Hollande : une vie bâtie sur des mensonges ne pourra jamais accoucher d’un élan réformiste salvateur

En écoutant les socialologues sociologues accrédités pour passer à la télévision et leur vision particulièrement étriquée du monde de l’entreprise voire se réclamant d’un marxisme parfaitement assumé, je n’ai jamais douté qu’on ne pouvait pas prendre vraiment au sérieux cette discipline se réclamant des sciences humaines. L’histoire connaît aussi des débats interminables à cause de l’inévitable mauvaise foi humaine qui la pousse à interpréter des faits objectifs de manière malheureusement très aléatoire selon la méthodologie poursuivie et la prise en compte arbitraire d’autres faits concomitants. Ces gens à qui les événements donnent régulièrement tort sévissent sur toutes les ondes et en saturant le commentaire politique, ils stérilisent la pensée qui se recroqueville dans un espace réduit et normé duquel il est fort imprudent de sortir dans une ancienne démocratie devenue une oligarchie. Hollande n’est pas arrivé par hasard au sommet de ce carré réduit, il en est plus que le simple produit, il en est désormais le garant.

ImageD’autres médias attendaient d’autres explications…La presse aux ordres s’est couchée quand le grand argentier en a décidé.

A la suite de sa conférence, comme prévu, la presse achetée à coup de généreuses subventions sans lesquelles la plupart auraient déposé le bilan, a salué une nouvelle fois la prestation du président Hollande. Ayant un peu écouté ses réponses aux journalistes, j’ai relevé, comme les correspondants étrangers, l’incroyable mansuétude, la bienveillance complice des journalistes français. Après son coming out social-démocrate, il lui fut demandé s’il disposait de la majorité ad-hoc pour appliquer les réformes, un non-dit lourd de sens : Ce PS majoritaire à l’assemblée nationale est gangréné par des communistes à des années-lumière du Bad Godersberg du SPD de 1959 et va devoir avaler une couleuvre inédite, enfin, sur le papier.  Hollande a bien entendu esquivé la question pourtant cruciale… Mercredi, les gros titres soulignaient l’habilité présidentielle tandis que les sondages opérés par tous les grands quotidiens démentaient furieusement les savants journalistes : Avez-vous confiance ? Non ultra-majoritaire à droite et à la gauche de la gauche. Autrement dit, le chemin de crête suivi par Hollande est plus que périlleux, en dehors de ses intimes qui calquent leurs pas dans les siens, il mécontente tout le monde alors que les journalistes opéraient une union nationale aussi douteuse que stérile et surtout corporatiste au fond.

ImageMister Brivolage en action : Circulez, il n’y a rien à voir, Valoche va très bien comme toute personne restée 8 jours hospitalisée.

Plutôt qu’à la sociologie entachée de lourds soupçons freudo-marxismes, je me référerais davantage à la praxéologie : Hollande n’a jamais été marié, donc ne s’est jamais engagé. Il a bien fait 4 enfants à une de ses premières conquêtes mais l’a joyeusement trompée par la suite. La concubine suivante, il la trompe à son tour pour une actrice militante pur produit du système socialisé de la culture. Entre temps on lui prête même une fille avec une figure de la politique parisienne actuelle, candidate déjà retraitée de la fonction publique à l’orée de la cinquantaine… Durant une bonne dizaine d’année, à la tête du PS, il réalisa des grand-écarts de haut vol pour réaliser des synthèses impossibles entre les différentes mouvances de ce parti aussi hétéroclite que son pendant actuel de droite. Au fond, Hollande a pris l’habitude de trahir celles et ceux qui avaient cru en lui. A l’instar de sa première concubine officielle, il vient d’un milieu catholique très traditionnel avec un père très conservateur pour ne pas dire réactionnaire. Il a comme idole Mitterrand qui, un temps collaborateur, nourrissait des idées très à droite avant-guerre, a lu Charles Maurras, a conservé une fidélité totale à ses amitiés les plus controversées et en tant que ministre de l’intérieur durant les évènements algériens avait accordé les pouvoirs spéciaux à l’armée ouvrant la voie à la torture et au renoncement de l’état de droit. Hollande semble avoir hérité du cynisme mitterrandien qui avait à l’époque décrypté le chantage gaulliste : C’est moi ou les communistes. Le film se rejoue une nouvelle fois à l’identique. La droite est actuellement dirigée par un président de l’UMP aussi arriviste que dépourvu de toute analyse profonde et audible des maux dont souffre la France, mal élu, mal aimé, avec l’ombre de la statue du commandeur déchu qui trépigne d’impatience pour revenir dans le jeu alors qu’il fut battu en 2012 pour de bonnes raisons, tandis que son camp imputa sa défaite à un positionnement qui en réalité lui évita un naufrage. Dans ces conditions, Hollande sait pertinemment qu’il lui faut jouer la carte du FN, diviser pour mieux régner dit-on. Cette leçon mitterrandienne fut bien apprise, l’avenir dira si un Hollande aussi discrédité saura comme son maître jouer d’une France toujours majoritairement de droite…

