La mort cérébrale du PS

Moins d’un an après la tenue des élections présidentielles, François Hollande juge utile de publier un livre pour livrer sa vision de son mandat et apparemment aussi sur son successeur. Au delà du gâchis de papier au bilan carbone violant sa si chère COP21, rappelons pourquoi le parti socialiste n’a pas attendu ce guignol pour creuser sa propre tombe. Hollande ne fut que la manifestation grotesque d’un cycle finissant qui ne pouvait se conclure que dans l’échec, la mesquinerie, la triche ou la banqueroute.

La gauche aura attendu 23 ans dans l’opposition dans la Vème République avant d’accéder au pouvoir. Étrangement la France fit à ce moment un choix diamétralement opposé à celui des anglo-saxons, alors mal en point, qui portèrent l’exact inverse de Mitterrand au pouvoir : Mrs Thatcher et Ronald Reagan. Cette accession se fit donc en tenant un discours teinté d’économie planifiée, de collectivisme qui s’est traduit par un fiasco au bout de seulement 2 ans (« rigueur » de 1983). Puis une tentative laborieuse de sociale-démocratie entre 1988 et 1991 (Rocard) pour se terminer dans le néant idéologique conduisant à la raclée historique de 1993 et l’inévitable défaite de Jospin en 1995. Ne pouvant pas assumer le lourd héritage mittérandien, ce dernier aurait mieux fait de perdre la tête haute en assumant un virage qui aurait permis à la gauche d’imiter le travaillisme de Tony Blair. Peut être que c’était l’idée de sa candidature de 2002 mais après avoir dirigé une coalition de « gauche plurielle« , recyclant encore une fois des produits communistes avariés et leurs futurs remplaçants (insoumis et verts) avec inévitablement des compromis toxiques, Jospin eut la délicieuse surprise d’être écarté du second tour par un fossile fascisant. Hollande a eu beau se présenter comme social-démocrate repoussant le communisme ripoliné de Mélenchon, c’était trop tard, et pire, il était à l’Elysée…

Il y a bien entendu plusieurs thèmes prépondérants dans le débat politique mais force est de constater qu’après 30 ans de politiquement correct, la France, elle n’est pas seule, doit affronter deux d’entre eux qui ont amorcé un mouvement dextrogyre en réaction au socialisme qui avait prévalu. Les socialistes ont défendu avec plus ou moins de vigueur un étatisme publique sur le capitalisme et prôné une ouverture des frontières pour favoriser l’immigration. C’est même Mitterrand qui a voulu l’€… Figer les parités monétaires avec des pays plus efficaces dans leur gestion de la dépense publique avec des niveaux de prélèvements obligatoires nettement inférieurs c’était évidemment suicidaire. Tandis que l’Allemagne se réformait (l’homme malade de l’Europe dans les années 90 du fait du coût astronomique de la réunification) la France se gargarisait avec les 35h. L’€ est incompatible avec le socialisme hexagonal. C’est bien pour cette raison que les programmes de Mélenchon et Marine Le Pen sont aussi tristement cohérents et semblables… Les socialistes ont vu dans les populations fraîchement arrivées en France une clientèle captive de leur magnifique machine à distribuer l’argent des autres. En détruisant l’école, le mérite, l’effort et la justice implacable pour tous comme moyens d’intégration, ils ont favorisé le communautarisme et donc aussi le repli sur soi, que ce soit des populations en prise avec le fondamentalisme religieux ou le nationalisme des population périurbaines se sentant abandonnées et injustement tondues. Immigration et socialisme sont incompatibles aussi.

Qui peut croire qu’un leader socialiste puisse revenir aux affaires sans répondre de ses incohérences en économie et sur les questions identitaires, juste en proposant la PMA et la GPA ou tout autre gadget sociétal secondaire? Hollande l’avait peut être compris. Valls avait bien prophétisé la mort du PS. Il semble qu’Olivier Faure (Apparemment le bonhomme à la tête de ce qu’il reste du truc) fait semblant. Autant je ne sais pas ce qu’il va se passer à droite entre ceux qui se soumettent au politiquement correct, finissant lui aussi, et le populisme antilibéral autant je suis confiant sur le fait que le PS va durablement rester à la cave. Toujours ça de pris.

