Le socialisme de droite: le mongaullisme

J’écrivais il y a quelques mois que la droite courrait le danger de se diviser avec la tenue d’une primaire ce qui affaiblirait les chances de celui qui en sortirait égratigné alors que l’élection de 2017 semble imperdable. Il n’en fut rien car les écarts furent nets et la sanction très dure pour l’ancien président de la République et pour tous ceux qui pensaient que le moment était venu d’opérer le renouveau (avec un pur produit de la technocratie made in ENA!). Dès lors, François Fillon n’avait plus qu’à attendre de connaître qui sortirait de la mascarade socialiste et de résister aux critiques de la presse subventionnée qui refuse de comprendre la leçon spectaculaire de 2016: les peuples occidentaux ne l’écoute plus et les mensonges socialistes s’écroulent les uns après les autres. Mais les médias gigotent encore, ne pas être cliniques avec la nullité extrême de la gauche, au fond, nous y étions habitués. Qu’elle veuille encore interférer le sens de l’histoire malgré son discrédit est intéressant surtout après la jurisprudence Trump & Brexit. Soit ils n’ont rien compris soit je minore encore trop son pouvoir de nuisance.

Fin novembre la situation était limpide mais chacun sait que 6 mois avant une élection présidentielle, il n’est que rarement recommandé d’être le favori mais il convient de voir pourquoi!. Valéry Giscard d’Estaing n’a pas vu venir sa défaite de 1981 face à François Mitterrand, il faut dire que l’intriguant de 1965 a profité d’une conjonction de facteurs très favorables dont notamment un Jacques Chirac ayant renoncé à servir l’intérêt général pour servir son ambition personnelle. Les 5 années au pouvoir des socialistes se concluent par une raclée aux législatives de 1986 qui aurait du motiver une alternance en 1988 et pourtant Chirac fut écrabouillé par un Mitterrand rongé par le cancer qui avait pu instrumentaliser tous les événements possibles survenus pendant la cohabitation avec un cynisme immonde et avec la complaisance déviante des journalistes, caractéristique des courtisans à Versailles sous l’ancien régime (Affaires, Mazarine). En 1995, Edouard Balladur s’est ringardisé tout seul tandis que Chirac, ayant assumé la liquidation du gaullisme – toujours pour servir son ambition présidentielle avec le traité de Maastricht en 1992 –  ne ressentait toujours aucun complexe à verser dans la démagogie la plus grotesque avec sa fracture sociale et ses pommes. En 2002, Chirac sortit éreinté de la cohabitation et ne franchit pas la barre des 20% au premier tour, sa réélection fut miraculeuse bien aidée par la nullité de Lionel Jospin et de l’aveuglement idéologique de la gauche. Les deux élections suivantes marquèrent une inflexion logique cependant. Fin 2006, Nicolas Sarkozy proposa une rupture qui fit revenir des électeurs gagnés par l’abstention, Ségolène Royale étant nulle, pour la première fois depuis 1978, le même camp gagne deux législatives de suite. En 2012, archi-favori, en prenant le moins de risque possible, François Hollande fut élu président. Seuls les honnêtes gens sur le plan intellectuel surent que ce président aurait pour la première fois à combattre en son sein plutôt que contre les oppositions naturelles. On connaît la suite, Hollande a du renoncer à briguer un second mandat, fait exceptionnel.

