L’instabilité : Pas les libéraux seuls cocus mais le pays entier.

Je ne partage pas toutes les analyses du bonapartiste et donc étatiste et dirigiste Eric Zemmour. Il y a un point que je lui accorde volontiers : l’importance de la démographie. Dans un pays vieillissant et angoissé comme la France, où le politiquement correct a conduit la classe politique dans l’abyme et le pays avec, l’arrivée au pouvoir d’une droite « dure » est inévitable, la parenthèse décalée du macronisme lui prépare le terrain même. Décalée parce qu’elle s’appuie sur des principes qui deviennent minoritaires, sociale-démocratie, progressisme social, européisme etc.

A un collègue de gauche se félicitant de l’élection d’Hollande en 2012, j’avais confessé que celui qui avait gagné contre le candidat sans visage, celui de la finance (et non incarné par Nicolas Sarkozy, à juste titre) n’avait que très peu de chance d’être réélu. Voire de finir son mandat, la BCE l’a sauvé, rappelons que plus de la moitié de la baisse du déficit budgétaire est à mettre au crédit de la baisse des taux d’intérêts… Hollande ne s’est même pas représenté. Il finira au mieux comme Chirac, un brave type, sympa mais incapable à ce niveau. J’avais aussi dit que je ne voyais pas le FN de Marine Le Pen l’emporter dès 2017, trop tôt, pas le bon positionnement idéologique et sociologique. Et ce fut Macron qui matérialisa l’UMPS, une alliance contre-nature entre courants de pensée qualifiés trop vite de « modérés » qui ne se sont agrégés que par refus, un refus évidemment moindre qu’en 2002. Cette alliance de technocrates, sociaux-démocrates, était dictée parce qu’il fallait trouver le vainqueur de Condorcet face à la lèpre lepéniste. Macron finira comme Giscard. Trahi par sa droite d’autant plus pour les raisons démographiques que j’ai immédiatement mis en avant. Reste à savoir deux choses pour le moment inconnues. Quelle est la force exacte et la volatilité de l’électorat de centre-droit plutôt libéral qui soutien Macron face à un FN qui avec sa représentante actuelle de la famille Le Pen s’enferme dans un soutien cohérent mais maléfique du socialisme français?

Tout le monde politico-médiatique regarde la dernière version de l’entreprise Le Pen, le FN 3.0 que pourrait incarner Marion Maréchal Le Pen, moi le premier tant j’ai perdu confiance dans ce que le parti de centre-droit pouvait produire. Ses tares sont connues et abondamment discutées. Elle a pour elle le nom sulfureux qui peut entraîner autour d’elle les déçus de Chirac et plus récemment de Sarkozy. Sur un positionnement plus raisonnable face au socialisme qui ruine – dans tous les sens du terme – le pays elle peut capitaliser des soutiens. Et si l’immigration, normalement pas un problème reflétant l’attractivité du pays au fond, posait un enjeu civilisationnel? La réponse libérale dans un pays qui dilapide avec allégresse plus de la moitié de la richesse produite en transferts sociaux communistes en plus des nécessaires dépenses régaliennes n’a pas grand sens. Même revenir au niveau de la Suisse, le niveau de la France de De Gaulle et Pompidou quand les deux pays avaient le même niveau de richesse est strictement impossible en un mandat, voire même en deux (baisser les dépenses publiques de 57% du PIB à moins de 40%).

Le plus important à celui qui veut « sérier les problèmes » c’est de bien voir que la démocratie, la liberté politique donc, est gravement mise en péril par des gens qu’on qualifie imprudemment de « libéraux » comme Macron. Fait rare et nouveau, cette soumission au politiquement correct, à l’extrémisme qui combat le libéralisme est opéré par des gens soit-disant centristes. Pour le comprendre il ne faut voir que le niveau de désinformation général qui explique que des opinions au centre du jeu puisse dériver à ce point vers l’arbitraire, la magie (l’obscurantisme vert traité avec une mansuétude ahurissante), si loin de ce que le bon sens commanderait naturellement. La Marion 3.0 est une proie facile tant la défaite de la tante était grossière, prévisible. C’est si facile d’opposer au pur produit de la connivence entre les élites administratives et les grandes firmes corruptrices, qui cherchent à effacer les vertus de la concurrence, une figure de proue repoussante. Marine Le Pen été un formidable, miraculeux repoussoir. Je pose juste une question terrible: Et Si la Marion 3.0 démontre son réel talent, ses intuitions et sa capacité à déjouer l’instrumentalisation machiavélique du système pour qu’elle soit battue face à un technocrate socialisant, ne serait-ce pas une preuve de sa capacité à gouverner « convenablement » ?

