Pour une poignée de zadistes

Ce qui est assez plaisant avec ce début de quinquennat Macron, c’est de voir les masques tomber car sur certains sujets, ce président n’a pas renoncé à présider. Et les réactions sont fort amusantes. Que penser à la lecture des messages des élus LR ou FN pleurnicher parce que le gouvernement à cédé devant une poignée d’ahuris aux cheveux sales ou les socialistes déplorer l’abandon d’un projet forcément indispensable. Pour les premiers, on rappellera leur mollesse au pouvoir pour faire respecter l’ordre et aux seconds la tentative pitoyable de conciliation par un référendum qui a décrédibilisé la démocratie.

Le pire de l’indécence étant encore de venir la ramener tandis qu’on a exercé la fonction de premier ministre tout en ayant été un acteur des plus concernés. Nous savons hélas que si le corps humain disposait d’un organe secrétant la honte, nos amis socialistes auraient au préalable procédé à son ablation, la fameuse hontectomie.

A bien y regarder, la ZAD concentre un ramassis de gauchistes anticapitalistes que l’étrange respect du droit à la sauce socialiste franchouillarde aime exempter de la justice tandis qu’une foultitude d’entrepreneurs se font emmerder par l’administration et dépouiller par le fisc, dans l’indifférence générale. Le droit de propriété n’est plus protégé que pour certains, Mamie Loto condamnée, une autre mamie peut aller se brosser pour récupérer son bien salopé par une bande de crasseux du même acabit que la bande de sous-merdes à Notre Dame des Landes.

Dans un pays qui coule gaiement avec les projets pharaoniques de petits élus clientélistes convaincus des bienfaits du keynésianisme, au droit à géométrie variable, à la fiscalité absurde récompensant l’oisiveté et punissant le talent, l’histoire de ce projet d’aéroport symbolise parfaitement la décadence française. Comble de l’absurdité réglementaire, les crotteux ne seront pas expulsés avant la fin de la trêve hivernale… Minable excuse pour reculer au risque d’une bavure. C’est vrai que dans un pareil pays, on peut (presque) comprendre qu’enfreindre la loi et défier les forces de l’ordre lors d’une évacuation peut encore faire de vous un martyr, voir le cas du barrage de Sivens. Il paraît que le président Macron ne veut plus de ZAD. Il a bien raison. Mais qu’il agisse alors avec la fermeté tant attendue sinon il prend le risque d’avoir quelques de zadistes de plus.

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La taxe d’habitation à la française

Emmanuel Macron avait promis la suppression de la taxe d’habitation pour une majorité de français. Quelle lumineuse idée. C’est vrai que son calcul moyenâgeux laissait franchement à désirer. Mais comme je l’avais mentionné dans mon dernier billet, le président Macron semble bien aimer la verticalité du pouvoir malgré les excès inhérents à ce type de fonctionnement. Voilà un excellent sujet qui résume la France (et ses trop nombreux) élus : le constat est partagé mais la solution préconisé est lamentable.

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Notre pays souffre d’au moins deux problèmes : une sur-administration bureaucratique et ruineuse et d’une absence de réflexion sur les compétences de chaque échelon, contrevenant à un principe qui m’est très cher, la subsidiarité. Les résultats sont prévisibles, fiscalité excessive, subventionnement clientéliste, baronnies locales incassables. La réformes d’Hollande était si mal préparée et si mal exécutée qu’elle dissimula assez bien les injonctions européennes. Comme souvent, c’est si facile de critiquer l’UE alors que les maux qu’elle pointe du doigt sont à 200% français. Qui comprend pourquoi les collèges relèvent de la compétence du département et les lycées de la région? Pourquoi laisser à la seule fausse bienveillance centralisatrice le soin de l’éducation nationale à des soviets parisiens tandis qu’en Bretagne on veut enseigner une langue régionale? Pourquoi toutes les initiatives privées qui donnent de bons résultats sont systématiquement ensevelies par le mammouth?

