L’incroyable alignement des planètes pour Emmanuel Macron

De toute évidence, les formidables alignements de planètes ne produisent pas toujours leurs effets mirifiques tant escomptés. Vous baissez l’€ pour l’export (encore faut-il exporter encore quel que chose), le prix du baril de brut, les taux d’emprunts et vous saupoudrez d’un crédit d’impôt sur les entreprises (CICE) et… rien, l’économie reste atone, la croissance moindre qu’ailleurs, le chômage se stabilise tout juste. C’est tout de même ballot. Côté politique, la baraka d’Emmanuel Macron force le respect mais, comme toujours dans notre douce France, quelqu’un qui réussit trop vite et trop bien s’attire immanquablement les critiques des ronchons habituels, quand ce n’est pas les adeptes des complots les plus hourdis. L’envol de M. Macron est peut être un succès prodigieux, rien ne permet d’affirmer qu’il ne le doit pas uniquement à son immense talent. Presque rien.

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La STASI en rêvait, Hollande l’a fait

Le débat à 5 sur TF1 fut bien entendu remporté haut la main par le candidat marcheur, les premiers sondages se sont même mis à pleuvoir dans ce sens quelques minutes après l’émission. Comme c’est étrange ce goût de déjà-vu. Je me rappelle qu’identiquement, Hillary Clinton avait logiquement terrassé Donal Trump après chaque débat et que Juppé avait fait mordre la poussière à tous ses adversaires qui avaient osé entraver sa marche vers la gloire. Bien sûr que les supporters de chaque candidat ont estimé que c’était leur champion qui l’avait remporté, comme toujours, lorsque l’élection suprême approche, la perte totale d’objectivité des passionnés de politique est fascinante. Il y avait un match dans le match divisant la gauche archaïque : indiscutablement Mélenchon avait ridiculisé par sa gouaille, aussi dangereuse qu’érudite, le néant, pur produit du nivellement par le bas, incarné par Hamon. Le Pen agressive, imprécise ne maîtrisant pas ses dossiers avait en fin d’émission démasqué l’imposture technocratique du bel Emmanuel, qui, au fur et à mesure qu’il s’éteignait, s’enfermait de plus en plus dans des slogans d’énarques hautains et la langue de bois. Oui effectivement, après avoir acquiescé à la moindre remarque de bon sens et, reconnaissant implicitement que Fillon était le plus solide sur l’économie, il s’était montré très faible sur les autres sujets. Avoir à répondre en moins de 2 minutes sans face à face assure un certain confort au sophiste mais, objet du plus grand nombre de critiques, Macron a livré ses faiblesses. Ses supporters diront que les notables de la politique voulaient lui faire payer sa popularité et le pari qu’il était en train de remporter. D’autres auront vu son sang bouillir facilement et son manque d’expérience auquel son charisme déficient ne pouvais couvrir. Patatras, le réputé conspirationniste journal, Financial Times, écrivait le lendemain que sans totalement être mauvais Macron avait de très bonnes raisons d’éviter, comme la peste, les débats télévisés.

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Sondages truqués alors ou juste grosse volonté dans l’opinion de « dégagisme » ? Les deux je pense. Un électeur potentiel sur deux de Macron n’est pas certain de son vote et sur l’ensemble de l’électorat, l’indécision est anormalement élevé à moins d’un mois du premier tour. On veut du neuf et les programmes dits de « purge » porté par des candidats criblés de scandales de dernières minutes servent de repoussoir. Tout va donc se jouer dans les dernières heures manifestement. Le fameux livre « Bienvenue place Beauvau » décrit avec une acuité (qui reste à prendre avec des pincettes évidemment) comment une somme d’informations compromettantes envers des adversaires politiques du président en place peuvent facilement arriver sur son bureau. Tracfin, le parquet national financier et même la loi renseignement, emballée avec des fleurs en disant que c’est pour traquer les méchants barbus alors que ça peut facilement être n’importe qui, autant d’instruments de surveillance arbitraires qui peuvent détruire une démocratie basée sur la séparation des pouvoirs et un droit garantissant les libertés publiques et individuelles. La droite est naïve et complice de ces dérives, qu’elle en puisse être la victime devrait la conduire à réfléchir sur ces outrages aux libertés ce qui, hélas, ne semble pas le cas. Qu’un Hollande qui peut tirer autant de ficelles n’ait pas envie de s’immiscer dans l’ombre dans la campagne présidentielle n’est pas crédible. Il a tel un track record en saletés en tous genres, notamment dans l’exercice du pouvoir, qui a terriblement affaissé la fonction. On parle même de rumeurs balancées dans la presse contre de futurs adversaires issus de son propre camp! Voilà qui laisse penser que comme Mitterrand, avec qui il partage le fait d’être arrivé au sommet avec une étiquette de gauche éloignée de ses convictions intimes, pour lui, la fin justifie les moyens.