 

 

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La politique n’est qu’un ridicule théâtre d’ombres (SNCF mon amour)

Tony Blair avait une formule astucieuse pour justifier la politique économique des travaillistes une fois revenus au pouvoir après une très longue parenthèse conservatrice. Il n’y a pas une politique économique de gauche ou de droite, il n’y a que ce qui marche et ce qui ne marche pas. Les brillants intellectuels français, phares de l’université française, rayonnants leur collectivisme maladif sur le globe (mais en vérité fort peu au delà des frontières hexagonales) n’ont jamais compris la leçon fondamentale donnée par les britanniques. Comment se fait-il que, bien que manifestement martyrisés par Miss Thatcher, ils aient pu lui faire remporter 3 fois consécutivement les élections?. On ne s’étonnera pas qu’au même moment, ces sommités de la pensée occidentale fermaient les yeux sur la nullité affligeante de la gauche française aux affaires. Le verdict des urnes était pourtant limpide. Le socialisme a fait connaître à la gauche des déroutes électorales inouïes après 5 ans d’exercice du pouvoir provoquant même la disparition durable (enfin!) du PS en 2017. Les gouvernements ayant entrepris des réformes libérales ont toujours été reconduits sur la même période, je ne vois que 2 exemples récents et contraires, de courtes défaites intervenues avant une amélioration spectaculaire de l’économie opérée en Grèce et au Portugal. En Espagne, le coup n’est pas passé loin pour Rajoy qui a finalement été reconduit après quelques mois et des élections anticipées pour lever le blocage, comme si, la raison avait finalement prévalue chez les électeurs espagnols.

La réforme de la SNCF que prépare le gouvernement n’est pas une révolution copernicienne mais on comprend parfaitement que les cheminots n’aient aucunement envie de céder leurs avantages ni de se voir accablés de la responsabilité de la dette abyssale de l’entreprise. Le tout TGV était bel et bien le fruit des caprices politiciens tandis que ceux-ci se justifiaient sur le rôle stratégique de la SNCF en matière d’aménagement du territoire allant sous-investir par compensation sur les lignes existantes et en mauvais état provoquant accidents, retards, qualité de service de plus en plus ridicule. Ce qui se prépare est un rafistolage de plus sans que les racines du mal ne soient traitées, elles ne risquent pas de l’être, le mal profond n’ayant jamais été explicité. Le gouvernement commence à reculer sur un texte, pourtant léger au départ, et se borne à prétendre que, non, le passage d’une compagnie nationale au statut d’entreprise anonyme à capitaux détenus à 100% par l’état n’est pas une étape préalable à une privatisation. Cette communication maladroite, ouvertement mensongère pour éviter de parler des choses qui fâchent à savoir que les transports en communs n’ont rien à foutre dans les missions de l’état, c’est de l’ancien monde n’en déplaise à M. Macron. Jupiter veut éteindre le statut de cheminot, fort bien, mais s’il veut gagner l’adhésion d’une large majorité de français pour éteindre tous les status et régimes spéciaux, il ferait mieux de balayer devant sa porte et commencer le ménage dans la haute fonction publique. Ce n’est pas verser dans le populisme et la démagogie que de penser que l’exemple doit être pris d’abord dans les sphères les plus protégées et grassement rétribuées. Tout comme le verdict des urnes, notons que dans un pays qui aime l’automobile et où les autoroutes sont gratuites, le fait que les compagnies ferroviaires britanniques transportent deux fois plus de passager depuis la privatisation annihile tout débat spécieux de comparaisons internationales. Idem avec les allemands qui continuent de voter Merkel alors que l’offre politique pour réformer les loi Hartz de son prédécesseur social-démocrate ne manquent pas et ceci, malgré sa nullité visible sur les autres sujets brûlants du moment. Autre exemple, la réforme des institutions qui prévoit une réduction des parlementaires et une dose de proportionnelle. Outre le fait qu’il se prépare une aggravation de la mise sous tutelle du pouvoir législatif par le pouvoir exécutif et du rôle ridiculement monarchique du président de la République, on regrette encore une demie-mesure. La proportionnelle, c’est intégrale ou rien du tout. Le fait que l’élection d’Emmanuel Macron a été rendue possible par la fragmentation de l’opinion du fait que les deux élections majeures en France reposent sur des scrutins à deux tour.

