Le juste, la simpliste et la menteuse

Les élections approchent et les débats se tendent petit à petit. Le scrutin municipal est forcément dominé par des enjeux uniquement locaux selon les dires de l’énième gouvernement de suite dont l’impopularité l’oblige à minimiser la portée nationale des municipales. Une fois de plus… Cette année, ce vote sera suivi des européennes alors que jamais l’actualité économique française ne s’est autant entremêlée avec les décisions prises à Bruxelles : Tôt ou tard le paradoxe de cette élection finira par sauter à savoir cette étonnante et dangereuse désaffection des  français pour les européennes tandis que les 2/3 tiers de nos lois proviennent de directives bruxelloises adoptées par un parlement moutonnier, absentéiste où on y recycle les vieilles ganaches désavouées lors des scrutins français.

eurss

Tout le monde se doute que l’intégration à 28/29 ou même à 52 a autant de chance d’enfanter un fédéralisme aussi efficace que si nous étions parti des 6 de départ… 

Quitte à accepter que chaque échelon ait beaucoup de responsabilités, infiniment trop à mes yeux évidemment, il faudrait aller voter à chaque élection en ayant en tête que c’est important. Après tout, les dépenses somptuaires du maire, les ronds-points ornés de sculptures grotesques, les théâtres ruraux, les MJC dans des villes de retraités, des piscines pharaoniques au bord de la mer finissent par se répercuter dans la feuille d’impôts locaux. Après tout, les velléités des conseils généraux d’agir sur tout et sur n’importe quoi, les collèges aussi, se comprennent. Après tout il n’est pas si saugrenu que pour le bien commun la région les roitelets à leur tête financent les lycées et les futures technologies de voiture électrique laissées par inadvertance sur le bord de la route par l’affreux marché de l’offre et de la demande. Après tout… Notre merveilleux et efficace millefeuille est en plus tellement lisible de nos concitoyens qu’ils savent tous bien entendu quelles sont les prérogatives de chaque échelon et que l’open data, largement exploité par nos zélés journalistes et les citoyens vigilants, assurent au tout une parfaite transparence.

staline

Le journalisme dans sa grandeur heuu son obéissance.

Ces sombres remarques préalables faites, dans un contexte de désinformation généralisé engendrant une méfiance inédite auprès de la population envers les journalistes et les politiques, apparemment, les seules les idées simples qui progresseraient seraient celles qui impriment les cerveaux qui peinent à s’évader du chemin bien balisé tracé par toute la caste bénéficiaire de la situation anormale actuelle. Cette dernière affirmation est partiellement fausse à mon avis : Mélenchon ayant asséché toutes les voix d’extrême gauche réalise un score en 2012 – certes conséquent – mais pas plus élevé que la somme des Besancenot, Laguiller et PCF canal historique d’antan. Idem Pour Marine Le Pen qui fait moins bien que son père et le rival d’époque, Mégret, 10 ans plus tôt quand le premier se qualifiait pour le second tour. Je parle en pourcentage de voix mais personne n’a oublié pourquoi Nicolas Sarkozy avait réussi à dépasser la barre des 31% au premier tour en 2007 : Non ce n’est pas le prétendument odieux siphonage des voix du FN qui expliquerait tout. Sarkozy avait fait naître de l’espoir auprès de français qui ne votaient plus et qu’avec lui ça changerait, que la rupture s’était aussi avec l’immobilisme chiraquien d’où un retour assez notable de voix de déçus de la droite molle et radical socialiste sous Chirac issues du FN, encouragées extérieurement par la campagne poussive et sans relief de Jean-Marie Le Pen. Conséquence logique, le FN cherche à ravir de nouveaux électeurs préférentiellement issus des rangs grandissants des déçus de la gauche au point de refermer définitivement la page poujadiste du front comme le notait encore récemment Gaspard Koenig.

A entendre Marine Le Pen, l’euro est responsable de tous nos malheurs. Le vrai malheur c’est qu’elle n’a pas fondamentalement tort ! Depuis la défaite de Sedan, les élites françaises s’évertuent à échafauder des plans toujours plus tordus pour contraindre la supériorité allemande se concluant toujours ou presque par l’arrivée des allemands à Paris. L’euro en est la dernière incarnation en date. Tandis que les allemands opéraient leur réunification et laissaient Schröder réformer en profondeur le modèle social pour rendre l’est compétitif, bien qu’il fût débarqué, la remplaçante issue de l’est, Merkel, se garda bien d’opérer le moindre changement, les  français et italiens continuaient d’élire des politicards nostalgiques des dévaluations – vol de tout le monde et donc cruel pour les plus fragiles – et autres tentations nuisibles pour reculer devant les réformes structurelles. Pire encore, le parti AFD anti-euro en frôlant l’entrée au Bundestag et en prenant des voix aux libéraux du FDP et à la CDU éjectèrent les premiers du Bundestag privant Merkel de ses alliés et aux seconds d’un raz de marée historique. Bien que la victoire de la CDU soit massive, Merkel a dû donc composer avec le SPD. Or pendant la campagne, Tatie Angela a martelé que l’instauration d’un revenu minimal national ferait augmenter le chômage sans menacer sa large victoire dans les urnes. Mieux, le récent accord gouvernemental allemand prouve que nos socialistes désespérés par la compétitivité allemande se fourraient bien profondément le doigt dans l’œil en espérant la voir amoindrir par l’apparition d’un SMIC aussi franchouillard que dévastateur d’emplois.

