Metallica : Hardwired… To Self-Destruct

8 ans qu’on attendait ça… A plus de 50 ballets les dieux du thrash metal californiens reviennent enfin.

J’ai pas de jugement stabilisé sur l’album encore, des tentatives pour renouer aux refrains des titres du Black album, des mid-tempo pour réhabiliter les disques des années 90, du thrash pour revenir aux sources… Metallica n’offrira plus jamais rien de neuf à ses fans c’est entendu mais recycle avec plus ou moins d’inspiration ce qu’il fait de mieux. Le groupe en guerre contre Napster a donc publié l’intégralité de l’album sur youtube ce qui est fort amusant comment les nouvelles technologies ont tout chamboulé.

J’ai retenu un titre, le dernier, James chante comme en 1988, la basse est audible au point de produire un solo, 2 soli de guitare de Kirk, le tout avec des sections complexes avec des riffs excellents, du Metallica comme seul Metallica peut nos offrir. Dans un disque un peu terne n’y a-t-il pas l’un des tous meilleurs morceau depuis 1988?

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2017: France anno zero

Comme je le pressentais dans mon dernier billet, François Fillon s’est bien qualifié pour le second tour de la primaire. Fait marquant, il n’est pas arrivé second devant Alain Juppé car sauvé par des voix centristes ne votant à droite qu’au second tour et même des voix de gauche, mais devant tout le monde et surtout un Nicolas Sarkozy désavoué comme jamais. Avec plus de 44% des voix, le voilà propulsé de manière inespérée dans la dernière ligne droite.

Avec seulement 13% dans mon bureau de vote à Suresnes, troisième à Neuilly sur Seine, Nicolas Sarkozy a livré la bataille de trop. Son populisme factice, ses casseroles judiciaires, son programme trop prudent l’ont cette fois définitivement assassiné. Il pourra se consoler avec Carla en reprenant des frites… Quant à Alain Juppé, il n’a pas compris qu’en 2016 recevoir le soutien des médias équivalait à un baiser de Judas. Pour le Judas de la droite RPR qui depuis le référendum de Maastricht de 1992 n’a cessé avec son mentor Chirac de faire de la droite un parti social-démocrate, la claque qu’il risque de prendre demain par un séguainiste qui avait voté « non » va, j’espère, enfin tourner une page historique.

Avec Fillon, la droite française revient dans son lit naturel tel un cours d’eau qu’on avait détourné à des fins malfaisantes. Chirac (comme Hollande du reste) ont mis en avant leur enracinement provincial alors que ce n’étaient que des parisiens énarques incapables de sortir de leurs schémas technocratiques. Sarkozy et son affairisme assumait un capitalisme de connivence (le yacht de Bolloré) et avait lui aussi travesti leurs valeurs de la droite dans des postures dans lesquelles elle ne se reconnaissait pas. Fillon, désormais député de Paris notamment de l’arrondissement assimilé aux penseurs de mai 68 (à tort tant il est bourgeois et à droite cet arrondissement) qu’il dénonce allègrement a réalisé ses meilleurs résultats dans l’ouest catholique mais mesuré comme en pays de Loire ou la Bretagne. Fillon réconcilie la droite avec ce qu’elle n’aurait jamais du cessé d’être comme dans tous les pays occidentaux: libérale sur le plan économique et conservatrice sur le plan sociétal. Tout ce que vomissent les nantis héritiers, rentiers, de mai 68. Ils ne l’ont pas vu venir, ils ne sauront probablement pas le contrer n’ayant rien compris avec l’élection de Donald Trump conchié par les médias. Plus il montait dans les sondages, plus les derniers gardiens du temple de la pensée autorisée lui tapaient dessus avec des arguments sans prise sur son électorat. François Fillon a dans chaque débat conspué les journalistes de manière feutrée (à la française au fond) c’était propre, ironique et dépourvu d’agressivité comme chez Sarkozy. On garde le sourire mais le message est passé d’autant que les électeurs de cette primaires sont plutôt des retraités ou des CSP+ comme moi.

D’autres surprises désagréables pour nos sondeurs et le microcosme parisien sont à venir: défaite de Renzi à son référendum, élection du très, très méchant FPÖ en Autriche, désunion manifeste à gauche et un président social-démocrate désavoué par une partie de son camp pour ne pas être assez communiste. Dans ce contexte, malgré un manque de charisme, un programme de purge aussi peu vendeur qu’indispensable, François Fillon devrait franchir la ligne d’arrivée en tête de la course sauf tête à queue improbable. Il va hériter d’une France où tout va être à faire, ça tombe bien c’est le titre de son bouquin.

