Sarkozy: le tour de piste de trop?

L’ancien président a commis l’erreur la plus répandue en politique : il se croit à tort indispensable.Quand on constate l’affection actuelle des français pour Jacques Chirac alors que son bilan est plus que mitigé et alors qu’il fut lui aussi inquiété par des affaires (Alain Juppé peut en témoigner) on mesure un peu mieux les difficultés pour revenir au sommet de l’affiche du prédécesseur de François Hollande.

L’entrée sur scène de Nicolas Sarkozy se voulait tonitruante, j’ai même entendu cette expression ridicule – un anglicisme pour faire savant – d’effet blast. Or les explosions en chaîne qui se produisent depuis sous notre regard ne sont que des règlements de compte, des révélations compromettantes, des scandales, des affaires judiciaires qui même si elle se concluent par des non-lieu laissent des traces et renforcent le doute sur la probité et la sincérité politique du candidat. La conséquence inévitable ce sont de mauvais sondages qui laissent penser que l’écart entre Juppé et Sarkozy est désormais irrattrapable compte tenu du temps qu’il reste avant la primaire. Les soutiens de l’ancien chef de l’état peuvent se souder et continuer à croire à un quelconque acharnement, bien qu’encore nombreux, le processus de primaires ouvertes ne pouvait qu’anéantir toute velléité de retour de Nicolas Sarkozy. Une fois de plus son ego surdimensionné l’a mal conseillé, le jugement sur son quinquennat étant trop fragile par manque de recul et par l’ambition toujours actuelle de nombreux protagonistes de l’époque les poussant au manque d’objectivité, Nicolas Sarkozy a cru pouvoir enjamber un mur bien plus haut que lui.

Bien que n’accordant aucun crédit aux révélations de Médiapart et leur fixette sur un prétendu financement libyen de la campagne de 2007 – sans intérêt puisque le conseil constitutionnel a validé les comptes de 2007 alors qu’il a eu l’honnêteté d’invalider ceux de 2012 – les nuages noirs s’amoncellent. L’affaire « Bygmalion » étant la plus grave à mes yeux même si je ne doute aucunement du fait que seuls des fusibles écoperont de condamnations. Pour sauver sa peau, le feu colonel Kadhafi aurait pu faire chanter l’ancien président à temps, les journalistes d’investigation de la boîte aux lettres de Médiapart employés par Plénel montrent leur sectarisme béni par le pouvoir élyséen actuel en témoignent les aides diverses et variées aux journaux qui véhiculent la bonne parole. Nicolas Sarkozy ou tout du moins son entourage ont cherché son maintien à tout prix même au mépris de la démocratie comme ce fut le cas avec le traité de Lisbonne ratifié par le parlement godillot et non par la voie référendaire comme en 2005.

 

Nicolas Sarkozy aurait du attendre avant de tâter le terrain. Il a préféré revenir à chaud estimant qu’il était le seul à pouvoir réformer la France tandis qu’il ne l’avait pas fait à la suite d’un mandat clair et net servi sur un plateau en 2007. Il a cocufié tout le monde pendant son mandat: les identitaires et la France périphérique qui croyaient qu’il endiguerait l’immigration et ses conséquences en termes de pressions communautaristes et qu’il n’était peut être plus nécessaire de voter FN ou de s’abstenir, les souverainistes gaullistes qui attendaient un signal après le refus des français au projet de constitution jetant les bases du fédéralisme en 2005, les libéraux qui pensaient qu’il mènerait les réformes économiques que Chirac a repoussé aux calendes grecques bien qu’ayant soutenu l’€…

Nicolas Sarkozy est peut être mué par de bonnes intentions derrière le portrait à charge de son ancien conseiller Patrick Buisson. Mais ce dernier, qu’on apprécie sa vision ou non, semble faire mouche pour décrire le bateleur dépourvu de conviction que fut son ancien patron. Rancœur? Certainement, manque d’acuité? Les faits lui donne raison… En électrisant volontairement le débat et en jouant sur la fibre populiste – du Trump light déjà expérimentée en 2012 – l’impétuosité de Nicolas Sarkozy risque d’entraîner la droite dans l’abyme si ce n’est la France.

Publicités

A propos Duff

Ingénieur consterné par le monde dans lequel il vit...
Cet article, publié dans Politique, est tagué , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

4 commentaires pour Sarkozy: le tour de piste de trop?

  1. . « Il a cocufié tout le monde pendant son mandat »

    mais certains sont prêts à remettre une couche, manifestement !

  2. zelectron dit :

    j’ai lu les propositions des candidats à la primaire de droite et je suis atterré, aucun d’entre ne peut évoquer quoique ce soit dans les domaines de l’économie « terre à terre » du fait probablement qu’ils ne ce sont jamais baissés pour en ramasser une motte.

  3. zelectron dit :

    Quant à Sarkozy : la messe est dite ! 😦

    • Duff dit :

      Ne sentant pas Juppé, mais vous savez bien que je ne roule pas pour lui, je ne me réjouis pas trop vite de la fin de parcours de Sarkozy.

      Je me réserve les semaines qui viennent et les débats pour tracer des perspectives plus lointaines. A ce stade 5/6 semaines avant la désignation du « champion » il n’y a rien d’enthousiasmant… Pour rester poli.

      cdlt

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s