Second débat des primaires : la confirmation, mais où est le centre?

A l’issue du premier débat, très éclairant, des tendances fortes s’étaient fait jour, ce second débat n’a fait que les confirmer. Il n’y eut en réalité qu’un seul changement dans la dynamique qui a hélas occulté tout le reste dans l’analyse – médiocre évidemment – des médias : la prestation meilleure de Nicolas Sarkozy qu’au cours du premier acte. Pourtant le vainqueur, selon bien entendu des critères subjectifs liés à ce qu’on attend d’un futur chef de l’état, fut rigoureusement le même, je parle bien de rigueur à dessein parce que ce fut encore François Fillon.

Je garde en tête mon idée forte: inutile de confier à nouveau le pouvoir à ceux qui l’ont mal exercé. J’étais donc naturellement ravi de la piètre performance de l’ancien président qui avait choisi de revenir dans l’arène politique très tôt et s’exposant facilement aux critiques liées à son bilan et surtout à son attitude, cette déplorable habitude des politiciens qui par orgueil hypertrophié de se croire indispensable. La remarque valait tout autant pour Juppé dont le subterfuge du mandat unique fut convenablement éventé dans ce second débat. Les médias disent que n’étant pas attaqué (à peine! mais c’est vrai que les attaques furent discrètes) il ne pouvait pas briller: non, il ne peut pas briller parce qu’il est terne et sur la défensive étant le leader des médias et des sondages. Le Maire devait se racheter mais il n’en est pas capable, tout juste bon à faire le chiot à mordiller les mollets de Sarkozy. On comprend pourquoi Juppé ne prend aucun risque, le manque d’audace de BLM creuse sa tombe, dans l’avenir il croisera Laurent Wauquiez qui même pour dire des conneries n’en manque pas, lui… Devancée sur ce terrain NKM a récité sa partition, singulière, par moment libérale, par moment décalée mais je dois avouer qu’elle est fortement remontée dans mon estime depuis l’image déplorable qu’elle m’avait laissée durant la campagne municipale parisienne. Copé a fait le show comme s’il lui fallait sortir par la plus honorable des portes. J’ai fait un score pourri mais au moins j’ai été « nature ». Poisson jugé hors sujet par les médias et, hélas, par la pas très libérale NKM sur la liberté d’expression, a pourtant délivré une leçon de démocratie en dézinguant les ordonnances de Copé et en faisant la promotion de la démocratie directe, principale réponse au discrédit actuel de la démocratie représentative. Il a froidement expliqué pourquoi le référendum d’initiative populaire de Sarkozy n’était qu’une farce bien ficelée.

Nicolas Sarkozy a renvoyé ses assaillants à leurs chères études, débatteur hors pair, on l’a retrouvé tel qu’il était avant de devenir président. Une maîtrise des dossiers, un art de noyer le poisson comme de dégainer le 357 Magnum à la Clint Eastwood, mais est-ce du niveau d’un ancien président de la république? Comme les gauchistes j’en viens à railler sa gestuelle, ses haussements d’épaule caricaturaux, ses simagrées et pourquoi? Parce que le seul à ne se laisser jamais aller à des attaques personnelles pour garder le focus sur ce qu’il veut faire est François Fillon. Il n’a été attaqué par personne parce qu’il ne laisse aucune prise. Quand il a dit que jamais le général De Gaulle n’aurait osé se présenter avec une mise en examen sur les bras, il visait autant Sarkozy cerné de toute part que Juppé déjà condamné, et, c’est tellement juste qu’aucun argument bidon ne peut contrecarrer ce propos. Seules 2 options s’offrent aux libéraux: le choix de la proximité idéologique incarnée par NKM ou le réalisme pour Fillon qui a une chance bien supérieure qu’elle de l’emporter.

Ce dernier paragraphe aurait pu servir de conclusion. Il me vient une idée qui provient de mon agacement envers les partis centristes tout autant du conservatisme de la droite française que François Fillon drague aussi… Cette primaire est qualifiée « de la droite et du centre » mais ne comporte que des candidats de droite. Indiscutablement la plus centriste est NKM et non pas Juppé soutenu par l’UDI et le MODEM, les partis centristes préférant l’eau tiède aux réponses libérales qui provoquent une poussé d’urticaire à certains de ses leaders. Je n’attends rien de NKM sur l’€ ou sur les institutions européennes clairement défaillantes. Quelque part c’est la désunion des libéraux qui a permis ce bordel et qui nous oblige à des calculs de boutiquiers à préférer Fillon à NKM surtout quand on a un background de droite. Jean-Christophe Lagarde est transparent et pour se faire élire, en vulgaire socialiste, il a obté pour un compromis pourri entre progressisme et conservatisme, le centre mérite mieux, aux libéraux de se prendre en main.

 

 

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A propos Duff

Ingénieur consterné par le monde dans lequel il vit...
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