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Marchés prédictifs, Macron, Juppé et si c’était Fillon?

Macron est donc candidat, amusant pied de nez envers les caciques de droite qui se veulent réformateurs alors qu’ils sont tous mouillés dans le plantage économique français organisés par les politiciens professionnels de ces 30 dernières années le tout 24h avant l’ultime débat. Macron, une alternative crédible à la classe politique actuelle? Je ne l’exclus pas mais son CV plaide pour le contraire… Attendons ses propositions concrètes car libéraliser (un peu) le secteur du transport qui a été organisé au profit de la SCNF – elle même dirigée par de brillants gestionnaires qui se sont laissé étonnement facilement par le tout TGV non rentable – c’est très léger. A droite, des mouvements autour de François Fillon sont plus intéressants à commenter en vérité.

Madame Pécresse, ancienne partisane de Fillon en 2012 et à la proximité idéologique assez nette a préféré le plat de lentilles aux convictions. Comme d’autres ralliements étranges au sénile de Bordeaux voulant faire « peuple » avec ses Prisunic,  Frédéric Lefebvre devait donc mener un combat factice face au RSI auquel leur champion ne s’attaquera jamais. Macron n’a peut être pas un grand espace politique mais pour ringardiser tous les loosers centristes et pro-UE, il va super bien faire le job et, ils le savent cette bande de pleutres!

Depuis mardi, on voit passer des sondages basés sur un socle électoral inconnu, très volatile, des échantillons par essence non fiables, montrant une percée de François Fillon. Invariable dans sa posture et sa vision, vainqueur des débats pour qui se donne la peine de mettre la situation en perspective, les masques tombent. Juppé et Bayrou ne soulèvent aucun enthousiasme sinon de la poussière et avec l’arrivée de Macron dans le jeu voilà qui ne les arrange guère. Tandis que Sarkozy et Copé barbotent dans la piscine de Ziad Takieddine, la rectitude un peu chiante de Fillon met du temps à creuser son sillon mais ça fonctionne mieux que le fonctionnaire énarque Le Maire qui à peine défroqué se révèle comme il est : à poil. Est-ce qu’enfin en 2017 la droite française, dans le contexte actuel, va enfin tourner le dos au socialisme au prix d’un conservatisme sociétal – toujours promis face au FN de Jean-Marie mais jamais enclenché – et d’un libéralisme assumé pour réformer un pays pris en otage par des syndicats marxistes ne pesant plus rien?

Compte tenu de l’envoûtement du gourou Sarkozy sur ses fidèles, il me paraît pratiquement exclu de le voir prendre la claque magistrale qu’il mérite en étant revenu si tôt en politique bien que traînant un magasin entier Castorama de casseroles. L’électorat le plus fragile des aspirants-vainqueurs est celui d’Alain Juppé. Et si dimanche soir on tournait enfin la page des années Chirac avant de tourner celle, en tous points identiques, des années Sarkozy? Malgré mes réserves, le contexte me semble commander de voter pour François Fillon.

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Corruption, sexe, mensonges et vidéo

Donc Donald J Trump est le président des américains pour les 4 prochaines années… 27 ans après la chute du mur de Berlin qui offrit la liberté individuelle aux allemands de l’est, le mur du politiquement correct s’est écroulé aux USA. Je ne reviendrai pas sur l’analyse, tout est magistralement dit chez H16 hier et ici. Nous assistons à une rébellion de la classe moyenne contre ses élites corrompues qui après nous avoir prodigué de fausses solutions – toujours invalidées par l’expérience au cours des siècles – cherchent à nous interdire de penser autrement.

