Sondages, mensonges et vidéo 2017

Cette compagne présidentielle 2017 part sur des bases stratosphériques de bêtises et de mensonges si grossiers que ça en deviendrait désopilant si l’avenir de la France n’était pas aussi préoccupant. Ce triste décalage révèle que les médias n’ont rien compris à 2016 et continuent de faire la promotion de ce que les gens ne supportent plus. Un sondage Elabe a émoustillé la toile cette semaine nourrissant des commentaires tous plus navrants les uns que les autres alors que chacun sait, je l’ai écrit ici, qu’être le favori des sondages à Noël n’était pas pas une garantie absolue. Partir de ce constat historique pour nous faire le coup de la surprise alors qu’aucun élément nouveau n’étaye cette vision sauf grâce à des occultations ciblées et une exagération ad-hoc relève de la pure propagande, je lâche le mot.

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De nombreux journaux ont titré au sujet de ce sondage: « Macron menace Fillon« . A la bonne heure, le sondage place dans tous les cas de figure François Fillon en tête du premier tour et Marine le Pen en seconde position mais le troisième menacerait le premier. Première escroquerie. Seconde escroquerie, Macron ferait un résultat lui permettant d’espérer une présence au second tour, donc, au dépens de Marine le Pen au cas totalement improbable où le vainqueur de la primaire PS ne récolterait que 3% des voix (c’est  dire 0% dans la marge d’erreur) ! J’ai rarement lu pire foutage de gueule.

Il est vrai que les médias sont convaincus et essaient de convaincre que le libéralisme punitif de Fillon serait ultra-libéralement méchant et que le social-libéralisme de Macron serait super gentil. Je ne suis pas certain vu ce qu’il est sorti des urnes en 2016 que des raisonnement aussi manichéens que risibles marchent encore auprès de l’opinion. D’autant qu’en dehors des jeunes cons de l’UDI à l’ignorance crasse sortis directement de la lessiveuse éducation nationale, les caciques, eux, ne sont pas fous voire lucides. Macron c’est du marketing, du vide intersidéral. Et, il y a des sièges à négocier accessoirement…

Octobre:

Janvier:

Depuis la désignation de François Fillon, les médias tirent à boulet rouge sur lui, il est trop horrible, il veut réformer le socialisme ambiant, il est gaulliste et il n’apprécie pas tellement la construction technocratique européenne actuelle etc. Pire, il est chrétien, quelle horrible religion qui pousse à poser des bombes actuellement! Il a possiblement baissé dans les sondages suite à sa discrétion après son plébiscite. Ses nouveaux porte-parole ne l’aident pas cependant: venus d’Alain Juppé (Bruno Apparu) ou de Nicolas Sarkozy (Gérald Darmanin) sont affreusement nuls. Sans que ce soit étonnant Bruno Le Maire (futur locataire au quai d’Orsay ? Matignon?) défend le projet et n’hésite pas dire qu’on pourrait aller plus loin (chez Bourdin cette semaine) tout comme ses anciens soutiens autrement plus proches intellectuellement et utiles à Fillon. Après avoir impeccablement organisé la primaire, la simplicité de Thierry Solère est rafraîchissante. Fillon va devoir avec ses porte-parole êtres prudents pour maintenir le FN à distance avec un discours ferme sur l’Islam radical, l’identité et la sécurité et Macron avec ses slogans marketing sur les réformes économique et sociales en attendant que Valls ne l’étrille pour espérer une défaite un peu plus honorable. Fillon sur TF1 cette semaine a indiqué qu’il commenterait le programme de Macron quand celui-ci existerait… Si Valls sort de la primaire de gauche vainqueur mais mal élu (scénario le plus probable pour le moment) il se chargera du cas Macron immédiatement car il y aura un « social-libéral » de trop dans la pièce, on va rigoler.

L’élection de 2017 est très certainement ouverte mais l’interférence de médias discrédités pourrait convenir à Fillon sauf si des éléments venus de ses concurrents de droite promus porte-parole ne cessent pas immédiatement de lui savonner la planche. Les sondages donnent lieu  des interprétations idiotes volontaires à se demander si les médias ne rêvent pas d’un second opposant le candidat cosmopolite d’une gauche raisonnable contre la droite enracinée qu’ils vomissent. Le clivage de 2007/2012 opposait le candidat de droite prétendument réformateur contre l’immobilisme socialiste. En 2017 l’idée qu’il faille réformer le pays s’est imposée enfin – mais entendons-nous bien, réformer c’est bien, pas trop c’est mieux – un nouveau clivage apparaît et c’est la conséquence de la vague qualifiée de populiste qui a soufflé en 2016. Il y a l’enracinement typiquement de droite économiquement plus ou moins libérale « alt right » avec Trump et UKIP contre les élites mondialisées, les démocrates ou Macron au centre gauche. Dans ce contexte, Fillon est l’homme à abattre: Il se refuse à la dilution de la France dans ce magma gluant qu’est l’UE mais prône une adaptation du modèle social à la mondialisation. MLP, elle, est une bien meilleure cliente au second tour pour la marionnette du système Macron: diabolisation facile, un programme économique qui fait peur à la droite. Un duel MLP/Macron et c’est le plus sûr moyen que la moraline de gauche, le MEDEF et les idiots du centre soient satisfaits et copains comme cochons!