J’ai mal en lisant mes amis libéraux s’extasier (trop vite) sur Jean-Michel Blanquer. Il va juste au mieux stopper la folie communiste et progressiste qui s’est emparée de l’éducation nationale mais en quoi va-t-il changer le bordel de l’intérieur? A-t-on seulement pensé pourquoi cette administration dans l’administration ne pouvait pas évoluer autrement que vers l’ignominie actuelle? Idem sur la fiscalité locale, tant qu’on aura pas aplani le « qui fait quoi » avec « qui lève l’impôt pour le faire » nous n’aurons pas avancé d’un centimètre. Sur cette réforme, exception notable de la fiscalité du capital, Macron tourne en rond. Il ne peut faire guère mieux tant qu’aucune réforme sur le périmètre de l’état n’aura été engagé.

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Fake News et presse subventionnée, Macron le jacobin

L’ingérence supposée des russes dans les élections en occident ces derniers temps révélait surtout l’obsession des médias traditionnels de se voir battus en brèche par les résultats dans les urnes, et, idéologiquement par des médias iconoclastes, alternatifs sur les réseaux sociaux qui rejettent leur politiquement correct. La volonté farouche de voir un impeachment se déclencher aux USA au moment où Poutine écarte, soit-disant légalement, toute possibilité à ses opposants de se présenter en 2018 accentue ce sentiment d’une période troublée. Malgré l’arsenal de lois restreignant la liberté d’expression jusqu’aux lois mémorielles et celle régissant la presse depuis 1881, à quoi bon légiférer contre la diffusion de fake news? Le président Macron est sacrément gonflé, non content d’avoir subjugué la grande presse, que veut-il de plus? Ou plus exactement, que peut-il vouloir de plus?

Décidément l’arrivée de Russia Today en français a fait couler beaucoup d’encre. Que peut-on y voir sur les médias russes en français? Des « complotistes* » à la François Asselineau, des économistes étatistes à la Jacques Sapir, une conservatrice comme Rachel Marsden, des libéraux des… Flûte, à y regarder de près, on y voit et entend des conneries mais il y a une bien plus vaste pluralité des opinions que dans nos chers médias bien franchouillards de chez nous. D’ailleurs le président s’est même fendu d’une charge féroce sur la médiocrité inouïe mais surtout ruineuse de France Télévisions. Il le peut, les protestations risibles de la presse subventionnée, comme les pathétiques bien-pendants chez Télérama, ne peuvent que nous amuser, tant qu’on ne réalise pas le prix que l’on paie pour que ces torchons puissent encore paraître. On attend toujours l’arrivée en France de Breitbart tant l’antilibéralisme maladif des gens de Boulevard Voltaire est pénible, qu’Atlantico reste encore un peu soft mais est surtout partiellement payant désormais. A surveiller – dans tous les sens du terme – la liberté de ton de Sud Radio depuis que la station s’est installée à Paris quittant ses locaux historiques de Labège près de Toulouse. Hier, Philippe David recevait Claude Reichman, Nicolas Lecaussin et Robert Lafont tous favorables à la privatisation de la sécu, témoignages favorables d’auditeurs à l’appui…

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Sans revenir en détail sur la dernière présidentielle, répétons seulement le danger démocratique à moyen-terme que représente le sentiment latent chez pas mal de français qu’elle a été largement polluée par les affaires et que le traitement médiatique a été pour le moins orienté. On m’objectera que « chez pas mal de français » ne veut rien dire, à raison. Autant je ne me suis posé aucune question au second tour, autant je ne perds pas de vue que les décisions d’Emmanuel Macron comme conseiller de François Hollande puis comme ministre ont peut-être (DISCLAIMER : RISQUE DE FAKE NEWS) profité à ses anciens employeurs et soutiens sur des montants qui feraient passer François Fillon pour un voleur de poules. Toujours aucune trace non plus sur la manière employée par Macron pour dépenser ou volatiliser ses confortables émoluments de banquier d’affaires. Richard Ferrand et sa mutuelle de Bretagne reste hors des radars mais pour ceux qui ont suivi, impensable de ne pas pointer un enrichissement favorisé par un copinage insupportable. Inutile de revenir aussi sur les éléments parfaitement sourcés qui ont amené Benjamin Dormann à conclure « Ils ont acheté la presse« . Livre curieusement difficile à trouver dans lequel l’auteur montre que 6 des 10 plus grandes fortunes françaises détiennent des titres et des médias divers et, que vivant partiellement de subsides et de commandes de l’état, une détestable connivence entre les médias et les élites politiques s’est installée joyeusement en France.