Pour le moment la recomposition politique nécessaire après les présidentielle n’a pas eu lieu. Le centre et une partie du centre-droit soutient pour le moment un pouvoir social-démocrate qui avec plus d’habileté que François Hollande ménage réformes vaguement libérales et constructivisme sociétal, typiquement progressiste. Wauquiez durcit le ton à droite mais ne convainc pas, ne séduit pas et il est permis de penser qu’il ne sera pas le leader charismatique qui permet à la droite bonapartiste de conquérir le pouvoir. Il refuse de trancher, comme Marine Le Pen qui n’est aucunement crédible sur un repositionnement du FN (ou RN) sur un crédo libéral/conservateur depuis l’éviction de son énarque socialiste favori. La formule de Blair exprimait intelligemment ce qu’une personnalité assez fine fait naturellement lorsqu’elle souhaite conserver la face bien qu’ayant été défaite en débat : admettre le point de vue de l’adversaire en le reformulant dans un vocable acceptable à ses troupes. La vérité, désormais chiffrée avec des statistiques probantes, c’est qu’au moins depuis la première révolution industrielle, le socialisme n’a jamais atteint ses buts affichés pour la condition des plus modestes, qu’il a toujours échoué, et, lorsque le pouvoir tombait dans les mains de socialistes non-démocrates, les régimes se sont toujours vautrés dans la dictature plus ou moins sordide, plus ou moins meurtrière. Nos hommes politiques feignent de l’ignorer, ne leur demandez pas pourquoi et surtout n’attendez pas d’eux de réformer leurs relais puissants qui leur permettent de dissimuler cette vérité pourtant criante aux seuls qui se donnent la peine d’y réfléchir. La politique est un triste théâtre d’ombres et les démocraties dites pourtant libérales en occident régressent actuellement, la conquête du pouvoir étant plus déterminante à ces gens que son exercice dans la recherche de la satisfaction du plus grand nombre. Espérons que le fait que cela se voit comme jamais trouve une issue positive.

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Le souverainisme socialiste d’Asselineau

Une vidéo formidable de l’impayable Asselineau m’a convaincu de parler de cet étrange oiseau politique français. Truffée d’erreurs et de morceaux d’anticapitalisme gluants sortis tout droit du cerveau bouillie neuronale avariée d’un syndicaliste de Sud Rail, je salue l’esprit supérieur de l’énarque qui va tout vous expliquer vu que lui sait tout et que vous êtes soit sons soit manipulés mais plus probablement les deux. En fait de souverainisme qui consisterait à rendre le pouvoir au peuple, il se lamente que nos voisins européens ne goûtent franchement pas à notre idyllique modèle social que tout le monde nous envie mais évite soigneusement d’imiter. Et il y a une raison. Ce pignouf a été grassement payé pendant des années à brasser du vent, pourquoi faudrait-il que cela change?

Rappelons d’emblée, pour répondre à la question posée dans le titre de la vidéo, que la France est tellement soumise à Bruxelles qu’elle se torche le cul avec bon nombre de traités à commencer par son déficit budgétaire abyssal qu’elle s’efforce avec un talent admirable de ne jamais résorber. Il y a bien des sanctions de prévues mais, ma petite dame, la France c’est pas la Pologne, pays de m*** incapable de nous envoyer autre chose que des plombiers et bientôt des cheminots payés au lance-pierre car ne bénéficiant pas de la merveilleuse sécu française. Tous les chiffres donnés sont faux, les exemples sont tirés directement d’un tract de la CGT (à croire) oubliant les raisons (subventions pour commencer) pourquoi ces comparaisons sont malhonnêtes. Son magnifique passe Navigo, il peut se le mettre où je pense. Les transports en commun en Île de France ne me satisfont pas et pourtant je dois raquer pour cette merde sachant que ça revient à subventionner un bon million de bobos qui ont la chance de pouvoir se passer d’une voiture et qui votent pour des furieux du genre Hidalgo qui en remettent une couche pour faire chier les automobilistes.

