Habemus Enarcam

Donc Macron a bien changé de premier ministre. Exit celui qui, sans grand talent ni charisme, ne nous prenait pas (trop) pour des buses avec du « en même temps » surtout quand il fallait nommer un chat un chat.

Mais pourquoi Castex? C’est qui lui? C’est quoi son talent? Pourquoi est-il le chef d’une majorité à laquelle il n’appartenait pas? A quoi peut-il bien servir?

Poser la question c’est déjà y répondre, elle est vite répondue. Jupiter va décider de tout. Enfin de ce qui peut encore l’être. Putain 2 ans.

France: le Premier ministre Jean Castex face au défi de relancer l ...
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Présidentielle de 2022 : Le pire n’est jamais certain

L’élection présidentielle est encore loin, certes, mais c’est justement pourquoi le quinquenat d’Emmanuel va probablement ressembler à un long chemin de croix d’ici là. Cette semaine je notais que notre faux libéral avait réussi l’exploit de bloquer le pays à plusieurs reprises sans la moindre raison valable, sans le moindre projet de réforme ambitieux. A l’image de la réduction de quelques euros des APL… La colère gronde de tous côtés contre un président à l’image irrémédiablement écornée. Est-il foutu pour autant? Peut être pas mais reconnaissons que les miracles, comme celui de 2017, ne se produisent rarement à plusieurs reprises à intervalle rapproché.

Le mode de scrutin à deux tours favorise la quadripolarisation de la vie politique, résultat parfaitement évident en 2017. Un candidat centriste est presque assuré de l’emporter au second tour tandis qu’il a peu de chance de passer le premier. Sauf cas exceptionnels dans l’histoire récente. Celle-ci nous enseigne quelques points éclairants:

  • Aucune majorité n’a été reconduite depuis les législative de 1978 à l’exception de 2007 dans le sillage de l’élection convaincante de Nicolas Sarkozy qui avait fait campagne en partie contre l’immobilisme de son prédécesseur, de son propre camp…
  • La qualification d’un candidat centriste pour le second tour doit beaucoup au contexte du moment et des intrigues politiciennes de bas-étage. Chirac torpille le camp gaulliste en 1974, Macron voit les eaux s’écarter par miracle en 2017.
  • La démographie a certainement plus eu la peau de VGE en 1981 que l’énième coup-fourré de Chirac avec le concours du RPR. Les boomers avaient enfin un poids politique suffisant pour commencer à gouverner le pays.

Les données en 2022 seront évidemment différentes des exceptions notables de 1974/1981/2017. La démographie sera similaire à 2017 avec peut être un vote des français d’origine immigrée plus important en nombre mais favorable à qui? A l’extrême gauche lèche-babouche? Sur les fondamentaux immigration/criminalité/immpuissance publique, on voit mal Marine Le Pen vasciller. D’où mon anticipation par une question à ma TL :

J’ai naturellement laissé le choix à mes amis libéraux de voter avec leurs pieds et venir m’expliquer que je leur demandais de choisir entre la peste et le choléra. Bien sûr. Mais combien d’entre eux se préparent sérieusement à cette perspactive alors que sa probabilité est très loin d’être nulle? Combien d’entre-eux CSP+ dans les villes chics de l’ouest parisien ou à Nantes, Bordeaux, Lyon seraient prêt à tout plaquer, eux qui vivent paisiblement dans un pays qui se vautre de plus en plus dangereusement dans le n’importe quoi depuis près de 40 ans?

Ce sondage m’a été inspiré d’une discussion avec des gens éduqués et peu/pas politisés qui partaient du principe que Jean-Luc Mélenchon était peut être moins pire que Marine Le Pen. La démographie peut être ce qu’elle est, ni avant, mais surtout pas après la chute du mur de Berlin, personne ne s’est occupé à diaboliser le communisme comme les idées nationalistes du FN. Aucun procès de Nuremberg du communisme. Voilà pourquoi je pense que beaucoup de mes amis sur Twitter mente à cause du « qu’en dira-t-on ». Bien sûr que beaucoup votront Le Pen. Les 29% sont déjà des sympathisants RN donc n’avaient aucun intérêt. En revanche la victoire de Mélenchon est tout à fait probable.