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Le revenu universel inconditionnel révèle des fractures structurellement plaisantes

Pour bien démarrer l’année 2017, voici un sujet pour lequel j’ai eu du mal à trouvé un titre à la fois court, incisif et laissant entrevoir le fond de ma pensée. Mais c’est un sujet de fond sur lequel il convient de se pencher tant il ouvre beaucoup de pistes de réflexions. En 2016 a surgi l’idée qu’on pourrait accorder à tous sans condition un revenu universel en remplacement du maquis d’aides sociales source d’une ruineuse bureaucratie. Que le « choc de simplification » voulu par le président Hollande se solde par un échec risible, c’était naturellement prévisible mais au moins ça n’a eu aucune conséquence puisqu’en dehors d’entrepreneurs crédules personne de sérieux n’avait misé sur une quelconque avancée. Le RU propose une simplification drastique qui pourrait avoir de très lourdes conséquences en revanche. Enfin, dans une France rongée par le socialisme, il est très éclairant de voir (re)naître un clivage droite/gauche sur le sujet y compris chez les libéraux.

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Parmi les promoteurs à gauche du RU on trouve comme prévu des verts et Benoît Hamon, promettre une distribution gratuite de pognon dans un joli discours égalitariste pas très subtilement enrobé de jalousie est un art consommé chez eux. Mais il y aussi des libéraux dont le discours est plus élaboré. J’entends bien les avantages liés à la simplification, surtout si on se débarrasse de toute la bureaucratie qui gère plutôt mal que bien le foutoir actuel. Pour preuve, il y a tant de gens éligibles à ces aides qui ne les réclament pas par ignorance. Il y a aussi derrière l’idée d’une refonte du modèle social qui nécessite préalablement de confier au secteur privé les systèmes assurantiels (maladie/retraite) selon Jean-Marc Daniel, là déjà on perd pas mal de petits soldats socialistes… Au fond ce RU pose la question du périmètre des missions de l’état: déchargé de son rôle social global, il ne se focaliserait enfin que sur la lutte contre la grande pauvreté. Il est vrai que depuis qu’on empile les prestations sociales et les allocations à gogo, une chose est restée totalement immuable, à savoir que pour bouffer un sans-abri aura toujours besoin des Restos du Cœur et des associations caritatives. Pour sa bonne conscience, l’état les subventionne sans imaginer qu’elles existeraient sans lui et qu’il est même en grande partie responsable de leur nécessité. Nos amis finlandais se lancent dans l’expérimentation, reste à voir le protocole pour déterminer ce que l’on pourra en retirer. Jusqu’ici les seules expériences de RU ou s’en approchant ont été mises en oeuvre dans des pays très riches jouissant d’une rente notamment pétrolière. Un pays dépourvu de richesses naturelles lucratives et dans la zone € rend l’initiative à surveiller.

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Creusons-donc un peu plus sur le rôle de l’état et la vision qu’en a un des principaux promoteurs du RU à savoir le sémillant Gaspard Koenig. Le garçon m’est globalement sympathique puisqu’il prêche la bonne parole libérale un peu partout dans les médias y compris ceux de masse. Le souci c’est que derrière son ton professoral et ses litanies de citations de grands auteurs, il a par moments la regrettable propension de penser que tous les libéraux pensent comme lui. Or il eut quelques anicroches amusantes par le passé. Sur la restructuration des dettes européennes, on appréciera dans l’échange de fond de court le coup droit terrible de Charles Gave. Puis enfin sur l’état et le concept fumeux de « Jacobinisme libéral » avec Pierre Chappaz, libertarien assumé, pas convaincu par le RU comme prévu. Un matin chez Nicolas Doze pour faire l’apologie du RU, Koenig a expliqué que l’état devrait jouer un rôle d’émancipateur. Comme l’école gratuite et obligatoire de Jules Ferry auquel François Hollande rendit hommage sitôt élu avec le succès qu’on constate année après année dans les classements internationaux. Voilà une divergence de fond, ce n’est pas parce que j’ai jamais eu recours à l’état pour m’émanciper que celui-ci serait plus indispensable à d’autres. La légalité de l’état repose par le biais démocratique et pour le libéral classique son action doit se résumer à assurer la protection de ses citoyens par un nombre le plus réduit possible de monopoles que le secteur privé aurait possiblement plus de mal à assurer équitablement, les missions régaliennes, le reste n’étant que des fariboles socialistes. Or Koenig est ouvertement favorable à la dilution des Etats-Nations dans un ensemble fédéral plus vaste alors que le consentement à une tyrannie publique repose aussi sur ce qui fait Nation entre les individus, passons sur cette possible contradiction.

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On a assisté, au cours du XXème siècle, à une hausse constante du poids de la sphère publique tant sur l’économie que sur des pans entiers de nos activités privées nécessitant un clearing à échéance périodique rendu de plus en plus délicat au fil du temps par le politiquement correct. L’état est un grand léviathan où ses bureaucrates agissent pour légitimer leur mission, leur subsistance. L’état n’est pas là pour agir en faveur des plus démunis, pire, il s’en fout d’être responsable d’en créer. Tout type de structure humaine échappant à la concurrence d’une autre a malheureusement tendance à ne pas sanctionner les mauvais comportements voire à encourager la veulerie et non les initiatives individuelles bénéfiques à tous. Comment réformer l’état providence alors que celui-ci est devenu quasiment totalitaire et indispensable à la survie d’un nombre aussi important de malheureux qui vivent en mangeant dans sa main? Est-ce le moment d’offrir à la démagogie politicienne un instrument aussi puissant? Tandis qu’en France, pendant la campagne présidentielle de 2012, les candidats égrenaient leur catalogue de mesures d’une exubérante indigence et cherté, Mme Merkel expliquait calmement aux allemands qu’introduire un salaire minimum risquerait de fabriquer des chômeurs et qu’il valait mieux démarrer avec un petit boulot plutôt que de vivre aux dépends des autres, elle a certes du former une coalition mais le résultat global de la CDU était très élevé. Les Benoît Hamon & cie ne s’emmerdent pas : ils regardent le montant total des prestations sociales et le divisent par le nombres d’habitants. 700 Milliards en tout? Tiens on peut bien distribuer sans stress 800 € par mois! Même à ce montant celui qui n’a ni travail ni logement ne verra en rien sa situation s’améliorer. Si d’aventure le RU est un fiasco, comment revient-on en arrière? Quelle est la réversibilité d’une pareille mesure? Évoquez un smic jeune ou régionalisé et vous prenez dans la gueule un tir de barrage d’une rare violence.

