Anniversaires et commémoration sélective : Jaurès ou Friedman ?

Jaurès est aujourd’hui présenté comme le gentil pacifiste socialiste, fondateur du quotidien l’Humanité, qui fut assassiné à la veille de la guerre de 14. Il est glorifié par notre bon président qui faute de résultat visible sur le chômage et la hausse de la précarité et de la pauvreté en France tente de réanimer des mythes de gauche alors qu’il s’apprête (si tout se passe bien à l’assemblée nationale) à mener une politique aux antipodes de l’ancrage marxiste de la gauche actuelle. Quel délicieux exercice de style et de communication. Mais qui tombe à plat, comme tous les précédents à cause des mensonges et de la duplicité du discours socialiste, depuis des lustres donc, et pour s’en convaincre, il suffit de lire les charges accablantes d’Yves Guyot au XIXème siècle. C’est symbolique de la part du président Hollande mais aussi de la droite : Quand on s’apprête à faire le contraire de ce que la pensée des glorieux ainés auraient dicté, on invoque la pensée magique de l’idole, le tout dans une mise en scène médiatique spécifique aux attentes de chaque électorat : Rien d’étonnant alors qu’après avoir enterré une seconde fois le Général de Gaulle par un atlantisme à peine moins honteux que celui d’Hollande, la droite exhumait subitement la pensée du Général, indépendante et iconoclaste – comprendre hors des technocrates – vis-à-vis de la dérive impérialiste et oligarchique américaine.

N’arrivant plus à dissimuler ses renoncements, ses mensonges de campagnes, son revirement sur la politique de l’offre, Hollande réalise l’exploit de raviver des débats que le politiquement correct imposé par la gauche avait presque réussi à étouffer à jamais. Non, non, ni messieurs Jules Ferry et Jean Jaurès étaient blancs comme neige. Même pas du tout ! Tandis que le premier voulait éduquer les races inférieures et justifiait la colonisation, terrible dérivatif d’un pays en déconfiture qui révait nostalgiquement de son empire, le second tenait des propos insupportables sur les juifs.
« Dans les villes, ce qui exaspère le gros de la population française contre les Juifs, c’est que, par l’usure, par l’infatigable activité commerciale et par l’abus des influences politiques, ils accaparent peu à peu la fortune, le commerce, les emplois lucratifs, les fonctions administratives, la puissance publique . […] En France, l’influence politique des Juifs est énorme mais elle est, si je puis dire, indirecte. Elle ne s’exerce pas par la puissance du nombre, mais par la puissance de l’argent. Ils tiennent une grande partie de de la presse, les grandes institutions financières, et, quand ils n’ont pu agir sur les électeurs, ils agissent sur les élus. Ici, ils ont, en plus d’un point, la double force de l’argent et du nombre. »

Jean Jaurès, 1er mai 1895, Dépêche de Toulouse, La question juive en Algérie.

Voici quelques arguments que Jules Ferry, qui a dû démissionner de son poste de premier ministre en mars, tient devant les députés le 28 juillet 1885, tels qu’ils sont transcrits au Journal Officiel. Ils constituent les fondements de la pensée coloniale de la IIIème République:

« La première forme de la colonisation, c’est celle qui offre un asile et du travail au surcroît de population des pays pauvres ou de ceux qui renferment une population exubérante.[…]

Mais il y a une autre forme de colonisation, c’est celle qui s’adapte aux peuples qui ont, ou bien un excédent de capitaux, ou bien un excédent de produits.[…] Les colonies sont pour les pays riches un placement de capitaux des plus avantageux.[…] Dans la crise que traversent toutes les industries européennes, la fondation d’une colonie, c’est la création d’un débouché.[…]

Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai! Il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis à vis des races inférieures […][Remous sur plusieurs bancs à l’extrême gauche] parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont un devoir de civiliser les races inférieures.[…]

Ces devoirs ont souvent été méconnus dans l’histoire des siècles précédents, et certainement quand les soldats et les explorateurs espagnols introduisaient l’esclavage dans l’Amérique centrale, ils n’accomplissaient pas leur devoir d’hommes de race supérieure. Mais de nos jours, je soutiens que les nations européennes s’acquittent avec largeur, grandeur et honnêteté de ce devoir supérieur de la civilisation .[…]

A l’heure qu’il est, vous savez qu’un navire de guerre ne peut pas porter, si parfaite que soit son organisation, plus de 14 jours de charbon et qu’un navire qui n’a plus de charbon est une épave sur la surface des mers abandonné au 1er occupant. D’où la nécessité d’avoir sur les mers des rades d’approvisionnement, des abris, des postes de défense et de ravitaillement. »

Comme souvent dans l’histoire de France après la révolution de 1789, ce sont des intellectuels issus de la gauche qui ont produit les plus grands écrits sur la liberté et contre le socialisme et sa tentation totalitaire pour reprendre le titre d’un ouvrage de l’un des derniers en date, Jean-François Revel. Après Alexis de Tocqueville puis Frédéric Bastiat, députés siégeant à gauche, ce fut en 1893 que L’économiste Yves Guyot publia « La tyrannie socialiste ». En sous-titre il citait Ledru-Rollin, tout un symbole, celui qui a donné son nom à une avenue et une station de métro dans un quartier de Paris envahi de bobos collectivistes et passionnés d’égalitarisme avait déclaré  « Le socialisme c’est l’Etat se substituant à la liberté individuelle et devenant le plus affreux des tyrans »…  Lire ici la chronique de Damien Theillier de l’institut Coppet. Guyot déclare notamment : « A rejeter l’adulte dans la situation de l’enfant, à le faire rétrograder en ce petit être qui ne peut exprimer sa volonté que par ses cris, à le livrer bien emmailloté afin qu’il soit bien sage, à cette marâtre inconnue, la Société, dont l’existence ne pourrait se révéler que par la tyrannie. Changer l’homme en bébé, criant à la Société : maman ! Tel est l’idéal socialiste ! ». Infantilisation de la société, procédé vieux comme le monde, bien évoquée récemment par Mathieu Laine dans son ouvrage « la France adolescente ».