Voilà qui doit faire réagir au plus vite ceux qui sont conscient de l’étonnant paradoxe qui empoisonne le débat politique actuel au risque de rendre possible un scénario catastrophe : l’élection va se jouer à droite alors que Marine Le Pen n’a pratiquement aucune chance d’être élue quelque soit l’adversaire, y compris le pire.

PS: j’apporte deux pistes de réflexion pour arrêter ma position.

Quel candidat est le moins nuisible pour moi et pour les autres? Pour les autres, en tant que libéral, je n’exige qu’une seule chose, qu’il soit démocrate. C’est à dire qu’on puisse le foutre dehors au cas, très probable, qu’il fasse n’importe quoi au pouvoir. Je doute fortement que la France Insoumise soit plus démocrate que le FN/RN.

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Capitalisme, nationalisation et temps : la sociale-démocratie (nous) tue

Emmanuel Macron a employé lui-même l’expression terrible « nous sommes en guerre« . En temps de guerre, de nombreux repères s’écroulent, le rôle de l’état change aussi inévitablement. Je ne suis que très peu les débats télévisés ces derniers temps pour une raison évidente : en temps de crise chacun campe fermement sur ses positions. Ecoutez comme Laurent Joffrin désigne immédiatement le libéralisme comme étant le principal responsable de la crise et que la situation exigerait une refonte de nos modes de production/consommation et le je ne sais quoi encore que les communistes s’amusent à nous vendre perpétuellement. Tous les prétextes sont bons me direz-vous, la crise actuelle en fournit un exceptionnel.

 

Inutile de passer trop de temps à démonter le discours de l’autre idiot ni la naïveté patinée de socialisme de la souverainiste, ils sont trop prévisibles. Les pays européens qui font attention à l’utilisation des deniers publiques ont comme par hasard démontré qu’ils pouvaient avoir aussi un système de santé plus efficace que la généreuse France. Enfin c’est le capitalisme qui en créant des richesses et des recettes fiscales fait vivre les deux patrons de presse, faute de lecteurs. Et c’est toujours une économie prospère qui paie les dépenses de santé… Passons. Gardons à l’esprit qu’un pays en développement ne pourra jamais se payer mieux qu’une médecine de pays pauvre et que la bureaucratie hexagonale ou transalpine assurent à des pays riches une médecine de pays pauvre.

Madelin, lui, nous parle d’un exemple qui lui tient à coeur, le cas de l’épidémie de peste et de la quarantaine de la ville ordonnée par l’impitoyable souverain. Ce cas avait été traité dans sa conférence sur l’état. Je ne vais pas non plus rentrer dans la guerre idéologique sévissant entre chapelles libérales. Notons deux points fondamentaux:

  1. Seul un état assumant ses missions régaliennes et le monopole de la violence peut prendre des décisions terribles humainement mais dont le bénéfice collectif est supérieur aux sacrifices individuels. Cette crise sanitaire me permet de me rappeler pourquoi je suis un libéral classique bien que sensible à la critique libertarienne la plus radicale. L’état est un mal nécessaire. Son pouvoir doit donc rester borné et contrôlé.
  2. L’état est incapable de produire comme le marché. Mais dès qu’il s’emballe c’est un arbitre qui change les règles en permanence rendant les activités humaines toujours plus compliquées. Les polémiques sur les pénuries (et les fausses solutions étatiques) sont là pour nous rappeler que les initiatives privées sont infiniment plus efficaces que tous les Macron, Philippe, Le Maire et autres brillants énarques réunis, personnes à la pensée trop complexe pour les crétins que nous sommes.