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La droite 8%

Un sondage commandé peu après l’installation de Laurent Wauquiez à la tête du parti LR le donnait à 8% au premier tour de l’élection présidentielle en prenant comme hypothèse qu’on reprenait les mêmes candidats de 2017 et lui comme figure de proue LR. Ses soutiens et les derniers aveugles soutenant mordicus ce parti à la dérive criaient à la manipulation grossière et hurlaient « vous verrez ce que vous verrez!« . Bien, nous avons vu. Je ne prédisais pas un avenir radieux à LR, la déconfiture de ce parti, sonné et un genou à terre après les législatives se poursuit et ce, malgré l’inquiétante bouillie idéologique du macronisme. Wauquiez n’aura même pas tenu 2 ans en place, conformément à ce que je pressentais.

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Certes ces élections s’annonçaient mal pour un parti fondamentalement fracturé sur les questions européennes. Si on croit les sondages, le sympathique FX Bellamy a semblé faire décoller les sondages avant de retomber comme un soufflé. Jeune, poli, capable d’argumenter et agréable à écouter, le jeune philosophe avait le profil pour retarder les échéances mais l’inertie de la défaite était trop lourde. Pire, tandis que Macron multipliait les stimulis pour son aile gauche en relâchant ses timides ambitions de réduction de dépense publique couplées à un fatras d’imbécilités écologiques, c’est finalement son électorat de centre-droit qui s’est mobilisé pour le sauver d’une claque face à la nullité Marine Le Pen.

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Depuis la primaire de 2016 le doute n’est plus permis. Contrairement à ce que des idéologues conservateurs, identitaires et maladivement antilibéraux, le centre droit ne vote pas contre ses idées en se détournant systématiquement du FN ou même de LR droitisé façon Wauquiez. Il n’a tout simplement pas ces idées là. Même un social-démocrate arrogant fait l’affaire. Il ne s’agit pas de préférer son porte-feuille à ses convictions mais juste que la droite étatiste, dirigiste, plus ou moins autoritaire ne fait bander que les excités prêts à fermer les yeux sur les propos socialistes de Marine Le Pen pourtant disqualifiée à jamais après le débat d’entre deux tours. Chirac avant et Sarkozy ensuite ont cocufié tous les courants de pensée de la droite. LR sans être souverainiste, libérale ou conservatrice en se présentant comme une synthèse à la Hollande c’est donc 8% et c’est mérité.

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Si l’ambition de Wauquiez, de Marine Le Pen ou de Marion Maréchal est de reconstituer le RPR alors ils resteront assurés de perdre l’élection présidentielle de 2022. Nouveau paradoxe pour Macron, c’est au moment ou il songe aller à gauche qu’il est sauvé dans les urnes par sa frange libérale de centre-droit. Plus que jamais il y a un espace pour expliquer les vertus de remettre l’état à sa place et laisser seuls les identitaires socialisants qui voteront RN dans le futur, la plupart de ces électeurs ne devraient même pas être qualifiés d’électeurs de droite en vérité… Comme tout parti de droite, LR doit trouver une figure charismatique mais qui au lieu de vendre du protectionnisme et parler d’assistanat aux plus fragiles doit parler des vertus de la liberté, d’un travail qui paie et d’une justice implacable y compris au sommet de l’état. Tout ce que faisait fort mal Laurent Wauquiez.