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Je n’ai pas la prétention de connaître la pensée libérale jusque dans ses recoins mais quand Jean-Marc Daniel affirmait un matin de mémoire qu’un Condorcet serait favorable aux évolutions sociétales actuelles (positions sur la loi sur le divorce en 1792) je ressens une gène. Outre l’escroquerie de faire parler les morts on peut rappeler que Bastiat est mort à Rome, ultime voyage d’un libéral siégeant alors à gauche mais surtout très pieux. Sur les réseaux sociaux, de prétendus libertariens assurent que des mesures progressistes pourtant de gauche (généralement là d’où ils viennent intellectuellement) sont authentiquement libérales et qu’on n’est qu’un vilain conservateur droitard pour oser en douter. Idem sur le RU, une énième resucée – cette fois ci plus élaborée – de redistribution sociale qui cherche à dissimuler l’échec de plus en plus encombrant de l’école publique égalitariste, du marché de l’emploi et de son dénigrement de la vertu de la générosité privée, surtout quand, horreur absolue, elle ressemble à la charité chrétienne. Après un billet sur l’étatiste déguisé Macron, il me semblait non dénué de sens d’évoquer le fait que de plus en plus de socialistes se convertissaient au libéralisme tant l’échec du socialisme en France sautait au yeux. Ces braves gens en persistant à donner des bons points à qui pense comme eux et à qualifier de libéral des chimères socialistes prouvent que parmi les clivages intellectuels qui structurent le débat en France, le clivage droite/gauche n’est pas mort du tout… Y compris chez les libéraux!

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Emmanuel Macron, l’imposture médiatique

Quand on s’attaque au freluquet arriviste Macron après avoir ouvertement soutenu le seul candidat de droite qui proposait enfin des réformes structurelles d’inspiration libérales, on pourrait vite m’objecter « tu as peur« . Oui, et justement j’écris pour exorciser mes peurs: non pas que je redoute que la créature médiatique vienne troubler le jeu politicien mais qu’il trouble les débats en détournant les français des vrais enjeux. Emmanuel Macron n’est qu’une fabrication médiatique de substitution à Juppé afin de tenter de poursuivre le jeu de dupe en vigueur depuis trop longtemps, de camouflage les réformes indispensables que nos voisins et concurrents ont appliqué et qui marchent. Sur des sujets autres que l’économie, Macron n’est là aussi qu’une marionnette télégénique dissimulant les risques graves de fracturation de notre société.

La primaire de la droite et du centre portait bien mal son nom, c’était évidemment la primaire de la droite de gouvernement LR. Le centre comportant peu d’électeurs mais volatiles d’autant plus en l’absence de leaders – mal tenus par le dislecsique palois estampillé Modem ou l’ectoplasme clientéliste de Drancy UDI – on comprend leur difficulté à se rallier au candidat de droite enfin de droite depuis des décennies d’égarements. La tentation s’appelle Macron, le Rastignac des autocars au discours économique ambiguë, au fédéralisme européen assumé et à la jeunesse dont le toupet est faussement rafraîchissant. Nous voilà bientôt en 2017 et nous ne connaissons toujours rien dans le détails du programme d’Emmanuel Macron. Tapez sur google « Emmanuel Macron Programme » et vous ne verrez figurer que des coupures de presse datées de novembre 2016, son entrée en campagne. Depuis, le vide. Il laisse à Fillon le soin de se faire étriller par les médias gauchistes pour oser proposer de réformer notre modèle social communiste pour présenter comme de la nouveauté des gribouillis de notes comme on apprend à les rédiger à l’ENA, des mots clés, des slogans, vraiment du vide intentionnel.  Il n’y a pas que sur la connivence entre l’état et les grandes entreprises où Macron restera silencieux, il y aussi le clientélisme politique qui a trop longtemps fermé les yeux entre les accointances entre des imams et les pétro-monarchies depuis lesquelles le salafisme trouve son financement. Même là dessus Manuel Valls a été plus courageux et même plus que bon nombre d’élus de droite. A mes yeux, les attaques le soir du Bataclan c’était la guerre civile, faut-il que les corses aillent plus loin dans les représailles envers les bicots pour qu’on ose enfin l’avouer? Le silence coupable de Macron révèle la volonté de la gauche de tenter une ultime fois de faire croire que ce n’est pas un sujet, circulez il n’y a rien à voir. Or quand on circule on voit fort bien tous ces sujets que la gauche et les médias macronisés ne veulent pas rendre compte.

Après la déferlante survenue en 2016 dans les urnes, tout le monde redoutait une candidature anti-système qui viendrait bousculer les tabous qu’il est interdit d’évoquer : Euro, UE, fonctionnaires, 35h, sécu, retraites etc. Il est de plus particulièrement grotesque que les médias se soient reportés immédiatement après la claque reçue par Alain Juppé sur Emmanuel Macron en le présentant comme hors système alors qu’il est le produit le plus chimiquement pur du système mafieux qui sévit au sommet de l’état et de l’économie française. Non, sur tous les sujets qui fâchent Macron en dira le moins possible et évitera de dire comment il pourrait passer des réformes ce qui nécessiterait d’expliciter ses alliances. Avant que la France ne s’offre à nouveau la frivolité morbide d’élire un énième social-démocrate, il y aura beaucoup de réformes de fond à accomplir d’ici là. Espérons qu’en ce dernier jour de 2016 l’année qui s’ouvre sera bien celle du redressement plutôt que la fuite en avant décadente dans le socialisme.