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Cet ahuri constate même qu’il revient nettement moins cher de prendre EasyJet (je suppose) sur un Paris/Toulouse. Non l’écart monstrueux de prix avec Air France ne se justifie pas par le fait que la compagnie nationale, magnanime, offre un verre d’un jus dégueulasse ou 18 cl d’une piquette du Languedoc. Personne ne renationalisera les télécoms pas plus le rail lorsque la concurrence aura apporté ses bienfaits. Asselineau, au delà de son complotisme maladif incarne à la perfection, jusqu’à la caricature de ce qui ne va pas dans ce pays. Un énarque imbu de lui même qui ne comprend pas pourquoi il n’a pas fait la grande carrière qu’il pensait mériter et qui explique tranquillement que les monopoles publiques sont un idéal indépassable. Dans les faits, c’est une alliance quasi mafieuse entre les haut-fonctionnaires et des syndicats communistes pour piller les honnêtes gens priés de la boucler et de raquer même quand ils ne sont pas contents du service rendu. Jusqu’à la caricature, il s’attaque à l’UE où visiblement le socialisme hexagonal ne fait pas rêver les autres pays membres et place dans l’embarras ces petits socialistes qui ne veulent pas lâcher les prébendes qu’offrent cette mafia.

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Les mémoires (sélectives) de Jean-Marie Le Pen

Non je n’achèterai pas les mémoires de Jean-Marie Le Pen. Non que je doute de l’intérêt et/ou de la sincérité du récit mais je pense qu’il me serait trop chronophage de vérifier tel ou tel fait, tel contexte, telle idée. Bien qu’ayant compris pourquoi une certaine droite, soit attachée à l’Algérie française, soit critique sur tous les torts imputés au maréchal Pétain, le plus souvent les deux, ne pouvait que combattre politiquement le général De Gaulle. Mais la droite « lepéniste » demeure à mes yeux une abomination. Non que toutes ses idées soient abominables, fausses ou, dans le meilleur des cas, exagérées, les desseins de la vie politique de cet homme sont une suite d’escroqueries intellectuelles, voire financières ce qui est souvent lié.

A cause du gauchissement du FN opéré par la fille, on a vu fleurir des vidéos ces dernières années tentant de réhabiliter le fondateur du FN. Des petites phrases extraites des débats des années 80 où Le Pen voulait se présenter comme le « Reagan français« . A la bonne heure. S’affliger du programme étatiste de la fille pour en arriver à fermer les yeux sur la dimension protectionniste du poujadisme, il y a pourtant beaucoup de marge. Quant au refus de l’immigration parce qu’hélas le pessimisme de Le Pen donne à penser qu’il avait raison d’en redouter les conséquences, il n’a jamais été fondé sur la raison. Quid du constat d’un recul des libertés, de la volonté de l’état à assumer convenablement ses missions régaliennes et du maintien la méritocratie pour intégrer des individus? Son pessimisme s’est uniquement appuyé sur un rejet aussi primaire que xénophobe de cultures exogènes et sur la simpliste préférence à une homogénéité raciale, culturelle voire religieuse.

A bientôt 90 ans, Jean-Marie Le Pen s’exprime toujours avec la même verve, la même manière de railler un adversaire par le verbe et une volonté délibérée de laisser planer le doute. Dans ce court extrait, Zohra Bitan revient sur le détail de l’histoire que serait les chambres à gaz. Il est pourtant évident que la seconde guerre mondiale a étendu l’horreur dans des proportions encore jamais vues pour tuer l’ennemi mais aussi les civils ainsi que le détournement du savoir scientifique pour exterminer efficacement. Quand David Dickens précise la question pour forcer Le Pen à préciser sa pensée voire à s’abjurer pour lisser son image pour la postérité, il se débine encore. La liberté d’expression défendue ainsi devra attendre des défenseurs autrement plus rigoureux que des clowns fascisants pareils.

Par ses « dérapages » qui lui ont valu une ostracisation méritée – quoiqu’on pense des lois mémorielles ou restreignant la liberté d’expression – JMLP a fait perdre la droite et la France qui n’a jamais su combattre l’emprise du politiquement correct de gauche qui s’est abattu sur le pays avec Mitterrand. A quel moment glisser un bulletin FN dans l’urne n’a pas eu la conséquence inverse de l’effet escompté tandis que les socialistes s’alliaient tranquillement avec les communistes? Pourquoi dédouaner Pétain alors que le sort d’un pays vaincu et occupé militairement par son voisin ne peut que se traduire par une politique lâche attirant au pouvoir et à proximité des personnalités d’une grande bassesse morale? Pourquoi reprocher à De Gaulle de lâcher l’Algérie alors que c’était le point de départ cruel mais nécessaire pour éviter la submersion migratoire en provenance d’Afrique? Certes Chirac a refusé toute alliance par soumission mais c’est davantage le peuple français qui est coupable pour avoir perdu ses votes dans des prétendants aussi creux que ce dernier ou aussi inutilement provoquant que Le Pen.