 

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Britain May had a problem

Fin de l’acte 1 de la farce Brexit. May démissionne enfin à l’issue de la pantalonnade de la veille : la participation des britanniques aux élections européennes, 3 ans après avoir exprimé leur volonté de quitter l’union. Après avoir tenté à plusieurs reprises de faire valider son accord de sortie en espérant vainement que l’expiration du délai accordé par l’article 50 exercerait une pression, avant de finalement implorer à Bruxelles un report, son sort et son échec étaient finalement scellés. Mais comment en pouvait-il en être autrement? Comment ratifier un accord de sortie avec un parlement majoritairement hostile au Brexit et incapable de prendre le risque de jouer sa peau face à l’UE (hard Brexit) ? Comment diriger un pays et pour commencer un parti conservateur qui refuse de trancher un question lancinante dans ses rangs depuis près de 20 ans?

 

Ce soir, les éloges pleuvent à Paris. La démission sur fond d’échec d’un chef d’état anglo-saxon de droite, c’est si rare et si savoureux qu’on peut même entendre des journalistes français de gauche (pas un pléonasme pour une fois) saluer le courage (à défaut de clairvoyance politique dirons-nous) de Theresa May. Plus regrettables sont les commentaires venus de gens ordinairement fins, prétendument libéraux, mais dont l’eurobéatitude ruine misérablement leur appréciation sur cette situation.

Revenir ce soir sur le référendum n’est pas plus pertinent qu’hier ou de le faire demain. Si Nigel Farage est eurodéputé depuis 1999, si David Cameron s’est mis en tête d’aller négocier des aménagements pour que l’UE s’occupe davantage de l’essentiel que de calibrer les pommes ou le volume de notre chasse-d’eau, entre autres, cela ne doit pas s’expliquer uniquement par la simple maladresse, le manque de sens politique. Quant à la nature du débat d’une question qui hante la politique locale depuis 15/20 ans, doit-on rappeler les innombrables bobards des remainers? S’agissant du coup de poignard (mais admirable sur le plan tactique) à des « alliés » Lib-Dem, avec l’annonce de la tenue du référendum après les élections générales de 2015, il faut encore rappeler quelques vérités trop facilement passées sous le boisseau. Les sympathiques Lib-Dems ont été bien plus occupés à renforcer l’intégration de l’UK dans l’UE et à légaliser le mariage homo plutôt qu’aider Cameron et Osbourne à ramer face aux gauchistes sponsorisés par la BBC sur l’opportune baisse des dépenses publiques. Et surtout, quand devient-il légitime d’interroger la population par référendum? 60% ? 70% ? 90% dans les sondages? On ne peut pas savoir puisque même perdu nettement, auprès de ces brillants démocrates europhiles, le résultat final ne suffit toujours pas à enterrer le soupçon d’illégitimité. Preuve que la légitimité ne découle pas d’un coup de sang, d’une humeur passagère. L’envie de Brexit polluait de plus en plus les débats internes de la droite et des libéraux eurosceptiques anglais, et surtout, depuis belle lurette. Nos commentateurs/experts/politiciens refusent d’analyser pourquoi. Dommage et c’est certainement la raison pour laquelle ici les envies de Frexit trouvent des motivations hélas bien plus socialistes que libérales.

Qui pour l’acte 2 de la farce anglo-bruxelloise? Nos mêmes médias et grands penseurs officiels sont révulsés à l’idée que ce soit le truculent Bojo. Vous savez ce crétin impulsif mal coiffé qui a déserté les rangs alors présenté comme l’un des principaux artisans du Brexit (alors que Farage avait fait probablement 99% du travail). Boris a tellement déserté les rangs du parti conservateur qu’il a été éphémèrement ministre de Theresa May et a démissionné quand il avait compris qu’elle n’avait aucune chance de parvenir à un accord satisfaisant. Un moment pressenti à la place de May, il avait déclaré ceci (et sentez combien chaque mot a été pesé par cet abruti impulsif, la PUNCH LINE prémonitoire):

 

