Manolo sera-t-il Matteo Renzi , Benito Mussolini ou finalement Roberto Benigni ?

Voilà, c’est fait. Hollande nous a bien compris et a tiré la première balle de son fusil présidentiel qui dans la Vème république lui offre plusieurs cartouches. Il me paraît donc indispensable de rappeler quelles sont-elles et de discuter leur portée réciproque. Il y a d’abord ce que j’appellerais l’approche surfacique : Le changement de premier ministre. Normalement, le nouveau locataire de l’hôtel de Matignon prononce face à la majorité en place un discours de politique générale qui précise la feuille de route qui lui a été confié par le président. Les autres approches sont plus profondes car elles appellent la confiance des électeurs. Le référendum pose une question directe aux citoyens sur des sujets majeurs auxquelles la démocratie représentative pourrait répondre de manière imparfaite, d’ailleurs il est très important de garder en tête que les institutions de la Vème république qui assurent une majorité claire à un courant politique ne pesant pas plus de 30% des opinions dans le pays sont fortement sujettes à ce risque. Autre possibilité : La dissolution avec comme risque la perte de la majorité parlementaire, solution en apparence de dernier recours car on le verra, à la différence d’un référendum perdu, un président peut survivre à une dissolution loupée.

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Je ne supporte pas beaucoup vos questions, encore une et j’envoie les CRS.

Nous avons déjà un cas pratique ces derniers temps en matière de réforme qui aurait pu donner lieu à un référendum : Le mariage pour tous. S’il est vu comme un changement de civilisation majeur alors un référendum était indispensable. Pourquoi Hollande a-t-il voulu passer en force par la voie parlementaire tandis que la moitié de ses députés sont idéologisés, visiblement incompétents et paresseux et moutonniers? (Je suis certain qu’il partage en grande partie ce triste constat). La gauche progressiste est tellement certaine de détenir la vérité qu’elle n’a jamais fait l’effort de vérifier sur le terrain la pertinence et l’approbation populaire de son action. Le fameux sectarisme à opposer à la prudence des pragmatiques, tiens tiens, pendant que personne à gauche ne se demandait si le peuple français était aussi prêt au mariage pour tous que les rédactions people parisiennes, Valls, lui, s’évertuait à démanteler au moins autant de campements roms que ses prédécesseurs de droite au grand dam de la gauche marxisme pseudo-humaniste et internationaliste qui refuse d’admettre le péril qui menace une France de plus en plus inquiète sur le plan sécuritaire et identitaire. Personne n’avait prédit l’ampleur spectaculaire de la contestation et à défaut de mener des politiques courageuses sur le plan économique et budgétaire, il fallait afficher son courage sur le plan sociétal et médiatique. Hollande a rapidement cherché à écourter l’affaire car le respect de l’un de ses engagements de campagne (absent il me semble de son discours aussi emblématique que démagogique dit du « Bourget ») ne devait pas souffrir du moindre questionnement : En pleine crise, on ne s’aventure pas dans un référendum… Valls, bien que gazant sans gêne des vieillards et des poussettes, trafiquant des photos aériennes, arrêtant arbitrairement des opposants, interdisant un spectacle sulfureux promis à un grand succès dans une procédure qui pue la magouille et apprenant par la presse la mise sur écoute du président précédent, termine les 22 premiers mois calamiteux de Hollande avec comme promotion le poste de premier ministre…

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Vous avez fortement intérêt à penser comme moi!

Lorsqu’Hollande a commencé à vouloir détailler – enfin – ses 50 petits  milliards d’économie (dérisoire face à l’ampleur du décrochage français) il pouvait tenir un bon sujet de référendum pour regagner de l’autorité, sur les français mais surtout sur ses parlementaires qui ne voteront jamais les réformes institutionnelles qui pourraient moderniser la France : Baisse du nombre d’élus, limitation des mandats et de leurs durées, suppression d’une ou plusieurs strates dans le millefeuille administratif français, sans parler du très cher « modèle » social. Le coup était risqué mais puisque sa popularité rase les pâquerettes avant même d’avoir énoncé la moindre vérité sur les raisons profondes du mal français, discours qui contreviendrait à son électorat, que risquerait-il au fond ? D’être perçu plus tard comme le plus courageux des récents présidents français ? Ces atermoiements ne sont plus seulement ridicules, désormais ils sont tueurs. De référendum il n’y aura donc pas. Il faut dire que le dernier qu’un président eusse perdu était celui de 2005 sur le projet de constitution européenne : Le Chirac vieillissant, hospitalisé pour un léger AVC, les français avaient ensuite la tête ailleurs, Sarkozy alors discret sur cette question s’envolait pour l’Elysée deux ans plus tard et en renégociant le traité en le faisant par voie parlementaire, lui aussi en son temps, on voit comment cette « trahison » lui est revenue comme un boomerang dans la figure. Un référendum, ça laisse des traces, perdu ou gagné. Mitterrand a gagné le sien en 1992 et sur son testament, il nous a légué une monnaie unique qui est en train de tuer la politique et l’économie française !

