1 an de palabres autour du COVID-19

Un article publié hier compile des données qui confirment les tendances observées très tôt, il y a plus d’un an. Personne ne s’étonnera des premières lignes de celui-ci laissant entendre que compiler des données en provenance des administrations françaises n’est pas une mince affaire. Personne ne sera surpris non plus qu’à l’ère de l’open data, des réseaux sociaux, des data scientists anonymes font un bien meilleur travail que les administrations. Administrations qui sont possiblement soumises à des pressions, politiques par exemple, surtout quand les statistiques ne soulignent pas vraiment l’efficacité éblouissante de tous les braves gens au pouvoir, visiblement très génés par l’idée d’avoir à rendre des comptes un jour.

Pour résumer la situation, disons qu’on nous avons fait le choix de convertir environ 1 milliard de PIB marchant en dette par jour parce que les services de réanimation sont en ébulition au delà de 4000 malades COVID-19 au même moment. Vous pouvez doubler le chiffre de 4000, le tripler, le quadrupler si ça vous chante mais il n’est pas nécessaire d’être très au fait de tous les chiffres pour comprendre la stratégie vaccinale de plusieurs pays tels qu’Israël, le Royaume-Uni. Ils ont fait le choix de payer un peu plus cher les doses pour massivement vacciner, au plus vite, les personnes âgées.

J’aimerais un jour savoir qui est le gros malin qui s’est dit qu’il était sanitairement acceptable, logistiquement raisonnable, économiquement tenable, bref, politiquement judicieux, d’étaler la campagne de vaccination sur plusieurs longs mois : sa tête devra rouler sur terre en place publique à mon humble avis.

A la lumière de ce que nous savons, et que nous savions depuis un moment, après une année d’intox en continu, de distractions stériles autour de possibles remèdes et des politiques de prévention ainsi que de soutien à l’économie, quelques remarques en vrac s’imposent.

Tous les opposants à Macron se seraient plantés de la même manière : l’erreur principale de Macron c’est d’avoir fait confiance à une administration aussi pléthorique qu’incapable de remonter des informations ou de descendre un ordre. Le fait que la campagne de vaccination, la prise en charge hospitalière etc aient été prises en main par l’administration pose une sérieuse question : à quoi servent tous ces fonctionnaires en temps normal s’ils sont capables d’absorber la charge exceptionnelle d’une épidémie jamais vue depuis 100 ans (dit-on) au point de faire dire au président que « nous sommes en guerre« ? Chacun devra comprendre que le système français est moisi jusqu’à l’os. Nous aurions eu plus de lits disponibles avant cette crise que le taux d’occupation aurait été sensiblement le même que celui constaté ces dernières années. L’efficacité des soins pour un prix raisonnable est une chose délicate à établir, elle est devenue techniquement impossible dans un système totalement étatisé aussi bien dans la production de soin que dans sa prise en charge financière. Rappelons que lorsque « tout est gratuit » soit on cache qui paie en réalité soit c’est que ça n’a pas de valeur. Le système de soin en France est devenu un mélange des deux.

Les politiques qui ont réclamé l’enfermement de tous les français au risque de tuer l’économie sont les mêmes à pleurnicher désormais sur les conséquences sociales d’une crise qui n’en est qu’à ses débuts. En un an seulement, jamais il n’a été aussi évident que ceux qui déplorent les conséquences des causes qu’ils chérissent sont régulièrement portés au pouvoir en démocratie, même dans les pays riches disposant pourtant d’un meilleur système éducatif que les autres. C’est en vendant une fausse protection, tueuse à tous points de vue, que le socialisme prospère dans les pays capitalistes depuis près de 150 ans.

Enfin, la jeunesse et les actifs ont été sacrifiés une nouvelle fois pour protéger une population qui a laissé en héritage une montagne de dettes et d’ennuis en tous genres. Voilà qui n’est pas bien surprenant mais qui est insupportable, pas seulement philosophiquement : on a ajouté un scandale générationnel à la traditionnelle mentalité « Ligne Maginot » qui caractérise si bien nos élites. Elles abhorrent le risque et cherchent toujours à se défosser de toute responsabilité sur la population. Si le confinement ne marche pas ou plus, c’est de votre faute. Imparable. Il y a tellement de moutons en France que ça marche encore.

La suite est hélas prévisible. Je ne crois pas qu’en passant la barre des 100% de dettes vs PIB on soit en danger comme espéraient le démontrer Rogoff & Reinhart. Une chose est certaine, nous sommes endettés pour payer des promesses démagogiques du passé et des politiques anticapitalistes plus récentes, le clientélisme et la bureaucratie tuant désormais des missions essentielles de l’état. La fuite en avant va donc se poursuivre, la seule solution restante étant la destruction de la monnaie avec les soucis de pouvoir d’achat pour les plus modestes. Pour en revenir à l’article sur les victimes âgées du COVID-19, ceux qui auront pu échapper ne vivront pas assez longtemps pour voir les conséquences (probablement importantes) de cette crise, ironie finale.

A propos Duff

Ingénieur consterné par le monde dans lequel il vit...
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Un commentaire pour 1 an de palabres autour du COVID-19

  1. zelectron dit :

    Quelle cacophonie gouvernementale et fonctionarielle !
    Excellent billet comme toujours !

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