sur la table alors qu’à en lire Bruno Le Maire dans « jours de pouvoir » cette bombe potentielle était connue depuis au moins 2 ans, remontée en haut lieu même. L’affaire Mera tomba à pic, mais, curieusement n’égratigna pas le candidat socialiste en apparence. Merci la presse subventionnée car les socialistes et Terra Nova, trop convaincus de l’importance d’un vote communautariste en vue de l’élection d’un socialiste, dissuada son candidat de se positionner. Une fois de plus pourrait-on dire.

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Un président bling-bling qui avait compris que la réforme du quinquennat l’obligeait à poursuivre sa stratégie d’omniprésence dans les médias mais pas qu’il lui fallait aussi des résultats

C’est la caractéristique de la faillite politique que nous connaissons actuellement : Faire des compromis inavouables en vue d’être élu peu importe les conséquences derrière, même si il était très facile de deviner que ces silences auguraient des situations intenables et des renoncements très mal perçus par la population une fois élu… Ce marchandage électoral connut son apogée durant « l’affaire Léonarda » au cours de laquelle, le président crût bon de l’exploiter dans le but de donner des gages immédiats à son aile gauche tandis que sa taxe à 75% pataugeait depuis le départ. De plus, « Libération » le qualifiait de présidents des patrons, insulte ultime entrant en résonance avec le président des riches tandis que les entrepreneurs français, à leurs grands regrets, n’avaient pas de quoi partager l’opinion du quotidien gauchiste… L’art de mécontenter tout le monde conclura-t-on.

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Un homme politique qui pensait que les journalistes n’étaient que des prostituées, il s’est juste trompé de peu sur la vocation des femmes de chambres à New-York

Parlons maintenant des conditions du choix de Hollande, elles sont si révélatrices… Tandis que Canal+ faisait l’apologie de son candidat désigné en le montrant cuisant un steak et défroissant un costume à 35 000 euros dans sa douche, on apprenait peu de temps après quelques leçons essentielles : Que certains de ses proches ont disséminé l’idée d’un complot, et que toute la presse parisienne savait que l’affaire de New-York n’était qu’un nouvel épisode parmi tant d’autres précédents alarmants. Cette fois l’omerta ne se mît pas en marche par le simple fait que dans une vraie démocratie et avec de vrais journalistes d’investigation, ce qui s’était passé au Sofitel là-bas n’aurait jamais pu être étouffé. Quelle étrange et suspecte complicité, puisqu’une des premières décisions du président Hollande fut de rétablir l’abattage fiscal des journalistes, je vous laisse le soin d’en tirer les conclusions qui s’imposent sur l’incestueux rapport qui lie les politiques avec les journalistes, les concubins de l’Elysée ont même banalisé cette pratique au plus haut sommet de l’état ! DSK superstar hors-jeu, il fallait lui trouver un remplaçant…

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Un homme politique qui juge le monde du travail sans jamais avoir travaillé : Staline était une erreur de l’histoire non son produit

Le résultat des primaires socialistes ne fut si tranché que cela : Hollande l’emporta avec 56.7% des suffrages face à Martine Aubry, première secrétaire esseulée car tous les autres « sérieux » se rangèrent derrière Hollande. Même Montebourg avec ses 17.2% et son discours délirant sur la « démondialisation » proche de la décroissance des verts qui en érigeant en vertu un appauvrissement général ne peut pas être appliqué sans une négation des libertés individuelles donc pour être clair, une dictature… A croire que ces gens-là pensent comme Gérard Filoche, aux glandes lacrymales sensibles, que le vrai et pur communisme n’a pas pu être mis en place en URSS la faute à un complot capitaliste voire ultra-libéral. Arnaud glanait un ministère, François trop fier d’avoir un soutien, pourtant encombrant, fit encore une synthèse impossible… Il en fit une finaude en apparence: Quel simple dénominateur commun puis-je trouver entre tous ces gens qui racontent n’importe quoi? Virer Sarkozy ! Bingo ! Ce fut son seul axe de campagne et ne souffrant d’aucune contradiction émanant des intellectuels, par définition socialistes, porté comme un sac en plastique non recyclable dans le vent, il put atteindre le château avec comme climax avec le président normal. La vérité c’est qu’il fut choisi par défaut sur ce projet d’alternance à un homme et non à un projet et que ses synthèses impossibles, matérialisées par un gouvernement sans queue ni tête répondant plus à de stupides critères progressistes qu’à la volonté de lancer des chantiers de réformes, devaient nécessairement l’embarrasser quasi-quotidiennement. Parité quitte à investir des personnalités soit incompétentes soit trop « clivantes » – pour reprendre une dialectique sur Sarkozy – Montebourg et Moscovici sur des thèmes complémentaires, bref une parfaite absence de capacité de trancher. Tout était annoncé, prévisible, inéluctable, implacable.