 

En temps de guerre, l’état modifie un paramètre essentiel du capitalisme. Le temps… Toutes les initiative visant le profit perdent la maîtrise de ce paramètre. Comme dirait Nassim Taleb, « Jouer sa peau » implique un comportement radicalement différent que lorsque le risque est (ou semble) mesuré, pricé, encadré tout au moins. La survie c’est quand il faut aller au plus vite, le prix n’important plus, et, comme on le voit dans cette crise, des solutions coûteuses au départ nous auraient peut être épargné des pertes colossales ensuite. Des dogmes néolibéraux (ou socdems à la Macron, c’est la même chose dans mon esprit, du faux libéralisme qui abandonne les principes de responsabilité et de souveraineté populaire pour contrôler l’état) devaient être abattus, inutile d’imaginer Macron oser la moindre transgression. Récapitulons ce qui sera en procès sous peu:

  • Fin janvier l’OMS finit par déclencher l’alerte. Nouveau virus transmissible à l’homme ressemblant à une grippe. On a un test mais ni traitement ni vaccin, c’est mortel mais on ne sait pas dans quelle mesure exactement, pas plus d’info non plus sur la contagiosité. La Chine organise une quarantaine très stricte comme du temps des pestes arrivant dans les ports, monte un hôpital de fortune pour gérer l’afflux de malades qui va saturer les infrastructures existentes.
  • Suite à l’épidémie de SRAS les pays voisins prennent des mesures d’éloignement social, testent, prennent la température, surveillent les aéroports et placent en quarantaine les individus suspects. Jusqu’à mars, l’Europe ne fait rien, l’Italie met en place quelques mesurettes dans ses aéroports (trop tard) et l’espace Schengen reste ouvert bien que les importantes vagues migratoires de l’été 2015 avaient déjà montré toute les faiblesses.
  • A une semaine du premier tour des très dispensables municipales, Macron va au théâtre et exhorte les français à ne rien changer de leurs habitudes. Apparemment les moins idiots, ceux qui probablement ne goûtent déjà pas beaucoup aux vertus des spectacles français largement gavés de subventions, commençaient à bouder les zones de rassemblement…

Il aura fallu attendre début mai pour voir arriver les masques et un déconfinement très partiel après 2 mois qui vont torpiller l’économie, la santé par conséquant aussi. Sans parler des soins reportés, de la prévention mise en parenthèses etc. Cette crise des masques va rester comme la preuve évidente de l’incapacité du gouvernement à mener à bien les différentes étapes qu’on attendait de lui : la prévoyance a été nulle, la prudence inexistante, le bon sens aux abonnés absents, la réactivité d’une pitrerie bureaucratique.

Comme d’habitude, pire encore je crois cette fois-ci, les canaux officiels d’information ont sacrément minimisé l’incurie gouvernementale. En plus de l’incompétence qui se caractérisait par des décisions évidentes prises très en retard, voire pas du tout, (fermeture des frontières, contrôle strict du trafic aérien comme premier geste barrière) les discours et actes contradictoires ont démontré qu’en plus, ils se sont foutu ouvertement de nos gueules. Les masques ne servaient à rien tant qu’il n’y en avait pas et « vous ne savez pas les enfiler de toute façon« . Il faudra un masque obligatoirement lors du déconfinement maintenant qu’on en a reçu. Bruno Le Maire vient maintenant au secours d’une économie qu’il a dévasté avec des milliards qu’il n’a pas. Comme l’ont pressenti tous ceux qui avaient voté pour lui en 2014 mais pas à la primaire, il est rapidemment passé d’un libéralisme mou à un socialisme enragé. Et pourquoi n’ont-ils jamais songé à directement produire les masques plutôt? Ce n’est pas une violation du point 2) plus haut. L’urgence n’ayant plus de prix et les entreprises privées étant éternellement vues comme des profiteuses de guerre, la question mériterait d’être posée. Idem pour le gel hydroalcoolique que notre brillant ministre a largement contribué à rendre introuvable en encadrant les prix. Socialisme quand il ne faut pas, faux libéralisme à contre-temps, aucun souverainisme pour le régalien ni pour la santé, un vrai néolibéral/social démocrate.

