Le roman de l’euro sur France 2 et nos chers médias publics

Notre charmante chaîne de service publique audiovisuel nous proposait la semaine dernière un documentaire consacré à la monnaie unique. A seulement 10 jours du scrutin européen, la campagne étant largement dominée par la question de l’euro dans bon nombre de pays membres de la zone, l’entreprise de France 2 ne pouvait guère prétendre à être une présentation parfaitement objective de la question. Bien qu’il soit établi que les grandes chaînes commerciales boudent sciemment les débats politiques et économiques, y compris quand les enjeux sont importants, suivant une simple logique commerciale, on ne peut plus affirmer compte tenu de la profusion de chaînes de télévision et de la multiplicité des groupes à qui elles appartiennent que le seul service publique peut informer et être le seul lieu de débats sérieux et neutres… Le documentaire de France 2 n’a pas pu échapper aux traditionnelles failles françaises qui plombent les débats économiques et sociaux destinés à un public large.

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Les électeurs de droites sont des crétins gavés par TF1, ceux de gauche par France 2 et la culture (Arte) est plébiscitée par la gauche : Les électeurs de droite seraient-ils fondamentalement idiots? 

Si la tendance politique des quotidiens et hebdomadaires lourdement subventionnés est connue et à peu près assumée, personne ne s’offusque que par lecteur, c’est l’Humanité qui touche le plus d’aides quand ce n’est pas l’état directement qui règle ses ardoises. Confrérie ? Copinage et connivence avec l’état ? L’omerta semble tout de même se fissurer un peu car depuis l’élection de François Hollande et l’accumulation de mauvaises nouvelles économiques tristement prévisibles à la lumière de la politique économique inepte pauvrement mise en scène, les grands titres classés à droite ouvrent largement leurs colonnes à des billets signés de personnalités libérales. Le quotidien « l’opinion » a même pu voir le jour et survivre à sa première année. Cela dit, les articles proposés sur les sites internet du Figaro, du Point ou de l’Express (Revel serait fou) comportent de nombreuses reprises de dépêches AFP brut de fonderie ou des commentaires déplacés du pigiste en quête de notoriété. Il y a quelques mois, reprenant une information de Valeurs Actuelles, un smicard du Point avait qualifié l’hebdo « d’extrême droite ». Valeurs affiche bien volontiers des valeurs conservatrices mais on n’est très loin de la presse réactionnaire proche du FN, en témoigne l’orientation pro-business que ce journal a toujours manifesté, lui aussi ouvrant régulièrement ses colonnes à des économistes et financiers libéraux plutôt qu’à des altermondialistes pour nous parler de commerce équitable éco-citoyen festif qui ont toute la presse de gauche pour cela. Même ce pauvre Denis Tillinac écrit « du bonheur d’être réac » alors que ses positions ne sont en fait que conservatrices, celles défendues par le RPR jusqu’au crépuscule des années 90, une fois que Chirac les aient toutes enterrées. La gauche avait alors gagné intellectuellement : Chirac déclarait en 1984, le libéralisme n’est pas une option mais une nécessité, à la fin des années 90, la dépense publique ne pouvait plus être intellectuellement contestée et les idées conservatrices tellement honnies qu’il ne restait plus que le parti poujadiste de Jean-Marie Le Pen pour oser les défendre et finir de les décrédibiliser à cause de ses régulières sorties de route verbales racistes, facilement condamnables donc.

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La radio « bière/foot/cul » semble assez bien plaire aux électeurs de gauche. Zut, ça va pas dans le bon sens!

S’agissant des chaînes de télévision ou de radio de « service publique », aucun mystère : Les afficionados se classent à gauche et s’agissant de France 2, on peut s’interroger sur ses objectifs. Cette chaîne propose bien des émissions que TF1 a typiquement abandonné pour suivre une logique de profits (parfaitement respectable) mais dans le même temps, quand Sofia Aram réalise en access prime-time des audiences calamiteuses, elle est débarquée sans coup férir. L’aspect régional de France 3 me semble clair, France O à peu près, et France 5 diffuse des débats et des documentaires redondants avec LCP, ces deux chaînes pourraient être fusionnées. S’agissant de France 4 qui diffuse du sport au rabais et des feuilletons américains et de France 2 suivant une logique commerciale, un peu mais trop, on navigue complètement à vue. Pour finir, Radio France avec en tête de gondole France Inter, navigue avec un cap clair et précis : Faire l’apologie du socialisme, de la dictature de la pensée unique et glorifier la dépense publique. Talonnée et de plus en plus menacée par RMC, la radio « bière/foot/cul » écoutée par les prolos et les fachos (sont-ce les mêmes pour les boboditeurs?) France Inter n’aime pas les gens qui appellent un chat, un chat, et qui sacrilège ultime, osent penser que l’euro, l’UE et la politique économique et sociale menée en France depuis 30 ans est un échec exemplaire. Personne non plus pour s’indigner du contenu désopilant – si ce n’était pas financé avec mon pognon – des émissions de Daniel Mermet, cofondateur d’ATTAC, qui peut depuis des décennies vomir paisiblement sur le capitalisme alors que celui-ci, à la main de socialistes qui ont l’autre main sur le cœur (c’est bien connu), lui ont permis de n’avoir jamais eu à justifier le moindre talent sur la période.

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HOOOOO!!!! Le capitalisme c’est mal! Le marché est incapable de comprendre ce que veulent consommer les gens, y compris en matière de télé et de radio, il faut confier le pouvoir de choisir dans les mains de gens plus savants (cf moins cons que les consommateurs) ce que doit être le contenu des émissions. C’est mieux. Surtout quand ils disent des trucs biens pour moi. Surtout en fait.