Outre le biais de confirmation qui embrume nos esprits les plus brillants, ceux-ci souffrent aussi de confondre petite histoire (l’actualité, le bruit médiatique) avec les tendances plus lourdes, l’Histoire. Malgré les inimitiés personnelles, le manque de courage et/ou de convictions dictés par des impérieuses nécessités matérielles qui découlent sur des choix erratiques, des lourdeurs tant politiciennes, journalistiques que bureaucratiques, les choses avancent un peu au Royaume-Uni (Et s’il en sort encore Uni, la gifle sera saignante pour l’UE, Barnier & cie, salauds aussi sur la question irlandaise bien plus que sur celle des socialistes europhiles mais surtout pétrolifères d’Ecosse). Après la crise il fallait faire des choix politiques forts sur le plan économique, Cameron les a fait, l’économie britannique l’en remercie aujourd’hui. Il faut désormais placer à Westminster une majorité de Brexiters prêts à en découdre, au hard Brexit s’il le faut pour que la farce prenne fin. C’est en cours car chez les anglais pragmatiques, on sait sérier les problèmes. J’ignore comment cela va se faire, s’il faut casser le parti conservateur (les travaillistes socialistes avec Corbyn n’arriveraient même pas à gagner en France, c’est dire) ou que Farage et son nouveau parti oblige une coalition temporaire, mais ça va se faire. Surtout si comme on peut ce soir le supposer, le Brexit Party est arrivé très largement en tête des élections d’hier et avec des torries au pied du mur, dans l’obligation de changer bien plus que la pauvre Theresa May.

 

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Le socialisme de droite et le mitterrandien

Depuis des années un hoax a la vie dure, celui sur la loi du 3 janvier 1973 qui serait donc responsable de l’envolée de l’endettement de notre beau pays. Cette théorie bancale présente la dette comme le fruit d’un complot sournois de nos politiciens traîtres à la Nation. Plutôt que faire tourner la planche à billet pour monétiser cette dette on a du à la place payer des intérêts à des vilains banquiers et la méchante finance internationale qui « ne présentera jamais sa candidature mais qui gouverne pourtant« .

Quand cette loi fut rédigée par des technocrates pour des technocrates, la France n’avait aucune dette ou presque, un taux de chômage ridiculement bas et une croissance plus jamais observée depuis. Aucun rapport entre le mécanisme d’escompte et la dette et pourtant… Ce hoax est apparu avant que Draghi ne lance son programme de rachat de dettes sur le marché secondaire donc une forme de planche à billet. La BCE fait très exactement ce que réclament des « économistes » de gauche, hostiles à l’€ pour pouvoir manipuler le franc. Le hoax survit encore. Donc c’est bien le procès en légitimité de la dette et donc la volonté de la répudier qui est à l’oeuvre. Hélas là encore, les français l’ont voulu, ils sont nuls en économie certes, ils sont surtout complices de ces politiques, les baby-boomers en tête.

Revenons donc aux fondamentaux. Il y a création de dette quand le budget est déficitaire or nous savons que depuis la fin des années 70 aucun budget voté n’a été en équilibre y compris dans les périodes d’expansion économique. Reagan n’a voté aucun budget en équilibre mais en remontant la croissance des USA, ses capacités de remboursements ont accru aussi. Il faut regarder l’évolution de la dépense publique vis à vis de la création de richesse, des montants des impôts et de la dette pour mieux apprécier les différents styles de pilotage. Gardons en tête que la comparaison entre un stock et un flux est délicate notamment à cause des taux d’intérêt. Chacun comprendra qu’un pays sainement géré peut plus facilement s’autoriser un déficit budgétaire temporaire quand son endettement en % du PIB est bas que lorsqu’il est élevé. Si le keynésianisme a des vertus temporaires, sur plus de 40 ans, ce mode de pilotage est en revanche tueur.

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Que constate-t-on? Que les présidents officiellement socialistes ont beaucoup augmenté les dépenses publiques mais que pour contenir le déficit budgétaire différentes stratégies ont été mises en oeuvre. Valéry Giscard d’Estaing a fortement augmenté les impôts pour tenter d’équilibrer son budget. J’appelle ça du socialisme de droite. Mitterrand a quant à lui, augmenté le recours à la dette puisque, contre toute attente (créations d’impôts dont les idéologiques IGF/ISF) il a peu augmenté les impôts. Chirac et Sarkozy ont consacré une nouvelle ère mixte de dette et d’augmentations des impôts avec des succès mitigés que l’ont connaît. Hollande a fortement augmenté les impôts ravivant le socialisme de droite de VGE. Macron part sur le même mode, Giscard pour commencer et s’il relâche les contraintes comme récemment annoncé, il pourrait tenter de finir en mode Mitterrand : l’exact opposé de Sarkozy parti en mode Mitterrand et terminant en mode VGE.