Ainsi nos bases complotistes posées, réexaminons l’historique des dernières semaines en gardant en tête que les principaux médias ont un intérêt certain à être bien vus du futur locataire de l’Elysée. Rembobinons la séquence pour comprendre sur quoi s’est construit Macron. Rappelons que les médias ne roulent pas systématiquement à gauche en réalité, même si le politiquement correct en est issu : en 2007, une fois cramée Royal fut lâchée par ses créateurs et on passa sous silence les propos confus de fin de campagne de Sarkozy sur l’acquis et l’inné au sujet de la délinquance. A peine interpellés par le Brexit, les médias soutenaient Juppé. Hollande travaillait contre Sarkozy, Fillon était invisible dans les sondages. Vint le premier tour et le plébiscite de Fillon qui a notamment tué Sarkozy par sa droiture et Le Maire, avec son vrai-faux renouveau, par son autorité naturelle. Macron qui en piaffait d’envie se jette dans l’arène dans l’entre deux-tours puisqu’il était clair que Juppé allait se ramasser méchamment. Pour affaiblir Fillon on commence sur LMPT, l’IVG et Juppé croit que c’est une bouée de sauvetage des médias. Non tout le monde savait qu’il se ramasserait, sans les voix centristes ou de gauche, Sarkozy aurait même été au second tour, il s’agissait de droitiser à outrance le futur vainqueur sachant qu’aucun candidat centriste n’était présent sur la ligne de départ. Au même moment entre les deux tours, Macron lève le suspens et se lance et devient immédiatement l’espoir des médias. Hollande savait qu’avec une primaire de gauche, enfin, du parti socialiste, s’y soumettre rétrécissait gravement son assise électorale en vue du premier tour de l’élection présidentielle et, pire, qu’il en sortirait probablement mortellement touché par les frondeurs. Hollande s’est retiré constatant la force et la légitimité du candidat de droite et a laissé délibérément Manuel Valls perdre des plumes. Je devrais dire qu’on connaît la suite, a-t-on finalement publié dès le lendemain les résultats de la primaire de gauche, comme le PS s’y était engagé et que le parti LR a effectivement fait, bureau de vote par bureau de vote? Non. Les résultats de cette primaire sont-ils à l’heure ou j’écris ce billet connus et fiables? Je n’en ai pas l’impression : faible participation, les réformistes du PS peu mobilisés car déjà derrière Macron qui soulevait des fonds (avec l’aide à peine dissimulée du pouvoir), ont laissé Valls aller au casse-pipe. Hamon devance Montebourg sans chercher à être plus pro-business que lui, au contraire, il a promis une distribution d’argent gratuite irréaliste sans la moindre vergogne, il gagne. On constate la suite : Hamon est nul, sont programme est irréaliste, les soutiens à Macron s’enchaînent et Mélenchon le dépasse dans les sondages. Pour tuer les frondeurs proprement et le seul social-démocrate, un peu réaliste économiquement et ferme sur la laïcité, Valls donc, le crime était trop parfait. Les sociaux démocrates sont du coup tous chez Macron.

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Néron

Dernier cailloux dans la chaussure du plan Hollande : Fillon est trop élevé et devait affronter la candidate frontiste au second tour. Vous pouvez prouver par A+B que le FN est un ramassis de fachos et de corrompus, à commencer par ses dirigeants, voilà qui n’a aucun impact sur son électorat trop imperméables à l’argument. Il faut trouver un truc contre Fillon car c’est face à l’héritière de la dynastie que Macron a le plus de chances d’être élu et de perpétrer le système en place. Vous voyez la suite. Traitez-moi de complotiste. Reprochez-moi d’établir des connections entre des faits et des allégations sur la simple idée qu’il y aurait un grand plan d’ensemble cohérent. Il ne l’est pas, jusqu’en septembre au moins Hollande pensait se représenter mais l’alignement des planètes et le simple recueil du fruit de la conjoncture a merdé. Les frondeurs ont voulu abattre Hollande, il a répliqué en faisant assassiner le PS dans un parking par des prête-mains. S’il a des dossiers sur les uns, il doit savoir comment d’autres font disparaître près de 2 millions d’€ suite à leur juteux passage dans une banque d’affaire, proche du PS. Traitez-moi de complotiste et demandez-vous où paye ses impôts la maison mère de l’empire médiatique Drahi qui aide aussi grossièrement Macron. Traitez-moi… Espérons juste ensemble de connaître le fin mot de l’histoire tant la mystification Macron est grossière; sans parti, si peu de donateurs,  des couacs, des outrances, de la langue de bois, son charisme en mousse, prêtant le flan autant à la critique pour son mondialisme, son immobilisme économique en cette terrible période, la candidature Macron est imposture jamais vue.

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Et si? Petit travail d’anticipation

Si 2016 a quelque peu égratigné les inébranlables certitudes du beau monde politico-médiatique parisien par ses surprises électorales, ceux qui se donnent encore la peine de penser et d’analyser les faits en laissant de côté les analyses de ce beau monde ont été moins pris en défaut. Mais les faits sont têtus, à pile 1 mois du premier tour des présidentielles, François Fillon ne refait pas surface et la bulle Emmanuel Macron ne semble pas vouloir éclater aussi facilement qu’on pouvait le penser. Prenons donc l’hypothèse que tous les candidats issus des partis de gouvernement via un processus de primaires soient battus fin avril. L’opinion étant particulièrement indécise à si peu de temps du premier tour que d’un côté, tout peut encore se produire, mais dans l’autre ça me renforce aussi dans l’idée qu’il faut prendre le temps de bien comprendre par quelles étapes nous en sommes arrivés là. Comme dit fort justement une maxime bien connue, quand tu ne sais pas où tu vas, rappelle-toi d’où tu viens.

L’histoire est connue, à partir des années 80 les idéologues de mai 68 commencent à imposer leur hégémonie intellectuelle suivant le principe de Gramsci avec la bénédiction de Mitterrand qui leur fournit les outils culturels et associatifs d’une part et en instrumentalisant l’essor du FN d’autre part. Jacques Chirac est écrabouillé en 1988 tandis que la gauche est en déroute à chaque fois après 5 ans d’exercice du pouvoir. S’ensuit la tentative de bond en avant vers le fédéralisme européen en 1992 (Maastricht) où Chirac enterre ce qui lui reste de souverainisme en vue de l’élection de 1995 provoquant le désarroi idéologique du RPR et préfigurant la fusion RPR/UDF pour fonder l’UMP en 2002. Cette année là, après une amélioration timide de l’économie française succédant à une décennie 90 morose, le président sortant ne réunit même pas 20% des voix au premier tour. Le premier ministre socialiste Lionel Jospin – après 5 ans d’exercice du pouvoir lui aussi – est éliminé dès le premier tour par un septuagénaire populiste notoirement antisémite et raciste. En 2007, Nicolas Sarkozy semblait être le seul à avoir tiré la leçon : aucun parti ne s’était remis en question après le 21 avril 2002, ni les socialistes et surtout pas Chirac qui avait poursuivi sa politique immobiliste, sa fracture sociale de 1995 n’étant qu’un slogan creux de plus. Sarkozy affronte la crise de 2007/2008 en disant et faisant tout et son contraire, en gesticulant à en énerver ses propres soutiens et nous arrivons en 2012 dans une situation très inconfortable. DSK est donné largement gagnant mais plutôt que d’exploiter son poste offrant une visibilité internationale et une stature incontestable il préféra violemment trousser une bonne dans un hôtel new-yorkais. Le PS le remplace à la va-vite par l’homme des synthèses impossibles qui a dirigé le PS pendant 10 ans mais qui n’a que des sous-fifres face à lui. Les électeurs lisent les sondages et ne voient passer aucune critique sérieuse dans la presse. Discours du Bourget, Mérah qui tue autour de Toulouse, mauvais report des voix FN sur Sarkozy on connaît la suite, Sarkozy souhaite bonne chance à son successeur en glissant que « ce sera difficile » (adjectif fétiche du président Hollande dans ses prises de parole, ça ne s’invente pas) dans un ultime discours en formes d’au revoir et non d’adieu.