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Peu m’importe quel président sera Trump, à ce stade, personne ne le sait. Bien entendu son programme est totalement inconséquent. Le fait franchement spectaculaire c’est que le jour de son entrée en campagne quand les premiers sondages le donnait à 1% face à ses rivaux républicains, il avait déjà compris que pour gagner il n’était pas nécessaire d’être populaire auprès de l’establishment médiatique, au contraire même. Le pompiste de l’Alabama qui n’a pas vu son pouvoir d’achat progresser depuis des lustres et qui ne voit pas bien comment les smart-phones ont bouleversé sa vie, lui au moins, il est revenu aux fondamentaux. Et ça nous donne une leçon de démocratie qu’on serait bien inspiré d’écouter attentivement : il vaut mieux un gros beauf honnête qu’une érudite pourrie jusqu’à la moelle. Est-il plus honnête? Vu ce que le camp démocrate a pu produire, il n’est que vulgaire et donc la seule boule puante anti-Trump qui a indiqué que Trump était bien digne de Trump, largement relayée par les médias, n’a forcément eu aucun impact. L’impact de wikileaks? Aide possible de Trump et encore j’en doute. Et ça promettait d’être majeur, mais au fin fond de leurs tripes les américains savaient qu’elle était pourrie la Clinton, Julian Assange soit disant manipulé par les russes abritant Snowden, ça ne changeait pas grand chose, la ficelle était trop grosse. Comme pour le Brexit, où il s’agissait de savoir si on peut virer un démocrate de chez soi ou s’agenouiller devant un technocrate inamovible, le choix de la démocratie avec ce qu’elle peut porter de pire fut fait. Et TANT MIEUX même s’il est inutile de verser dans l’uchronie, je ne sais pas non plus ce que Madame Clinton aurait fait.

La révolution conservatrice déjà observée en France avec La Manif Pour Tous agrège des frustrations et des colères envers les absurdités que nous infligent les socialistes par égalitarisme, constructivisme et collectivisme. Certaines sont libérales, d’où le programme fourre-tout de Trump par moment libéral par moment protectionniste. Énarques adoubés par les médias, je me méfierais des sondages à la place des Juppé et Macron… Les ressorts de leurs votes ne semblent pas animés par l’espérance ni par une furie (pas encore…) envers l’énarchie et ses amis dont ils sont issus.

PS: Breitbart déboulerait en France d’ici peu, j’attends de voir, je suis prêt à parier que les gauchistes reconvertis en droitards bonapartistes ou de droite socialiste de Boulevard Voltaire vont pas aimer…

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Second débat des primaires : la confirmation, mais où est le centre?

A l’issue du premier débat, très éclairant, des tendances fortes s’étaient fait jour, ce second débat n’a fait que les confirmer. Il n’y eut en réalité qu’un seul changement dans la dynamique qui a hélas occulté tout le reste dans l’analyse – médiocre évidemment – des médias : la prestation meilleure de Nicolas Sarkozy qu’au cours du premier acte. Pourtant le vainqueur, selon bien entendu des critères subjectifs liés à ce qu’on attend d’un futur chef de l’état, fut rigoureusement le même, je parle bien de rigueur à dessein parce que ce fut encore François Fillon.

Je garde en tête mon idée forte: inutile de confier à nouveau le pouvoir à ceux qui l’ont mal exercé. J’étais donc naturellement ravi de la piètre performance de l’ancien président qui avait choisi de revenir dans l’arène politique très tôt et s’exposant facilement aux critiques liées à son bilan et surtout à son attitude, cette déplorable habitude des politiciens qui par orgueil hypertrophié de se croire indispensable. La remarque valait tout autant pour Juppé dont le subterfuge du mandat unique fut convenablement éventé dans ce second débat. Les médias disent que n’étant pas attaqué (à peine! mais c’est vrai que les attaques furent discrètes) il ne pouvait pas briller: non, il ne peut pas briller parce qu’il est terne et sur la défensive étant le leader des médias et des sondages. Le Maire devait se racheter mais il n’en est pas capable, tout juste bon à faire le chiot à mordiller les mollets de Sarkozy. On comprend pourquoi Juppé ne prend aucun risque, le manque d’audace de BLM creuse sa tombe, dans l’avenir il croisera Laurent Wauquiez qui même pour dire des conneries n’en manque pas, lui… Devancée sur ce terrain NKM a récité sa partition, singulière, par moment libérale, par moment décalée mais je dois avouer qu’elle est fortement remontée dans mon estime depuis l’image déplorable qu’elle m’avait laissée durant la campagne municipale parisienne. Copé a fait le show comme s’il lui fallait sortir par la plus honorable des portes. J’ai fait un score pourri mais au moins j’ai été « nature ». Poisson jugé hors sujet par les médias et, hélas, par la pas très libérale NKM sur la liberté d’expression, a pourtant délivré une leçon de démocratie en dézinguant les ordonnances de Copé et en faisant la promotion de la démocratie directe, principale réponse au discrédit actuel de la démocratie représentative. Il a froidement expliqué pourquoi le référendum d’initiative populaire de Sarkozy n’était qu’une farce bien ficelée.

