Le péché originel de Sisyphe Macron

L’histoire était trop belle. Le nouveau monde se proposait de réformer le pays balayant l’ancien, le condamnant à jamais aux affres de l’enfer, enfer intellectuel et physique enfanté par ses insupportables mensonges et trahisons. Depuis quelques mois notre sémillant technocrate n’arrive plus à remonter la pente au point que la pierre semble prête à tout moment à dévaler le peu qui a été gravi. Réjouissons-nous : il n’y a rien d’attristant que la jeunesse et l’inexpérience puissent être pardonnées et que les péchés originels soient de lourds fardeaux…

Macron a su profiter d’une incroyable série d’événements favorables telle une intervention divine permettant aux Hébreux de passer la mer Rouge. Bien que la seule question intéressante soit de savoir pourquoi lui. Qui l’a proposé au cabinet de Fillon alors premier ministre, qui l’a introduit dans la commission Attali, plus tard auprès d’Hollande et enfin pourquoi ce dernier l’a nommé ministre? En 2016 il n’a manqué ni d’audace ni de clairvoyance, reconnaissons-le. Mais le technocrate n’a pas eu la témérité nécessaire d’avouer qu’entre les engagements passés démoniaques et la rigueur nécessaire des 3% (de PIB de déficit) la politique, l’art d’agréger une majorité à des choix de société, parfois douloureux, n’avait plus sa place. La rigueur comptable, la déconnexion de la nouvelle noblesse d’état et surtout l’impréparation du programme avec en résonance l’inexpérience politique dégagée par cette majorité « internet », tout concourt à l’échec des efforts répétés du chef de l’état.

Comme seules réformes favorables aux actifs avant que les très (trop) lentes réformes de l’état, des retraites, ne puissent crédibiliser de futures baisses d’impôts, Macron avait proposé de changer la taxe d’habitation et faire du bonneteau sur la CSG. Trop maigre. Au bout de seulement 18 mois, son impopularité s’explique par le sentiment qu’il a (faussement en plus!) supprimé l’ISF et augmenté les taxes sur les français moyens. Comme exécution, art de la politique, on peut difficilement faire pire. Par son profil, on pouvait se douter qu’il ménagerait la nouvelle noblesse d’état. Si on veut positiver, on ne peut que se réjouir de le voir peiner devant sa lourde pierre et sa faute originelle. Que ses vains efforts à remonter la pente nous fasse réfléchir.

Publicités
Publié dans Politique | Tagué , , | 1 commentaire

Gilets jaunes et fractures françaises s’aggravant

Le traitement médiatique du mouvements des gilets jaunes révèle comme prévu les fractures observées dans bon nombre de pays occidentaux où notamment on se lamente de la montée du populisme. Le mouvement est dénigré avec condescendance mais les chaînes d’information en continu n’ont pas d’autre choix que de couvrir abondement le phénomène. On assiste à un étonnant mélange de fascination envers cette nouvelle jacquerie fiscale qui pourrait bien laisser des traces indélébiles et de rejet presque de classe. Le risque est évidemment de paralyser l’action de l’exécutif et de radicaliser la France d’en bas, mécontente de la réponse et de son traitement irrespectueux depuis l’élection du président Macron. L’attention se porte sur l’attitude du président, manifestement incapable de trouver la bonne posture. C’est une erreur me semble-t-il, il ne fait qu’hériter d’une situation qui a pourri depuis trop longtemps et qui s’inscrit sans doute dans un mouvement irréversible.