Le bon sens n’a jamais quitté les français, j’en suis convaincu, d’où ma foi dans la démocratie et la nécessité de réformes de l’état et de sa gouvernance décentralisée. Les français ne s’y trompent pas : les atteintes à la liberté d’expression sont telles en France qu’une majorité craint logiquement les menaces et donc in fine ce qui réduit la pluralité des opinions, la liberté de ton, ce qui alimente les débats. Une nouvelle fois, hélas, le président Macron prête le flanc à une critique dont on se passerait bien : une volonté centralisatrice jacobine digne d’un apparatchik sorti de l’ENA passé par la voie royale, l’inspection des finances. Que veut-il? Redoute-t-il la critique seulement par son narcissisme maladif? Veut-il des lois seulement pour pousser à l’auto-censure tant il est évident qu’elles ne seront pas applicables et probablement retoquées par le Conseil Constitutionnel et la cour européenne des droits de l’homme? A-t-il seulement conscience qu’en libérant la parole et les débats, il pourrait se simplifier la tâche? Avec une année pleine avec les coudées franches, nous pourrons répondre à la question essentielle qui nous taraude, veut-il seulement réformer quoi que ce soit?

 

  • à nuancer, socialiste de droite assurément : étatiste, corporatisme déçu (HEC + ENA) et protectionnisme au menu.
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Fiscalité : le jeu de bonneteau continue

 

Certains économistes libéraux ont très tôt roulé pour Emmanuel Macron avant même l’officialisation de sa candidature. J’avais moi même salué la tonalité du fraîchement nommé ministre de l’économie lors de son premier passage chez Bourdin sur RMC : références à Schumpeter, discours entrepreneurial assumé, quelques bombes lâchées sur les paléo-socialistes du PS au sujet des 35h et de l’ISF. Mais hélas, on entend souvent ce que l’on a envie d’entendre. Je soupçonne Jean-Marc Daniel de parfois céder à ce pêché mignon.

Séduit lui aussi par les petites phrases du ministre comme au sujet de la jeunesse qui serait davantage « à la recherche de clients que de patrons« , Daniel a parfaitement su vendre à son niveau la flexi-sécurité sensée protéger l’individu et non plus l’emploi. Ajoutons une réforme systémique avec le système à points des retraites et le libéral de gauche saute au plafond en comparant les programmes économiques de Macron et du très comptable Fillon. Sauf que ce dernier avait osé balancer au moins 2 gros pavés dans la mare ce qui lui avait valu une baisse dans les sondages avant les révélations du Canard Enchaîné. Il s’était en effet mal défendu sur 2 réformes qui sont en vérité les clés de voûte de toute réformes ambitieuses du merveilleux modèle social français. Premièrement, le périmètre des actions de l’état – hors régalien – est trop large et trop peu compétitif. Il faut supprimer des poste de fonctionnaires, privatiser des services publiques (créés par des gouvernements historiquement hostiles au capitalisme comme avec l’exemple la SNCF, star de l’actu) pour bénéficier des vertus de la concurrence. Deuxièmement, il faudra se poser des questions sur notre protection sociale monopolistique qui a muté progressivement, à force de gouvernements socialistes (officiels ou dits de droite), d’une logique assurantielle à une logique de redistribution via des prestations sociales.