Faire croire que revenir au franc, le dévaluer, assurerait des lendemains qui chantent et des colombes gazouillant la marseillaise, voilà la plus grave escroquerie du FN.  Comme je l’ai déjà noté sur ce blog, les deux fronts rivalisent d’intelligence pour savamment, méthodiquement, ruiner les individus constituant l’essentiel de leurs électorats respectifs. Qui peut oser croire que déprécier le portefeuille d’obligations des petits épargnants pourrait améliorer la situation des plus fragiles et de l’économie en général? Qu’il faudrait répudier tout ou partie de notre dette ? Les régimes socialistes d’Amérique du Sud rivalisent de bêtise pour nous apporter la preuve du contraire. Pour le FN les ennemis sont à l’extérieur, la Grande Nation n’est nullement coupable de ces atermoiements à se réformer. Nous serions victimes de peuplades arriérées funestement capables de reconduire des équipes dirigeantes folles au point de considérer qu’il vaut mieux travailler pour peu que de vivre aux crochets de la société (Merkel), c’est-à-dire à coup d’impôts élevés et de dette. De l’autre côté du mur finalement mitoyen, l’ennemi est intérieur et prive la majorité des fruits de la richesse en l’accaparant de manière honteuse et injustifiée au point de condamner la rémunération de la prise de risque. Les français seraient ainsi pris en otage entre le constat que le fruit de leur travail serait volé par des étrangers déloyaux opérant depuis l’étranger ou pire de France ou alors des hordes barbares venus exclusivement voler les sympathiques contreparties de notre société d’assistanat.

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Le dérapage budgétaire de 2013 pose assez de questions pour que l’UE s’alarme pour 2014 même dans le cadre de la prévision fantasque de croissance annoncée…

L’opposition actuelle sortie en lambeaux de l’échec de Nicolas Sarkozy peine gravement à se reconstruire une identité, un projet clair soutenant une vision de la situation actuelle et de ce qu’elle devrait être pour les 10 voire 20 prochaines années. Une des causes majeure de cette situation catastrophique découle directement du fait que l’UMP n’a pas explosé comme certains commentateurs (à qui ça aurait fait plaisir pour de mauvaises raisons) l’avaient pourtant annoncé. Ce fut évident quand les partisans de François Fillon menaçaient de former l’UMPR, un groupe parlementaire : L’argent. La manière dont la vie politique française est financée entrave totalement l’apparition de nouveaux partis, la pourtant nécessaire et indispensable recomposition à droite et au centre droit. Le résultat est dévastateur, un agglomérat hétéroclite voire antagoniste de sensibilités, des socialistes déguisés, de gaullistes interventionnistes, des humanistes qui votent les lois sociétales de la gauche et quelques farfelus votant encore contre le matraquage fiscal, la dislocation de la famille et des derniers repères en société encore épargnés par la folie sectaire de la gauche parlant de progrès après chaque bastion attaqué.

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Nul besoin d’interpeller ceux là, balancer des poucettes ou des cannes de vieux est bien plus dangereux pour la République.

La crise que nous traversons n’est donc pas seulement économique mais institutionnelle aussi. Celui qui n’exerce pour le moment aucun mandat mais qui dispose d’une exposition médiatique presqu’aussi conséquente que tous les représentants des nombreuses et avariées familles communistes se nomme Denis Payre et son analyse économique et institutionnelle intègre et répond parfaitement à tous les constats égrainés dans ce billet. Il y a peu, la chaîne publique France 24 proposait un débat entre lui et Juliette Méadel du PS avec comme arbitre, choix particulièrement étrange et apportant beaucoup de piment, l’économiste Jean-Marc Daniel, libéral jusqu’aux ongles.

Le constat est fascinant : L’entrepreneur à succès est parfois (légèrement) recadré par l’économiste mais conscient de n’avoir jamais créé d’entreprises à succès, Daniel se contente de faire ce qu’il sait faire de mieux c’est-à-dire tordre le coup à des idées reçues, utiliser sa science encyclopédique de l’histoire économique pour rappeler les répétitions périodiques d’erreurs économiques. En face, la ravissante socialiste enchaine les contre-vérités, s’arque boute sur des idées ayant déjà été moult fois invalidées et finit par la révélatrice consternation en face de l’ultime proposition de Jean-Marc Daniel : Faire sauter le statut de fonctionnaire (pour les missions non régaliennes). Elle prend ainsi l’opinion à témoin en croyant que face à la situation gravissime que connaît la France, le bon sens populaire façonné par des décennies d’endoctrinement résistera à la maléfique proposition pourtant passée comme une lettre à la poste (même pas privatisée) dans bon nombre de pays qui nous entourent…  Voilà le déni socialiste : L’immobilisme, le refus du constat, du pragmatisme et le refuge dans le passé pour fuir l’avenir au lieu de s’y plonger, passionnément, énergiquement, avec confiance.

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Puisqu’ils sont nuls et incompétents pour la plupart, pourquoi ne nous prendrions pas en charge?

Beaucoup doutent du succès de « Nous Citoyens » de Denis Payre. Pourtant face à la déchéance de la droite, du populisme de plus en plus marxiste du FN, de l’explosion du PS sur le mur de la réalité économique, c’est du seul réveil des citoyens impliqués et responsabilisés que viendra le salut et que ce ne seront pas ceux qui nous ont mis dans cette impasse qui sauront nous en sortir. Puisse Denis Payre jouer un rôle dans un futur le plus proche possible.

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A propos Duff

Ingénieur consterné par le monde dans lequel il vit...
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