 

Il est évident que ce mouvement des gilets jaunes, né hors de tout ce que l’appareil d’état peut contrôler avec son saupoudrage de pognon, de subventions, de carottes clientélistes, c’est la France très diverse qui n’a pas voté Macron ou sans y croire. Il ne serait pas étonnant d’apprendre aussi qu’une partie non négligeable se sente flouée par ce jeune et vigoureux président qui était bien parti mais qui s’est presque immédiatement emmuré dans une communication de plus en plus grotesque. La gronde en France ne date pas d’hier ni des bonnets rouges sous le minable Hollande. Je maintiens que la première manifestation spectaculaire fut déjà dans les urnes lors du 21 avril 2002 et que ce qui ne fut qu’un avertissement sans frais alors : Chirac fut finalement réélu et on vit le retour du PS aux affaires 10 ans plus tard tandis que ce parti n’avait rien retenu et donc rien n’a proposer pour répondre aux crises que traversait la France. Acter une hausse des carburants pour un motif bidon, la très dispensable transition écologique, après les 80 km/h, l’installation de migrants hors des grandes villes à grands frais, des gendarmes consommés à flasher sur les routes et non à élucider les cambriolages etc. Trop c’était trop.

La très catholique Irlande avait validé par référendum le mariage unisexe, la France en aurait peut être fait de même mais Hollande avait voulu tenir tête à la France qui n’avait pas voté pour lui. A la différence des irlandais revenus rapidement à la prospérité après la crise de 2008, le moindre prétexte attise la colère des français face à cette incapacité des politiques à sérier les problèmes. Une France plus prospère se poserait probablement moins de questions existentielles sur l’immigration, sur le mariage et la faveur accordée à seulement quelques milliers de couples non hétéros d’accueillir un enfant. Déjà à cette époque j’avais remarqué que les français de confession musulmane, pourtant très conservateurs sur les mœurs ne s’étaient pas mobilisés. Pas plus en Bretagne avec les bonnets rouges ce qui pouvait se comprendre du fait de raisons démographiques et du particularisme régional de cette jacquerie. Hormis quelques imams, toujours les mêmes, bien peu furent charlie. Bien peu ont enfilé un gilet jaune aussi. Qu’on n’aille pas m’expliquer que cette colère de péri-urbains et de campagnards drainent trop de gens xénophobes, suspectés d’entretenir des sympathies avec l’extrême droite, cela me paraît une nouvelle fois une excuse bidon.

 

Le premier tour de l’élection présidentielle de 2017 avait révélé une France coupée en 4 avec des quarts à la fois équivalents et de plus en plus antagonistes. La seule addition possible pour gouverner a enfanté d’un centre mou et trop hétéroclite pour mener une politique libérale afin de soulager du poids écrasant de l’état ceux qui soufrent du racket fiscal. En menant une politique d’immobilisme, il perd au final tout le monde. Et pendant ce temps, des français ne manifestent jamais comme s’ils se moquaient totalement des turpitudes d’une majorité de la population, comme si cet immobilisme, à terme fatal, leur convenait. Vers quoi allons-nous alors? Une crise économique majeure avec un défaut sur notre dette? Une crise sociale telle une guerre civile? Une crise de régime avec un effondrement des institutions actuelles paraît inévitable car elle serait automatiquement provoquée par une des deux graves crises mentionnées avant. La Vème république est d’ailleurs née en 1958 de la combinaison des deux… Je redoute qu’elle ne s’écroule à son tour, comme la précédente.

Publié dans Politique | Tagué , , , , , , , | 2 commentaires

Horreur la vague populiste se poursuit…

Les brésiliens sont de sombres crétins, à leur tour de succomber! Mais comment le gentil peuple métissé dansant la samba toute la nuit à Rio à demi-nu et jouant au football le reste du temps a-t-il pu ainsi sombrer? Reconnaissons que Jair Bolsonaro est effectivement un personnage haut en couleur ayant tenu encore récemment des propos inquiétants voire violents, très éloignés de la dignité que l’on attend pour un personnage publique qui aspire à de telles fonctions. Espérons pour les populations qui se sont senties insultées et potentiellement en danger par la bouffée de testostérone réactionnaire que l’élection de Bolsonaro risque de relâcher, on pense aux homosexuels par exemple, rien de concret ne viendra s’ajouter à leurs inquiétudes légitimes. Cette précaution prise, deux faits qui crèvent les yeux échappent majestueusement aux commentateurs français : Premièrement Bolsonaro a été élu magistralement à 55% après un résultat très solide déjà au premier tour, démontrant une adhésion à la personne et à son projet, et deuxièmement que l’offre politique permettait aux brésiliens beaucoup d’autres alternatives de second tour beaucoup plus modérées.