Après 6 mois d’exercice du pouvoir et un premier budget de voté, la place n’est plus au doute, ce que l’on voit émerger ne correspond pas vraiment à ce que l’on a voulu entendre. Emmanuel Macron est bien davantage un social démocrate qui tente désespéramment de prolonger ce qu’il avait pourtant appelé « le monde ancien« . Ce n’est qu’un vulgaire social-démocrate, bien mieux assumé qu’Hollande avant l’élection, possiblement, et je le déplore, mais rien de mieux. Le timing des réformes compte, la loi travail a terminé l’enterrement d’Hollande car en fin de mandat. Macron tricote sa flexi-sécurité sans toucher à « la cause réelle et sérieuse » ni aux seuils ni à la multiplicité des contrats précaires, sorte de contournements des rigidités du CDI accordés au Medef au cours du temps. Il grille des ministres sur les APL au lieu d’encourager la privatisation du parc HLM, de libérer le foncier etc. Il diffère les baisses de charges de la hausse de la CSG pour tenter de rester dans les (enfin quelques) clous du traité de Maastricht… Le résultat est évident, les ménages et les entreprises deviennent les plus taxés du monde alors qu’au même moment une réforme – certes nécessaire – vient restreindre la folie jalouse de l’ISF et de la taxation du capital. Jean-Luc M. n’en aurait jamais espéré tant.

Quelques bonnes réformes évoquées juste avant n’éteindront pas la colère latente des français : on les saigne sans jamais amorcer des réformes de réduction des dépenses sans casser la croissance, voire visant à l’amplifier avec un peu de décalage. En 2018, Macron devra corriger rapidement le tir, l’étonnante léthargie des français est presque angoissante, à quand le dégagisme fiscal s’interroge l’Opinion?. D’abord il le devra s’il veut des résultats en espérant ne pas croiser la route d’une crise pourtant très plausible compte tenu de la politique monétaire folle de la BCE. Mais surtout, Macron doit impérativement échapper à un écueil qui menacerait le pays : croire qu’il n’aura pas plus d’opposition, actuellement inaudible, en 2022 qu’aujourd’hui. Les oppositions ne se structurent pas en anticipant un avenir par définition inconnu, elles émergent par la violence du présent.

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Prospective : que vont choisir les français entre le socialisme et l’€?

N’en déplaisent aux thuriféraires du président Macron, je pense que son alliance de fortune, véritable armée mexicaine agrégeant opportunistes de tous bords, socialistes repentis de tous bords, eurobéats rêveurs et libéraux naïfs, finira par se lézarder. Je songe même à l’implosion dès lors que les choix urgents et graves nécessiteront des décisions fortes. Ces mêmes groupies du président balaient d’un revers de main des évidences comme la trahison de la promesse d’un renouvellement profond du personnel politique et de ses pratiques ainsi que la résurgence imminente du traditionnel clivage gauche/droite comme sources de fractures au sein du parti présidentiel. Ils auront peut-être raison tant que les nuisances portées par Nicolas Hulot et Marlène Schiappa demeureront limitées. Pour le moment le président couvrent leurs agissements en laissant faire croire de son soutien infaillible sans pour autant assumer franchement un gros risque politique. Je pense plus à des échéances à plus long terme comme principaux facteurs de déstabilisation puisqu’au fond aucune formation politique actuelle, qui aspire à exercer le pouvoir et qui dispose de sérieuse chance d’y accéder, n’est exemptée d’incohérences idéologiques.