Meilleurs vœux pour 2017!

 

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Le socialisme de droite: le mongaullisme

J’écrivais il y a quelques mois que la droite courrait le danger de se diviser avec la tenue d’une primaire ce qui affaiblirait les chances de celui qui en sortirait égratigné alors que l’élection de 2017 semble imperdable. Il n’en fut rien car les écarts furent nets et la sanction très dure pour l’ancien président de la République et pour tous ceux qui pensaient que le moment était venu d’opérer le renouveau (avec un pur produit de la technocratie made in ENA!). Dès lors, François Fillon n’avait plus qu’à attendre de connaître qui sortirait de la mascarade socialiste et de résister aux critiques de la presse subventionnée qui refuse de comprendre la leçon spectaculaire de 2016: les peuples occidentaux ne l’écoute plus et les mensonges socialistes s’écroulent les uns après les autres. Mais les médias gigotent encore, ne pas être cliniques avec la nullité extrême de la gauche, au fond, nous y étions habitués. Qu’elle veuille encore interférer le sens de l’histoire malgré son discrédit est intéressant surtout après la jurisprudence Trump & Brexit. Soit ils n’ont rien compris soit je minore encore trop son pouvoir de nuisance.

Fin novembre la situation était limpide mais chacun sait que 6 mois avant une élection présidentielle, il n’est que rarement recommandé d’être le favori mais il convient de voir pourquoi!. Valéry Giscard d’Estaing n’a pas vu venir sa défaite de 1981 face à François Mitterrand, il faut dire que l’intriguant de 1965 a profité d’une conjonction de facteurs très favorables dont notamment un Jacques Chirac ayant renoncé à servir l’intérêt général pour servir son ambition personnelle. Les 5 années au pouvoir des socialistes se concluent par une raclée aux législatives de 1986 qui aurait du motiver une alternance en 1988 et pourtant Chirac fut écrabouillé par un Mitterrand rongé par le cancer qui avait pu instrumentaliser tous les événements possibles survenus pendant la cohabitation avec un cynisme immonde et avec la complaisance déviante des journalistes, caractéristique des courtisans à Versailles sous l’ancien régime (Affaires, Mazarine). En 1995, Edouard Balladur s’est ringardisé tout seul tandis que Chirac, ayant assumé la liquidation du gaullisme – toujours pour servir son ambition présidentielle avec le traité de Maastricht en 1992 –  ne ressentait toujours aucun complexe à verser dans la démagogie la plus grotesque avec sa fracture sociale et ses pommes. En 2002, Chirac sortit éreinté de la cohabitation et ne franchit pas la barre des 20% au premier tour, sa réélection fut miraculeuse bien aidée par la nullité de Lionel Jospin et de l’aveuglement idéologique de la gauche. Les deux élections suivantes marquèrent une inflexion logique cependant. Fin 2006, Nicolas Sarkozy proposa une rupture qui fit revenir des électeurs gagnés par l’abstention, Ségolène Royale étant nulle, pour la première fois depuis 1978, le même camp gagne deux législatives de suite. En 2012, archi-favori, en prenant le moins de risque possible, François Hollande fut élu président. Seuls les honnêtes gens sur le plan intellectuel surent que ce président aurait pour la première fois à combattre en son sein plutôt que contre les oppositions naturelles. On connaît la suite, Hollande a du renoncer à briguer un second mandat, fait exceptionnel.

Dans un contexte pareil, une droite unie derrière un homme sorti d’un processus démocratique (que tout autre aurait exclu) la géniale intuition de Fillon, quand il prend le risque de laisser à Jean-François Copé le parti en échange de cette primaire ouverte, devrait le conduire à l’Elysée désormais. C’est oublier un point évoqué dans la rétrospective historique du rôle devenu malfaisant du contre-pouvoir médiatique. Les journalistes osent présenter la volonté réaffirmée de Fillon de réformer la sécu comme une reculade alors que le sujet est soit disant tabou et même interdit. Voilà qui permet de juger du niveau de partialité de ces gens là qui pensent encore tenir les masses tandis que leur niveau de popularité rase les paquerettes comme les politiciens professionnels responsables de notre dégringolade. Charles Gave va plus loin en se réjouissant – possiblement un peu vite – de la fin de l’ère des démagogues. Il est vrai que Fillon a cherché ces derniers temps à se mettre en cohérence avec sa volonté affichée de dire enfin la vérité aux français. Pas d’entrevue avec le jeune prince saoudien, pas de recul sur le non cumul des mandats là où Sarkozy n’a pris la primaire de la droite que comme une légère extension du corps électoral de la présidence du mouvement réservée aux militants essentiellement constitués d’élus… Or les médias tentent de tailler en pièce le programme de réformes de Fillon d’une manière désordonnée mais en actionnant tous les leviers restants. Si Fillon mérite l’Elysée, lui qui a déjà perçu que tailler poliment les journalistes était vendeur, il ne devrait pas avoir trop de mal pour percer à jour ces stratagèmes grossiers.