La France avait aussi une offre politique en 2017 d’un rare éclectisme. La campagne présidentielle fut également entachée d’événements imprévus de nature à changer la donne : François Fillon fut assassiné politiquement alors qu’il était le favori et qu’on ne saura jamais si Emmanuel Macron aurait été présent au second tour sans ce rebondissement qui a bien aidé la coagulation des modérés et sociaux-démocrates derrière lui. Une telle alliance, était-elle souhaitable dans un pays comme le Brésil en proie à une telle violence, une crise économique exigeant des mesures intransigeantes, une telle corruption jetant en prison un ancien président et écartant du pouvoir la dernière figure dirigeante d’un parti capable de qualifier malgré tout un candidat au second tour? Seuls nos inamovibles spécialistes de salons de télévision peuvent l’affirmer sans craindre la terrible épreuve du doute introspectif… Bolsonaro, lui, a survécu a une tentative d’assassinat, le voilà prévenu avant même d’exercer ses fonctions des risques encourus par quiconque qui ose braver toute la machinerie politico-médiatique. Journalistes qui préfèrent lui reprocher des propos homophobes, climatosceptiques, un programme économiquement libéral et conservateur sur les mœurs plutôt que de s’interroger sur l’ultra-violence quotidienne, la récession économique et surtout l’explosion des inégalités et de la corruption dans un pays tenu depuis près de 15 ans par un parti soit-disant de gauche ouvrière.

Malgré les spécificités locales, quelques remarques générales émergent. Le socialisme et le politiquement correct partagent comme trait caractéristique de se murer dans le déni dès lors que le réel devient déplaisant. Le clientélisme électoral et économique scinde les populations qui perdent des liants naturels ou construits par l’histoire et donc la mémoire, de véritables « biens communs » qui cimentent ceux qui veulent faire société. Des contraintes supplémentaires s’ajoutent parfois par des gens non élus qui se mettent à mépriser la démocratie aidés par une presse déconnectée, le plus souvent sous perfusion de gens convaincus de la nocivité de la démocratie. Cette élite mondialisée relégue la démocratie à une forme de tyrannie aussi absurde que celles qui ont pourtant provoqué les pires malheurs au siècle passé. Malgré leurs discours corrosifs, les populistes de droite tels Trump et Bolsonaro, arrivent à conserver une cohérence ou un équilibre local idéologique malgré les injonctions au fond très puritaines des gardiens du conservatisme ou du libéralisme. Ce mouvement dextrogyre ne fait que commencer, la France n’entretient aucunement sa prétendue « exception culturelle » en résistant à ce mouvement. Le RN (ex-FN) en France bien que précurseur a paradoxalement un rôle retardataire désormais par son antisémitisme/xénophobie latents et les trop fort soupçons de socialisme qui lui a cruellement privé du lien avec la bourgeoisie aisée poussée chez Macron. La vague populiste se poursuit, laissant à la traîne la droite la plus bête (mais surtout servile et socialiste) du monde.

PS : Analyse contrariante de Del Valle, complaisante mais qui rappelle la complaisance incroyable des médias occidentaux gauchistes avec le PT communiste.

 

 

Publié dans Politique | Tagué , , , , , , , , , , , , , | 7 commentaires

J-1 avant le remaniement…

Le maître des horloges fait durer le suspens. Il agace les journalistes qui pendant des journées entières meublent avec des rumeurs, du vent, s’impatientent et maudissent ce président ingrat qu’ils ont fait roi et qui ne délivre aucune information. Pire, il les traite pour ce qu’ils sont, des merdes. Or tout le monde le sait, c’est un non-événement. Le nouveau monde reproduit les même erreurs que l’ancien, regarde les échéances électorales à venir plutôt qu’à plus long terme et en particulier le temps qu’il reste pour espérer récolter à temps les fruits de réformes douloureuses.