ImageM. Brivolage en visite dans une monarchie dont le roi a osé parler de la fin de l’état providence à ses sujets. Pas la peine de chercher le plus grand des Horse Guard comme à Londres pour humilier le président français…

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La France manque encore de chômeurs pour qu’Hollande mérite un hommage réalisant l’union de la gauche dans la foi et le recueillement.

Hollande inscrit donc ses pas dans ceux des démocraties nordiques et assure être un social-démocrate. Il était temps, mais cet aveu intervient trop tard, il y a déjà belle lurette que ces pays se sont réformés et pour ceux qui conservent un très haut taux de dépenses publiques, ils ont soit conservé leur souveraineté monétaire soit contrôlé la dépense afin qu’elle soit efficace. Notre très chère chaîne France 2 montrait il y a déjà quelques années dans « envoyé spécial » une employée de la poste suédoise licenciée qui retrouvait rapidement un emploi dans le privé grâce à la souplesse du marché du travail local et l’absence de différence de traitement ou de statut entre le publique et le privé… A l’anniversaire du SPD, Hollande a salué les réformes Schröder inspirées de l’industriel Hartz et nomma Louis Gallois pour lui inspirer quelques réformes que 10 ans d’opposition et d’observation de la dégringolade économique que subissait la France ne lui avaient pas permis d’échafauder… En France comme dans beaucoup d’autres pays, la chute du communisme à la fin des années 80 n’ouvrit pas une période de réflexion pourtant indispensable sur les raisons de cet échec. Dès les années 20 Ludwig Von Mises ou d’autres avaient pourtant parfaitement bien diagnostiqué le régime socialiste intégral qui s’était mis en place en Russie : Le refus de la propriété privée du capital devait nécessairement enfanter d’un système qui ne produirait pas les services et les biens demandés par la population, que le calcul des prix devenait impossible par le refus de la mise en concurrence libre et non faussée de différents acteurs et enfin que toute initiative individuelle pour offrir produits et services différents au planisme en vigueur serait fatalement réprimée plongeant de fait le système dans le totalitarisme. Bien qu’aucun doute ne soit de nos jours permis, le socialisme reste pourtant fier de ses racines constructivistes, collectivistes et prompt à restreindre les libertés individuelles comme la liberté d’expression, dernier bastion quand la liberté d’entreprendre a déjà été largement entravée. D’où cette chimère ridicule d’exiger des contreparties, pour que ce pacte ressemble à un accord win/win. Il sera win/loose car contrairement aux fumisteries de Pierre Gattaz, les entreprises profiteront de la baisse des charges pour reconstituer leurs marges lourdement entamées plutôt que d’embaucher des employés impossibles à licencier sauf à être proche du dépôt de bilan…

ImageMais ça c’était avant. Plus aucune première dame dit-il? Sa solitude accentuée par ce genre de futures images finira par le tuer, quoiqu’on pense de sa concubine 1…