Nous voilà donc 15 ans après la première manifestation électorale claire de l’exaspération des français et 10 ans que notre économie stagne avec ce que cela signifie en terme de chômage et de perspectives en berne pour un nombre croissant de gens leurrés par le socialisme, rendus aveugles face aux vertus de la mondialisation. Dès lors les choses vont très vite. Les anglais brisent un tabou absolu en disant merde à l’UE. Qu’ils soient les premiers à le faire n’a rien de renversant, que nos élites européistes minimisent la portée du geste et de l’atteinte grave à la légitimité de l’institution technocratique en se murant dans le déni, est non seulement révélateur, mais augure d’une fuite en avant auto-destructrice. Les américains disent merde aux médias et élisent un candidat trimbalant un castorama géant à faire pâlir de jalousie les Sarkozy ou Juppé et désormais Fillon avec leurs petites quincailleries typiquement françaises. Il me vient donc à l’esprit une réflexion que j’ai partagé en 2014 lors du retour de Sarkozy avec des gauchistes que je qualifierais de « bobos déclassés » tentés par Mélenchon. Après le matraquage fiscal d’Hollande accompagné d’aucune réforme structurelle et bien avant que la baisse du pétrole et le CICE opèrent leurs petits effets bénéfiques à notre économie laissée exsangue par excès de socialisme, je leur ai prodigué cette terrible prophétie : si en 2017 ce n’est pas un réformateur décidé à agir assez fortement pour espérer – quelque que soit le contexte – tirer les marrons du feu en 2022 qui est élu, alors ce sera un boulevard pour un parti populiste tel que le FN. Sans évoquer la nécessaire clarification des idées dans les partis considérés à droite, concept trop complexe à expliciter à des gens qui considèrent qu’à la droite de Bayrou ne subsistent que des fascistes en chemises brunes, je me suis basé sur plusieurs points qui découlent de mon analyse personnelle de l’évolution des idées qui fait appel au « temps long ». Analyse tenant aussi compte du fait que les votants sont de plus en plus âgés et que l’exaspération dans les urnes ne découle pas d’une humeur passagère mais bien d’un courant de fond.

Plusieurs cas de figure s’offrent à nous dans l’hypothèse de travail. Primo Marine Le Pen est nettement battue par Emmanuel Macron. Dans ce cas, alors qu’on dit que la France penche à droite en ce moment, le paradoxe tueur à long terme serait que Macron dispose d’une majorité assez large pour voter des réformes. Dépositaire d’une grande partie du bilan économique d’Hollande ce serait un tour de force inédit. Il est plus probable qu’il hérite de frondeurs 2.0 d’autant que les partis centristes compatibles ou facilement amadouables ne brillent pas par leur libéralisme, ils sont Macron-compatibles par leur européisme et leur caractère social-démocrate. La frange économiquement plus libérale du PS ralliée à Macron devrait faire un carton aux législatives pour éviter au président Macron des blocages similaires à ceux rencontrés par Hollande. Sauf miracle, on pourrait même espérer quelques réformes économiques allant plus loin que ce que le candidat propose, ce serait une première… Secondo, Macron élu de justesse avec une abstention assez forte. Cata complète en vue. On verrait alors soulignée comme jamais la fracture irréconciliable des clientèles de français aux intérêts de plus en plus divergents qui s’est faite jour lundi soir au cours du débat de TF1. Mélenchon et Hamon défendant un socialisme haineux et jaloux mais le premier plus cohérent comme Le Pen en s’affranchissant des carcans encore raisonnables des engagements européens, un technocrate s’adressant aux bobos mondialisés épargnés par la crise et le conservateur catho-tradi audible des friqués cadres-sup/retraités/bosseurs. C’est parce que je juge cette seconde hypothèse comme la plus probable, dans mon cadre de réflexion, que je crois que la France peut partir en slip. Je l’ai déjà dit ici, le FN a commis l’erreur de ne pas être le principal parti de droite en 2012 et a laissé l’UMP une ultime chance. Tuer Fillon pour Hollande, ce n’est pas une prise de guerre posthume, c’est ouvrir la porte du pire. Soit une recomposition s’opère après la défaite de Marine Le Pen sur un projet de réformes libérales de l’état-providence et de redéfinition de l’UE soit c’est de l’auto-destruction délibérée du pays qui en accouche.

Gilbert Collard et Marion Maréchal Le Pen ont la tête de ces gens qui pourraient signifier à Marine Le Pen qu’elle et son socialiste conseiller Florian Philippot devraient changer de fusil d’épaule, le daron ostracisé ne le pouvant plus, vœux de moins en moins secret d’une partie de la droite qui anticipe cette recomposition tel l’hebdo « Valeurs Actuelles ». Peu importe comment ça se passe, le point central porte sur les questions européennes, l’UE post-Brexit et l’€. L’€ est mort-né et sa préservation engendre une telle négation de la démocratie et des questions sur le rôle d’une banque centrale (dont l’existence même m’hérisse le poil) que ce n’est possiblement pas en France d’où proviendra la crise terminale. Italie? On repense au graphique pas si foireux de Marine Le Pen dans le débat. Evidemment l’Allemagne a du repenser son marché de l’emploi après la réunification, nous, on faisait les 35h, les italiens, les grecs avec les JO (qu’on veut organiser en 2024!) et les bâtisseurs espagnols ont fait n’importe quoi comme lorsque la corde de rappel des taux d’emprunts n’est plus là pour opérer un rappel à la raison. J’ignore comment les fractures identitaires et économiques dans ce contexte pourraient porter au pouvoir un(e) dissident(e) au pouvoir en 2022 mais le discrédit sera tel sur les ridicules tentatives de maquillage des idées dominantes dominées par les événements que je ne vois plus d’issue par le haut. On va swinguer.