Nicolas Sarkozy a renvoyé ses assaillants à leurs chères études, débatteur hors pair, on l’a retrouvé tel qu’il était avant de devenir président. Une maîtrise des dossiers, un art de noyer le poisson comme de dégainer le 357 Magnum à la Clint Eastwood, mais est-ce du niveau d’un ancien président de la république? Comme les gauchistes j’en viens à railler sa gestuelle, ses haussements d’épaule caricaturaux, ses simagrées et pourquoi? Parce que le seul à ne se laisser jamais aller à des attaques personnelles pour garder le focus sur ce qu’il veut faire est François Fillon. Il n’a été attaqué par personne parce qu’il ne laisse aucune prise. Quand il a dit que jamais le général De Gaulle n’aurait osé se présenter avec une mise en examen sur les bras, il visait autant Sarkozy cerné de toute part que Juppé déjà condamné, et, c’est tellement juste qu’aucun argument bidon ne peut contrecarrer ce propos. Seules 2 options s’offrent aux libéraux: le choix de la proximité idéologique incarnée par NKM ou le réalisme pour Fillon qui a une chance bien supérieure qu’elle de l’emporter.

Ce dernier paragraphe aurait pu servir de conclusion. Il me vient une idée qui provient de mon agacement envers les partis centristes tout autant du conservatisme de la droite française que François Fillon drague aussi… Cette primaire est qualifiée « de la droite et du centre » mais ne comporte que des candidats de droite. Indiscutablement la plus centriste est NKM et non pas Juppé soutenu par l’UDI et le MODEM, les partis centristes préférant l’eau tiède aux réponses libérales qui provoquent une poussé d’urticaire à certains de ses leaders. Je n’attends rien de NKM sur l’€ ou sur les institutions européennes clairement défaillantes. Quelque part c’est la désunion des libéraux qui a permis ce bordel et qui nous oblige à des calculs de boutiquiers à préférer Fillon à NKM surtout quand on a un background de droite. Jean-Christophe Lagarde est transparent et pour se faire élire, en vulgaire socialiste, il a obté pour un compromis pourri entre progressisme et conservatisme, le centre mérite mieux, aux libéraux de se prendre en main.

 

 

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Un peu de prospective : et si le prochain président était le dernier de la Vème République?

Un soir, comme tout automobiliste parisien coincé dans les embouteillages, merveilleusement encouragés par la formidable politique progressiste parisienne sensée combattre les méchantes émissions de CO2 des vilaines voitures en oubliant que la congestion du trafic amplifiait le phénomène, je naviguais entre les différentes radios dans l’espoir totalement vain d’entendre enfin des analyses moins superficielles que d’ordinaire. Hélas entre 19 et 20h, l’intelligence n’a que rarement sa place sur les ondes hertziennes françaises. Il se produit un événement assez rare pour en témoigner : voici qu’un invité de l’émission « on refait le monde » sur RTL lâche ce qui m’a paru être une bombe…

D’ordinaire cette émission axe ses sujets sur les aspects les plus superfétatoires et navrants de la politique en invitant régulièrement des personnalités issues de l’extrême gauche. A ma connaissance, seuls les GG de RMC invitent encore Gilbert Collard pour équilibrer le temps de parole entre des esprits raisonnés de toutes sensibilités et des paléo-marxistes (y compris des soutiens du FN) alors que dans les urnes les équilibres ont été chamboulés comme jamais depuis déjà quelques années… Face au constat évident que la gauche ne s’est jamais questionnée face à la dissymétrie de traitement médiatique et politique entre la connivence vis à vis des extrêmes entre la gauche et la droite, pas plus que sur ses déroutes électorales après avoir exercé le pouvoir pendant 5 ans (1986/1993/2002) les socialistes s’évertuent à persister dans l’erreur. Voilà qu’on apprend que la sénatrice communiste évoluant sous un faux nez Marie-Noëlle Lienemann a recueilli les parrainages nécessaires pour participer à la primaire de gauche. L’existence même de cette primaire n’est que l’aboutissement de l’absence d’autorité du président Hollande sur sa majorité et de son échec complet à convertir le PS à un minimum de réalisme économique qu’on appelle délicatement social-démocratie (il faut toujours caser le mot magique « social » comme dans « social-libéralisme »). Jean-Luc Mélenchon dont je ne partage aucune idée a eu un mérite, courage même devrais-je dire, claquer la porte et de faire vivre ses idées collectivistes hors de la maison mère de la duperie: les élus PS se font élire sur des propos démagogues mais sont toujours rattrapés par la réalité et les contraintes de la gestion, qu’elles viennent des marchés financiers qui sanctionnent les politiques anticapitalistes ou des engagements européens qu’on promet fallacieusement de renégocier. C’était pourtant selon moi la seule vertu du quinquennat Hollande, tenter d’enfin, avec des décennies de retard, convertir la gauche à l’économie de marché, au capitalisme et aux bienfaits de la mondialisation des échanges. La mondialisation a toujours existé mais à l’ère du digital elle s’est accélérée et comme par hasard seuls les états occidentaux les plus démocratiques et libres en ont profité et les plus collectivisés en ont pâti… Le SPD allemand avait fait à Bad-Godesberg ce travail en 1959, et depuis, bien qu’il existe un parti extrémiste à gauche qui fédère toutes les chapelles marxistes, Die Linke, il ne pèse rien.