Toute proportion gardée, Hollande tient le double discours habituel des socialistes qui à la différence de leurs proches cousins marxistes, reconnaissent en coulisse que le socialisme ne fonctionne pas. Même dans le plus absurde régime intégralement socialiste de l’URSS, Staline avait mis en concurrence ses bureaux d’études aéronautiques pour qu’ils produisent des avions capables de rivaliser à ceux d’Hitler (qui en avait fait autant quelques années avant). Certains étaient moins bien lotis : Le célèbre Tupolev avait son bureau dans un camp sibérien avant sa réhabilitation… Hollande sait que son salut passe par le secteur marchand mais il aura toute les difficultés du monde pour éviter que sa majorité ne torpille par idéologie crasse ses initiatives d’où l’évocation des ordonnances (déjà faite et pour le moment restée lettre morte). Par cet aveu, et contrairement à ce que Hollande a péniblement tenté de faire croire, il reconnaît qu’il a désormais une majorité hostile aux réformes aussi indispensables qu’impopulaire. Son numéro d’acrobate a été jugé réussi par la presse : Je ne vois que des aveux de l’échec du socialisme et l’impossibilité de gouverner. Mieux son aveu tardif d’être un social-démocrate, signal jugé comme une trahison auprès de ses électeurs les plus à gauche, sa volonté d’agir en faveur des entreprises condamnées à manger dans sa main trahit son appétence pour le capitalisme de connivence, invention des sociaux-démocrates (de droite en France ou de gauche au nord de l’Europe) pour maintenir à bout de bras la fiction d’un capitalisme de marché libre alors qu’il n’est nullement question de renoncer aux rentes institutionnalisées ni rogner sur les prébendes d’une caste d’experts cooptés par le système. Hollande assume ouvertement en être désormais le garant, celui qui saura préserver les intérêts d’une poignée qui tient le système au détriment des nombreux autres. Ce système aurait dû voler en éclats en 1989, il a donc fallu attendre 25 ans pour que la France se dote du président qui avoue publiquement être la clé de voute du système.  Preuve de l’habilité présidentielle à négocier les échéances, malgré l’expérience de près de 2 ans au pouvoir,  Hollande se fait pincer par « Closer » en train de tromper la concubine 1 au profit de la concubine 2 tandis que le parlement examine un texte qui assouplit encore les conditions de l’IVG le tout quelques jours avant une visite au Pape François… What else ?

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Le socialisme dans sa splendeur : Liberté, liberté et liberté. M’enfin surtout oppression.

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Quand on a la chance de n’être ni communiste ni nazi, il est très appréciable de ne pas sentir obligé d’établir des hiérarchies dans l’horreur.

PS : Ce week-end, j’ai été passablement énervé par le traitement odieux qu’a réservé Éric Zemmour à Charles Beigbeder dans Z&N. C’était prévisible qu’il passe ses nerfs sur quelqu’un qui défend des idées libérales. Logiquement Beigbeder aurait dû être raillé sur sa dissidence motivée essentiellement par un esprit revanchard vis-à-vis de la conduite de la campagne et les désignations staliniennes de NKM, pas du tout, comme je l’avais anticipé sur Twitter, Zemmour a attaqué sur l’euro, le libre-échange, la mondialisation. Même s’il se trouve à l’extrême limite, Zemmour ne gêne pas autant qu’on voudrait le croire. Conservateur sur les questions de société, gaulliste sur la souveraineté, sa dénonciation du système clientéliste inévitable lorsque le poids de l’état se fait écrasant, débouchant in fine à une oligarchie responsable des inégalités, de la panne de l’ascenseur social, n’est pas seulement timide, elle est tout simplement inexistante. Ses compères au Figaro, Thréard, Roquette et Rioufol sont nettement plus lucides, c’est pour cette raison à mon avis que les gesticulations, les polémiques lancées par Zemmour lui ont ouvert les portes des grands médias et que par contraste, les ventes de « Valeurs Actuelles » progressent ainsi que le crédit de ses analyses, rédigées par des personnalités cultivées, profondes et en contact du réel qu’elles soient libérales ou conservatrices. C’est le point positif que je retiens de l’éminence du sommet de la décadence française : Si « crise » veut dire « opportunité » en grec, on voit de plus en plus clairement qui formule l’analyse la plus cohérente de la situation. Il se passera encore du temps avant que dans les médias mainstream on ose suggérer que seul le libéralisme propose des réponses sensées mais ça commence…

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Dans le partage du gâteau qui se rétrécie, nul doute que le président social démocrate saura déterminer qui a le droit de cuissage suffisant pour se servir en premier.

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A propos Duff

Ingénieur consterné par le monde dans lequel il vit...
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