Les français sont complices de cet endettement : ils réélisent le socialisme mitterrandien et sanctionnent le socialisme un poil plus rigoureux sur le plan budgétaire. Ils sont à la fois socialistes et libéraux. Libéraux car ils n’aiment pas les augmentations d’impôts et comprennent bien vite que cette rigueur budgétaire ne leur est pas utile. Ils sont socialistes car ils ne voient pas le danger de reporter à plus tard, sur les générations futures le fardeau de la dette. Le malheur français est donc double : incapacité à baisser les dépenses publiques en comprenant qu’une économie bien portante est indiscutablement plus protectrice que ces dépenses sociales qui nous étouffent. Incapacité à voir le transfert d’impôt des baby-boomers vers les plus jeunes et la bombe à retardement, signe d’un blocage générationnel, de la perte de sens de cette société socialisée et de la déresponsabilisation des individus mais c’est un autre débat, probablement majeur lui aussi.

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Social-démocratie = technocratie, le nouveau visage du socialisme

Il m’arrive souvent ici de fustiger le positionnement contradictoire des centristes – quelle que soit leur formation politique – tant ils sont incapables de dissocier les mots « liberté » et « social« . Ce n’est pas seulement une soumission au politiquement correct qui a durablement installé l’idée qu’une politique promouvant la liberté individuelle était nécessairement antisociale. Tout esprit critique normalement constitué devrait songer immédiatement aux merveilleux résultats de 40 années de socialisme quasi-ininterrompues en terme de chômage, pauvreté, dette du pays, et stagnation du PIB par habitant par rapport à nos voisins ayant fait des choix différents. Après 2 années en Macronie, seuls les communistes arrivent encore péniblement à se convaincre qu’il y a des traces de libéralisme dans la sociale-démocratie LREM. En réalité aux expressions stupides de journalistes paresseux tel que le fameux « néo-libéralisme » il faudrait parler du « néo-socialisme« . Le macronisme est un nouveau socialisme.

 

Le social-démocrate serait-il un progressiste qui mélangerait plus subtilement le recours à des politiques publiques constructivistes avec le marché, avec plus de « pragmatisme »? Cette dernière expression – qu’on entend souvent – sonne comme un aveu d’échec des politiques purement planistes que les socialistes voulaient mettre en place jusqu’à un passé récent. En réalité le pragmatisme masque mal la vacuité idéologique qui caractérise les élus de La République En Marche, aile droite du PS et leurs ralliés de la droite socialiste tout aussi dépourvus de colonne vertébrale intellectuelle. Autour de Macron, figure de proue de la technocratie française mais présenté comme pragmatique, on trouve d’étranges personnages que Nassim Nicholas Taleb appelle les IYI : Intellectual yet idiot. Examinons un cas typique en la personne de Brune Poirson. Solide formation dont la London School of Economics, passage dans le privé et qui déclare ceci maintenant qu’elle est ministre:

 

 

La phrase n’est pas sortie du contexte : il suffit de remonter son fil twitter pour constater l’effrayant planisme soviétisant de la ministre au sourire charmant. Ils ont fait de bonnes études, ils ont été grassement payés par le secteur privé – enfin on y regardant de près leurs activités, on voit des jobs rendus nécessaires par des états occidentaux de plus en plus interventionnistes – ils se croient donc très malins et pourtant, ils sont totalement crétins. Ils ont cette croyance funeste, cette prétention insupportable, celle de la présomption fatale, de savoir mieux que le marché. Les technocrates russes étaient des porcs, des incultes, ils n’avaient pas fait l’ENA ou la LSE c’est probablement pour cette raison qu’ils se sont plantés… Ces crétins pourtant éduqués ne jouent pas leur peau, ils jouent aux entrepreneurs dans leur Start-up nation fictive avec l’argent des autres sans jamais assumer les risques financiers qu’ils vont courir aux contribuables. Ils sont donc au moins aussi dangereux que les anciens socialistes.