Les véritables problèmes pour les pays dits « du club Med » au sein de la zone € sont de plusieurs natures mais ils sont profonds et n’arrivent pas à être traités convenablement. Faire cohabiter tout ce bon monde avec les pays habitués à la rigueur allemande et leur gestion rigoureuse de la monnaie n’était définitivement pas une bonne idée. Lorsque Mitterrand a voulu un droit de regard sur la monnaie allemande en échange de la réunification, tout le monde a miraculeusement oublié en France que ce dernier a évacué les utopies communistes du début des années 80 par des dévaluations répétées, une demande piteuse d’aide des allemands de la RFA ainsi qu’un enterrement (non-dit mais assumé) de la politique du programme commun PS/PCF dès 1983. Comme disait Raymond Barre, il n’a pas fallu plus de 2 ans avant que l’économie ne se venge, or, les politiques monétaires actuelles ont considérablement accru ce délai. Et nous ne pouvons pas nous en réjouir pour une foultitude de raisons. Les tendances économiques deviennent désormais rapides avec la conjonction mondialisation/digitalisation. Les politiques monétaires très aventureuses qui cherchent à lisser les phénomènes dans le temps et quoiqu’en disent les banquiers centraux, on constate une déconnexion grave entre le temps politique et le temps économique ce qui pose un grave problème démocratique. Les démocrates d’aujourd’hui à la tête de pays plus ou moins ruinés ou du moins endettés, espèrent lisser les soucis dans le temps quand des populistes pointent plus ou moins objectivement leurs carences, leur manque de courage, leurs choix en faveurs des prêteurs qui semblent déchargés de la responsabilité de prêter à des cigales tandis qu’ils trouvent aussi de quoi dénigrer les fourmis. La France convalescente au virage des années 2000 n’a rien trouvé de mieux que de poursuivre sa politique d’embauche de fonctionnaires territoriaux, 60% des créations d’emploi en 30 ans, de faire les 35 heures tandis que les allemands remettaient la valeur travail vaille que vaille sur pied en pensant notamment à l’est. Comment oser donc figer les parités monétaires alors qu’il nous faut 30 à 40% de fonctionnaires en plus pour faire la même chose sans les intéresser, motiver et ponctionner au moins 4% de PIB en plus pour payer la retraite par répartition avec un âge de départ de 60 ans (progressivement plus dans le privé et moins dans le publique selon un calcul différent et plus favorable) ?. On peut égrener encore plus longtemps les erreurs de politiques économiques qui ont fait diverger la France et l’Allemagne…

Mario Draghi

La traduction politique de ces erreurs conjuguée avec une politique monétaire accommodante qui, de l’aveu des banquiers centraux eux-mêmes, n’avaient pour seul but que d’acheter du temps pour réformer, été majoritairement – uniquement pour la France – employé pour retarder les échéances. L’€ a d’abord retardé l’enterrement en grandes pompes du socialisme qui aurait du naturellement se produire au début des années 90 en occident. La « Grande Parade » dirait Jean-François Revel. Avec une sainte trinité (assurances chômage, santé, retraite) ruineuse, une fonction publique paupérisée et inefficace par son hypertrophie, la France coule et son président social-démocrate n’est que le président du syndicat de faillite. Face à Macron, il ne reste que des vociférants communistes ou identitaires (FI ou FN) pour restaurer le franc comme moyen de lute aux réformes indispensables d’inspiration libérale. C’est son credo politique, espérons qu’il ne soit pas mortifère. On devine déjà que s’associer avec la libérale Calmes et l’identitaire Peltier, Wauquier se refuse à trancher et à se projeter dans le grand défi français qu’il soit avec l’€ ou voulant faire sans. La recomposition politique n’est qu’à son début, elle ira encore plus loin et sera certainement encore plus profonde que ce que notre président voulait. A terme, elle poussera les français à choisir entre le socialisme franchouillard hérité du communisme de 1945 aux adaptations imposées par la mondialisation ou juste les traités européens globalement libéraux. Macron propose d’essayer de faire durer l’horreur sans fin, FN et LFI de mettre fin à l’horreur par le socialisme horrible, en quoi le projet LR seraît-il plus séduisant?

PS : Joyeux Noël à tous! Meilleurs vœux pour 2018!

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Agir : encore un bidule inutile dit de « droite »

La déflagration qui a ébranlé toute les formations politiques, dites de gouvernement, le soir du premier tour de la présidentielle, continue de produire ses amusants petits effets. Tandis qu’aux européennes de 2014, les partis centristes et pro-européens de l’époque (UDI et Modem alliés pour la circonstance) n’avaient pas réuni plus de 10% des voix exprimées, nous voici aujourd’hui avec encore plus de partis centristes pro-européen… Après les deux partis historiques et LREM du président Macron, voici Agir le parti des constructifs. Pourquoi un nouveau parti différent de l’UDI? Bonne question mais qui en appelle une autre, puisque l’UDI affiche quelques velléités d’indépendance vis à vis des Républicains version Wauquiez, quelqu’un a-t-il compris le positionnement de l’UDI?