Malgré l’absence de réforme structurelle qui permettrait à l’état de se concentrer sur le régalien, remonter l’efficacité de ses strates administratives qui ont bien failli provoquer une catastrophe sanitaire majeure, Macron a mis les communistes de ce pays dans la rue pour rien. Pire, beaucoup de français sont convaincus que ses réformes sont libérales comme la suppression de l’ISF avec un résultat consternant. En 2022 le chômage sera probablement plus haut qu’après le passage lamentable d’Hollande, la dette aussi. La gestion des crises sociales et sanitaires ont révélé la nocivité de la pensée des élites, elle est bel et bien mortelle. Imaginez qu’avant 2022, nous soyons en plus frappés par une série d’attentats pour couronner le tout?

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COVID-19 : Médecine vs Recherche, « on » vs « nous »

Hier j’ai aperçu un débat  sur LCI qui résumait bien la situation. Cette épidémie étant désormais bien avancée, les tests cliniques lancés en urgence livrant leurs premières conclusions – forcément mitigés – il est intéressant de noter que la querelle qui oppose médecins et chercheurs n’a quant à elle pas avancé d’un millimètre. C’est normal. Ce qui se passe autour du Pr Raoult n’a en réalité aucune importance. Quand on se range derrière l’avis rationnel des scientifiques pour guider ses décisions politiques, on se fout de nous.

Le rôle du médecin c’est de soigner. Pas de faire des études mathématiquement irréfutables, rôle des chercheurs. Quand les seconds accusent Raoult de communquer sur des études au protocole en carton, ils ont raison. Quand des médecins prescrivent des produits déjà bien connus à des patients infectés et pas en super forme (de bons candidats à l’entubation et au pronostic inquiétant) et ont l’impression d’en réduire le nombre qui va en réanimation, ils ont raison aussi. Pire, décourager les pratiques des médecins qui tentent (en prenant de maigres risques), c’est mathématiquement défendable mais statistiquement criminel…

Puisque le mot crime est lâché, nous devrons nous demander quand on a réalisé que face à la crise à venir, nos moyens faisaient largement défaut. Quelles décisions (ou l’absence le cas échéant) ont été prises, ont-elles été à la hauteur. Quand on vient déclarer à la télévision que nous sommes en guerre, s’est-on donné les moyens de mener le combat.

Le premier crime c’était de n’avoir pas réussi à éviter ce confinement généralisé aussi dangereux économiquement (voire sanitairement aussi!) tout comme l’aveu explicite de nos faiblesses. Aucun confinement, principe de précaution ou quelle autre fumisterie sur le volet éco, l’instinct a pris la place du raisonement comme chez les médecins accablés par la dégradation de la santé de leurs patients. Le second crime qui consisterait à retarder la sortie du confinement pour les mêmes raisons qui ont entraîné sa mise en place, pénurie de masques, incapacité à tester massivement et à confiner des personnes identifiées, ce ne serait pas une double faute mais bien un double crime.

 

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COVID-19 : Macron est nu et l’affiche

Hier soir le président a repris la parole pour annoncer le nécessaire train de mesures puisque les français, ces cons indignes de lui, osent continuer à faire ce qui n’est pas interdit. Je trouve évidemment irresponsable l’attitude des français ces derniers jours, soyons clair là-dessus. Mais comment ne pas en dire autant de ceux qui ont maintenu des élections tandis que la saturation des services d’urgence approchait à grand pas?