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C’est comme le chômage tout va mieux, mais si des incendies se déclarent à proximité des camps de roms, c’est juste que les riverains ne sont pas (plus) bisous-éco-taxes-internationalistes compatible. Bref il faut les rééduquer pour qu’ils revotent à gauche.

Le cas de la dissolution est différent : C’est un abcès que l’on purge immédiatement. De Gaulle vacillant en mai 1968 provoque des élections qu’il gagne. On croît la rébellion gauchiste anéantie, elle se souviendra toujours que la démocratie l’a écrasée et s’évertuera à aliéner la démocratie à ses thèses pour ne plus revivre cet affront. La France en paie les conséquences aujourd’hui puisque les cadres issus du mouvement ou du courant de pensée sont au manettes et que miser sur le communisme n’étant plus vendeur, leurs instigateurs et profiteurs actuels ont vite compris après 1989 qu’il fallait changer de cheval : Ce sera l’écologie ou comment maquiller le protectionnisme, des taxes et des avantages, investissements inconcevables par une pensée raisonnée, une faute vis-à-vis de la nature dont on n’est toujours incapable de prouver la réalité mais qui justifie une multitude de décisions aberrantes et scandaleuses et parfaitement communistes. En 1997, Chirac tente un coup. Pourquoi n’a-t-il  pas dissout pour 5 années comme du temps des deux septennats de Mitterrand ? Il était confortablement élu. La division RPR/RPR était trop forte et que la raclée du PS en 1993 était trop belle. Chirac s’est couché sur la logique des institutions, devant les élus. Il l’a payé en surjouant un gaullisme de pacotille (reprise des essais nucléaires qui plaisaient beaucoup à mon prof d’histoire chevènementiste de son propre aveu).  En y regardant de près, le képi, la stature impressionnante faisait place à une reproduction enfantine en pâte à modeler. Certes Chirac survécut à sa dissolution ratée mais ça s’est joué de peu que ce soit le socialiste Jospin, fier de son bilan, et heureux de bénéficier d’une reprise vigoureuse dès la fin des années 90, n’affrontât à sa place le FN au second tour des présidentielles de 2002. Mes premières élections présidentielles au cours desquelles mon choix de premier tour a été modifié par la consultation des sondages publiés en Suisse et en Belgique qui laissaient entrevoir Jean-Marie Le Pen au second tour.

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Un peuple, un empire, un chef!

Ces rappels historiques et institutionnels sont fondamentaux pour imaginer la suite, penser la suite voire panser la suite… LA réforme qui a tout changé, c’est le quinquennat. Tous les présidents nous annoncent qu’ils seront les présidents de tous les français. Sous Hollande, l’affirmation qu’il ne serait le président que de ceux qui ont voté pour lui s’est matérialisé trop vite, source du mécontentement à son égard. Il voulait dissiper les années prétendument clivantes de Sarkozy, ce fut vite réglé mais surtout perdu… Alors fut nommé Manuel Valls, seul ministre ayant vu sa côte de popularité résister à l’érosion rapide, aussi limpide à décrypter qu’une corrosion dictée par une implacable équation mathématique. Le problème provient d’Hollande et de son incapacité à trancher et imposer ses vue à son aile gauchiste. Ayrault était nul, mais on ne sait pas si en nommant Valls, il vise l’efficacité ou corroder un adversaire direct pour 2017 comme Mitterrand n’avait pas hésité à le faire en 1988 en tuant l’ami Michel Rocard. Valls était rocardien, Hollande se prend pour le tacticien froid Mitterrand, on nous rejoue le film en quelques sortes. Sauf qu’Hollande n’a ni le cynisme et l’intelligence de son prédécesseur socialiste à l’Elysée et que Valls est certainement beaucoup trop opportuniste et arriviste pour endosser la tunique du regretté Michel. Hollande est le problème, on en revient à la réforme désastreuse du quinquennat, la feuille de route évoqué par ce dernier à Valls ajoute un nouveau pacte dit de « solidarité » à ceux en cours sans parler des chocs qui ne se sont pas encore fracassés sur le mur de la réalité. Le mot magique a été prononcé pour calmer l’aile gauche, Hollande compose toujours plutôt que prendre des décisions… Valls voulait la TVA sociale, la fin des 35h et la retraite à 65 ans… Comment naviguer entre ces contradictions ? A vue encore ? Le remaniement a eu lieu après des élections locales et non un scrutin national, fallait-il nous jouer la comédie du dernier acte connu d’avance malgré tout incertain ? La conséquence évidente se concrétisa mercredi lors de l’annonce du gouvernement où seuls les ministres n’ayant aucun poids politico-médiatiques ont été priés de dégager, Hollande promet un gouvernement resserré, certes, mais avec les mêmes.