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Cet homme est membre du bureau politique du PS.

L’intervenant renversant de RTL était Yvan Levaï, un exemple typique de cette gauche qui se croit tout permis y compris de ne jamais s’exiger à elle même ce qu’elle reproche au « camp d’en face ». Chirac a pourtant définitivement tranché la question en 1988, aucune alliance avec le FN. Nicolas Sarkozy est accusé de draguer des électeurs retournés au Front National depuis son échec de 2012? Voilà qui n’a aucun sens si on se penche sur les motivations profondes de ces électeurs délaissés qui ne se limitent absolument pas aux questions liées à l’immigration mais bien davantage au délabrement inquiétant des fonctions régaliennes de l’état. Une fois passées les psalmodies récurrentes de la gauche qui reproche à la droite de ne pas être de gauche, Levaï lâche une bombe, c’est à dire un constat clinique sur la situation misérable de la politique française : la gauche est en débris, la droite est en proie à des querelles intestines avec en germe des dissidences futures et meurtrières, et ceux qui votent – ils sont de moins en moins nombreux – se portent de plus en plus sur des populistes assoiffés de protection que l’état n’apporte plus et qu’il n’a historiquement jamais apporté. Levaï a l’honnêteté d’oser avouer que le futur président sera si mal élu qu’il peut bien être le dernier président de la Vème république. Il est possible qu’il dise ceci en se résignant à l’idée que le prochain président ne sera pas de son bord mais le fait est qu’il sera très mal élu, probablement face à la candidate FN.

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les candidats UMPS trempant dans le socialisme

L’an prochain et malgré les sondages, le candidat sorti vainqueur de la primaire ne fera guère plus que le FN au premier tour et certainement moins en cas de candidature dissidente qui assurerait la seconde place au candidat socialiste. A moins que le PS ne finisse comme le Pasok grec! Pas exclu avec un président à 4% d’opinions favorables et avec une inversion factice de la courbe du chômage et une récession probable à venir en 2017… De toutes évidences une crise institutionnelle pointe le bout de son nez, un président mal élu et face à des syndicats qui ont répété avec la loi travail ce qu’ils auront à faire l’an prochain n’aura jamais le temps d’avoir des résultats apaisants pour 2022. D’ailleurs ce président que je ne nomme pas, tant je ne me résous pas à l’idée qu’il s’agisse forcément d’Alain Juppé candidat pour un seul mandat dit-il pour contrer l’argument sur son âge défavorable, héritera des engagements clientélistes du président actuel en plus de cette situation explosive. Le clivage droite/gauche existe toujours, il vient se greffer dessus ce nouveau clivage à l’intérieur même des principaux partis de gouvernement ce que Charles Gave appelle l’affrontement entre les gens des arbres (enracinés et perdants de la mondialisation pas forcément de droite) et les gens qui scient les arbres pour en pirogue explorer l’atoll d’à côté (des gagnants de la mondialisation, des élites mondialisées pas forcément de gauche).

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La gauche peut mourir du fait de ses mensonges, la France peut mourir de ses institutions.