On se doute que Macron va laisser le soin de se charger de préciser les éléments les plus piquants au premier ministre afin qu’il se laisse la posture du grand sage, protecteur de la Nation avec un tas d’argent des autres à distribuer comme dans les rêves les plus fous des insoumis. Reste que la performance médiocre du président, les termes et les thèmes abordés, exposaient surtout au grand jour l’incapacité du l’état à faire appliquer des décisions fortes. L’état est à poil, les hôpitaux mais aussi les forces de l’ordre, l’armée. Si cette dernière arrive à monter un hôpital de campagne à peu près entier, ce sera beau.

Reconnaissons que pour affronter une épidémie on peut se préparer plus sereinement qu’en démarrant avec des hôpitaux en grève depuis 1 an, une pénurie de masque et de gel et un bloquage des prix pour soit disant y remédier… Plus, un dédain, une suffisance envers ces clowns d’italiens qui, évidemment, s’y prennent comme des manches. Macron a montré hier soir que la question n’était probablement pas sa propre envergure, on laissera aux libéraux du genre Laine persister dans leur aveuglement. Il a surtout montré qu’après 40 ans de socialisme, il n’y a surtout plus d’état.

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Bonne année 2020!

Mes billets se font plus rares (comme mes lecteurs)…

2019 fut une année exceptionnelle à titre personnel. Je souhaite donc à ceux qui liront ce court billet autant de bonnes choses sinon plus en 2020. Voilà pourquoi j’ai nettement moins de temps à consacrer à cet espace.

 

En ce qui concerne l’actualité que j’aime commenter quoiqu’elle reste globalement navrante, je m’attends au paradoxe suivant : puisqu’il y a peu de choses facilement prévisibles et intéressantes en vue, on peut parier qu’il va se passer beaucoup de choses « amusantes, inédites et imprévues ».

 

L’exécution du plan de Boris Johnson va se poursuivre, non sans mal. Bojo dispose désormais d’un atout en moins : ses ennemis commencent à comprendre qu’ils l’ont gravement sousestimé.

Les démocrates aux USA pourraient bien faire un choix calamiteux et assurer la réélection de Trump. Voilà pour l’international qui semble (trop) évident.

Les municipales en France seront distrayantes mais la politique française est entrée dans une ère d’instabilité. Personne ne doit se réjouir de ce désordre. Désordre politique qui découle de la redistribution des cartes qui a échoué à produire une clarification idéologique et d’institutions vérouillées qui empêchent toute alternance réelle.

 

Ma réflexion sur la démocratie, ses travers, ses ennemis, me conduisent à penser qu’aujourd’hui la volonté des peuples est entravée par les contre-pouvoirs pourtant nécessaires à l’équilibre d’institutions efficaces. Un retour de balancier trop brutal et dangereux n’est donc pas à exclure dans des pays en souffrance comme chez nous…

 

Surtout quand la principale échéance semble encore lointaine.

Meilleurs voeux à tous et restons attentifs.

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Démocratie vs violence

Dans la douce France qui va mieux, dixit un ancien président qui tente péniblement de revenir un politique, il ne se passe plus un jour sans que des faits d’une rare violence soient commis. Violences physiques, sociales, morales et communautaires. Pour ceux qui en doutaient encore, la France a franchi un nouveau stade. Terminée l’époque des failles de l’état de droit, du laxisme judiciaire. Nous entrons au stade terminal du cancer qui ronge la démocratie.

 

Au premier stade, l’état est incapable d’assurer convenablement ses missions régaliennes mais au lieu d’en tirer les conséquences, les pouvoirs publiques préfèrent minimiser. Aucune évolution depuis les sauvageons de Jean-Pierre Chevènement dans les années 90, la petite claque de François Bayrou en 2002, Nicolas Sarkozy se félicitant du bilan des émeutes de 2005 (si ma mémoire est bonne). La fermeté des discours contraste avec l’absence totale d’action et bien entendu au nom de « faut pas faire le jeu du Front National« . Qu’il est bien pratique ce parti aux dirigeants aussi caricaturaux qu’incompétents… Sauf que la fermeté sans effet donne de plus en plus à penser aux français que la violence verbale et les solutions inspirées du café du commerce seraient des gages d’une volonté politique désespéremment absente chez nos gouvernants actuels. La boîte de Pandore est ouverte.