Des noms d’entrants et de sortants sont balancés comme les noms ridicules des bourrins des courses du PMU. C’est tellement insignifiant comme de penser que le parasite félon à Hidalgo, Bruno Julliard, pourrait constituer une belle prise de guerre. Même des pécheurs à la grenade auraient de quoi être plus fiers… Préparerait-on les municipale de 2020 comme le petit vieux sénile lyonnais? Edouard Philippe à Paris pour coiffer au poteau tous les jeunes loups LREM qui oublient de dire pourquoi ils pensent tous qu’Hidalgo est une catastrophe ambulante? Préparerait-on les européennes mal embarquées malgré la nullité insondable de Marine Le Pen (qui ferait moins que les 25% de 2014) et de Laurent Wautré qui n’en finit pas de couler ce qu’il reste de LR? Peut-on au moins espérer que des ratages annoncés comme celui d’Hulot fassent enfin jurisprudence? Encore plus audacieux, peut-on espérer voir disparaître des ministères et des secrétaires d’états aussi invisibles qu’inutilement ruineux?

Edouard Philippe, justement, semble tirer son épingle du jeu, il est le seul c’est peut être pour cela que c’est tout juste perceptible. Il semble qu’il résiste à Jupiter qui les accumule depuis le début de l’été. Et les enquêtes d’opinion sont pour lui, de mémoire il faut remonter à loin pour trouver un premier ministre qui ne se fait pas entraîner vers le fond par un président. Fillon? Souhaitons à Edouard d’avoir plus de courage et pas une indépendance trop tardive comme le premier avec Sarkozy ou Valls avec Hollande. Pour quoi faire? Mieux que du Juppé rajeuni? Ce serait bien, rêvons un peu dans cet automne qui ne se lasse pas de la douceur estivale et comme nous électeurs, refuse de voir l’hiver s’approcher.

Publié dans Politique | Tagué , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

La démographie est la seule science sociale un peu sérieuse

L’idée que des grands hommes, des intellectuels brillants, des écrivains admirés puissent influer significativement sur les débats d’idée paraît certes séduisante mais je la range dans la longue liste des immuables vanités humaines. Au cours du tragique XXème siècle, parmi les plus éminents personnages dont la hauteur de vue puis les actions furent ensuite considérées à leur juste mesure, combien prirent le pouvoir à temps et menèrent une politique faisant dévier sensiblement le cours des choses?. En comparaison, les plus grands périls n’avaient-ils pas été annoncés, prédits par certains esprits injustement méprisés? En démocratie, la dynamique des idées politiques est si lente qu’on en oublie souvent pourquoi et que la tentation de l’autoritarisme resurgit à intervalles réguliers. Serait-ce quand le poids des erreurs passés se fait trop lourd et semble peser sur les épaules de générations qui ne s’en sentent pas responsables, démocratiquement impliquées?

 

On peut lire ça et des réfutations argumentées et solides contre les thèses d’Eric Zemmour mais il y a un bien un point intéressant qui structure la pensée du polémiste : l’importance qu’il accorde à la démographie. Avant l’avènement de la robotique, des dernières technologies qui remettent en perspectives les anciens rapports de force, la démographie a façonné les empires et les civilisations et donc la genèse et la diffusion des idées politiques aussi. Malgré internet et son petit espace de liberté dans l’univers aseptisé des grands médias moutonniers, la démographie continuera encore un bon moment à dicter le cours des événements. Le démographe Christophe Guilluy explique très bien la montée du populisme parmi les couches populaires, dans la France périphérique ou l’équivalent ailleurs dans tous les pays occidentaux.

