Ce nouveau gouvernement penche-t-il trop à gauche?

Enfin, et cette fois-ci annoncée à l’heure, la composition de la nouvelle équipe gouvernementale est connue. En dehors du premier ministre Edouard Philippe, seuls deux élus LR intègrent cette équipe de 22 personnes respectant globalement les équilibres promis. Ils auront en charge toutes les équipes de Bercy, gros morceau donc et très casse-gueule (Le Maire était le seul prétendant à la présidence à vouloir baisser la CSG que Macron veut augmenter). Les ministres d’Etat, eux, semblent beaucoup plus proches du président Macron et des socialistes tandis que le Modem décrochent 3 maroquins, non des moindres. Rapide revue en détail et des conséquences possibles. Comme redouté, le renouveau, l’ouverture à la société civile, la parité sont de jolis vœux pieux qui se heurtent à l’exigence d’efficacité et de cohérence de l’action publique. Ce premier gouvernement n’échappe pas à la règle malgré le sans-faute d’Emmanuel Macron depuis son élection.

Gérard Collomb hérite de l’intérieur, poste si exposé actuellement. Avant même qu’Emmanuel Macron ne se lance dans l’aventure, tout en se tenant à l’écart des gouvernements pitoyables d’Hollande, Collomb soufflait déjà l’idée sur les plateaux TV que Macron était présidentiable. Réélu à Lyon qu’il gère d’une main de fer au grand dam des élus Modem cherchant une investiture dans le Rhône, on peut faire pire comme socialiste. Jean-Yves Le Drian et Sylvie Goulard étaient attendus mais chacun au poste de l’autre, le premier fut un des rares, si ce n’est le seul ministre compétent d’Hollande, apprécié et réélu en Bretagne sans s’allier ni aux verts ni aux communistes. La seconde, MODEM, ralliée de la première heure, partageant les convictions européennes du président et très compétente, étant probablement la seule candidate sérieuse pour Matignon. Là encore comme socialiste ou centriste, on fait bien pire, Goulard étant même globalement libérale. Richard Ferrand quant à lui, socialiste breton, modéré lui aussi, fait également partie avec Christophe Castaner voire le benjamin Mounir Mahjoubi, des élus ou gens engagés à gauche qui avaient rejoint Macron convaincus que le PS était mort du fait des synthèses impossibles entre les réformateurs sociaux-démocrates et l’aile marxisante. Mention spéciale au porte-parole Castaner : aux régionales en PACA, il s’est désisté pour faire élire Christian Estrosi et fut manifestement talentueux durant la campagne présidentielle. Encore quelqu’un issu de gauche avec lequel une droite réformatrice a plus envie de travailler que les vieux croûtons LR, en place depuis trop longtemps, qui défendent avec encore plus de talent que la plupart des socialistes, notre modèle social collectiviste agonisant. Les personnalités issues de la société civile ont une expérience managériale et/ou de conseil à haut niveau qui les rendent très intéressantes sur le papier. Inutile d’épiloguer.

Je vois deux ombres au tableau : Bayrou a poussé une soufflante pour plus d’investitures La République En Marche à des encartés MODEM pour qu’au final son ministère soit le plus important possible. Il hérite de la justice. On verra donc, mais vieille tactique politicienne pour servir des desseins personnels. L’autre ombre est la nomination du fantasque Nicolas Hulot capable de nous planter des éoliennes partout alors qu’elles coûtent très cher et ne produisent rien. Enfin, Bruno Le Maire était tenté de sauter dans le vide, il l’a fait mais il risque d’en payer le prix durement. Ce gouvernement me paraît plus centriste et équilibré qu’il n’y paraît mais va laisser des prises à LR d’une part et à l’UDI, dont personne n’a été débauché, pour donner l’envie aux français de ne pas donner à LREM trop de députés et certainement pas la majorité absolue. Je parie donc sur un remaniement en juin et une scission de LR/UDI seulement après le second tour des législatives. Premier (petit) échec du président Macron.

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Macron président, les primaires ont fait le jeu du gagnant de Condorcet

Il y a certes une abstention record tout comme de bulletins nuls ou blanc. Mais il y a surtout un président élu avec un résultat sans appel de 66%. Marine Le Pen a lourdement payé sa prestation cataclysmique au cours du débat en se payant le luxe d’apparaître sous les traits d’une caricature encore plus repoussante que celle d’Emmanuel Macron, l’incarnation de l’élite mondialisée, sans enracinement. Fait majeur il y aurait plus de 50% des électeurs de François Fillon qui aurait voté pour Macron. Si on se réfère aux résultats du premier tour sous l’angle du diagramme de Nolan, on voit qu’effectivement un nouveau clivage est apparu et qu’il appelle une reconfiguration du spectre politique. Le clivage traditionnel gauche/droite ne s’efface pas totalement, ou plus probablement, que temporairement. Mais la tectonique des plaques incite des grands changements après ces résultats, tant ceux du premier tour qu’à ceux du second. Pourquoi? Réduire l’élection de ce jeune président, sorti de nulle part, à une manipulation ou un simple accident de l’histoire qui n’appellerait pas de commentaire est une grossière erreur. Les accidents de l’histoire sont même toujours les moments les plus éclairants.