La première mystification est Emmanuel Macron : Jean-Charles Simon rappelle son étonnant parcours qui montre que l’arrivisme de centre-gauche est autrement plus efficace que celui de centre-droit d’un Bruno le Maire qui a visiblement plus souvent hésité dans le choix de ses compromissions utiles à des fins personnelles. L’attitude vis à vis de Macron du groupe Altice sera nécessairement à surveiller… D’autant que le vaisseau amiral, RMC/BFMTV ouvre largement ses micros à Henri Guaino, candidat dissident de la « droite » tout comme l’improbable Michèle Alliot-Marie. Deux gaullistes refusant les primaires au motif qu’un chefaillon bonapartiste n’a pas à trouver sa légitimité dans la vilaine populace via un processus démocratique, il en impose de lui même ce qui évidemment caractérise magnifiquement ces deux arrivistes que la politique a rendu très riches sans jamais exercer la moindre profession en dehors de leurs mandats électoraux ou rôle de conseillers grassement payés. Aucun des deux ne tire la moindre conclusion de la primaire, deux candidats favoris et mis en avant par les sondages et les médias et au final battus sévèrement par une foule de plus de 4.5 millions de personnes soit bien au delà des espérances. Non! Henri Guaino reste persuadé qu’il reste de la place pour un candidat proposant mieux que l’horrible purge – la plus terrible depuis 1945! – de l’affreux François Fillon. C’est très amusant, 2 gaullistes sociaux proches de Philippe Seguin qui en 2016 partagent des vues aussi opposées. Fillon, pragmatique pose un regard lucide, clinique sur l’état de la France et entérine la volonté d’une large partie de nos concitoyens de conserver l’€ ce qui implique des réformes profondes. L’autre veut conserver le socialisme en place qui a perverti les esprits et nous a dépourvu de toute compétitivité vis à vis des états du nord de la zone € sans oser proposer d’en sortir comme le suggère la national socialiste Marine Le Pen au fond plus cohérente que lui.

La France n’est pas avare de paradoxes. En 2007 avec sa rupture, on pensait que Nicolas Sarkozy mettrait fin au tropisme de la droite française sur le gaullisme. C’est finalement un gaulliste presque de gauche il y a 25 ans qui en mêlant conservatisme sociétal et réformes économiques en conservant l’€ (contre lequel il a voté) qui se promet de mettre fin au socialisme de droite. Pas étonnant donc qu’un électeur n’ayant pas assez de repères historiques en perde son latin. Plus singulières sont les candidatures de prétendus gaullistes qui soutiennent l’augmentation de la dépense publique de 37 à 57% du PIB entre les années De Gaulle (niveau comparable à l’ultra-libérale Suisse actuelle) et la Socialie triomphante avec ses 2200 milliards de dettes, 8 millions de pauvres et 6.5 millions de chômeurs ou en sous-emploi actuels. Sans parler du trou de la sécu, expression entendue dès mon enfance il y a 30 ans, de l’enfant sur 4 qui naît dans une famille pauvre et enfin de l’effondrement du niveau scolaire via l’égalitarisme maladif qui a brisé l’ascenseur social. Ah vraiment Henri Guaino a raison, il est urgent de ne rien changer, tout va bien et nous sommes lancés sur de bons rails, il peut faire pleurer dans les chaumières sur son cas personnel alors que sans jamais prendre le moindre risque de sa vie, il aura pu accumuler une fortune extravagante qu’aucun salarié n’aura l’espoir d’égaler. Que ces fausses dissensions exacerbées par les médias méritent leur vrai sort : le néant.

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Fillon contre la sécu communiste

François Fillon a brillamment remporté les primaires de la droite car son projet qualifié par l’intéressé de radical était attendu et son calme et son sérieux l’ont présidentialisé au cours des débats. Dès le lendemain du premier tour, la gauche et la presse aux ordres pressentant la défaite magistrale du candidat qu’elle préférait, se mirent à attaquer tous azimuts. Comment ce double crime de lèse-majesté à savoir ne pas tomber dans le panneau du candidat de droite facile à abattre puis ensuite d’oser renoncer au socialisme est-il possible? Après l’horreur qui découle de ne pas avoir abjuré sa foi chrétienne et de ne pas se prosterner devant le progrès qui fait de l’avortement un acte aussi banal qu’un mode de contraception parmi d’autre, voici qu’on nous annonce que François Fillon se prend les pieds dans le tapis au sujet de la sécurité sociale…

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Fillon a mille fois raison de s’en pendre au mastodonte collectiviste qui pille les revenus des français en leur offrant une protection toujours plus maigre. Avec la retraite à 60 ans du magnanime Mitterrand dans un système de Ponzi qualifié de « par répartition » et une hypertrophie de la sphère publique territoriale, voilà les deux principaux facteurs expliquant la croissance anémique avec comme conséquence la persistance du chômage de masse. Revenons un peu en arrière, comme le démontre Eric Verhaeghe, notre cher, très cher modèle social trouve ses racines dans des esprits tordus de fonctionnaires du conseil d’état. C’est un savant mélange de collectivisme du Front Populaire et d’autoritarisme du régime de Vichy. Les ordonnances de 1945 n’ont pas tout défini d’un seul bloc, Charles de Gaulle négociant ce qu’il pouvait avec le CNR où des communistes armés étaient surreprésentés ne peut dignement pas être affublé de cette prétendue conquête sociale. Notons au passage la vilenie des ordonnances surtout dans une période trouble lorsque la démocratie n’est pas encore bien stabilisée, voilà qui me paraît relever d’un procédé crapuleux bien pire qu’un article 49.3 de la Vème République qui engage le gouvernement à l’assemblée…

Or il y a beaucoup de monde qui vit du paritarisme dont la sécu est un puissant pourvoyeur de places, de privilèges, de prébendes et même d’un musée parfaitement inutile véhiculant une propagande obscène. Notre si cher modèle social auquel nous serions si attaché est-il si attachant? Emprisonnant, il l’est. François Fillon a raison de mettre les pieds dans le plat, ça lui a réussi jusqu’ici mais il faut qu’il évite de toute urgence de tomber dans deux écueils prévisibles :

  1. Pour agir dans les 100 jours, il lui faut des textes de lois prêts avant l’élection présidentielle comme il l’a promis : il prend le risque de passer pour le premier ministre qu’il fut, dépourvu de la stature du chef de l’état qui ne se borne qu’à fixer les grandes orientations et tracer un cap pour les 10/20 ans qui viennent.
  2. En l’absence de cap clair, il a pourtant dressé deux objectifs ambitieux mais pour le moment purement économiques – Faire de la France le pays le plus puissant en Europe à horizon 2030 et le plein emploi au plus vite – il risque de ne véhiculer qu’une vision comptable à courte durée (réduction des déficits).

