Adieu Jacques Chirac

Chirac c’est le gars dont t’as envie d’assassiner le bilan mais dont tu te rappelles que c’était pas si mal, que l’homme était très français, avec tous les défauts mais aussi toutes les qualités qui se perdent. En période de coupe du monde de rugby, un parallèle avec le XV de France saute aux yeux. Le french flair, des exploits mémorables souvent inattendus, des finales perdues, mais au final, en regardant l’armoire à trophées : il n’y a presque rien.

Le grand drame des politiciens professionnels à la longévité aussi spectaculaire qu’au bilan famélique c’est qu’on ne sait pas bien déterminer si, dans le cas précis de Chirac par exemple, il n’a fait qu’accompagner son temps ou abandonner des convictions par pur électoralisme. Le vrai Chirac n’était probablement ni le souverainiste de l’appel de Cochin ni le libéral de 1986 à 1988. Il y a bien l’opposition à Bush fils contre l’Irak dont la suite lui a incroyablement donné raison. On parle de « la maison qui brûle tandis que nous regardons ailleurs » mais qui en vérité sonne aussi faux que le « parti de l’étranger » ou que le « socialisme est une maladie« . Enfin, « le bruit et l’odeur » est à ranger dans la même catégorie de postures électoralistes. Au début des années 90, le RPR hésite avec Le Pen. Il y a de quoi sur le fond. Sur la forme nettement moins, Le Pen a multiplié les phrases scandaleuses qui ne laissent aucun doute planer sur sa xénophobie, son obsession antisémite et n’a fait aucun effort pour rendre son mouvement plus respectable. Tant pis s’il ne disait pas que des conneries et apportait de mauvaises solutions à des problèmes bien réels qui n’ont cessé de s’envenimer depuis.

En résumé Chirac avait pour mission de liquider le socialisme mitterrandien en 1995 à plus forte raison qu’il avait largement contribué à l’adoption de l’€ par référendum. Il s’est couché dès le mois de décembre parce qu’au fond il avait été élu en racontant n’importe quoi. La transition démographique avec l’arrivée des premiers boomers à l’age de la retraite commandait des réformes, des réserves. Où en serions-nous 25 ans après si une part de capitalisation avait été introduite au mécanisme de répartition? Chirac n’a pas su vendre les réformes et s’il n’a pas aggravé les choses comme les socialistes se plaisent à le faire avec un entrain forçant presque le respect, le bilan reste mince. Dommage, il avait la carrure pour beaucoup mieux.

 

A propos Duff

Ingénieur consterné par le monde dans lequel il vit...
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7 commentaires pour Adieu Jacques Chirac

  1. zen azrec dit :

    En résumé Chirac avait pour mission de liquider le socialisme mitterrandien » Après l’avoir favorisé par traîtrise

    • Duff dit :

      Il a bien poussé VGE vers la sortie mais ce dernier s’était bien aidé tout seul. Quant à Chirac il était probablement meilleur gestionnaire que réformateur, il est arrivé probablement trop tard. Mais c’est très français, ne pas réagir à temps, prévoir et préférer attendre la catastrophe pour enfin bouger.

      • Tess dit :

        Meilleur gestionnaire ? Heu non ! c’était avant tout un très mauvais tacticien politique car à chaque fois il s’est fait balayé. La dissolution de l’assemblée nationale a été dès le début des bêtises faites par Chirac. Derrière son côté « sympathique », était en fait une vrai enflure. J’ai toujours refusé de voter pour ce type qui était en fait un radical socialiste et un traite de première heure. Il a été mauvais partout sauf dans les magouilles. Quant à sa décision de ne pas faire la guerre en Irak, qui fut le bon choix mais, d’après un ancien espion britannique, Chirac aurait touché 5 millions de livre de HUSSEIN pour ne pas s’engager à faire la guerre à l’Irak et cette somme aurait servi à financer sa campagne. On en saura peut-être un peu plus, sur cette affaire mais si c’est exact cela ne sent pas bon.

      • Duff dit :

        @Tess Je peux retirer l’adjectif « bon » même si son bilan à la mairie de Paris se défend. En fait je reconnais volontiers que c’est surtout la nullité de ses successeurs qui a aidé le rétablissement de l’image de Chirac.

        Sur le pognon possible pour dicter sa conduite en Irak, votre anti-chiraquisme vous égare totalement. Que les britanniques enquêtent plutôt sur Tony Blair qui a bien plus que le pofil d’un corrompu jusqu’à l’os.

  2. zelectron dit :

    Chirac n’était ni bâtisseur, ni entrepreneur, ni innovateur, il était politicien dans toute sa splendeur, mais moins mauvais que les 2 derniers présidents, certes.

  3. zelectron dit :

    il est bien parti pour faire largement pire !

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