 

 

Le constat est si évident et cliniquement froid que même un universitaire français, biberonné à la dépense publique, peut le faire sans voir le lien avec le tabassage fiscal opéré par un état qui distribue à tout-va sans même plus se préoccuper de ses missions régaliennes, celles qui pourtant justifiaient la levée de l’impôt. Contrairement à ce qu’il raconte, comme tous les idéologues dits de droite mais qui crient à l’ultralibéralisme ambiant tandis que la France s’enfonce dangereusement dans le socialisme qui coule l’occident à des degrés divers, les « gagnants de la mondialisation » dans les grandes villes mondialisées, cosmopolites, n’existent pas. Ce ne sont que de moindres perdants. Personne n’a à gagner d’un système qui redistribue autant sans considération de mérite, de récompense d’un risque, sans prévoyance. Sauf quelques uns, des parasites plus ou moins sophistiqués. D’abord le fonctionnaire produit de la magie clientéliste du socialisme et de sa bureaucratie inhérente, ensuite le capitaliste de connivence qui fait fortune avec ses affaires plus ou moins branchées sur celles d’un état se mêlant trop du secteur économique. Le tout orchestré par le haut fonctionnaire qui fait de la politique en mode ceinture plus bretelle avec des émoluments et des retraites sans rapport avec ceux d’un entrepreneur même ayant réussi.

 

Les politiciens professionnels incapables de prendre des risques ni de comprendre l’importance de rétribuer la prise de risque font semblant de comprendre les messages électoraux. Ils se sont torchés les fesses avec le 21 avril 2002 tout comme avec le référendum de 2005. Il est désormais trop tard à mon avis. Le français moyen a presque 40 ans. Celui qui vote est proche de la retraite et a vu plusieurs élections présidentielles. Giulluy souligne que les fonctionnaires et les retraités ont voté Macron et qu’il aurait tort de toucher à leurs privilèges/protections. Donc Macron est mort car ce sont les baby-boomers qui nous plantent avec l’alliance mortelle de la démograhie et de la retraite par répartition. On estime qu’ils ont cotisé environ 40% de l’enveloppe nécessaire. Ces pensions coûtent déjà 18% du PIB, chiffre anormalement élevé même à côté de pays plus vieillissants encore comme l’Allemagne ou l’Italie. Or les petites retraites, ça existe. Le système français en plus d’être ruineux est en plus injuste…

 

Les beaux et grands discours de brillants et visionnaires orateurs n’y changeront rien. La crise migratoire, le progressisme du politiquement correct virant au délire face à ses échecs cinglants ainsi que la cavalerie financière pour refourguer les dettes des baby boomers sur les générations suivantes vont encourager le raidissement des populations occidentales face à leurs élites défaillantes. Avec Macron, la France des élites a même cru rejouer la carte de la singularité hexagonale lorsqu’en 1981 Mitterrand et un socialisme suranné (et aussitôt moribond) nargait les Thatcher et Reagan. Comme par le passé, cette parenthèse de décalage sera vite balayée par la démographie et toute la dynamique économique et politique qu’elle véhicule. Les allemands ne paieront pas, l’€ est mort et chacun prépare son sa mise en bière en niant officiellement. La jeunesse africaine ne prolongera pas la vie de la civilisation européenne, elle en apportera une nouvelle si on laisse faire, l’UE est donc probablement condamnée aussi.

Publié dans Politique, Sociétal à la con | Tagué , , , , , , , , , , , , | 3 commentaires

Au secours, Zemmour revient!

Au pays du vivrensemble, il ne se passe pas une seule semaine sans sa polémique à la con. L’affreux polémiste réactionnaire en chef revient donc sur toutes les ondes et toutes les télés, malgré la fatwa dont il se dit victime, pour présenter son nouvel opus suintant la nostalgie de sa chère et douce France agonisante. Le contenu n’a que peu d’importance, c’est l’emballement médiatique absurde qui nous renseigne sur l’évolution le plus sur les actuels débats de société. La décrépitude tant morale qu’intellectuelle de la gauche évidemment, mais surtout sa profonde bêtise à ne pas avouer que le vilain réac joue avec ses propres codes infâmes qu’elle nous a imposé.