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Le clivage gauche/droite va perdurer, pas les partis actuels

Dans un billet précédent j’avais positionné les candidats selon le diagramme de Nolan. Quoi qu’éclairante, cette représentation n’est pas satisfaisante compte tenu des sujets abordés au cours d’une campagne présidentielle lorsque par miracle les débats ne s’effacent pas derrières les polémiques navrantes et les boules puantes. Deux dimensions ne suffisent pas à convenablement décrire la situation dans laquelle la France se trouve du fait de ses impératifs européens. Je vois au moins 3 sujets politiques majeurs au quotidien pour lesquels la distinction entre progressisme et conservatisme à l’horizontal, libéralisme et autoritarisme à la vertical est particulièrement délicate à établir. Ces 3 sujets sont les suivants : économie, questions sociales et celles qualifiées de « sociétales », Europe et affaires étrangères.

Reprenons les considérations de mon billet sur les 3 candidats qui ont une chance réelle d’accéder à l’Elysée en mai prochain.

  1. E. Macron. Économiquement social-démocrate avec un zest de libéralisme notamment lorsqu’il a présenté une réforme des retraites aux contours très flous mais plutôt libérale dans la lettre. Plus que la réforme paramétrique de Fillon sur le papier, après on connaît la chanson, le diable se cache dans les détails. Il n’est pas risqué de supposer que le libéralisme de Macron est opportuniste, cette réforme des retraites a été annoncée comme par hasard au moment ou la pression était maximale sur Fillon et que des libéraux de centre droit étaient le plus tentés de le lâcher. Progressisme light sur le sociétal, à ma grande surprise, Macron n’évoque même pas la dépénalisation du cannabis, il aurait portant une occasion en or d’achever Hamon, condamné à guerroyer avec Mélenchon tout en passant pour un libéral cool. Europhile convaincu, il n’hésiterait pas à céder davantage de prérogatives à l’UE et donc encore plus de transferts de souveraineté.
  2. F. Fillon. Économiquement il se propose d’actionner les principaux leviers pour décorseter l’économie française, c’est vaguement libéral mais nous souffrons de maux parfaitement identifiés sur lesquels il va bien falloir agir faute de quoi nous irons dans le mur. Conservateur sur les mœurs, il n’a jamais promis le moindre retour en arrière contrairement aux imbéciles qui le traite complètement à tort de réactionnaire catholique. Faudra m’expliquer pourquoi dans des pays où le libéralisme est moins honni que chez nous, l’uniforme scolaire – vieux serpent de mer en France – est toujours bien présent… Discret sur l’UE et l’€, il cherche à dissimuler son euroscepticisme alors que dire clairement en quoi il faut réformer sans jeter le bébé avec l’eau du bain pourrait être une force. On en reparlera, son statu-quo à base de Nations souveraines est à creuser et pourrait faire beaucoup de différences.
  3. M. Le Pen. Économiquement socialiste, planiste et dirigiste, le programme du FN concocté par M. Philippot est un savant mélange d’autoritarisme, de mercantilisme cher à Colbert et de repli sur soi autarcique digne des fascismes du XXème siècle. Neutre sur le plan sociétal, il vire au conservatisme pour ne pas perdre le socle initial issu de la droite courroucée par la soumission au politiquement correct de la droite dite de « gouvernement » notamment sur les questions liées à l’immigration. Sur l’Europe, MLP est souverainiste et se rapproche dans ses derniers discours du libéralisme politique (démocratie directe) des partis populistes européens qui sont manifestement plus libéraux que le FN actuel en particulier sur les autres sujets du fait de l’écroulement des mensonges socialistes ou de l’échec économique d’une troisième voie qualifiée poliment de « sociale-démocrate ».

De toute évidence le prochain président de la république devra s’expliquer face à ses contradictions idéologiques et les aspirations montantes dans les peuples occidentaux. Macron réunit le noyau dur des européistes alors que la défiance envers Bruxelles s’amplifie partout en Europe surtout après l’affront britannique, Fillon devrait clarifier ses positions sur le même terrain car une synthèse factice à la Sarkozy après la liquidation du gaullisme par Chirac (et Juppé dont on a tenté jusqu’au bout de nous imposer!) n’est plus tenable, Le Pen ne pourrait jamais appliquer son programme économique surtout en cas de sortie ou de dislocation de l’€. Un article paru dans le Point de cette semaine m’a semblé très intéressant: jamais la France n’a autant penché à droite et pourtant l’hypothèse d’un prochain président de centre gauche ou issu d’une droite divisée demeure la plus probable. L’universitaire en question, élève de René Rémond célèbre pour ses 3 droites depuis 1815 (Légitimistes réactionnaires, Bonapartistes autoritaires, Orléanistes libéraux) prédit l’explosion du parti Les Républicains issu de la fusion sur le papier impossible de courants contradictoires, jadis UMP mais surtout UDF et RPR, encore avant 1958 de l’auberge espagnole du CNIP.

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Même si la conversion tardive de la Marine aux idées de droite sonne faux, le populisme hostile aux technocrates qui se cooptent entre eux n’a guère d’autres solutions que de proposer une démocratie plus directe avec un peuple in fine qui garde le dernier mot. L’exemple amusant est celui le UDC suisse qui déclenche le plus de référendums alors que cette procédure sert naturellement de garde fou au phagocytage de la démocratie par les partis, l’UDC étant ni plus ni moins le premier parti de Suisse… Soyons clair, le principal parti suisse use autant que possible de la principale arme populaire contre les partis pour s’assurer que les partis dits « mainstream » ne soient pas tentés contre la volonté populaire de diluer la confédération helvétique dans le grand machin UE. On a l’héritage culturel que l’on mérite, UKIP au Royaume-Uni ne décline pas son souverainisme sur un mode antilibéral à la fois jacobin et étatiste pas plus que l’UDC en Suisse ni le PVV de Geert Wilders aux Pays-Bas. En France, on ne sait que penser de la volonté de Marine Le Pen de redonner au peuple sa capacité de s’exprimer, je fais encore moins confiance à ses sbires pour redonner au peuple sa souveraineté politique perdue sachant qu’aucune composante des droites françaises ne se soit spécialement battue pour cela au cours du temps. François Fillon dissimule son agacement face aux institutions de Bruxelles et ce soir c’était Pierre Moscovici, le technocrate par excellence qu’il est de bon ton de mépriser d’expliquer sur la radio publique France Inter pourquoi sortir de l’€ dans l’état actuel de la France serait un massacre et pourquoi il faudrait « mieux d’Europe ». La première partie de l’intervention est juste la seconde sonne comme « ne cassez pas l’outil qui me permet, malgré mon incompétence notoire, d’être très riche sur votre dos en conservant un status quo qui emmerde de plus en plus de monde ».