Dans un contexte pareil, une droite unie derrière un homme sorti d’un processus démocratique (que tout autre aurait exclu) la géniale intuition de Fillon, quand il prend le risque de laisser à Jean-François Copé le parti en échange de cette primaire ouverte, devrait le conduire à l’Elysée désormais. C’est oublier un point évoqué dans la rétrospective historique du rôle devenu malfaisant du contre-pouvoir médiatique. Les journalistes osent présenter la volonté réaffirmée de Fillon de réformer la sécu comme une reculade alors que le sujet est soit disant tabou et même interdit. Voilà qui permet de juger du niveau de partialité de ces gens là qui pensent encore tenir les masses tandis que leur niveau de popularité rase les paquerettes comme les politiciens professionnels responsables de notre dégringolade. Charles Gave va plus loin en se réjouissant – possiblement un peu vite – de la fin de l’ère des démagogues. Il est vrai que Fillon a cherché ces derniers temps à se mettre en cohérence avec sa volonté affichée de dire enfin la vérité aux français. Pas d’entrevue avec le jeune prince saoudien, pas de recul sur le non cumul des mandats là où Sarkozy n’a pris la primaire de la droite que comme une légère extension du corps électoral de la présidence du mouvement réservée aux militants essentiellement constitués d’élus… Or les médias tentent de tailler en pièce le programme de réformes de Fillon d’une manière désordonnée mais en actionnant tous les leviers restants. Si Fillon mérite l’Elysée, lui qui a déjà perçu que tailler poliment les journalistes était vendeur, il ne devrait pas avoir trop de mal pour percer à jour ces stratagèmes grossiers.

La première mystification est Emmanuel Macron : Jean-Charles Simon rappelle son étonnant parcours qui montre que l’arrivisme de centre-gauche est autrement plus efficace que celui de centre-droit d’un Bruno le Maire qui a visiblement plus souvent hésité dans le choix de ses compromissions utiles à des fins personnelles. L’attitude vis à vis de Macron du groupe Altice sera nécessairement à surveiller… D’autant que le vaisseau amiral, RMC/BFMTV ouvre largement ses micros à Henri Guaino, candidat dissident de la « droite » tout comme l’improbable Michèle Alliot-Marie. Deux gaullistes refusant les primaires au motif qu’un chefaillon bonapartiste n’a pas à trouver sa légitimité dans la vilaine populace via un processus démocratique, il en impose de lui même ce qui évidemment caractérise magnifiquement ces deux arrivistes que la politique a rendu très riches sans jamais exercer la moindre profession en dehors de leurs mandats électoraux ou rôle de conseillers grassement payés. Aucun des deux ne tire la moindre conclusion de la primaire, deux candidats favoris et mis en avant par les sondages et les médias et au final battus sévèrement par une foule de plus de 4.5 millions de personnes soit bien au delà des espérances. Non! Henri Guaino reste persuadé qu’il reste de la place pour un candidat proposant mieux que l’horrible purge – la plus terrible depuis 1945! – de l’affreux François Fillon. C’est très amusant, 2 gaullistes sociaux proches de Philippe Seguin qui en 2016 partagent des vues aussi opposées. Fillon, pragmatique pose un regard lucide, clinique sur l’état de la France et entérine la volonté d’une large partie de nos concitoyens de conserver l’€ ce qui implique des réformes profondes. L’autre veut conserver le socialisme en place qui a perverti les esprits et nous a dépourvu de toute compétitivité vis à vis des états du nord de la zone € sans oser proposer d’en sortir comme le suggère la national socialiste Marine Le Pen au fond plus cohérente que lui.

La France n’est pas avare de paradoxes. En 2007 avec sa rupture, on pensait que Nicolas Sarkozy mettrait fin au tropisme de la droite française sur le gaullisme. C’est finalement un gaulliste presque de gauche il y a 25 ans qui en mêlant conservatisme sociétal et réformes économiques en conservant l’€ (contre lequel il a voté) qui se promet de mettre fin au socialisme de droite. Pas étonnant donc qu’un électeur n’ayant pas assez de repères historiques en perde son latin. Plus singulières sont les candidatures de prétendus gaullistes qui soutiennent l’augmentation de la dépense publique de 37 à 57% du PIB entre les années De Gaulle (niveau comparable à l’ultra-libérale Suisse actuelle) et la Socialie triomphante avec ses 2200 milliards de dettes, 8 millions de pauvres et 6.5 millions de chômeurs ou en sous-emploi actuels. Sans parler du trou de la sécu, expression entendue dès mon enfance il y a 30 ans, de l’enfant sur 4 qui naît dans une famille pauvre et enfin de l’effondrement du niveau scolaire via l’égalitarisme maladif qui a brisé l’ascenseur social. Ah vraiment Henri Guaino a raison, il est urgent de ne rien changer, tout va bien et nous sommes lancés sur de bons rails, il peut faire pleurer dans les chaumières sur son cas personnel alors que sans jamais prendre le moindre risque de sa vie, il aura pu accumuler une fortune extravagante qu’aucun salarié n’aura l’espoir d’égaler. Que ces fausses dissensions exacerbées par les médias méritent leur vrai sort : le néant.