Dès le démarrage de sa séquence de promotion, Eric Zemmour déclenche le buzz en « clashant » une chroniqueuse dont le talent et les raisons de sa présence sur un plateau de télévision ne doivent probablement que très peu à son érudition ou à ses aptitudes à débattre. En cause : son prénom africain sub-saharien qui trahirait de la part de ses part de ses parents leur volonté manifeste de dénigrer la culture d’accueil. Vieille marotte zemmourienne déjà entendue par le passé, soit dit en passant. Il semble aussi que le polémiste recycle d’autres anciennes idées sur Pétain ou son Algérie perdue comme si pour lui, il faudrait y voir une certaine noblesse en tant qu’antériorité condescendante sur une mouvance en gestation, la francisation de l’Alt-Right américaine. Il l’inspire de toute évidence par son rejet complexe du progressisme et d’une partie du libéralisme mais refuse d’en assumer le leadership intellectuel en rabâchant ses obsessions sur un passé dont la jeunesse se moque éperdument.

685856--.jpg

Le cas algérien est cependant plus intéressant notamment la polémique sur l’assassinat d’Audin. La France est sommée de toute part de se repentir, exercice auquel nos élites politiques et intellectuelles se plient volontiers, à commencer par l’actuel chef de l’Etat, ce que manifestement ses prédécesseurs avaient refusé de faire. Il est toujours savoureux, sinon sain, de rappeler que celui qui avait reçu la francisque des mains de Pétain et ordonné les pouvoir spéciaux en Algérie, ouvrant la voie à la torture, François Mitterrand donc, était naturellement peu disposé à reconnaître la culpabilité de la France dans la déportation des juifs ni à s’excuser pour les crimes commis avant les accords d’Evian tandis que le FLN s’était rendu coupable d’aussi atroces après. Peut être que Zemmour l’a écrit, je ne l’ai pas entendu le dire hélas, à la lumière historique une interrogation me taraude au sujet de l’Algérie : Macron parle-t-il au nom de la France à tous les français d’où qu’ils viennent et quel que soit leur rapport avec l’Algérie ou seulement à certains? Précisons les choses… Macron, comme avant lui récemment à gauche, ne chercherait-il pas à expier les fautes de la gauche française? Rappelons-nous des quelques maigres grincements de dents quand François Hollande, une fois élu, a rendu hommage à Jules Ferry malgré ses écrits (abominables selon le vivrensemble) sur la colonisation. Hollande, l’homme des discours creux, enrobés de moraline dégoulinante et abjecte sur le nécessaire vivrensemble que les gaulois récalcitrants abhorrent avec en tête l’élite socialiste. Macron ressemble furieusement à Hollande là dessus, avec un peu plus de panache et étant plus télégénique, il nous invite lui aussi à renoncer à la civilisation pour le tribalisme pour d’infâmes calculs clientélistes. Jamais personne et, surtout pas de l’éducation nationale, ne m’a expliqué pourquoi les figures du libéralisme et du Bonapartisme sous les traits de Louis-Philippe et Napoléon III se sont inquiétés de l’Algérie sans engager de politique coloniale. Dommage. une des vertus oubliées de la civilisation occidentale consiste à établir et circonscrire précisément les responsabilités. Le socialisme vise inconsciemment voire ouvertement à les diluer dans un collectif abstrait. C’est si pratique pour se dédouaner, dissimuler et au final, mentir.

Cette question algérienne est toujours prégnante parce qu’au nom du toujours vivrensemble, sommet de l’illusion égalitariste, de l’hypocrisie socialiste et du constructivisme sociétal, au lieu d’être balayée par l’histoire, elle sert avant à tout à culpabiliser. Le sentiment de culpabilité étant le nouveau vecteur hyper efficace pour faire avaler de drôle de pilules, les écolos politiques pourtant si faciles à contrer sur le plan scientifique peuvent en témoigner. Dans cet éternel combat opposant raison et passion, Zemmour a choisi lui aussi son camp. Et ce n’est pas celui de la raison, et il l’assume d’ailleurs, il le sait, il a compris les ressorts maléfiques du socialisme non pour les dénoncer, réfuter l’incroyable régression intellectuelle qu’il encourage, il s’en nourrit. Comment devrais-je lui donner tort là dessus? Zemmour a pigé comment fonctionnait la mécanique médiatique, comment faire vendre en librairie ses idées.