 

Macron n’a pas été élu pour changer le modèle mais juste pour le rafistoler, pour qu’il tienne un peu plus longtemps. Personne en France ne semble s’être interrogé sur les raisons pour lesquelles Gorbatchev n’a jamais réussi à revenir aux affaires, à quelque échelon que ce soit, en Russie après la chute de l’URSS alors que sa politique l’a fait aduler en occident. Les russes semblent regarder sa politique comme une tentative désespérée de sauver un système qui coulait et non pour assurer une transition vers la liberté. Macron fait de même et avec son équipe de technocrates. Deux conséquences se dessinent de plus en plus clairement : il va échouer et il sera un pestiféré une fois battu.

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Algérie, Gilets jaunes, Macron : la tyrannie de la démocratie

Une de mes citations préférées prêtée à Sir Winston Churchill est « La démocratie est le pire des système à l’exception de tous les autres« . La démocratie reste une forme de tyrannie comme les autres et le fait que cette tyrannie trouve sa légitimation dans une courte majorité dans des consultations régulières ne la prémunit pas contre le despotisme d’une poignée de gens qui s’exerce sur une large majorité. Lorsque l’éphémère premier ministre du non moins oubliable François Hollande, alors chargé d’augmenter fortement les impôts, Jean-Marc Ayrault, explique doctement à la télévision que seuls les 10% les plus riches seraient concernés, bien peu de monde n’a hélas protesté. Les économistes libéraux ont sorti leurs calculettes et des discours savants pour tenter de montrer que cette annonce était trompeuse et qu’il était plus que probable que les classes moyennes allaient fortement contribuer contrairement à la promesse politicienne. Voilà concrètement un symptôme du glissement de la démocratie vers la tyrannie : lorsque le débat d’idée est mal posé, que les « intellectuels » répondent à côté, se perdent dans des concepts lointains. Si vous êtes libéral alors vous ne devriez avoir aucune difficulté à remplacer l’expression « 10% les plus riches » par « noir » ou « juif » et mesurer l’écart de perception de la lumineuse proposition politique de M. Ayrault.

Cette semaine le pouvoir algérien, conscient de l’impossibilité de mener une campagne électorale afin d’entretenir l’illusion démocratique avec un représentant à l’article de la mort, tente une manœuvre pour repousser la tenue des élections en espérant prolonger le délai jusqu’au décès de leur marionnette. Les médias français se sont immédiatement esclaffés à l’annonce de la non candidature du président marionnette en annonçant avec espoir qu’une transition vers une « vraie démocratie » se dessinait enfin. Un algérien se permit même de rappeler à un énième crétin ayant osé revêtir un gilet jaune à quel point il avait de la chance de vivre en démocratie et à quel point sa démarche relevait du caprice d’occidental gâté. On le voit, selon le point de vue, on peut porter un jugement radicalement opposé à une situation quand on ne prend pas le recul nécessaire pour analyser des situations très différentes. L’Algérie est un cas extrême, sorti du passé et incapable de se renouveler. L’illusion démocratique est si grossière qu’il faut le passé colonial et la lourdeur du politiquement correct pour empêcher les journalistes français d’appeler un chat un chat. Il n’y a rien à se réjouir de la situation actuelle puisque dans les faits, le report des élections (mêmes soupçonnables à l’avance de subir des manipulations) signifie concrètement la suppression pure et simple de la démocratie même à l’état d’illusion. La revendication de référendum d’initiative populaire ou citoyenne, appelons-la RIC, est tout à fait recevable et l’hostilité de la technocratie politique avec le concours de la caste médiatique emprisonnée par le politiquement correct et les subventions étatiques mettent en lumière les craintes du système à l’idée de se voir imposer un autre agenda, d’autres directions… Cette revendication cache mal l’essentiel qui permet au RIC de fonctionner en complément des institutions comme en Suisse. En France c’est la démocratie représentative qui en crise conjuguée à la violation de la subsidiarité qui pousse à l’irresponsabilité et donc à la fin du processus à l’excessive dépense publique du mille-feuille territorial. Un régime mixte entre présidentialisme et parlementarisme qui a dérivé faute de contrôles démocratique, de contre-pouvoirs politiques et journalistiques.

