L’Europe de la zone € converge, oui mais vers la crise

A peine élu, Emmanuel Macron suscitait des commentaires dithyrambiques : la France n’était pas la seule à jouir du privilège d’être sortie à jamais des ténèbres qui s’approchaient dangereusement, le monde entier aussi, et, à commencer par l’Europe. Un an après Patatras. Les causes – toujours non traitées – produisant les mêmes effets et l’absence de miracle, d’écartement des eaux pour la marche (enfin) triomphale du progressisme français, l’UE est restée engluée dans la crise qui de surcroît semble s’aggraver. Les partis de droite portent une lourde responsabilité. Ils portent en fait toute la responsabilité à cause de leur antilibéralisme et leur haut niveau de corruption.

Ce lundi matin le constat était rude pour les thuriféraires de l’UE et de l’€ : après 10 ans de crise qui ont ravagé la zone sud de la zone € au point que l’Italie n’a toujours pas retrouvé un PIB par habitant d’il y a 15 ans au moins, plus aucun gouvernement favorable aux mesures d’austérité n’était en place. Entendons-nous sur le mot austérité, c’est fondamental. L’austérité peut se caractériser par l’augmentation des impôts pour équilibrer les budgets gouvernementaux ou la baisse des dépenses pour poursuivre le même but. Or baisser la dépense publique dans des pays où celle-ci est notoirement inefficace pour des raisons structurelles liées aux rigidités sur le marché de l’emploi, l’inaptitude de la formation initiale et professionnelle ou une absence flagrante de management rationnel des moyens et des carrières dans le secteur publique, n’aboutit pas nécessairement au relèvement de la croissance potentielle qui était pourtant le but poursuivi. C’est très certainement le cas de pays socialistes de la zone sud de la zone € drogués, à des degrés divers, à la dépense publique, à la redistribution soit pour des motifs égalitaristes peu glorieux ou régionalistes reposant sur la croyance naïve d’unité nationale.

La France a donc vu torpillée la candidature de François Fillon qui avait justement fait remarquer que sans baisse crédible de la dépense publique et donc en France, de la masse salariale de la fonction publique, aucune baisse d’impôt n’était crédible. Le remplaçant du président social-démocrate Hollande fut donc un autre social-démocrate tout aussi incapable d’intelligemment couper dans les dépenses inutiles, de mettre en place à une échelle plus vaste une politique de mise en concurrence. En Grèce, tenue en laisse, les eurocrates se moquaient du communiste élu tant son attachement à l’€ signait sa capitulation. Nouvelle démocratie ne profiterait pas plus que le centre droit portugais du fruit des dures réformes accomplies. Rajoy en Espagne a fini par se faire désarçonner après avoir tangué suite à des élections anticipées qui avaient finalement sauvé temporairement sa peau. Voilà que des populistes en Italie ont eu celle des partis modérés pro-européens et pro-€. Qu’ils sont loins les articles magnifiant le Messie italien Renzi après l’indéfendenble technocrate Monti sèchement battu aux élections et la serpillère suivante du Parti Démocrate.

Il  y a des caractéristiques communes à tous ces gouvernements au sud de la zone € : les électeurs sont vieillissants, des rentiers ne souhaitant pas la sortie de l’€ mais n’acceptant pas les transformations nécessaires à leurs pays les obligeant à renoncer au socialisme. Ils ont rejeté des gouvernements de droite car leurs résultats trop tardifs voire inexistants (toujours par manque de libéralisme économique au moins) les ont en plus rendus inaudibles du fait de leurs graves problèmes de probité. On peut dire qu’Hollande fut un accident industriel mais il n’a jamais (et ne sera probablement jamais) mis en examen et a en plus détruit l’aile marxiste du PS. Malgré ses phrases ridicules récentes, on en viendra à réhabiliter son action tandis que celle de Sarkozy restera confinée dans les tréfonds de l’histoire. Les partis de droite et les idées libérales reculent au sud du fait de la corruption et de l’absence de réformes de fond. Qui imaginait une pareille situation 10 ans après la crise des subprimes? S’obstiner à penser que tout va se régler dans la joie et la bonne humeur me paraît si illusoire…

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Vieux dessin?

 

 

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A propos Duff

Ingénieur consterné par le monde dans lequel il vit...
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