Les « artistes » contemporains ont bien compris ce que les progressistes aimaient : choquer les âmes sensibles conservatrices et réacs avec de la transgression à deux sous. « Piss-Christ » le « vagin de la Reine » ou l’arbre de Noël de la place Vendôme. Ils ont pour eux le politiquement correct ce qui les exemptent d’avoir du talent tout en assurant leur fortune matérielle. Zemmour choque les âmes sensibles de gauche et leurs chimères en invoquant le passé et sa très particulière interprétation de l’histoire. Il est intéressant de constater sur quel sujet et sur quel angle le buzz se crée car Zemmour ouvre plusieurs portes possibles. Au final la pauvre auditrice des grandes gueules de RMC d’origine maghrébine qui pense « qu’il n’a pas de valeur ajoutée aux débats » se trompe doublement : en appelant à la censure, elle répond de manière liberticide comme une vulgaire socialiste ayant perdu un débat intellectuel, faits présentés froidement sous le nez. Elle se trompe aussi parce que les gens qui tentent de répondre à Zemmour en défendant les arcanes du politiquement correct ne vendent pas 10% en librairie ce que Zemmour s’apprête à vendre. Malgré mes divergences de point de vue, je reconnais le talent indéniable du polémiste qui vomissant la gauche en a compris assez le fonctionnement pour exploiter sa paresse intellectuelle, ses facilités, son inconséquence mortelle. Les réactions outrées des gardiens d’un temple en lambeaux m’amusent, en cela je suis assez admiratif.

Publié dans Sociétal à la con | Tagué , , , , , , , | Laisser un commentaire

Européennes de 2019: référendum pour ou contre Emmanuel Macron?

Tandis qu’après 14 mois passés au pouvoir où la majorité présidentielle s’évertue à appliquer les mêmes recettes qui ont échoué par le passé, les opposants continuent à gesticuler dans un réflexe pavlovien d’une efficacité symétriquement nulle. Les élections européennes approchent et nous promettent un grand moment de n’importe quoi politique comme seule la France a le secret. Tout le monde rêve de « sanctionner » la politique gouvernementale jusqu’à transformer le scrutin en référendum anti-Macron pour les insoumis.

Bien que les enjeux n’aient en apparence très peu à voir avec la conduite des affaires intérieure, les sous-fifres de la Macronie se placent sur le même terrain avec un chantage grossier en mode « c’est eux ou nous ». Le même qu’au second tour de l’élection présidentielle du reste, la compétence technocratique contre la folie populiste qui en dehors de tout péter, comme un chien dans un jeu de quilles, ne propose rien de sérieux.

Puisque Laurent Wauquiez reste inaudible et ne clarifie rien de la position des républicains sur l’UE, il y a fort à parier que le chantage fonctionne encore un peu. « Profiter » de la catastrophe de Genes pour pointer du doigt les incohérences voire le discours mensonger de l’étrange alliance au pouvoir en Italie c’est une chose qui s’entend, mais nier la cohérence de Salvini avec les attentes du peuple italien ainsi que la convergence de point de vue avec les pays de l’est de l’Union en est une autre bien différente. Comme dirait un célèbre énarque en son temps : « la maison brûle mais nous regardons ailleurs ». Enfin, ils, ces technocrates infaillibles, exigent que nous regardions ailleurs, pour être plus précis.

Avec des partis dits de gouvernement comme LREM et LR englués dans la défense plus ou moins stérile des dysfonctionnements patents de l’UE d’un côté et la démagogie teintée de repli nationaliste de l’autre RN ou FI, nul besoin d’une boule de cristal pour parier sur la défaite des idées. Or le consensus mou/statu quo de LR et les avancées impossibles LREM sont condamnés à long terme. L’UE est un navire à la dérive, sa réforme ou dissolution, son avenir en général ne se décidera pas à Paris.

Publié dans Politique | Tagué , , , , , , , , , , , , , , , , | 10 commentaires