Au second stade, on constate que seule la violence interpelle les pouvoirs, médiatiques et politiques. Des gilets jaunes radicalisés en passant par des zadistes, aux racailles qui mettent le feu aux écoles comme si les représentants de la force publique ne leur suffisaient plus jusqu’aux grévistes professionnels dont le minable corporatisme emmerde bien au delà du tolérable. La France souffre d’un manque de démocratie évident quand les syndicats, les partis politiques et les associations ne sont plus que des aspirateurs à pognon publique et non des institutions qui donnent du sens, du concret aux doléances de la population. Les « conflits sociaux » et en particulier ceux motivés par un « troisième tour social » sont le faits de factieux qui refusent le résultat des urnes. Quant aux GJ, ils sont tombés dans le piège conjointement pensé par les gauchistes et la complicité du gouvernement, trop heureux de pouvoir les faire passer pour des crétins violents. Dans ce cas précis, non seulement le gouvernement a comme depuis longtemps fait semblant de luter contre la violence mais on peut même se demander s’il ne l’a pas intentionnellement encouragée. La France souffre aussi depuis (au moins) 2012 de la faible légitimité du pouvoir qui poursuit la fuite en avant drapée planquée derrière l’indiscutable légitimité.

Les pressions communautaristes se font sentir comme jamais à l’approche d’un scrutin, les municipales, hautement propice au clientélisme et aux compromissions scandaleuses qui préparent le terrain de la balkanisation du territoire. Le tout alors même alors que nous n’avons encore rien vu des conséquences à horizon 10/20 ans de ce que nous indiquent la démographie et l’immigration actuelle… La démocratie devrait être un rempart indiscutable contre la violence en légitimant son usage exclusif à un pouvoir rendant des comptes, qui doit trembler avant d’agir et ne pas trembler une fois les décisions prises. En exposant plus que du laxisme hérité des 40 piteuses, c’est désormais sa totale incapacité d’action voire une instrumentalisation périlleuse de la violence que l’appareil étatique révèle au grand jour. Pour ceux qui voudront enfin stopper ce bordel, il va être très difficile, presque dangereux de vouloir rétablir la paix civile…

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Mobilisons-nous contre « l’hydre islamiste »

 

Tandis que les crimes de déséquilibrés, de couteaux fous, de voitures désaxées, de pétoires névrosées se poursuivent avec allégresse et le désinvolte récit de notre très coûteuse presse subventionnée, notre bon président promet que la lumière sera faite sur le dernier drame en date qui a frappé la préfecture de police de Paris. C’est très aimable de sa part, tout comme de désigner un ennemi clairement. On s’attend naturellement à une réaction ferme et déterminée pour au moins médiatiquement traiter les conséquences car les causes, elles, devront gentillement attendre. Faut pas pousser.

On se demande bien pourquoi on a laissé tomber la IVème République pour la Vème si c’est pour avoir un président qui inaugure les chrysanthèmes et fait de jolis discours exaltant des valeurs que plus personne n’est en réalité capable d’énumérer convenablement. Il ne manque plus que les bougies, les « pray for Paris Police », les pleurnicheries dépourvues de sens tandis que les actes que l’on déplore, eux hélas, en ont un très clair. On se croit revenu au temps de la sidération sous Hollande quand la gauche se mit subitement à bugger face à l’islamisme, mais toujours pas contrite par les conséquences aussi funestes que prévisibles de son modèle social si jalousé mais jamais copié qui désintègre les français depuis maintenant plusieurs décennies…