2013-10-Milton-Friedman-Web-(1)

Friedman, free to choose. L’école de Chicago a permis aux idées des économistes autrichiens de rester en vie, de prospérer.

Ce même 31 juillet, nous pouvions aussi commémorer le 102ème anniversaire de la naissance de l’économiste nobélisé Milton Friedman. Je l’ai déjà écrit, l’économie n’est pas un jeu à somme nulle, Malthus a fini ruiné et seul, rien d’étonnant à ce que les pays les plus ouverts et les plus réactifs à la mondialisation figurent trustent les premières places parmi les pays les plus riches où les classes laborieuses disposent d’un pouvoir d’achat outrageusement supérieur à celui des français, sans compter sur un taux de chômage aussi bas qu’indécent. Chose impossible en France, Friedman a eu accès aux médias pour défendre ses idées de « free market » et combien la mondialisation – qui a toujours existé malgré l’accélération récente par l’avion et les super-tankers et internet – avait été une chance extraordinaire de développement à la fois pour les pays en retard mais aussi pour les pays occidentaux assez souples pour recaser des ouvriers fabriquant des tongs pour des produits à plus haute valeur ajoutée. Sous son aile et sous son influence, Friedman a inspiré tant d’économistes et de politiques courageuses profitant à tant de gens que les quelques clampins de Carmaux me paraissent trop insignifiants pour cet hommage déplacé. Un président de la république censé représenter tous les français rendant hommage à une figure du socialisme, ça ne choque personne en Socialie. Imaginez Sarkozy rendant hommage à une figure de droite de la fin du XIXème siècle ou du début du XXème ? Scandale garanti tandis que la pensée de Friedman est méticuleusement dissimulée et oubliée.

Milton Friedman explique pourquoi la liberté chère aux émigrants vers les USA a fondé en peu de temps l’état le plus prospère du monde.

L’imposture socialiste qui exalte la marxiste lutte des classes trouve invariablement ses limites : Elle exacerbe les conflits entre français, dénigre le sentiment national qui est pourtant le pilier essentiel à la justification de la redistribution, et s’étonne ensuite de la fuite des capitaux, des cerveaux et de l’hostilité des entrepreneurs… Jaurès a été assassiné, certes. Selon M. Corbière c’était l’œuvre d’un militant d’extrême droite, pardon mais ça sent la même odeur puante de simplification des faits qu’Esteban le crétin facho qui aurait crevé Clément Méric, le gentil militant d’extrême gauche étudiant dans la fabrique officielle, science-pipo. Toujours les mêmes raccourcis, le cordon sanitaire autour de l’extrême droite et jamais son homologue de gauche pourtant coupable de plus de morts si on se livre à un odieux et stérile bodycount de la connerie humaine.

Le socialisme et la recherche de solutions collectives (par l’état) infantilise et déresponsabilise.

Hollande peut être aussi laudatif qu’il le souhaite sur le communisme, c’est un arriviste de bas-étage, un calculateur aussi froid que peu méthodique, une erreur de l’histoire française qui marquera les esprits pour sa nullité et sa couardise. Chirac a été nul mais a refusé la guerre en Irak, il aura une ligne pour ça. Hollande aura un paragraphe qui tentera d’expliquer comment la société française a pu tomber aussi bas.

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A propos Duff

Ingénieur consterné par le monde dans lequel il vit...
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5 commentaires pour Anniversaires et commémoration sélective : Jaurès ou Friedman ?

  1. Bonjour Duff,
    La France as élu L’Enfumeur, celui çi vas essayer de rester au pouvoir aussi longtemps que possible. Si on suit sa carriere comme Premier Secretaire du PS, on verra que le bonhomme as toujours rebondi meme quand les choses allaient mal pour lui.
    Je crains que noys ayons ce politicien sur les bras pendant longtemps. Aussi longtemps qu’il sera au pouvoir, le pays continuera sa lente progression dans le chaos et la desorganisation: il faut arreter d’autre part de parler comme un intellectuel alors qu’il faut parler pratique. Il est evident pour moi que Hollande doit quitter la politique..question a poser..comment l’obliger a la quitter definitivement?

    Cordialement,
    JdG

    • Duff dit :

      Bonsoir Jacques.

      Nous verrons, une certaine façon de faire de la politique doit mourir avec Hollande, c’est évident.Je ne vois que deux possibilités : Soit la France renoue avec un homme au service de l’intérêt général soit elle se soulève pour vider ces politocards de carrière. Dans les médias (merdias subventionnés) et tous ceux qui font l’opinion, tout est fait pour retarder la seconde option, ce qui au final peut conduire hélas au pire…

      Je ne fais aucun pronostic, j’attends de voir comment la situation économique (que je crois mauvaise) évoluera à la rentrée.

      Bonnes vacances si vous en avez, moi je pars! 🙂

      Cordialement

      • Duff,
        Bonne vacances a vous. Non, je ne prends pas de vacances cette annee..on verra pour la fin de l’annee..deux nouveaux produits a lancer a l’international et des commerciaux a former.
        A bientot,
        Amicalement,
        Jacques

  2. paroxystique dit :

    Joli travail… L’infarctus est très probable pour le Flan… On se cotise pour un camion de Pepito???

    • Duff dit :

      Salut,

      Vous ne m’arracherez jamais le moindre centime pour un socialiste ou qui que ce soit d’ailleurs, je paie assez (trop) d’impôts déjà!!

      😉

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