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Invité sur Paris Première chez les deux Eric, Franck Riester tente péniblement de se justifier. A vrai dire, on n’y comprend pas grand chose. Naulleau se permet même de se foutre de lui en lui demandant quand aura-t-il la clarté d’un Thierry Solère, parti rejoindre son ancien chefaillon, Bruno Le Maire, chez LREM. Les valeurs de Riester, énumérées à plusieurs reprises dans le même ordre tel un élément de langage est plus éclairant. Je cite dans l’ordre – de mémoire – « libéral, social, européen, réformiste et humaniste « . Citer le libéralisme en tête de gondole, à la bonne heure, voilà qui est courageux. Mais nous sommes en France, le courage politique est tout relatif, il faut immédiatement affubler cette horrible école de pensée atroce et inhumaine de l’adjectif « social « . Faut pas déconner. François Fillon avait certainement été maladroit dans sa justification de toucher aux totems français que sont la protection sociale collectivisée et la pléthorique administration hors mission régalienne. On avait surtout bien relevé le malaise des élus LR pour défendre l’idée pourtant novatrice de s’attaquer à la racine du problème.

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La France

Riester s’en prend à Wauquiez en lui reprochant une étrange droitisation, c’est vrai au fond, quel sacrilège ultime que d’oser tenir des propos de droite dans un parti de droite. Pire, depuis des lustres les cadres pensent et agissent (parfois) comme le centre mou et européiste, un social libéralisme qui s’appelle en fait social-démocrate partout ailleurs mais chez nous tout est décalé à gauche. Mais les électeurs, eux, sont bien restés à droite. Ce décalage a provoqué une scission, pas uniquement motivée par des querelles internes d’égos, car si les cadres ne décidaient pas à résoudre la question de la ligne plus longtemps, les électeurs auraient fini par foutre le camp, la nature ayant tant horreur du vide. A gauchiser son discours, Merkel a fait naître en Allemagne un parti à sa droite. Voilà plus de 15 ans que le FN s’invite au second tour de l’élection majeure et encore, sans l’indicible médiocrité de Marine Le Pen lui valant une curieuse défaite, LR aurait pu se faire étriller comme le PS aux législatives.

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Confortée par la réélection de Mitterrand en 1988 avec Michel Rocard comme premier ministre d’une part et les événements de 1989 à 1991 (effondrement du communisme) la sociale-démocratie aurait du prendre le pas sur les marxistes du PS. Il n’en fut rien jusqu’à 2017, le PS est du coup en mort cérébrale pour le moment. La droite est elle challengée par une famille d’apprentis dictateurs dont la représentante actuelle a paradoxalement propulsé le mouvement très haut tout en démontrant sa nullité totale. Le système électoral qui a fait des libéraux cocus avec des conservateurs en carton-pâte d’abord et maintenant avec des sociaux-démocrates faussement réformistes vont-ils un jour se prendre en main ou enfin trouver leur point de chute? Avec Agir ou Wauquiez? Probablement pas. LREM, je parie que non. Mais nous progressons, avant les partis politiques français c’était 50 nuances de socialisme. Nous sommes dorénavant à 50 nuances de sociale-démocratie.

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Convictions contre plat de lentilles et droite en carton

Au moment ou est décerné le prix de l’humour politique 2017, ce n’est pas seulement le rire que nous ont inspiré nos piètres hommes politiques cette année. Parmi les citations comiques dont nos clowns nationaux ont le secret, j’ai bien aimé celle de l’ectoplasme de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde. Je cite : « La moitié de nos électeurs sont passés chez Macron et je crois que l’autre est déjà en marche. ». Voilà qui ne pouvait pas mieux camper la situation.