Examinons 3 points inquiétants de notre trop cher modèle social s’agissant de l’assurance maladie qui obligent les politiques d’urgemment débattre du sujet :

  1. La sécu est en déficit chronique, la CADES soit disant temporaire devait lisser rapidement les petit soucis comptables… Comme pour les retraites, la lâcheté politique s’est réjouie de la manipulation des taux d’emprunts des états pour faire perdurer des situations anormales qui devaient être tout aussi temporaires que la CSG. Conscients du problème, les socialistes augmentent les cotisations et remboursent moins, et pire, privatisent en silence le système en rendant la mutuelle complémentaire obligatoire sans oser ouvrir le débat sur la question.
  2. Avons-nous encore de quoi nous réjouir de notre système? Si on regarde des statistiques de l’OCDE le % de français renonçant à des soins comme par exemples les yeux ou les dents, nous sommes à des niveaux comparables voire supérieurs à des pays dont le modèle est vilipendé à longueur de journée (pays anglo-saxons par exemple). Dans le registre mensonge grossier, on se doit de rappeler qu’après la constitution d’oligopoles en UK ou aux USA, la NHS britannique a été totalement re-nationalisée (et ça ne marche toujours pas d’où les débats intenses lors de la campagne des élections générales de 2015) et qu’aucun candidat républicain américain n’avait peur d’affirmer qu’il fallait se débarrasser de l’Obama-care.
  3. Les stats qui tuent : grâce à des accords entre l’UE et des pays comme la Suisse, les frontaliers travaillant en Suisse peuvent choisir entre leurs systèmes nationaux ou de s’assurer en Suisse. Les frontaliers français un temps menacés par l’autre folle dingue de Touraine qui est aussi prompte à critiquer François Fillon que d’étatiser définitivement la santé française, ont choisi à 75% de renoncer à la sécu. Quand les français ont le choix pour un système qui introduit un peu de concurrence, ils fuient majoritairement le système communiste français en clair.

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Sur la base de ces 3 considérations, il y a moyen de travailler l’opinion publique. Sondages après sondages on mesure qu’enfin les français admettent que les 35h et le « tout état » qui se disperse dans ses dépenses aussi somptuaires qu’inutiles en négligeant le régalien en périodes d’attentats sont à éliminer d’urgence. Le mythe de la sécu est un totem tellement ancré, après 70 ans de lavage de cerveau socialiste, tellement lié au pré-carré des syndicats communistes que j’en viens à me demander s’il ne faut pas réformer d’abord la représentativité syndicale avant de toucher au tiers du PIB redistribué via la dépense sociale. François Fillon a tort de vaciller, sinon comme cette absurdité historique en la personne de Ségolène Royal – du niveau de son ancien concubin – le prédit, des renoncements face au socialisme (qui se croira éternellement tout puissant) il risque d’y en avoir d’autres. Je fais le pari que les 3 millions d’électeurs qui se sont portés sur Fillon ne sont pas plus enragés que les 15 à 16 millions qu’il reste à convaincre. La sécu est notre cancer, plutôt que de réformer le RSI, Fillon ferait mieux d’affaiblir intellectuellement le monopole communiste de la sécu en offrant aux indépendants la liberté d’affiliation et d’en faire le bilan au bout de quelques années pour généraliser au régime générale la mesure…

 

 

 

 

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Valls, Macron et primaire PS

Donc Valls y va, fin du suspens. Tous les commentateurs chevronnés que compte notre beau pays ont martelé la semaine dernière l’idée selon laquelle la défection de François Hollande était inédite. Il serait plus juste de relever le fait rarissime que c’est le premier ministre en exercice qui a démis le président de sa fonction! Manuel Valls n’a pas tardé, à peine son ancien boss exécuté, sans attendre la clôture des dépôts de candidature fixée au 15 décembre, il se lance depuis son fief, comme on dit, avec une mise en scène si peu sophistiquée que même les médias mainstream l’ont raillé rappelant que Valls déplorait la faible proportion de « blancos » en 2009 déambulant dans sa chère ville d’Evry.

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Outre le slogan creux qui reprend la sempiternelle volonté de rassemblement mise en exergue immédiatement par les personnalités clivantes, Sarkozy en 2007 avait notamment affirmé « Ensemble tout devient possible », Valls recycle les vieilles ficelles de la gauche française. Le parterre entourant le candidat du peuple – prétendu comme tel – mérite qu’on s’y intéresse. Se soumettant à l’anti-racisme imposé par les élites médiatiques penchant à gauche, Nicolas Sarkozy avait nommé des femmes ministres, si possible issues « de la diversité » en pensant plaire, aucune ne l’ont soutenu par la suite (Rachida Dati possiblement par ressentiment tenace envers François Fillon qui lui a grillé la politesse dans sa circonscription en 2012). Le think tank socialiste « Terra Nova » assume la segmentation de l’électorat en clientèles à séduire sacrifiant l’idée d’intérêt général : en occident il y a un noyau dur de 30/35% d’électeurs naturellement portés soit sur la gauche soit sur la droite et les 30/40% restants composés d’indécis et de minorités ethniques. Convaincre ces derniers que la droite, opposée à l’immigration, est capital pour répandre durablement l’idée fausse que les dirigeants de droite seraient plus racistes que ceux de gauche. D’où la religion de l’anti-racisme, de la repentance et la culpabilisation outrancière voire mensongère historiquement sur l’esclavage et la colonisation : cette stratégie a permis l’élection du maire de Londres Sadiq Khan. Cette même stratégie a pourtant été éventée très maladroitement par Claude Bartolone ce qui lui a coûté la région Île de France tant les électeurs du FN se sont comme aucuns autres en France porté sur Valérie Pécresse au second tour. Aux USA, elle n’a pas fonctionné alors qu’Hillary Clinton avait grandement misé dessus. Enfin, il n’est pas impossible que des fous comme Alain Soral et son blog politique très consulté ait une certaine audience auprès de jeunes vivant ou issus des banlieues islamisées, blog sur lequel le prédicateur antisémite prend régulièrement pour cible Manuel Valls sur fond de « Quand même » repris un soir sur France 2 par Floriant Philippot face au principal intéressé.