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Cher Bernard Cazeneuve, ta première occupation, ce sera de veiller sur les cathos fous qui manifestent paisiblement contre notre loi magique sur le mariage pour tous. C’est un ordre! 

Hollande se fout de nous, depuis le départ et ça continue, toujours et encore, d’accord d’accord. Combien de temps ce fumiste va-t-il tenir encore ? D’accord, d’accord. Valls, c’est un opportuniste autrement plus efficace que le sous-fifre germanophone (un atout face à Merkel disaient les journalistes après sa nomination), Une hypothèse crédible de plus que je n’avais pas imaginé le 6 mai 2012 se fait jour. A cette époque, face au mur du réel, excluant l’arme du référendum tout de suite, je pensais à un remaniement après les régionales de 2015 marquées par une nouvelle déroute. Voire une obstination d’Hollande qui face à trop de mauvais chiffres, d’une pression menaçante venant des créanciers étrangers majoritaires, serait obligé de démissionner avant la fin du mandat, ce que je n’exclus toujours pas.

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Dette : 100% PIB, chômage / sous emploi : 20%, Déficit : 4.3% du PIB : Moment rêvé pour édifier des autobahn, des avions, des voitures surtout à chenilles, des… Et rompre unilatéralement les accords passés avec ses voisins européens…

Valls est faussement adulé par la droite qui se rappellera longtemps la dureté policière face à La Manif Pour Tous, les veilleurs et les quelques activistes qui démontrent l’absurdité du pouvoir idéologue, faible face aux activistes djihadistes et forts face aux pacifistes cathos. Mais Valls franchement détesté par la haineuse, arriviste et sectaire gauche qui se méfie de lui et  de sa potentielle insoumission aux diktats moraux et intellectuels, de vraies fatwas, émis par « Libération » enfin de ce qu’il reste de ce journal, véritable décharge intellectuelle à ciel ouvert du gauchisme un ciel couvert de barbelés, qui vit intellectuellement et pécuniairement de plus en plus mal le mouvement de balancier logique qui renverse la société de plus en plus hostile aux idéaux libertaires, écolos, cocos new-wave, tous les produits de mai 68. Hollande au bout de 22 mois seulement plie après une prétendue élection locale qui n’a pas plus vu l’ample poussée mariniste que l’adhésion umpiste. Il reste une hypothèse jamais lue nulle-part partant d’une question faussement simpliste: Au fond pourquoi Valls a-t-il accepté le poste de premier ministre alors que la situation est déjà fichue ?. Si on insiste sur le fait qu’Hollande est le problème, problème de communication, de leadership, de charisme, de volonté, de stratégie sauf une : S’offrir un ticket pour affronter Le Pen au second tour de 2017 prenant le risque de désintégrer la gauche beaucoup trop tôt et au final de rejouer avril 2002 quinze ans après, quel avantage Valls peut-il en tirer ? Sachant que le dernier a assuré la communication du premier lors de la campagne 2012, il sait où il va et comment y aller. Hollande ne fera jamais passer la pilule aux français d’un second changement de premier ministre sans passer par la case dissolution : La survie d’Hollande est dans les mains de Valls désormais et donc si Valls se brouille avec l’attelage gauchiste, c’est Hollande qui en pâtira. Je me fends dès lors d’un pronostic : Valls fera bonne figure au départ mais il est trop peu probable que des crétins comme Montebourg notamment n’aillent pas au clash avec lui : Au lieu de laisser comme Ayrault, le soin à Hollande de trancher, il ira au clash. Le pouvoir en miettes, il pourrait démissionner et astucieusement faire comprendre que s’il n’a rien pu faire, le fautif unique s’appelle Hollande. Le loup est dans la bergerie, ça devient intéressant car si ce monsieur Valls est un tantinet aussi pragmatique qu’on nous le vend, pour l’intérêt du centre gauche, il a les cartes pour réaliser ce que Rocard n’a jamais réussi, ne serait-ce qu’à échafauder, face à Mitterrand. Bouclez vos ceintures.

 

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A propos Duff

Ingénieur consterné par le monde dans lequel il vit...
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