Les conséquences de la décision unilatérale de la chancelière Merkel sur les migrants et l’incapacité de traiter le cas grec dans la zone €, amplifiées par le Brexit montrent que le projet européen est voué à une mort prochaine. Les principaux candidats de 2017 n’en tiennent pas compte semble-t-il, même le FN reste flou dans ses intentions exactes. Le populisme de ce dernier qui dénonce l’incapacité des partis dits de gouvernements de fédérer autour d’eux assez de gens pour relancer un élan fédéraliste conduira nécessairement à une refonte des politiques en la matière. Pour le moment aucun candidat n’ose pour le moment s’aventurer sur ces thèmes ne le considérant pas encore comme assez porteur ou possiblement aussi parce que dépourvu de colonne vertébrale. Nigel Farage a prêché dans le désert mais a réussi son pari en 20 ans car il n’a jamais varié et même si les technocrates ont fait mentir (un peu) ses prévisions, une majorité de gens ont fini par se rallier à ses thèses constatant qu’il avait vu juste avant tout le monde. Chirac et Sarkozy ont soumis le RPR à la pensée unique, Marine Le Pen n’incarnant pas le recours, le réajustement sera probablement brutal et soudain. Je sens une accélération se mettre en place, ce sera certainement contre l’ultime tentative du système de ne rien changer incarnée par Emmanuel Macron qui va tout déclencher.

 

 

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Fillon: et maintenant 2 abîmes?

Rien de neuf hier, comme la juridiction en charge du dossier l’avait laissé entendre, ce n’était pas le classement sans suite au terme de l’enquête préliminaire qui se dessinait mais bien une mise en examen. François Fillon se retrouve en très fâcheuse posture surtout après ses déclarations pour sa défense calamiteuse. Il s’est littéralement saisi de la corde et se l’est glissée autour du cou. Dès lors, ni lui ni les juges téléguidés ne peuvent reculer: lui devra se présenter quoiqu’il en coûte et eux le mettre en examen. Les rats quittant le navire, c’est peut être l’isolement politique qui le poussera à jeter l’éponge et l’obscénité de la presse et son lynchage permanent comme Libération qui décompte en « live » les défections, un peu comme les spectateurs de sports automobiles et avides de morbide qui espèrent un crash « pour le spectacle« . S’il devait en advenir ainsi, c’est un spectacle particulièrement désolant qui risquerait de s’offrir à nos yeux sans grand espoir que du chaos de l’hiver politique surgisse un printemps prometteur.

A la sortie de l’été 2015 j’avais écrit qu’on mesurerait bientôt que l’incapacité de traiter le cas financier de la Grèce et la horde de migrants déferlant sur l’Europe signait le début de la fin de l’€ et de l’UE. Vint ensuite 2016 avec ses bouleversements dans les urnes qui sonnaient le glas des politiciens corrompus représentant les mensonges imposés par le politiquement correct. Ce fut d’abord le Brexit et Trump. Même Fillon, sorti victorieux par KO de la primaire, resta cependant discret sur des réformes institutionnelles profondes à apporter à l’UE et en quoi, tant que l’€ était là, il valait mieux nous réformer avec des taux d’emprunts anormalement bas. Fait sans précédent, le président en exercice vanta son bilan au cours d’une allocution télévisée surréaliste qu’il conclut en admettant que malgré l’enrobage flatteur, il ne lui permettait pas de le défendre face aux français. Ce fut au tour de son premier ministre, jadis populaire ministre de l’intérieur, d’être défait dans une primaire socialiste organisée en toute hâte par un « frondeur » au CV de parasite professionnel comme les partis dits de gouvernements en entretiennent depuis beaucoup trop longtemps. Il ne restait plus dans ce jeu de chamboule-tout que 3 candidats dits sérieux, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et François Fillon. Comme en 2007 lorsque face à l’énergie, le volontarisme, la promesse de rupture de Nicolas Sarkozy, les socialistes ne trouvèrent rien de mieux que la désastreuse Ségolène Royal, il n’y avait guère de choix. Tandis que Fillon avait un programme solide, du calme et de la détermination et fait important, une probable majorité suffisamment homogène pour voter les lois, Le Pen agitait un programme démentiel inspiré de haut-fonctionnaires aigris et socialistes refoulés, Macron lui jouait la carte du flou, de l’inexpérience, du détricotage intéressé de l’histoire avec la bénédiction de nababs des médias français favorables au capitalisme surtout quand l’état leur cire les bottes.

Si Fillon coule ou jette l’éponge, deux abîmes sont donc à placer en perspectives. Le premier est évident, Macron va être élu face à la présidente du FN. Encore que… J’aurais pu citer comme troisième abîme possible, le fait que tout est possible, les électeurs de droite comprenant la machination avant qu’elle ne fusse éventée dans les mois/années qui viennent, n’auront pas spécialement à cœur de se rendre aux urnes ou bien d’accorder leur suffrage au rejeton d’Hollande au programme parfaitement social-démocrate faussement présenté (comme le fut Hollande dans sa timide tentative de politique dite de l’offre) de « social-libéral« … Pour conduire un pays, il n’y a pas que l’économie qui compte surtout en état d’urgence lorsque des français nés en France se mettent à ouvrir le feu sur d’autres français en pleines rues de Paris (définition d’une guerre civile oui ou merde?). Subitement on parle moins de la Syrie. On attend les premières initiatives – forcément calamiteuses – de Trump pour éventuellement en toucher un mot. Quid des législatives en cas de 21 avril 2002 « à l’envers » ? (rêve de tout journaliste passé par ses écoles et filières classiques comme les renégats de l’ENA issus de Science-Po). Le second abyme c’est Fillon hors-jeu mais bénéficiant d’un non-lieu quelques temps après la présidentielle (ou plus tard encore mettant en lumière une célérité judiciaire à géométrie variable selon les priorités). Beaucoup de gens se sentiront violés par la presse et une justice qui en France épouse de plus en plus les contours d’une farce et de la manipulation politicienne évidemment partisane. Si Fillon est mis hors-jeu, on peut parier que plus tard le peu de crédit qu’il reste à la presse et aux juridictions pilotées depuis le garde des sceaux et la présidence vont tomber à zéro ce qui en démocratie est gravissime, pour peu que la France, qui ne réserve comme seul luxe à ses sans-dent de se désigner un tyran à chaque élection présidentielle, puisse être encore qualifiée de démocratie.