Doit-on se mobiliser contre l’hydre si l’état ne manifeste aucune volonté de traiter le problème? Si oui comment? Ces questions vont structurer l’avenir du débat politique à n’en pas douter. Déjà Edouard Philippe reconnaît qu’on peut discuter de « quota » d’immigration par pays et par niveau de qualification. C’est énorme comme mur de la bien-pensance abattu sous nos yeux. Dans la bouche d’un politique classé à droite, c’était encore il y a peu un casus belli. On le sait avec les quelques statistiques de l’INED, les pays en voie de développement africains sub-sahariens nous envoient leur jeunesse dorée dans les business schools, les écoles d’ingénieurs. Ce sont les pays du Maghreb intermédiaires qui nous fournissent le contingent de soldats faiblement éduqués et poreux aux idées extrêmes véhiculées par l’Islam. Cette histoire de quota n’est qu’une tentative hypocrite de nos élites de trouver un moyen de contourner leurs propres dogmes hostiles à toute discrimination… et donc de liberté de choix.

En dénigrant voire en censurant les populistes qui beuglent plus ou moins astucieusement leurs doutes sur la solubilité des musulmans dans les principes des démocraties occidentales, les démocrates autoproclamés prêchent dans le désert. Leurs actions insignifiantes ne font que creuser leurs tombes. Le grand péril est là et pas ailleurs. Nos élites se fourvoient magistralement et gèrent leur impuissance avec un cérémonial de plus en plus indécent. Il ne serait pas bon d’exposer au grand public les raisons profondes des dysfonctionnements qui ont laissé Michaël Harpon agir, certes. Faire croire qu’on s’agite sans actionner le moindre des leviers majeurs nous expose toujours à pire. Mentalité plus globale à analyser tant des similitudes troublantes existent avec les politiques économiques et monétaires très court-termistes en même temps.

 

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Adieu Jacques Chirac

Chirac c’est le gars dont t’as envie d’assassiner le bilan mais dont tu te rappelles que c’était pas si mal, que l’homme était très français, avec tous les défauts mais aussi toutes les qualités qui se perdent. En période de coupe du monde de rugby, un parallèle avec le XV de France saute aux yeux. Le french flair, des exploits mémorables souvent inattendus, des finales perdues, mais au final, en regardant l’armoire à trophées : il n’y a presque rien.

Le grand drame des politiciens professionnels à la longévité aussi spectaculaire qu’au bilan famélique c’est qu’on ne sait pas bien déterminer si, dans le cas précis de Chirac par exemple, il n’a fait qu’accompagner son temps ou abandonner des convictions par pur électoralisme. Le vrai Chirac n’était probablement ni le souverainiste de l’appel de Cochin ni le libéral de 1986 à 1988. Il y a bien l’opposition à Bush fils contre l’Irak dont la suite lui a incroyablement donné raison. On parle de « la maison qui brûle tandis que nous regardons ailleurs » mais qui en vérité sonne aussi faux que le « parti de l’étranger » ou que le « socialisme est une maladie« . Enfin, « le bruit et l’odeur » est à ranger dans la même catégorie de postures électoralistes. Au début des années 90, le RPR hésite avec Le Pen. Il y a de quoi sur le fond. Sur la forme nettement moins, Le Pen a multiplié les phrases scandaleuses qui ne laissent aucun doute planer sur sa xénophobie, son obsession antisémite et n’a fait aucun effort pour rendre son mouvement plus respectable. Tant pis s’il ne disait pas que des conneries et apportait de mauvaises solutions à des problèmes bien réels qui n’ont cessé de s’envenimer depuis.

En résumé Chirac avait pour mission de liquider le socialisme mitterrandien en 1995 à plus forte raison qu’il avait largement contribué à l’adoption de l’€ par référendum. Il s’est couché dès le mois de décembre parce qu’au fond il avait été élu en racontant n’importe quoi. La transition démographique avec l’arrivée des premiers boomers à l’age de la retraite commandait des réformes, des réserves. Où en serions-nous 25 ans après si une part de capitalisation avait été introduite au mécanisme de répartition? Chirac n’a pas su vendre les réformes et s’il n’a pas aggravé les choses comme les socialistes se plaisent à le faire avec un entrain forçant presque le respect, le bilan reste mince. Dommage, il avait la carrure pour beaucoup mieux.