Les principaux scrutins en France étant à deux tours, une union des droites reste hautement improbable. Les idées économiques de Marine Le Pen, même sans Philippot, interdisent toute orientation libérale qui rassurerait l’électorat bourgeois. Tant que Le Pen père continue à distiller ses phrases ambiguës dissimulant mal sa xénophobie et ses tentations liberticides, il restera un frein à tout établissement d’un bloc à peu près cohérent entre défense civilisationnelle et réforme du modèle social collectiviste français. Son seul mérite restera donc d’avoir fait jour l’incapacité de la droite française de faire émerger un corpus idéologique nourri de conservatisme sociétal contre le progressisme de la gauche ouvertement constructiviste ou de libéralisme économique s’opposant aux réflexes anti-capitalistes d’une prétendue élite incapable de réformer, de se réformer malgré ses échecs patents depuis plus de 30 ans. Mais voilà qui est beaucoup trop maigre pour exprimer de l’estime ou toute forme de reconnaissance, la droite n’avait pas besoin de Jean-Marie Le Pen pour démontrer qu’elle n’a pas su, osé, s’opposer au socialisme.

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Haro sur le PSG au pays qui vomit le talent

Donc le miracle n’a pas eu lieu. Quelques heures avant le match retour face au Real de Madrid, les médias ont fait monté la sauce. Au lendemain de la défaite, les mêmes qui voulaient faire croire à l’exploit, se sont déchaînés contre l’équipe du Qatar. En France on aime la réussite des médaillés aux JO dans des disciplines que seule l’armée peut alimenter (biathlon), les losers magnifiques, à la Poulidor mais quand un gars écrase son sport et la concurrence comme Teddy Riner, on va chercher combien Levallois-Perret de l’affreux (à juste titre pour le coup) Balkany le paie pour y être licencié. Personne pour dire que le PSG n’a pas été ridicule, il stagne juste dans sa découverte des petites choses qui font d’un grand club un géant d’Europe qu’il a trop vite affirmé vouloir devenir.

L’enseignement du match aller c’est que les parisiens n’ont pas su fructifier leurs occasions et sont possiblement victimes d’un but hors-jeu. Mais, avant toute chose, le PSG a exposé au plein jour ses carences connues et non traitées par le carnet de chèque opulent des vilains actionnaires. Des défenseurs latéraux trop légers, un milieu défensif dégarni avec le départ de Blaise Matuidi et l’échec de toute tentative pour trouver le successeur du vieillissant (et souvent blessé) Thiago Motta. A côté, on se paie pour près de 190 millions un gamin de 19 ans présenté comme le nouveau Thierry Henry. Rappelez-moi pour combien Monaco l’a vendu à la Juve avant qu’il fasse enfin les bonheurs d’un club, Arsenal en l’occurrence? Atteindre le haut niveau coûte cher, y rester un peu moins mais, seuls quelques clubs comme le Real peuvent se permettre d’avoir des attaquants sur le banc qui seraient titulaires dans n’importe quel autre équipe arrivant dans le dernier carré de la ligue des champions. Le PSG a voulu cette situation avant même d’avoir encore atteint ce dernier carré. Donc oui ça coûte bonbon et ça crée des querelles d’égo que le management n’a apparemment pas su convenablement gérer.

Pour cracher sur la fortune de Bernard Arnault il y a du monde, moins pour analyser son exploitation remarquable de la bêtise (plus ou moins volontaire) des politiques prêts à tout pour arroser de subventions des secteurs industriels condamnés. Les critiques le mettent d’ailleurs dans le même sac que les rares entrepreneurs partis de pas grand chose dans leur garage aux USA, plus rares ici (et pour cause). Pour cracher sur des investisseurs étrangers qui pensaient pouvoir mieux rentabiliser l’image de marque de la France que les capitalistes locaux, dépourvus de capital, il y a du monde aussi. Le seul reproche à formuler à la direction du PSG ce sont les investissements aussi colossaux que parfois peu judicieux pour bâtir une équipe équilibrée. L’espagnol Florentino Perez est plus expérimenté. Les propriétaires du PSG n’ont que cette leçon à retirer. La France, elle, a besoin d’une sérieuse introspection pour tirer les leçons de ses échecs pourtant patents malgré un apport conséquent et miraculeux de liquidités.