Je m’amuserais presque des commentateurs qui pensent que la détente sur les taux d’intérêts français serait imputable aux déconfitures de Fillon qui écarteraient le risque d’élection de Marine Le Pen face à Emmanuel Macron. Beaucoup pensent que Fillon élu, il ne pourrait rien faire et qu’au fond il vaut mieux Macron. C’est rester dans une logique d’homme providentiel et non pas de rétablissement – quoique dans le cas de la France on devrait parler d’établissement enfin – de pratiques démocratiques. Comme pour Trump les marchés s’emballent à court terme et ne voient pas qu’on paye 20/30 ans d’erreurs, de manquements, de mensonges médiatiques. La droite n’est pas crédible au fond parce qu’elle sait qu’elle a permis l’essor du FN sur les abandons de souverainetés, l’immigration qui cause des revendications communautaristes et, le pourtant très prévisible échec de l’€. La gauche feint de croire et faire croire depuis 1988 que le socialisme peut s’allier aux centristes via de modestes arrangements sans abandonner les moteurs haineux et jaloux qui se drapent derrière l’égalitarisme pour faire perdurer un modèle social collectiviste voué à l’échec. C’est en cela que je partage la formule de Charles Gave: « la droite a trahi la Nation et la gauche a trahi le peuple« . Je laisse le soin aux libéraux de gauche de croire en Macron, je ne croyais pas au miracle avec Fillon, juste à des réformes sur l’essentiel, le retour des missions régaliennes de l’état. En ces temps rudes, Madame Irma aurait été débarquée sans ménagement tant elle aurait été d’une rare incapacité à trouver des mots consensuels pour dissimiler son effroi.

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Le programme économique de M. Emmanuel Haillon

Le teasing continue, Emmanuel Macron polarise ces élections comme jamais alors que son discours est d’une vacuité limite inquiétante. Vendu comme un tournant dans sa campagne par des médias acquis à sa cause au moment ou celle-ci commençait à piétiner, l’homme sans parti, sans élu et sans programme reçoit l’indispensable soutien de l’homme avec un parti mais sans élu et lui aussi sans programme. Au delà de ce qui n’était qu’un plan de communication jusque là, on commence à voir sous nos yeux s’esquisser un semblant de commencement d’ébauche de programme économique. Accrochez vos ceintures ça décoiffe, du jamais vu, entendu, connu. On peut même se permettre de conchier la culture française et son histoire, les français ont atteint un tel niveau de ras-le bol qu’ils pourraient bien élire comme président l’incarnation du renoncement des français à être français!

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Le ralliement de Bayrou à Macron a été bien théâtralisé dans les médias détenus par ses fidèles parrains Niel et Drahi plus toute la nuée de capitalistes de connivence tous satisfaits de l’interventionnisme étatique qui leur assure de confortables revenus. Voilà qui tombait à pic puisque plusieurs sondages indiquaient que Fillon restait solide malgré la tempête médiatique inquisitrice qui lui promettait « un décrochage » et que le beau Macron reprenait gentillement sa place de troisième homme. Bayrou n’avait en fait pas le choix, pour celui qui avait alerté sur les conséquences de notre endettement déraisonnable, une sortie de route finale par une banqueroute avec moins de 5% des voix aurait fait désordre. De son côté, Macron en disait longuement en meeting mais le moins possible sur le fond exception, très importante, faite de ses vue pro-européennes via les institutions de l’UE. Naturellement, ce que nous n’arrivons pas à faire par nous même, nous y parviendrons en s’associant à plus d’une vingtaine d’états dans une concertation joyeuse et festive avec (mais de préférence sans) le consentement des enfoirés de gentils peuples. Pour taper sur Fillon gratuitement, on ajoutera au programme – ça tombe bien il est en cours d’écriture – une bidouille sur la « moralisation de la vie publique« . Personne n’a rappelé à M. Bayrou les curieux émois que provoquaient la vue d’outillages de son vice-président M. Robert Rochefort… Il me semble qu’on en avait fait beaucoup plus pour l’étonnant masseur Georges Tron, mais je ne prétends pas être aussi objectif que les journalistes français.

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Hier Les Echos publiait un entretien avec Emmanuel Macron qui lève le voile sur le volet économique de son futur programme si tant est qu’il en publie un un jour. Ne reprochons pas à Macron un verbiage technocratique du genre « l’Europe fait face à d’immenses défis » qui est un lieu commun dans la bouche de tous les candidats. Reprochons-lui le fond: le Brexit a frappé fort dans les esprits parce que les peuples européens commencent dangereusement, pour les technocrates bruxellois, à prendre conscience que si géographiquement l’Europe est une réalité intangible, que nos économies sont imbriquées comme nos histoires ont été façonnés par la chrétienté, rien de tout ceci ne justifie une construction politique bancale et surtout violant le principe subsidiarité advitam eternam. Je passe sur la critique de l’Allemagne et ses excédents commerciaux, la logique poussée jusqu’au bout c’est Mélenchon et son hareng de Bismarck qui l’a fait. En bon techno « social libéral« , il se désole de l’inefficacité de la dépense publique notoirement excessive sans oser parler des conséquences pratiques dans nos vies: bureaucratie absurde, flicage des individus et des entreprises, justification auto-entretenue de postes de fonctionnaires pourtant à l’évidence inutiles. Pire, Macron sait où investir. Du haut de ses 39 ans et de son incommensurable expérience dans toutes les entreprises de la galaxie et divers savoirs sans bornes, il sait où il faut économiser par ci, où il faut dilapider investir par là! Du socialisme pur jus. Je passe sur le reste tout est du même acabit. On comprend mieux pourquoi il attendait de savoir qui il aurait en face (il s’est déclaré après le premier tour de la primaire de la droite qui annonçait clairement la raclée de Juppé, le chouchou  des médias, au second tour). Ses annonces se situent au centre du jeu politique entre Fillon qui actionne franchement les leviers et les utopistes de gauche qui reprochent à l’Allemagne d’interdire de nouvelles fariboles socialistes dans le cadre de l’euro.