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Le parcours de Valls présente des similitudes assez troublantes avec Nicolas Sarkozy : propos tranchés qui heurtent une partie de son camp, transgressions idéologiques, pipolisation, bonapartisme. Il est passé en moins de 5 ans de la position de simple soutien au second tour de la primaire de 2011 à celle d’un pilier efficace en campagne des présidentielles 2012 à rempart indispensable à l’intérieur puis à Matignon. In fine, Valls achève Hollande qui s’était méthodiquement fait l’artisan de son propre empêchement. La trahison de Valls à celui à qui il doit tout est de nature différente de celle de Sarkozy en 1995 envers Jacques Chirac d’autant que ce dernier à son regret avait du rappeler Sarkozy sans pouvoir contrarier ses ambitions présidentielles en lui collant Dominique de Villepin dans les pattes. Tout va beaucoup plus vite avec Valls. Trop vite, pourquoi se présente-t-il en sachant qu’il n’a que fort peu de chances et que sur l’autel du réel, le PS peut mourir comme il l’avait prophétisé à La Rochelle? Ma thèse ce soir c’est qu’en cette période d’accélération de l’histoire, il est risqué de laisser une place vacante. François Mitterrand a pu se présenter en 1965 face à Charles de Gaulle puis face à Valéry Giscard d’Estaing en 1974 avant de l’emporter car la France a globalement été bien gérée jusqu’à 1981. L’accélération de l’histoire fait que de ne pas chercher à en être en 2017 risque de vous mettre sur la touche en 2022. Mais comment sortir la tête haute d’une probable défaite en 2017 qui risque au sortir des législatives de scinder le PS? Ou alors, Valls serait conscient que la gauche ne peut pas réformer le pays avec plus d’un quart de ses membres n’osant pas assumer leurs idées communistes comme Mélenchon et qu’il faudrait s’en débarrasser à n’importe quel prix? Il est vrai que ce travail aurait du être fait en 2002 après le choc du 21 avril mais le premier secrétaire de l’époque avait décidé qu’il était urgent de ne rien faire, c’était un certain François Hollande…

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Avant même que François Hollande ne s’éclipse, son ancien conseiller et ministre Emmanuel Macron se lançait balayant d’un revers de main toutes les tentatives risibles des médias et du PS de le voir concourir à la primaire du PS. En ces temps troubles ou tout le monde mais surtout ceux qui n’arrivent plus à vendre leurs feuilles de choux remplies d’inexactitudes et d’analyses rasant les pâquerettes, on cherche la surprise. Comme si le Brexit et l’élection américaine qui avaient déjoué tous les pronostics bien pensants signifiaient nécessairement que les français étaient à leur tour déterminés à faire mentir toutes injonctions du système… Non seulement ce n’est pas le cas et c’est ne rien avoir compris les ressorts des votes Trump et Brexit mais surtout nier le plébiscite clair et net de François Fillon, homme tout sauf neuf mais clair et précis, dépourvu de casserole tapant gentillement sur ces journalistes autant imbus d’eux mêmes que les politiciens professionnels en échec partout en occident. Macron c’est le pur produit du système, énarque, inspection des finances, passage dans une banque proche de la gauche sans démissionner de la fonction publique pour empocher en un an plus qu’un connard de sans-dent dans sa vie, conseiller d’Hollande validant son choc fiscal de 2012 puis ministre des faillites et d’une misérable ouverture à la concurrence du transport par autocars. Aucune privatisation (celle des aéroports avaient été décidée sous l’autre crotte de Montebourg) pire, montée au capital temporaire de Renault pour l’histoire des votes doubles mais location de titres donc rétribution. Macron a enrichi sur le dos des contribuables français quelques uns de ses potes de la Deutsche Bank alors que l’état n’a plus rien à foutre dans le capital d’une firme non stratégique (tout comme PSA alors qu’on pouvait se poser plus de questions sur les turbines militaires d’Alstom). J’enrage de lire des twittos libéraux s’émoustiller avec ce renégat de salons parisiens, ce Rastignac des autocars, pur produit made in Attali, sans parti, sans élu. Fort heureusement, sorti du périphérique parisien ou de quelques grandes agglomérations mondialisées, son discours sera inaudible d’autant plus qu’il n’a aucun charisme et que son talent d’orateur à la tribune tangente le 0 absolu. Mais je suppose que ses soutiens sont assez habiles pour encaisser une dette supplémentaire en ne franchissant pas la barre des 5%…