La démocratie reste un modèle instable dont la vertu repose sur la capacité à régulièrement chasser les mauvais et re-légitimer les bons. Hélas les lutes pour le pouvoir poussent les moins scrupuleux à vouloir changer les règles, conclure des accord tacites scandaleux et pervertir la justice ainsi que tout ce que l’influence accordée par la dépense publique offre : système éducatif, enseignement supérieur, médias en laisse, tout ce qui peut orienter l’opinion. Il n’existe pas de barrière qui permet de dire si nous vivons en démocratie ou non, nous pouvons au cours du temps et dans le monde constater des continuums entre tyrannie obscène ou vaguement maîtrisée où le curseur se déplace selon les humeurs du temps et la lâcheté des hommes de pouvoir. En construisant une fausse opposition populiste fascisante, en ne touchant en rien à la mécanique qui a pourtant manifestement ralenti la prospérité économique ou intellectuelle, Macron et ses amis technocrates tripotent à leur tour le curseur pour le déplacer comme leurs prédécesseurs vers la tyrannie obscène.

« Les peuples démocratiques qui ont introduit la liberté dans la sphère politique, en même temps qu’ils accroissaient le despotisme dans la sphère administrative, ont été conduits à des singularités bien étranges. Faut-il mener les petites affaires où le simple bon sens peut suffire, ils estiment que les citoyens en sont incapables; s’agit-il du gouvernement de tout l’Etat, ils confient à ces citoyens d’ immenses prérogatives; ils en font alternativement les jouets du souverain et ses maîtres, plus que des rois et moins que des hommes. Après avoir épuisé tous les différents systèmes d’élection, sans en trouver un qui leur convienne, ils s’étonnent et cherchent encore; comme si le mal qu’ils remarquent ne tenait pas à la constitution du pays bien plus qu’à celle du corps électoral

Il est, en effet, difficile de concevoir comment des hommes qui ont entièrement renoncé à l’habitude de se diriger eux-mêmes pourraient réussir à bien choisir ceux qui doivent les conduire; et l’on ne fera point croire qu’un gouvernement libéral, énergique et sage, puisse jamais sortir des suffrages d’un peuple de serviteurs. »

Alexis de Tocqueville, De La Démocratie en Amérique, 1835.

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Grand déballage national, socialisme et traîtrises passées

Nous voici donc conviés à un grand débat national pour que les tartufes déconnectés élus puissent enfin percer le fameux mystère des véritables aspirations des français. Comment ne pas se demander s’il ne s’agit pas d’un aveu discret de la part du président Macron que les institutions de la Vème République sont devenues trop peu démocratiques et que les conditions de son élections ne respirent pas la sérénité. Comme je l’avais écrit très tôt après son élection suivie des guignols à l’assemblée nationale, Macron aurait du prendre le risque de revenir immédiatement auprès des français pour renforcer sa légitimité fragile ainsi que des députés élus parfois avec moins de 20% des inscrits.

Sont-ils pour autant illégitimes? Evidemment non. Leurs adversaires ont effectivement réuni encore moins de suffrages ce qui traduit davantage une méfiance, maintenant une hostilité croissante dans la population envers ces politiciens, mêmes novices comme en témoigne le vaste soutien populaire aux Gilets Jaunes, déclinant très lentement malgré les violences inadmissibles. Macron aurait pu remporter aisément des référendums portant sur les thèmes qu’il avait imposé au parlement à son arrivée : réformes constitutionnelles, justice plus ferme et transparence de la vie politique. Entre Bayrou discrédité, lâché en rase campagne, Ferrand recasé, l’affadissement des propositions une fois examinées par les parlementaires, Macron n’a pas capitalisé sur ces maigres changements jugés insignifiants et tardifs. Le souffle des premières semaines est beaucoup trop vite retombé et la dynamique est désormais négative au point qu’on peut se demander si le quinquennat n’est déjà pas tout simplement terminé.