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Résumons, il n’a pas 40 ballets, il s’est rendu populaire en transgressant comme ministre quelques idées reçues socialistes sur l’étatisme et le planisme et le voilà qui nous décrit un cadre de réformes économiques ultra-convenu. Quelle est maintenant sa différence avec François Hollande qui, une fois élu, disait la même chose? Macron ne prend aucun risque et croit l’espace béant entre Hamon et Fillon peut lui servir de socle électoral, il prouve surtout pourquoi Hollande aurait du dissoudre l’assemblée nationale à cause des frondeurs. Pourquoi M. Macron aurait-il une majorité pour appliquer la même soupe tiède alors qu’Hollande disposait d’une majorité en apparence large? Hollande le fin tacticien au point de ne pas être en mesure de défendre son bilan face aux français a enfanté d’un bureaucrate qui se propose de faire la même chose en partant de zéro, lui. Si ça marche je ne comprends plus rien, l’histoire en marche actuellement n’aime pas les technocraties vendues aux grands intérêts financiers dont M. Macron est à l’évidence le porte-parole, vomit le politiquement correct qui nous impose le relativisme culturel et la repentance systématique. Si M. Haillon est élu que penseront les électeurs centristes et de centre-droit qui auront voté pour lui en découvrant qu’en marche se rebaptise « Parti social démocrate » avec un positionnement de centre-gauche? Violés? Cons? Macron fait juste ce qu’Hollande et Valls rêvaient de faire mais, bien entendu, sans eux.

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L’instant Bayrou : le roulement de tambour, sans tambour ni baguette

Oyez braves gens! Tous réunis sur la grand place fissa! Le gentilhomme béarnais y va faire une annonce de la plus grande importance! Vos vies vont en dépendre jusqu’à votre rencontre avec le Créateur! Ainsi se mirent-ils en marche et ils marchèrent, longtemps, très longtemps. Le seigneur de Pau s’esclaffa ainsi : « Mes amis, je suis peut être né dans une étable, mais plut tard, on construira à ma gloire des édifices que même Bill Gates ne pourra pas se payer ». La foule resta pantoise, suspendue à ses dires, ses billevesées parfois (rarement), mais attendant frénétiquement sa grande et sage décision.

Il faut dire que le royaume était en ébullition, condamné par une infortune accablante frappée du sceau de la malchance, sa Majesté François n’était plus en situation et dépourvu de successeur. La lutte était dès lors impitoyable entre les impétrants. Une riche roturière connue sous le nom de Dame Marxine combattait l’invasion sarrasine avec une démence aveugle mais elle gagnait du terrain. Le Comte de la Sarthe, M. De Fion, peinait à justifier l’origine de son butin familial alors qu’il était le favori. Apparut alors un étrange personnage intriguant, Emmanuel de l’Hénat, qui s’était rapidement rendu très riche dès lors qu’il fut affecté aux finances de l’état. D’autres personnages obscurs tentaient d’émerger sans succès, le clerc Benoît qui multipliait les allocations comme Jésus le pain et l’explorateur de l’Amérique du Sud Dom Juan-Lucas dit le rustre car il dut torcher son postérieur à la main suite à une pénurie de papier toilette.

Qu’allait faire le Béarnais? Se lancer à son tour ou soutenir un des félons? Il hésitait. Dans une diction heurtée à la justification obscure il paraît qu’il prît alors position sans que ses motivations furent clairement exposées. Les historiens actuels ont depuis longtemps jugé ce grand moment de politique comme étant finalement anecdotique. Ses partisans se seraient sentis déconnectés : Les marauds n’écoutaient que Dame Marxine, les bourgeois proches du pouvoir n’avaient d’yeux que pour Emmanuel le jeune, la noblesse âgée pour M. de Fion. La morale de cette histoire en revanche est amusante puisqu’il n’y en a aucune.

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Le Diagramme de Nolan revisité à la sauce française

Non la France n’est pas en face d’un tripartisme mais d’un quadripartisme, volontairement occulté par la presse partisane. Fidèles à leur acharnement contre la candidature de François Fillon, les médias égrainent tous les jours les derniers sondages promettant au candidat de la droite l’élimination dès le premier tour en parlant de « dévissage » tandis que les chiffres sont stables entre 18.5% et 20%.  On sent bien qu’ils brûlent un cierge pour que le dévissage se produise pour deux raisons simples : Emmanuel Macron n’a guère de marge en étant tout juste devant et que visiblement les sympathisants de droite ont, tel des roseaux, pliés mais n’ont pas rompus. Quand je parlais dans un billet précédent de l’interprétation ridicule et orientée des sondages par les médias avant la cabale, Fillon était en tête devant Marine Le Pen mais déjà, rappelez-vous, Macron le menaçait… On comprend mieux pourquoi désormais, mais, force est de constater ce qu’il aura fallu pour que ces titres mensongers finissent par devenir des professions auto-réalisatrices. Les partis de droite et de gauche sont juste actuellement challengés par leurs extrémistes respectifs antilibéraux parce qu’ils ont prêté trop longtemps le flanc à la critique. En clair, ils ont merdé.

Certains vont gamberger au risque d’une surchauffe de la matière grise pour tenter d’établir quelques scénarios crédibles sur la base de ces enquêtes afin de déterminer l’identité de notre prochain président. La seule tendance qui se dégage de ces 2 dernières semaines c’est qu’elles ont bien failli assassiner politiquement celui qui était encore dans les premiers jours de 2017 l’absolu favori des présidentielles. Partons des primaires qui devaient se résumer, selon nos bons médias, à une marche triomphale d’Alain Juppé. Un candidat de droite qui offrait beaucoup de prises à la critique en cas de présence d’un candidat de gauche en capacité et à défaut un moindre mal dans la situation inverse. Patatras, on savait que Juppé avait la cote dans les médias, Sarkozy auprès des militants (quoique son score ne fut pas si spectaculaire en 2014 lors de son retour pour la prise du parti) mais on a découvert que les sympathisants, déterminés à voter à droite en 2017, plébiscitaient Fillon tant pour la sobriété de la personne que pour le programme osé bien que jugé unanimement impossible à mettre en oeuvre dans un pays socialiste. On a attaqué donc la personne, un châtelain de l’argent publique qui veut baisser les dépenses, à la bonne heure, serait-ce un Tartufe de plus?. Crime parfait. Acharnement de médias de gauche mais essentiellement de médias participant de la propagande pro-Macron, tiens tiens, on voit mieux pourquoi il le menaçait alors que les sondages éjectaient alors Marine Le Pen du second tour… Peu importe qui balance, certainement à droite de la part de gens qui pensent que leur carrière politique peut en prendre un sérieux coup en cas d’élection de Fillon et à la limite moindre en cas de défaite. Sans parler de leur horreur et l’abjection devant un choix démocratique jusqu’ici inconnu à la droite bonapartiste que fut la primaire. La short-list se réduit bizarrement. Quant aux journalistes du Canard Enchaîné, ils peuvent bien pérorer, glousser, se faire mousser, rappelons que leur seul talent est d’abandonner quelques instants la machine à café pour prendre les escaliers afin de relever la boîte aux lettres, acte qu’ils qualifient d’investigation.