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Le conservatisme selon Marion M. Le Pen : échec programmé

Invitée par les conservateurs du CPAC aux USA, la petite fille du fondateur du FN a eu le privilège de s’exprimer en anglais et de dévoiler sa vision politique de la France. Voilà moins d’un an que l’ancienne députée avait temporairement, mais surtout astucieusement, quitté la vie politique. Ce n’est visiblement pas l’heure du retour, il lui reste encore presque 4 ans pour peaufiner sa stratégie selon l’échelon qu’elle visera. Prononcer un discours à quelques minutes d’intervalle du vice-président US indique la couleur, ce sera la présidentielle de 2027 voire même avant. Et probablement pas sous l’étiquette FN qu’elle a tout intérêt à laisser mourir avec sa tante ou par les mémoires sulfureuses du patriarche. Ce dernier s’amuse encore, 60/70 ans après, à déculpabiliser Pétain au détriment du général De Gaulle tandis que cette histoire n’intéresse plus (hélas) les plus jeunes générations. Le succès en librairie confirme le potentiel de nuisance du grand-père qui aura le loisir, jusqu’à son dernier souffle, de balancer une ultime provocation dans des micros complaisamment ouverts. En tentant d’inscrire ses pas dans ceux de Trump, la Marion risque de déchanter et de doucher les espérances que certains à droite placent en elle.

 

Sa définition du conservatisme est proche de celle développée par Laurent Wauquiez dans l’Emission Politique, logique, puisqu’elle avait lancé une offre de service, une main tendue envers ce dernier. L’analyse des méfaits de la mondialisation qualifiée de « libérale » est similaire et justifie les mêmes vieilles recettes protectionnistes. Ahurissant de constater que toute opposition au président Macron, le croyant libéral, s’enferme joyeusement dans des postures étatistes, collectivistes voire anticapitalistes. La droite française en général semble aussi convaincue que l’islam n’est pas soluble dans les démocraties libérales d’occident sur les questions sociétales. Sans convaincre dans le fond des raisons qui l’amène à le prétendre, cette posture étant clairement plus assumée chez la Marion tandis qu’elle s’exprime au café du commerce chez les cadres conservateurs LR. Mon agacement est donc plus fondamental : ni elle ni Wauquiez ne sont capables de lister les valeurs avec lesquelles nous ne devrions pas transiger. Est-ce la liberté politique et son corollaire sur la liberté d’expression? La laïcité comme rempart aux exigences communautaristes sapant les libertés publiques? La liberté économique qui plaît à certains de nos voisins au point de ne pas voir dans le protectionnisme une solution crédible? A des degrés divers, les démocraties dites libérales se sont laissées corrompre par le socialisme et ses conséquences prévisibles : déresponsabilisation de l’individu, corporatisme, clientélisme, chômage, exclusion, dette etc. Voilà un terreau malheureusement très fertile aux pressions communautaristes, émanant d’une partie du monde musulman, éclaté et soumis à des rapports de force extérieurs. Les attentats islamistes apparaissent que comme la forme la plus violente et radicale de ce questionnement quotidien d’une partie de l’islam, bien consciente des faiblesses actuelles des démocraties occidentales, en proie à un incroyable doute existentiel seulement moins de 30 ans après l’effondrement du communisme.

L’élection de Trump fut très plaisante à regarder depuis la France non pour ces idées que la Marion tente de reprendre. Elle le fut parce qu’elle a infligé un camouflet extraordinaire à tous les médias véhiculant un terrorisme intellectuel qui avait achevé la liberté d’expression. En France, ce sont des lois qui criminalisent la pensée, l’ancien ministre Luc Ferry avait d’ailleurs averti il y a quelques mois que le poids du politiquement correct a atteint des niveaux paroxystiques aux USA puisque la liberté d’expression y est mieux constitutionnellement assurée. Le programme de Trump, hormis les réformes économiquement libérales volontairement passées sous silence par nos apprentis « Alt-Right » français, est globalement très médiocre voire nocif. L’élection de Trump et sa possible réélection doivent tout à la nullité totale des démocrates tant sur le plan intellectuel que moral, leurs magistères auto-proclamés.  Première erreur d’appréciation de la Marion. Seconde erreur, la liste des tares rappelées par l’eurodéputé britannique Daniel Hannan. Elle fera peut être mieux que sa tante mais avec des idées pareilles, celle qui se réclame inspirée des droites bonapartiste et légitimiste poussera assurément les orléanistes et les centristes à regarder ailleurs. Même un social-démocrate comme Emmanuel Macron (au hasard) fera l’affaire.