Résumons, parmi les élus Les Républicains qui le soir du premier tour de la primaire se sont précipités derrière François Fillon on en trouve qui ont fait défection après la mise en examen de ce dernier. Pour sauver leurs fesses aux législatives, ils ont soudainement prêté d’immenses qualités à Emmanuel Macron au point d’envisager leur entrée dans son gouvernement. Du côté de l’UDI, selon une bonne vieille tambouille politicienne, des accords avaient été négociés pour l’obtention de circonscriptions en pensant que le futur président viendrait des rangs de l’allié de droite tandis qu’il apparut assez vite qu’une grande partie de l’électorat centriste dont le centre-droit avait déserté pour Macron… Voici comment ces députés dits « constructifs » se sont retrouvés le cul entre deux chaises. Entre temps, le président Macron put se réjouir de bénéficier d’une majorité plus large que prévue et, de l’autre côté, le parti de droite a raffermi ses positions pour ne pas exploser. Rappelons qu’en nombre de députés, n’en déplaise aux soviétiques insoumis, LR EST le principal parti d’opposition. Depuis leur expulsion prévisible et quoiqu’on en dise, logique, les « constructifs » se devaient de clarifier la situation au fur et à mesure que les deux chaises s’écartaient dangereusement.

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Comme toujours dans notre charmant pays, les logiques d’intérêts personnels ont prévalu sur la cohérence idéologique. l’UDI alliée à un canard sans tête ne sait plus où aller et a même moins de députés que le rival MODEM à la faveur d’un meilleur pari bien que dirigé par un looser éternel (Bayrou). Thierry Solère n’ayant pas pris complètement le train en marche comme Bruno Le Maire et surtout Edouard Philippe, notre brave et courageux député s’est résolu à adhérer au parti présidentiel. Tout ça pour ça pourrions-nous dire. L’idée de se mettre en marge de LR était sain et courageux au départ mais des questions surgissent immédiatement. Pourquoi se dire de droite, même modérée, pour finir dans un ramassis hétéroclite d’opportunistes à la sensibilité globalement sociale-démocrate? Au fond, les élus MODEM sont restés indépendants malgré leur alliance! Solère m’était sympathique mais lorsqu’il a voulu et obtenu son poste de questeur à l’assemblée nationale, au fond, les masques tombaient. Plutôt que d’animer un courant réformateur ne surjouant pas un enracinement conservateur, posture qui jouera probablement des tours à Laurent Wauquiez, il a voulu tirer profit de sa « compatibilité » avec le président Macron. Le plat de lentilles avant les convictions qui auraient du le conduire à fonder un nouveau parti de centre-droit, plus libéral qu’En Marche! mais prêt à voter tout ce qui allait dans la bonne direction. Un nouveau parti qui pourrait expliquer calmement pourquoi il se situe encore à droite sur l’échiquier justifiant ainsi le soutien sans réserve au candidat Fillon et sa tentative embryonnaire d’encrer LR dans un compromis entre libéralisme et conservatisme, caractéristique flagrante de la plupart des droites occidentales.

Il est également navrant de constater qu’au sein de LR, certaines personnes commettent une erreur quasi-symétrique à Solère. Que Virginie Calmels fut approchée par les équipes d’Emmanuel Macron et ait négocié son ralliement n’a rien de choquant. Ce qui est plus étrange, c’est sa volonté de faire vivre un courant libéral au sein de LR en alignant ses pas avec ceux de Laurent Wauquiez qui a la tête de la cible facile, à la droitisation factice et au répondant, au tempérament qui semblent trop lisses. Il semble donc de plus en plus plausible que l’émergence d’un parti qui sait ce qui le relie à la droite et qui embrasse les évolutions indispensables à la France dans la mondialisation, passant par de puissantes réformes libérales, soit remis aux calendes grecques. La faute aux institutions? Peut-être, la faute à la médiocrité intellectuelle et historique, la veulerie, la pleutrerie, l’avidité de nos politiques? Beaucoup plus sûrement, la passivité des français cumulant lesdites tares? Avec certitude.

 

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