Seule certitude que je retiens de la séquence, c’est que les noyaux durs, le socle électoral de Marine Le Pen et de François Fillon ont une masse critique pour attendre le second tour. La volatilé sur les autres candidats est bien plus importante notamment pour le candidat sans expérience, sans programme, sans élu, virtuellement sans adhérent avec une cotisation à 0€, Macron. Avec la tempête médiatique actuelle, Fillon est en apparence plus fragile, astuce pour les médias de faire croire que la bipolarisation de la politique française refait surface. A mon avis il n’en rien, la bipolarité découle des institutions de la Vème République à l’agonie, la France étant plutôt en train de valider expérimentalement le diagramme de Nolan. Dans une campagne présidentielle, plusieurs sujets comptent vraiment et on peut classer les candidats selon une grille de lecture plutôt libérale en ajoutant au traditionnel clivage gauche/droite un autre qui ajoute une dimension en plus qui serait une confiance soit dans les solutions collectivistes ou individuelles.

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Le socle historique du libéralisme que j’ai colorié en jaune est plutôt en haut à gauche. Manuel Valls n’ayant pas su l’incarner par son autoritarisme et les calculs politiciens à la mords-moi-le-nœud d’Hollande, la place était laissée vacante pour Emmanuel Macron. François Fillon se proposait de rompre avec le socialisme de droite et inscrivait son parti dans la case libéral/conservateur. Coté fascistes, on avait les communistes traditionnels qui maquillent leurs propositions éculées avec des éléments de langage apparus récemment depuis la chute du mur de Berlin et de l’effondrement de l’URSS tel que l’éco-socialisme, les vues malthusiennes sur le travail etc. Nous avons aussi Marxine Marine Le Pen qui abandonne les éléments poujadistes de son père et la lute contre l’avortement voire le mariage gay pour se concentrer sur l’immigration et la prise totale du contrôle de l’économie et de la monnaie. En campagne électorale, nous avons comme toujours un affadissement des propositions réformatrices pour ne surtout pas déplaire aux médias comme ceci:

diapositive2 Fillon recule sur la sécu mais dit une phrase qu’aucun socialiste n’oserait jamais prononcer:  à titre personnel, il était opposé à l’avortement mais qu’il n’imposerait pas aux autres son mode de vie. J’entends des libéraux jouer les vierges effarouchées sur l’IVG mais jamais sur le caractère fondamentalement libéral de cette affirmation. Comme sur le revenu universel, les libéraux de gauche resteront avant tout de gauche et des connards de droite comme moi, de droite. Aucun média pour qualifier d’extrême gauche le programme économique du FN. Le protectionnisme et la main-mise de l’état sur l’économie c’est très mal sauf si c’est un communiste qui le propose. Il est très distrayant d’écouter tous ces experts de mes fesses m’expliquer que ce que propose Donald Trump et Marine Le Pen est atroce alors que venant d’un socialiste lambda ça sent la rose. On en vient à la carte délibérément avantagée, espérée par les médias:

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Quid du tripartisme apparu dans les médias à la lumière des derniers scrutins? Si on se donne la peine de regarder de près la courte aventure politique d’Emmanuel Macron on constate bien vite que son atout est son point faible. Les journalistes qui ne digèrent toujours pas le Brexit et l’élection de Trump pourraient bien tuer leur champion sans programme au passif déjà anormalement lourd pour son jeune âge. Ils rêvent tous d’une revanche en se disant que Macron passerait face à la fifille. Normalement. A ne pas faire leur boulot et en faisant passer leurs convictions d’abord, voire les injonctions de leurs patrons, on peut fort bien se réveiller avec la fifille Le Pen élue, plus rien n’est à exclure dans ce jeux dangereux du « dégagisme » énoncé par le tribun Mélenchon. Lors de la cérémonie d’investiture de Trump, les intervenants de BFMTV ne tarissaient pas d’éloges pour Barrack Obama et disaient ouvertement que tout ce barnum serait d’une tout autre facture avec la mère Clinton. La démocratie on s’en fout. Et on s’en fout d’être jugé par nos lecteurs, ça fait belle lurette qu’on en n’a plus!

Conformément aux stratégies fascisantes, François Fillon et ses soutiens gaspillent du temps d’antenne pour se justifier moralement alors qu’on en pense ce qu’on veut, sur le fond il n’y a toujours rien d’illégal. Voilà qui permet  à un aventurier sorti de nulle-part sinon que la galaxie socialiste avec son cortège de copinage lucratif avec la nuée de parasites qui vivent fort bien à proximité de l’état de faire croire au vrai changement. Enfumage extraordinaire. Mystification médiatique inédite. Il est aussi possible qu’une bonne partie des français se rendent compte de cette grossièreté à temps et comme en 2016 veulent déjouer les pronostiques officiels et les volontés basses qui sont à l’oeuvre derrière les médias et la calomnie envers M. Fillon. Je ne l’enterrai pas si vite, il a si bien résisté lors des primaires. Et, si tapis dans l’ombre, Benoît Hamon vampirisant Mélenchon, venait disputer la victoire à sa jumelle à peine plus droitière? Quelle sera la réaction des français indécis face à un tel vertige? Tout est encore possible. La sortie par le haut est encore possible, hélas, le pire aussi et il gagne du terrain grâce aux journalistes partiaux.

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