 

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Tic tac, tic tac…

Gros temps en perspectives sur l’Europe. La rentrée promet d’être sportive tant l’été, période ordinairement calme et sujette à de la politique politicienne sans intérêt, des sujets sociétaux alternés avec l’angoisse du réchauffement climatique à exacerber, fut plus riche que d’ordinaire. Les récents événements laissent songeur, négociations clownesques du Brexit, instabilités gouvernementales en Italie, simulacres de débats et de réformes en France, BCE pilotant des taux négatifs.. Les institutions européennes semblent avoir enclenché le mode survie « whatever it takes ».

Les institutions humaines sont souvent des colosses aux pieds d’argile. Tandis que le visionnaire génial Emmanuel Todd prédisait l’écroulement prochain de l’URSS en 1976, dès 1920 Ludwig Von Mises avait expliqué pourquoi, quelques mois seulement après la mise en place de l’idéologie marxiste avec le peu qu’on en savait rétrospectivement. Jamais la mise en place d’une zone de libre échange puis progressivement d’un pouvoir, aux compétences encore étroites, contrôlé par un parlement fruit d’élections libres, ne pouvaient faire penser que l’objet de cette construction pourrait ressembler à l’horreur soviétique. Le noble projet a divergé en projet politique et a (accidentellement?) ravivé des ambitions impériales d’état continent, créant une monnaie contre nature, une bureaucratie violant la subsidiarité et la séparation des pouvoir. En ne lâchant rien à de pauvres anglais divisés à l’intérieur du Royaume et au sein de leurs partis politiques, l’UE démontre sa crainte des velléités séparatistes. Mon intuition se renforce en conviction : le Brexit est impossible dans la configuration actuelle, c’est une lute à mort. De la même manière, la BCE devait être une institution indépendante du pouvoir politique. Elle aussi se lance dans l’arène politique pour sauvegarder son intégrité en essayant d’acheter du temps pour des pays insolvables (Italie en tête). Qui peut croire qu’à moyen/long terme des taux très bas ne tuerait pas la nécessaire destruction/créatrice, l’épargne et son allocation rationnelle?

En plus de cette fuite en avant périlleuse, les dirigeants pro-européens dénigrent aux populations le pourtant nécessaire retour aux urnes pour légitimer l’action politique. Boris Johnson le sait et affronte les communes pour convaincre les britanniques de lui confier totalement les clés du camion. Qui peut croire que l’alliance entre le M5S et le PD en Italie, encore plus bancale que l’alliance entre le M5S et Salvini à l’issue des dernières élections générales en Italie, pourrait miraculeusement lancer des réformes et sortir le pays du mauvais pas tant redouté? Aucun de ces deux partis n’ont les idées et même au fond la légitimité pour agir avec l’ampleur nécessaire. Écarter Salvini fut un succès temporaire. Une probable façon de lui servir le pouvoir sur un plateau plus tard. Quant à Macron? Il fait du Macron, il subjugue les médias mais moins les français. Son sort se joue dans la capacité des premiers à fabriquer une opposition factice, qu’on peut facilement discréditer, à inquiéter les braves gens à tout prix.

Nul ne sait comment et quand va se dénouer cette tragédie. Son origine est claire: les élites gouvernantes qui sont prêtes à tout pour conserver le pouvoir ont abandonné l’idée que la démocratie et le droit ont besoin de frontières pour définir ce qu’était un citoyen, une décision de justice implacable, un contrôle par les représentants du peuple, une démocratie libérale. Après avoir fait barrage aux volontés populaires exprimées par référendum, ils lui dénient le droit de s’exprimer tandis que le besoin d’un retour aux urnes devient patent. L’issue se rapproche inexorablement.

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