Un jour, un destin : la grève.

On disait de la France que c’était le seul pays communiste qui avait réussi, il connaît de sérieux ratés désormais et ça se voit, tellement qu’on ne peut plus le cacher, dissimuler la poussière sous le tapis. Alors que l’économie marchande s’effondre, cherche par tous les moyens d’innover sans investir via la forêt tropicale et luxuriante de déductions fiscales en tous genres, une entreprise abusivement qualifiée de service publique se met en grève. Par mon job je vois chaque semaine des entreprises qui demandent « êtes-vous éligibles au crédit impôt recherche » ou « bidule de crédit européen pour que le ciel soit un peu plus bleu » etc. C’est tragique. C’est humain, face à cette démence taxatrice et aveugle, chacun cherche à optimiser ses coûts comme il le peut, en fonction des orientations stupides votées par des députés n’ayant jamais mis le pied dans une entreprise et conseillés par des experts souffrant du même mal.

FRENCH SOCIALIST DEPUTY HOLLANDE RIDES HIS MOTORBIKE

Le président de la république. Si si.

Après une énième réunion avec une entreprise qui pour minimiser sa prise de risque et son engagement financier se targuait d’envisager l’embauche d’un stagiaire, je devais reprendre le TGV mercredi après-midi pour Paris. La veille j’avais été déjà fortement impacté par la grève et j’espérais naïvement que sur une ligne TGV très empruntée, la reconduction de la grève ne m’impacterait pas trop. Douche froide, train supprimé et bien que disposant d’un billet pro 1ère, ce sera debout et au final accroupi dans un train bondé avec deux heures de retard. Magnanime, la SNCF me proposera quand même un remboursement… Arrivé à la gare Montparnasse, faisant la queue pour un taxi, visiblement aussi absents que les trains, j’engage la conversation avec un couple d’américains venus de Los Angeles. Ils se demandaient si cette situation au niveau des trains et des taxis était normale, ce à quoi j’ai balbutié quelques mots aussi peu convaincus que convaincants pour dire que non, pour au final conclure « Welcome to France ». Le type me disait qu’à New York, il suffisait de lever le bras pour avoir un taxi et que selon lui les tarifs pour des trajets dans Paris étaient chers. Que pouvais-je lui rétorquer moi qui m’étais essentiellement transporté dans des cabs à New York une fois avoir comparé toutes les offres ? Lui expliquer ce scandale de rente avec les plaques hors de prix, déjà relevé dans un rapport Armand Rueff des années 60 ? Lui parler de la commission Attali qui expliquait comment remettre en mouvement notre pays ? Dans la longue attente pour une voiture, je lui dis alors qu’il serait possiblement plus judicieux de sortir et de chercher un taxi dans la rue. « Is it safe ? » la question qui tue, ô certes Montparnasse n’est pas le quartier le plus sauvage de Paris mais j’ai été obligé de reconnaître qu’en dehors de l’ouest et du centre, mis à part les pickpockets, le reste craignait et devenait de plus en plus sale et dangereux. Nous qui tirons un si un grand revenu du tourisme, quelle image somme-nous en train de donner ?

staline

Marchais peut reposer en paix, en 2014 la France est un paradis communiste.

Alors que le pays coule, des privilégiés osent une grève alors que dans beaucoup de pays la distinction claire a été faite entre l’aéroport et la compagnie aérienne, et même souvent, on s’est aperçu que les deux pouvaient être des opérateurs privés. Pourquoi RFF et la SNCF sont encore publiques ? Pour que l’enquête à Brétigny sur Orge démontre l’inefficacité effarante du service publique ? Pour que les 40 milliards de dettes puissent être transférés gentiment aux contribuables alors que les subventions à tous les échelons administratifs du rail faussent complètement la concurrence notamment avec le secteur aérien qui tend à devenir exclusivement privé, pour le bonheur des consommateurs ? A quoi joue-t-on ? De cette discussion, dans ce contexte, j’en retire une amère leçon : Notre pays est très loin de se réformer et pire de comprendre le niveau exact de réformes qu’il convient d’appliquer. Et c’est même écœurant : Si malgré ces entraves évidentes et lourdement handicapantes, notre pays est encore vaguement debout, c’est qu’il recèle en lui des possibilités magnifiques et des atouts indécents ! Si la gauche met les grévistes dans la rue pour rien, il faudra franchement que l’opposition actuelle, une fois revenue au pouvoir, les mette dans la rue pour de bonnes et sérieuses raisons !

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A propos Duff

Ingénieur consterné par le monde dans lequel il vit...
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Un commentaire pour Un jour, un destin : la grève.

  1. Bonsoir Duff,
    Encore un article tres plaisant malgré la tragedie qui est accablante.
    Demain, article sur Schengen sur mon blog cependant combien de temps peut le pays continuer a demanteler ses services publiques, son industrie, ses comptes etatique de pr comptables de m….? Combien de temps devons nous laisser faire les Enfumeurs de ces partis politique et ces meme hommes politiques professionnels avant que le pays se dechire en guerre civile?
    Cordialement,
    Jacques

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