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Pour conclure, faut-il aux sympathisants de droite participer à la primaire de la gauche comme l’ont fait des sympathisants de gauche désireux de virer Nicolas Sarkozy et ensuite craignant un second tour Marine Le Pen vs le candidat de droite le moins loin de leur idées? A part retarder l’échéance, les votes venus de centristes qui ne votent pour le candidat de droite qu’au second tour ou les voix de gauche n’ont servi à rien. Il en sera de même à gauche. Tout au plus limiter l’écart entre Valls et Montebourg. Seul face aux frondeurs et un horripilant Arnaud qui sera tenté par la démagogie comme jamais, Valls a assez d’ennemis dans son propre camp… Si le PS réunit 2 millions de participants ce sera déjà assez beau, pas la peine de venir grossir les rangs d’autant que derrière il lui faudra éteindre Macron, autant de temps perdu à combattre le « purge ultra-libérale » de Fillon le tout en se faisant élire sur un projet tout sauf marxiste… Si le « blast » de gauche sauce Valls ne se matérialise pas rapidement, l’opinion en toute connaissance de cause pourrait fort bien enterrer l’idée d’un vote utile et se résoudre à une élimination dès le premier tour d’un champion mal aimé et mal désigné… A suivre donc.

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Fillon le plébiscite, Sarkozy l’échec, Hollande la capitulation, 2016 année charnière

On se doutait que la violente passe d’armes du week-end dernier entre le premier ministre et le président portait sur la prochaine présidentielle française. Il était logique que Manuel Valls entraîné vers les abîmes par ce président (qui méritait dernièrement la destitution pour divulgation de secrets défense) l’obligerait à clarifier sa position au plus vite. Fort logiquement pour un président en exercice, capable de briguer un second mandat et en ayant la volonté, se voir mettre dans les pattes une primaire était un désaveu complet dont Hollande n’a pas réussi à s’extirper.

Comme le résume fort bien la correspondante à Paris de The Economist, Hollande n’avait que 3 choix cornéliens: 2 humiliations possibles, être défait soit à la primaire soit au premier tour de l’élection présidentielle soit renoncer de concourir. C’est cette dernière solution qu’il a choisi, probablement parce qu’en apparence, c’est la moins désastreuse en terme d’image, élément si important à tout homme politique imbu de lui même et surestimant ses capacités.

François Hollande a donc précipité une allocation télévisée pathétique au cours de laquelle il a longuement loué son action et vanté son bilan tout ça pour en arriver au « mais » fatidique tant attendu. Les assertions étaient toutes grossières et mensongères, les chiffres lui donnant tort, ces exagérations grotesques vont clore ce sinistre quinquennat raté du début à la fin. Il serait franchement nécessaire que les français méditent son message résumé de façon synthétique : mon bilan est tellement formidable que j’en ai tiré comme conclusion que je ne suis pas en mesure de dignement me confronter au jugement des français avec et la vision que je porte

En 10 jours les deux présidents qui ont fait perdre 10 ans au pays sont sortis piteusement par la petite porte. Sans tous les errements notamment sexuels avec le motard casqué qui vient tromper sa concubine rue du cirque, régaliens avec l’humiliation de la Leonarda, la répression déplacée des militants conservateurs qui tranche avec la mansuétude électoraliste envers l’islamisme politique, Hollande a pris plus de risques que Sarkozy. Il avait cherché à extirper le PS de l’idéologie marxiste. Qu’il en soit loué mais ses efforts ruinés par son incapacité à incarner la fonction vont nous faire perdre énormément de temps. L’erreur c’est de n’être jamais sorti de l’habit de premier secrétaire du PS capable de synthèses impossibles pour donner du grain à moudre aux frondeurs, et, que constatant son absence de majorité pour mettre en musique ses beaux discours sur les entreprises, de ne pas avoir procédé à la dissolution de l’assemblée nationale. Au lieu de cela, Hollande a a préféré opérer une réformette factice qui reculait du printemps à décembre 2015 la tenue des élections régionales en espérant gagner du temps et dissiper l’hypothèse d’une dissolution signifiant clarification. Valls est donc tout aussi mouillé et je lui souhaite bien du courage de défendre cette politique de gribouille devant les impétrants aux pistolets chargés et prêts à être dégainés comme à OK Corral. Valls a du faire plier Hollande en le menaçant de l’abandonner comme un vieux chien galeux, qui ne ferait même pas pitié à la SPA, sur une aire d’autoroute mais sa responsabilité est tellement encombrante qu’il ne peut pas s’en tirer si simplement…

Quelques jours auparavant la gauche toute puissante dans les médias attaquait François Fillon – nouveau favori de la présidentielle – en lâchant toutes les bêtises hargneuses dont elle est capable. Ces journalistes ne se rendent même plus compte que leur influence sur la classe moyenne exsangue d’impôts, de normes, de réglementations liberticides tangente le néant. Les attaques deviennent tellement grotesques qu’on voit bien que cette caste entérine l’idée que la gauche est intellectuellement morte et que son ultime chance de survie et la reductio ad hitlerum. En livrant ainsi leurs toutes dernières forces avec finalement plus de courage que François Hollande, le président normal qu’ils expliquaient n’être point du tout arrivé comme un cheveu sur la soupe en 2012, tous les masques tombent…

Après les évictions de Juppé et de Sarkozy (les têtes de Turc faciles), le renoncement d’Hollande le génial manipulateur de Tulle, l’offensive des médias pour nous vendre Emmanuel Macron va s’intensifier. 1h sur RTL ce soir – on ne sait pas au nom de quoi – et bien plus encore à venir, ne nous y trompons pas, c’est François Fillon qui a toutes les cartes en main. Une chose très importante a changé qu’il va devoir apprendre à maîtriser: il est passé en quelques jours du rôle de challenger à celui de favori. Que ce soit sur sa campagne, des mouvements tectoniques (nécessaires) à droite ou du battage médiatique incessant pour le petit Rastignac vaguement libéral, la primaire sanguinaire à gauche, on va avoir de quoi rigoler en France dans les prochaines semaines.

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