Le documentaire en question remonte à la genèse de l’euro et ne passe pas sous silence les dévaluations de Mitterrand. Mais le commentaire dit par Pierre Arditi – dont personne n’ignore les accointances politiques – s’égare hélas à plusieurs reprises dans des considérations subjectives et dans une présentation orientée des faits. A l’heure de Youtube qui offre de plus en plus de vidéos politiques datées des années 80 et 90 avant l’ère internet, il me paraît franchement imprudent de présenter Lady Thatcher comme une ânesse butée ayant tout faux sur l’euro et le rôle d’une banque centrale… Tout comme les craintes minorées des Philippe Séguin et Philippe De Villiers sur la route qu’empruntait l’Union Européenne et son projet de monnaie commune, toute avérées depuis lors. Ensuite, le documentaire évitait soigneusement de nous dire qu’au moment de l’introduction de l’euro, la Grèce présentée comme une victime atrocement meurtrie par « l’austérité » (car il n’y en a qu’une seule possible selon la présentation habituelle des médias) a délibérément maquillé ses comptes pour faire partie du club. On s’étonnera beaucoup moins que dans une pareille présentation des faits avec de pareils axiomes, M. Pujadas ait pu s’enticher de l’économiste Daniel Cohen pour commenter l’histoire lors de pauses régulières, on ne s’étonnera pas non plus que le brillant DSK puisse aussi se permettre une violente critique de la gestion de la crise poursuivie par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. Cohen n’est-il pas cet oint du Seigneur qui en juin 2008 proférait devant un autre mage extralucide, Alain Minc, que le risque systémique de déversement de la crise bancaire vers le reste de l’économie était écarté ? DSK n’était-il pas le gourou, un tantinet lubrique, qui comme tous ses prédécesseurs débarqua dans les pays en difficultés qui faisaient appel à lui, dont la Grèce, avec un bouquet de chrysanthèmes au coin de la bouche pour garantir une aide financière en contrepartie de suicidaires hausses d’impôts sur le plan économique, garantie suprême d’un asservissement total?

Donc le QE ça fait baisser le chômage? Draghi, rassurez-moi, il répond à des élus comme ça? Surtout que l’ami Bernanke, en dehors d’avouer qu’il poursuit des trucs ancestraux communément « acquis » – l’or comme commodities mais aussi en stock dans les Banques Centrales (???). CQFD = L’euro se soit de passer à l’étape QE.

La conclusion de l’émission était légèrement subliminale : L’Euro est à la croisée des chemins, soit le saut fédéral est franchi pour doter la zone des conditions nécessaires à son fonctionnement – aveu implicite que les concepteurs de l’euro savaient pertinemment qu’en l’état, il n’était pas viable – soit on fait machine arrière mais qu’en tous états de cause, il revenait aux peuples de se déterminer. Cette conclusion était inspirée du cas Papandréou obligé de démissionner après qu’il avait changé d’intention sur un référendum pour demander l’accord des grecs aux conditions du renflouement du pays. Le documentaire rappelle fort justement qu’accepter les conditions des autres membres impliquait fatalement que la seule question à poser était de demander aux grecs s’ils voulaient oui ou non quitter la zone euro… Hollande se fracasse les dents de la même manière depuis 2012 : Toutes ses tentatives de coalitions du sud contre Merkel échouent minablement car pour le moment aucun politique au pouvoir ne se risquerait de demander à son peuple la sortie de l’euro et donc les engagements réciproques doivent être honorés, Hollande a du se coucher face à l’austérité… Mais quelle austérité ? Monter les impôts quitte à perdre tout relai de croissance ou affronter la récession initiale qu’engendre une baisse des dépenses publiques ? On en revient au keynésianisme de salon des médias classés à gauche : Ils font croire que réduire la dépense publique serait mortel non par conviction (saufs quelques illuminés à la Gérard Filoche) mais par pur intérêt personnel. La preuve : Même les feuilles de choux classées à droite qui publient des billets de Gaspard Koenig se montrent encore réticentes à l’idée de débrancher la pompe à fric qui inhibe le secteur privé au profit d’activités publiques totalement stériles. Pas un mot sur les Reaganomics qui n’auraient jamais toléré une politique de taux bas permettant à des canards boiteux de rester en vie et donc de ne pas laisser la place à des entreprises plus dynamiques, innovantes, rentables à moyen/long terme. Pas un mot critique non plus sur le bluff de Draghi sur le « whatever it takes » de juillet 2012 : L’Allemagne ne voudra jamais des eurobonds véritable machine à pomper les fruits du sérieux des européens du nord aux profits des cigales socialistes du sud. Il faut privatiser d’urgence ces médias télévisés et radiophoniques ainsi que les pompes à fric qui paient ces sociologues marxistes, économistes keynésiens de plus en plus ringardisés par les médias neufs, libres, contestataires qui montrent tous les jours un peu plus que toute cette clique empêche l’économie de bien fonctionner car faisant la promotion d’idées aussi absurdes qu’accommodantes pour eux… Le socialisme a tué la France, il est en train de tuer l’Europe.

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L’UE ne marche pas, pas plus que l’Euro. Il faut donc plus d’UE et plus de « convergences » pour faire marcher l’Euro… Ces cons vont tuer l’Europe.

 

 

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A propos Duff

Ingénieur consterné par le monde dans lequel il vit...
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Un commentaire pour Le roman de l’euro sur France 2 et nos chers médias publics

  1. Cyril45 dit :

     » Personne non plus pour s’indigner du contenu désopilant – si ce n’était pas financé avec mon pognon – des émissions de Daniel Mermet, cofondateur d’ATTAC  »
    Bien dit, cela fait des années que je pense cela. Cordialement.

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