Les pays occidentaux qui s’en sortent le mieux dans l’accélération de la mondialisation sont sans surprise ceux dont la démocratie n’a pas été corrompue par les multi-nationales et où les hommes politiques rendent encore des comptes aux électeurs. Compte tenu du caractère monarchique des institutions actuellement en place en France et de la combinaison entre la corruption des élites, au moins sur le plan intellectuel, et de ses dévoiements, notamment avec le quinquennat, qui réduit toute la vie politique à l’élection tous les 5 ans d’un tyran plus ou moins éclairé, La Vème république est agonisante. Je ne vois personne présenter un bilan honorable en 2022 ce qui signifie qu’en clair je pense que nos institutions sont en train de mourir à petit feu devant nous. Les jours et les mois de la Vème sont comptés, non pour une VIème communiste voulue par les partisans de Mélenchon. Nous entrons surtout dans temps troublés où les idées libérales ont subi un tel assaut médiatique défavorable qu’il est peu probable qu’on s’en sorte aussi bien et aussi rapidement qu’au cours de nos effondrements précédents. Accrochez-vos ceintures.

 

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Bruno Le Maire : la resucée

Après la défaite de Nicolas Sarkozy en 2012, la droite française toujours matinée de bonapartisme devait se trouver un nouveau chefaillon. Ce qui était à l’époque de « petits candidats » comme NKM et Bruno Le Maire n’avaient pas pu concourir au poste de chefaillon à cause de conditions trop restrictives qui verrouillait l’UMP. En 2014, aucun des ténors autorisés en 2012 n’ont jugé utile de faire face au retour de Sarkozy et Le Maire fit tout de même 30% malgré l’aveuglement hystérique des soutiens inconditionnels de l’ancien chefaillon de la France.

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Il y a 2 ans face à cet échec, paradoxalement prometteur, je me disais que BLM allait fendre l’armure : il avait commencé par employer sa femme comme assistante parlementaire mais comprenant ce que signifiait la défaite de 2012, il revenait dans le bon sens et le devançait en démissionnant de la fonction publique. Mesure qu’il mit immédiatement en avant et qui est effectivement d’une très grande importance, les haut-fonctionnaires doivent impérativement démissionner dès lors qu’ils se lancent en politique (en fait tous les fonctionnaires devraient démissionner dès lors qu’ils se lancent sans attendre le verdict des urnes puisqu’ils contreviennent à l’exigence d’impartialité et de neutralité). Dès lors on pouvait s’attendre à d’autres mesures fortes visant à rétablir la démocratie en France mais hélas il n’en fut rien, le feu de paille s’étouffa. Rien sur la démocratie directe et la stricte application du principe de subsidiarité qui permet magnifiquement à la Suisse de ne pas subir la même évolution maléfique que la France.

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l’€ le débat interdit…

Invité de l’émission politique de la chaîne télévisé étatique, BLM avait l’occasion de réparer sa piètre performance du premier débat. Le format assoupissant, la réalisation agaçante, le faible niveau des journalistes n’excusent pas tout, BLM a réalisé un score d’audience minable qui montre que derrière son renouveau il n’y a aucune attente. Pourtant qui peut voter pour un type promu par les médias, qui agacent tout le monde, condamné par la justice et un excité, contrarié par la justice et à minimum condamnable pour s’entourer de gens médiocres? Il avait un boulevard, on ne lui demandait pas de faire du Trump dont il était naturellement incapable. Réduire le nombre de députés, limiter dans le temps leurs mandats c’est gentil mais en quoi ça règle l’OPA des partis (payés visiblement par des tiers) sur notre démocratie? Pourquoi avoir peur de la démocratie directe? Pourquoi s’acharner à croire dans un sauveur messianique qui avec tous les pouvoirs en main ferait notre bien alors que ses successeurs s’évertueraient immanquablement d’en profiter au lieu de servir?

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BLM n’est qu’un technocrate issu de l’ENA à peine capable de s’en défroquer. Sur des sujets essentiels comme l’€ ou les fondements de du Brexit, il n’y a rien, BLM croît toujours s’en tirer avec de la novlangue dominante. Preuve qu’il n’a rien compris et qu’il n’est en rien une quelconque nouveauté en politique. Il ne serrait le premier ministre de personne, à là bonne heure, qui oserait le prendre? Ses concurrents préfèrent des (totalement) soumis plus facilement contrôlables. Alors que la place de leader tendait les mains au premier opportuniste venu ayant un diagnostique clinique de la situation, BLM montre juste la nécessité de supprimer l’ENA. Bien mais trop léger, il n’avait pas besoin de verser dans le populisme à la Donald Trump pour renverser cette hiérarchie imposée par les médias que de plus en plus de gens vomissent. Imaginons lui ou Fillon présent au second tour à la place de Sarkozy : que feront les gens de gauche partants pour nous débarrasser de l’ancien président? Le seul vote utile pour le renouveau n’est pas pour BLM mais plus pour Fillon j’ai l’impression.

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