L’obsession antilibérale française

Sur BFM Business, Nicolas Doze a donc tenu son débat majeur sur la question qui hante les questions économiques françaises, il était prévu ce jour, le 16 juillet avec Nicolas Lecaussin (nom francisé qui explique son accent roumain) chantre du libéralisme opposé à la socialiste Valérie Rabault et au journaliste keynésien de gauche Christian Chavagneux d’Alternatives économiques.
Comme prévu, l’opposition à gauche au libéralisme fut motivée sur une définition erronée (même large) de ce qu’est le libéralisme : La liberté individuelle qu’elle soit accordée sur plan économique, politique ou sociétale doit s’accompagner d’une responsabilisation de l’individu. Qui depuis la crise des subprimes a fait de la taule pour des actes répréhensibles? En dehors de Madoff (Kerviel, c’est moins clair sur le niveau de connaissance et de soutien de la hiérarchie), personne sinon. Et pourtant des banques ont craché parfois plusieurs milliards de dollars d’amendes sans que la responsabilité individuelle de dirigeants ne soit engagée. Mieux, l’affaire BNP Paribas aux USA et le soutien scandaleux de bon nombre de hauts « responsables » politiques français en commençant par le chef de l’état qui a demandé au président américain de faire comme en France (c’est relativement clair en ce moment) de faire pression sur sa justice démontre qu’il n’est nulle question d’engager la responsabilité personnelle de banquiers qui ont pourtant gravement fauté au regard des lois américaines pourtant connues d’eux et voire même des lois françaises…

Lecaussin a fait ce qu’il a pu : Rien face à ce que relevait un auditeur. On demandait à ses contradicteurs de parler d’un sujet qu’il maîtrisaient autant que les prêtres parlant du kama-sutra. L’hérésie française est bien là, le manque de pragmatisme et d’information sur le bilan de ce qui s’est fait ailleurs par des gouvernements de droite ou de gauche est profondément navrant.

L’avertissement en 1944 d’Hayek, l’ultra-libéral selon Chavagneux, était pourtant clair est parfaitement vérifié depuis : Restreignez la liberté économique et la liberté politique finira par suivre la même pente dramatique. Pourtant après 1989 et la chute du mur de Berlin, nos bon politocards étatistes et interventionniste sur le plan politique et économique, alors que la mondialisation des échanges s’accentuait, aucun donc ne se remit en cause. Nous en payons le prix fort actuellement. Il y avait eu pourtant un très vieil avertissement purement économique celui-là dès le début des années 1920 quand Von Mises estimait que le calcul économique devenait impossible dans un régime purement socialiste bypassant le marché de l’offre et de la demande et réduisant la concurrences que différents acteurs pourraient se livrer : La conclusion qu’il en tirait était l’effondrement économique parce que la planification prenant place au calcul rationnel d’un individu intéressé à la pertinence de ses anticipation décidées seules, écroulait la productivité, la rationalité, l’innovation et la concurrence qui sont les vrais et uniques moteurs du progrès.

Que nenni. Revel avant de mourir avait vu la gauche ne tirer aucune leçon de l’effondrement du système soviétique. La collectivisation et la déresponsabilisation sous-jacent resta la règle d’une réforme dite de « gauche ». Hollande a hérité de toutes ces folies, élu en racontant rien qui n’offusquait cette déjà vieille erreur de compas, le voici enfermé, bloqué, incapable d’expliquer sa politique à son camp tandis que les centristes qui pourraient l’aider n’ont pas plus évolué leur réflexion économique (ou à peine mieux) que celle des socialistes. D’où l’impasse.

Si Fillon ou un autre de droite ne se fait élire sur ce changement copernicien alors c’est le FMI et nos créanciers qui nous feront opérer ce changement mais… Sans l’aval populaire avec les risques que cela comprend.

Première partie.

Seconde partie.

PS : N’oublions jamais deux choses préalablement sur la titrisation des créances « subprime » et quelques conclusions qui en découlent :

  1. Titriser c’est diluer le risque. Evaluer le risque des créances est un métier de banquier parce qu’une bonne évaluation des risques c’est correctement évaluer le gain potentiel malgré les risques encourus. Un système libéral qui responsabilise les acteurs du marché jusqu’aux poursuites pénales et au moins jusqu’à assumer les pertes en capital dues à de mauvais investissements évite de mutualiser sur la collectivité les pertes tandis que les profits eux peuvent naturellement rester privés. Un pareil système déresponsabilise les acteurs et pousse à la prise de risque inconsidérée.
  2. Les « subprimes » ce sont des ménages américains insolvables pour bon nombre d’entre eux avant même un retournement économique conjoncturel (en UK et aux USA les taux d’emprunt immobiliers sont rarement fixes) et les organismes qui ont organisé cette insolvabilité manifeste étaient publics ou para-publics largement incités à prendre ces risques inconsidérés sou la pression des présidents américains Clinton (Glass Steagal act volé en éclat) et Bush Jr (taux directeurs abaissés après les attentats du 11/09/2001 soit disant pour éviter une contraction de l’économie favorisant le maintien des canards-boiteux)
  3. Si vous avez bien lu : Si les économies « capitalistes » des pays occidentaux étaient restées libérales, nous n’aurions pas échappé à une récession, mais jamais nous n’aurions vécu la crise financière et le diktat des banques systémiques entre 2007/2008. Jamais.
  4. On peut même aller plus loin, la politique des principales banques centrales en l’absence de réformes sur les banques systémiques, l’abandon des lois anti-trust s’appliquant autant à Google qu’aux banques, tout ceci valide l’idée que le moyen de combattre depuis 2008 la crise sont exactement ceux qui l’ont provoqué… Plus dure sera la chute, et, jusqu’ici tout va bien…

 

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A propos Duff

Ingénieur consterné par le monde dans lequel il vit...
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