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Se faire élire à tout prix

Les récentes confidences de Laurent Wauquiez à l’EM Lyon affolent le microcosme journalistique depuis quelques jours sans qu’on comprenne bien pourquoi. Qu’a-t-il lâché de si infamant? Que Fillon a été flingué sur commande? A la bonne heure! Que Sarkozy était suspicieux comme tout apprenti tyran? Quelle incroyable révélation! Que Merkel est aussi charismatique qu’un journaliste de France 3? Mon Dieu, personne ne l’avait encore remarqué! Que Darmanin est un petit Rastignac amateur de lentilles? Etc. Certes l’ami Wauquiez se fout du monde en faignant d’avoir été enregistré à son insu. Sa démarche semble dictée par un calcul cynique purement politicien : s’arracher à son image de technocrate fraîchement sorti de l’ENA incapable de sortir de la langue de bois et privilégiant sa carrière personnelle au détriment de ses convictions et de l’intérêt général, reproche principal formulé par les français à l’égard des élites politiques.

Il y a déjà plus de 2 ans, Xavier Bertrand tout juste élu président de région par des renforts venus de gauche, contre l’héritière Le Pen, avait changé de ton. Pour preuve, toutes ses phrases qu’il commençait par « mais ça les français en ont marre » sur un ton consterné et volontairement courroucé. Bertrand avait probablement senti que la déliquescence du pouvoir socialiste allait favoriser un dégagisme en 2017 qui affecterait aussi le parti de pouvoir classé à droite. Quand Jean-François Copé, confortablement assis sur le canapé rouge de Michel Druker, affirmait vouloir mettre fin à la langue de bois, c’était déjà en 2006, il se foutait du monde quand on sait la suite. Tout ceci laisse penser que les politiques, bien que conscients des fractures minant la société, n’attendent que la traduction dans les urnes pour réagir*.

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Wauquiez semble donc prendre la mesure de la déflagration de 2017 et cherche à prendre les devants avant que les critiques journalistiques ne s’aventurent sur un autre terrain. Affirmer un positionnement conservateur d’une part et critique envers le chouchou des médias, l’intouchable président Macron, lui vaut un tir de barrage du microcosme très majoritairement progressiste. Wauquiez est austère mais lui ne balancerait pas du bullshit. Il serait cash, proche des « gens » avec sa parka rouge et son franc-parler. On dirait l’adaptation française du miracle américain qui a vu ce détonnant personnage qu’est Donald Trump se faire élire et qui est, depuis, tant recherchée en France. Marine Le Pen a bien essayé mais s’est montrée incapable de maîtriser les tenants et aboutissants, Trump étant nettement moins crétin qu’elle, malgré ce qu’en disent les médias US (ou français) ou ses plus consternantes pensées sur Twitter.

Encore une fois, face à cette grotesque mise en scène, les politiciens français révèlent leur nullité la plus totale. Nullité que ce soit dans la fabrication mensongère de l’homme populaire proche des aspirations du citoyen lambda ou dans la dénonciation outrée et surjouée du démagogue qui s’ignore tel M. Jourdain pris en flag’ pour sa prose. La France ne subissant pas encore le stade ultime de décomposition provoquée par le politiquement correct américain, des politiciens de carrière croient encore pouvoir renverser le jeu bien que sorti de l’école diplômante du capitalisme de connivence, du copinage étatiste professionnel, et à fortiori, depuis la tête de partis politiques discrédités par les 30 piteuses. Cet épisode risible apporte de l’eau à mon moulin : je ne prédis pas une grande carrière à Laurent Wauquiez. Ses tentatives de faire du buzz en mêlant maladroitement communication moderne et idées poussiéreuses ne devraient pas le mener bien loin, ses opposants de fortune non plus.

 

* Raison pour laquelle je ne vote plus qu’aux présidentielles, voter (sauf pour des petites listes aux ambitions très précises) ne sert plus qu’à donner encore une énième bouffée d’oxygène à un système à l’agonie qui mérite de mourir.

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