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A propos Duff

Ingénieur consterné par le monde dans lequel il vit...
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6 commentaires pour Le socialisme de droite: le mongaullisme

  1. Emmanuel M dit :

    Au final

    ==> N’importe quel trou du cul étiqueté « de droite » peut avoir un accès aux médias s’il débite le discours que la gauche bobo souhait entendre
    ==> Les médias de gauche s’autorisent à (tenter de) sélectionner, par un filtrage de l’accès à la parole publique, les courants politiques sensés être légitimes à droite
    ==> Evidemment, le CSA et autres instances considèrent que le temps d’antenne accordé à ce genre de félons participe au quota de couverture dans les médias consacré à la droite

    Si la droite revient au pouvoir, une purge massive des médias est à souhaiter.

    La suppression de tout aide publique au journalisme serait un premier pas. Juridiquement, considérer tout média déficitaire non financé par ses lecteurs ou de la publicité commerciale comme un tract politique (avec les implications que cela porte en terme de financement des partis politiques, d’interdiction de diffusion dans les écoles, …) serait également une très bonne chose.

  2. François Carmignola dit :

    Toujours larmoyant, Gaino qu’il s’exhalte sur le mariage gay ou la sécurité sociale est toujours aussi lamentable: la dent mal remboursée tue par la hanche et à Smart on cède honteusement au chantage. Sa grand mère et sa mère, (déjà en cause lors du mariage gay) seraient donc reniées (pourquoi pas violées et mangées?) par François Fillon…
    L’effroyable connerie de celui qui fit citer Jean Jaures à Sarkozy, inspira le discours de Dakar et la lettre à Guy Moquet crève l’écran. Ce crétin ahurissant, qui tenta de séduire le peuple par la gauche, prédit le départ de celui ci vers le FN, décu par le libéralisme. C’est le contraire qui se produit et le gauchiste issu de modeste sera bientôt privé de son plassou: il n’a servi que lui même en se faisant moquer de lui par tout le monde.
    Bravo à Charles Gave pour sa description parfaite de la démagogie. Son seul tort est de décrire un clivage que je vois moi à 90% de ce qu’il décrit: d’une part une droite libertaire sur les moeurs, protectionniste, sociale et ennemie de l’Europe (le FN), siphonnée par une droite pragmatiquement libérale sur tout, attachée à la puissance et à la prospérité de la Nation (Fillon et tout ceux qui vont se soumettre à lui). Le reste, ce qu’on appelle la gauche, ira en enfer.

    • Duff dit :

      « une droite libertaire sur les moeurs » je pense que le mot « droite » est de trop. Marxine Le Pen est libertaire comme son conseiller homosexuel mais il ne reste plus grand chose de droite au FN, la Marion l’a bien compris et ses sorties isolées (probablement soufflées par le patriarche) suggèrent qu’elle parie sur l’échec de la tantine.

      Quant aux « identitaires » ce n’est qu’un ramassis de fachos bien plus déchristianisés versant dans le paganisme similaire aux national-socialistes allemands, des déchristianisés et niais. C’est du racisme ordinaire qui anime leur haine contre les maghrébins comme les nostalgiques de l’Algérie française du temps ou cette population était soumise. Ils rêvent de les foutre à la mer pas de réfléchir (ils en sont incapables) à ce qu’il faut pour que ces nouveaux entrants s’assimilent et que le salafisme cesse de gagner du terrain.

      Sinon comme vous, pour qui s’intéresse à l’histoire, voilà 150 ans qui viennent de s’écouler qui prouvent qu’on ne sait pas définir la gauche autrement par ce qui échoue.

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