La fermeté de Valls face aux provocations communautaristes (Trappes), sapée par la proposition faussement humaniste du président envers Léonarda, tout confirme que sur chaque sujet, la volonté du président de ne pas trancher, de se réfugier derrière des compromis s’essuyant sur la loi, Hollande est foutu. Complètement. Il peut changer de premier ministre, il sabotera son action par ses non-choix. Cette semaine Ayrault veut remettre à plat la fiscalité ? C’était une promesse de campagne après tout… Oui mais face à la fronde, on connaît d’avance le résultat surtout quand il est annoncé que les syndicats seraient consultés et peut être aussi la représentation nationale au parlement : La fusion de l’impôt sur le revenu avec la CSG n’accouchera pas d’une flat tax mais d’une progressivité de la CSG… Autrement dit, l’ingénieur trentenaire célibataire verra son pouvoir d’achat faire la tangente avec celui de la caissière de Leader Price, non que j’aie du mépris pour elle, elle ne gagnera rien dans l’affaire… A contrario, j’aurai de plus en plus de bonnes raison de me joindre à sa colère ou pire (mieux ?) de quitter un pays obsédé par les inégalités de revenus et qui se satisfait lorsque les celles-ci stagnent ou régressent car tout le monde s’appauvrit parce que le travail n’est pas encouragé et encore moins rémunéré et que les talents sont priés d’aller voir ailleurs. Si seulement un jour les français faiblement payés ou au SMIC qui pensent échapper à l’impôt car exonérés de l’impôt sur le revenu prenaient conscience de ce que l’état leur prend sans que cela ne figure sur la feuille de paie ! Idem pour tous les autres aussi…

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Un président normal n’ayant jamais travaillé se doit de tenter de comprendre le travail surtout si on peut enfiler des lunettes sympas

J’entendais ce soir (lundi sur RTL je crois) le pataud Roland Cayrol nous expliquer, mouliner avec ses bras ankylosés, que c’était rattrapable… Mais non : Le PS découvre les joies de la laïcité au pouvoir, les joies de ne pas avoir cherché à se positionner sur le débat sur l’identité, les joies d’avoir choisi un benêt par défaut, les joies de la crise du modèle social tant convoité dans le monde mais que personne a eu la folie de copier! Au moment où toute les marges de manœuvre politiques et économiques sont épuisées, que vont faire les socialistes ? Changer de cap comme en 1983 ? S’emmurer dans le déni ? De récents indices suggèrent hélas la seconde proposition, trop de mensonges, trop de novlangue, trop de discours creux, trop d’indécisions, trop d’arbitraire face à la loi.

Les événements de ces derniers mois confirment que le système est trop vérolé pour qu’il y ait le moindre espoir crédible qu’il puisse être réformé de l’intérieur. Hollande fait des synthèses entre des positions irréconciliables mais en y regardant de près, il synthétise tous les mensonges de la gauche : Clientélisme, gestion déplorable, dogmatisme, manipulations grossières, déni de réalité, multiculturalisme élevé en vertu, situation matrimoniale ambigüe, patrimoine anormal etc. Ne vous fiez pas à sa bonhomie. Cet homme est vraiment dangereux. Il marquera l’histoire à n’en pas douter…

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A propos Duff

Ingénieur consterné par le monde dans lequel il vit...
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5 commentaires pour Comment en est-on arrivé là ? Un flashback cruel mais nécessaire

  1. @Duff,
    Comme d’habitude, tres bien dit.
    JdG

  2. Annick dit :

    Bonsoir Duff,

    Un bon billet auquel je souscris. Tout est dit.

    Une chose me taraude et… m’enquiquine au plus haut point : ces incompétents notoires vont-ils bénéficier d’une retraite douillette et rondelette après nous avoir emmenés au chaos ?
    Quelque chose cloche dans notre Constitution !

    Bien à vous,

  3. Annick dit :

    Oh ! le joli bonnet !
    Je viens de m’en rendre compte…

    • Duff dit :

      Merci! ça faisait un moment que je voulais en rajouter un, j’ai pris le temps cette après midi.

      Pour rebondir sur votre interrogation précédente, il est devenu tellement évident que les politiques se battent quitte à raconter n’importe quoi et devoir affronter l’impopularité derrière juste pour profiter des avantages de la fonction, sur le moment et après.

      Nous manquons de contre-pouvoirs directement livrés aux citoyens. Au lieu de manifester avec de jolis bonnets rouges mais surtout les risques de débordements inhérents, ils voteraient et censureraient les lois idiotes et injustes. Rien que l’effet dissuasif nous aurait épargné bon nombre de scandaleux avantages accordés à des clientèles passés en catimini.

      Cdlt

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