Macron tente de reprendre la main en lançant se débat. Quelques éléments sont portés à la connaissance des participants. Le volet écologique traduit l’enfermement idéologique de cette majorité sur ces questions, rien de bon n’est donc à en attendre je cite:

2018 est l’année la plus chaude jamais enregistrée en France. Ce n’est pas un cas isolé : 9 des 10 années les plus chaudes ont eu lieu après l’an 2000. Au rythme actuel des émissions de gaz à effet de serre, le seuil critique de 2 °C de hausse de la température mondiale sera dépassé avant la fin du siècle, entraînant de manière irréversible un emballement du climat et la multiplication des catastrophes naturelles.

On peut moquer la formulation ridicule qui consiste à laisser penser que depuis 2000 la température ne cesse d’être toujours plus élevée. Si on fait la moyenne depuis 2000, nous avons donc 19 années de données, aucun grand mathématicien ne me contredira si j’affirme qu’il n’y a pas grand chose à en conclure sur le fait que 9 à 10 années sont au dessus de la moyenne. Juste que l’écart type n’est pas très élevé. si je fais remonter bien avant l’an 2000 la mesure de la moyenne, je vais rapidement mélanger des données mesurées avec des protocoles différents. En fait, la rigueur scientifique aurait exigé de reprendre toute la phrase en y ajoutant des conditions de mesure, etc ce qui aurait rendu la lecture du document bien plus délicate à la majorité de la population, comme les politiciens et journalistes d’ailleurs, tous fâchés avec la science et les maths… sur les prévisions foutraques de températures futures, du rôle pourtant sujet à débat du CO2 et des récurrences des catastrophes naturelles soit-disant liées au climat, on s’amusera probablement dans quelques années à lire comment les politiciens trouveront la formulation alambiquée pour ne pas avouer d’être allé un peu vite en besogne.

Le volet fiscalité est plus amusant. Enfin façon de parler…

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Les priorités de la République socialiste française s’affichent gaiement et sans complexe. C’est très fort. La raison d’être historique d’un état et du vote d’un budget par les représentants du peuple ce sont bien les crédits aux missions régaliennes. Surprise, seuls 6% sont dévolus à ces missions essentielles. On retrouve sans surprise que les dépenses sociales pèsent presque le double du reste dans lequel figurent des lignes rigolotes comme la culture. Si on est allé chercher Stéphane Bern pour un loto du patrimoine, on peut supposer que le subventionnement des jongleurs d’orange progressistes est très supérieur à la préservation de ce qui fait venir des touristes du monde entier : une culture sans pareil dans un état de conservation et de mise en valeur exceptionnel. Même l’exception culturelle française préservée ou presque du mécénat privé est rangée au placard au profit de choses douteuses, des préoccupations éphémères de la gauche bobo…

On y voit aussi le lourd poids des choix passés aussi ruineux que consternants. La retraite par répartition où 1 € cotisé n’ouvre pas les mêmes droits selon les régimes et les caisses de retraite aboutit un scandaleux paradoxe : les retraités nous coûtent un bras, les baby-boomers n’ayant pas du tout cotisé ce qu’il aurait fallu provisionner et pire, les disparités font que des gens ayant travaillé durement se retrouvent avec des pensions honteuses. On passe sur les différentes aides sociales et mêmes, avouons-le, sur les aides aux entreprises d’une incroyable inefficacité au regard des coûts et des résultats affligeants. Macron s’est laissé piéger dans une équation trop contrainte avec ses 3% et Bruxelles tout comme il est pris au piège des lâchetés passées. Retraites en tête, problème visible dès l’époque où Mitterrand a abaissé l’âge de départ de 65 à 60 ans, explosif dans les années 90 et planqué aussi longtemps que possible par les gouvernements suivants.

On pourrait écrire un billet complet sur le document des dépenses tant il est fascinant. 40 ans de socialisme pour arriver à ces arbitrages scandaleux, anti-économiques, injustes, arbitraires, clientélistes etc. Aux contraintes du passé, Macron s’en rajoute d’aussi idéologiques et néfastes comme les prétendues exigences climatiques. Soit il est fou, soit il présume gravement de ses forces. Son incapacité à prendre des décisions fortes même en donnant le sentiment d’inclure la population française par un assentiment démocratique et l’inertie des erreurs et lâchetés passées vont probablement avoir raison de lui et des institutions désormais inopérantes. Voilà une prévision moins risquée que les 2°C et autres fadaises réchauffistes.

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