Le 23 avril à 20h, nous avions la confirmation d’une France éclatée en 4 blocs, aux poids voisins, aux intérêts et aux aspirations divergentes, ce qui n’est évidemment pas très rassurant pour la suite. En tête, les bobos mondialisés des centre-ville, un centre gauche plus libéral sur les sujet de société mais non marxiste économiquement. Les bourgeois, plutôt âgés et non totalement déchristianisés, des riches banlieues, plus conservateurs. Dans les banlieues de l’immigration, d’autres à peine moins modestes (où peuvent encore se réfugier des fonctionnaires prolétarisés) un discours socialement progressiste et économiquement marxiste fut mis en avant. Les perdants ruraux ou péri-urbains eux ont cédé aux sirènes du populisme identitaire, économiquement marxiste. On connaît la suite : à Paris Macron dépasse 85% dans les arrondissements conservateurs et la banlieue aisée, comme dans toutes les villes mondialisées de France. Le Pen finit essorée car la compatibilité entre les deux pôles plutôt libéraux était bien plus évidente que celle entre les pôles plutôt marxistes. D’où le rapport de 1 à 2 au second tour. La question suivante qui se pose, c’est évidemment, comment en sommes-nous arrivés là? Très souvent, il m’arrive de constater que les idées reçues en vogue confondent gentillement causes et conséquences. Je ne crois pas que la conjonction entre notre modèle social collectiviste et la mondialisation ait enfanté de cette situation, il n’y a en réalité que la superposition des leurs effets à un contexte politique délétère.

Aux 4 blocs, on peut accoler 4 idées directrices pour décrire le déroulement de la campagne. J’évacue immédiatement la cabale dont fut victime François Fillon bien qu’elle ait joué un rôle déterminant. Elle eut une postface sur laquelle je reviendrai. Mes deux principales idées partagent le point commun de remonter à loin, bien avant la tenue de cette campagne. Le mode de scrutin pour commencer. Le scrutin uninominal à deux tours viole souvent le principe de Condorcet :  en 2007, si François Bayrou avait atteint le second tour, il l’aurait emporté face à n’importe qui mais au final, les deux qualifiés furent des personnes dites « clivantes ». Ensuite, comme troisième observation, il faut admettre qu’il y a un an, Emmanuel Macron était le seul à avoir tiré toutes les conclusions qui s’imposaient de la présence certaine de Marine Le Pen au second tour. Des sociologues ont montré qu’un scrutin à un tour favorisaient la bipolarisation de la vie politique : nous voyons ceci à l’oeuvre aux USA et au Royaume-Uni. C’est l’apparition de scrutins à la proportionnelle qui ont permis l’émergence d’autres petits partis politiques. Un scrutin à deux tour favorise lui, l’apparitions des 4 pôles : des extrêmes populistes à la marge du clivage traditionnel gauche/droite. Au premier tour, on rassemble son camp sur son cœur pour éviter que ses flans ne soient tentés de rejoindre le pôle populiste. Il en résulte qu’au second tour, normalement le vainqueur de Condorcet est éliminé, et les deux finalistes « se centrisent » pour gagner. On comprend dès lors pourquoi un président français centriste ne peut être élu que dans des circonstances exceptionnelles. Depuis l’élection de 1965, de telles conditions ne se sont effectivement produites qu’en 1974 et cette année. Pour la première, Mitterrand avait bien réussi à éviter une candidature PCF (parti qui a boudé l’élection comme en 1965) mais était dépourvu de réserves de voix au second tour tandis que Chirac avait torpillé le candidat UDR pour l’essor de sa carrière. En 2017, le FN étant le seul parti certain de se qualifier au second tour mais avec une autre certitude : que le pôle communiste ressuscité mais refusant la « dédiabolisation » du FN, compte tenu de la structure de son électorat, ne lui apporterait que marginalement des voix au second tour (7% au final…). Dès lors, entre un Fillon discrédité et trop conservateur d’une part, trop réformateur pour une droite vieillissante, et, un Hamon aussi transparent que doublon inutile de Mélenchon, un boulevard s’ouvrait pour Macron. Ultime et quatrième point, l’inadaptation du modèle social collectiviste français à la mondialisation concurrentielle et les institutions ont exacerbé les rancoeurs entre les 4 blocs sociologiques. Pour deviner que le PS et le bloc de droite libérale allaient lourdement en pâtir et qu’il fallait l’équivalent français du parti espagnol « ciudadanos » pour opérer une percée décisive, il fallait de l’audace. Dès 2012 après la défaite de nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire à droite l’avait martelé. Pourquoi n’a-t-il pas bousculé les caciques en place depuis 30 voire 40 ans? Parce que son audace s’est limitée à se pointer au premier débat entre les candidats sans cravate! Macron est parti de 0 et son audace, son réseau, sa personnalité ont mis en marche des gens motivés et compétents… Qualités d’un chef, en passant.

Pour résumer, Emmanuel Macron a certes bénéficié d’un incroyable concours de circonstances mais la chance ne sourit qu’aux audacieux. La désignation de candidats trop « clivants » et aux électorats actuellement rétrécis par l’exaspération populaire ont fait croire que de l’élection présidentielle était devenue un processus de désignation à 4 tours. Cette élection, depuis le départ, n’était qu’à un seul tour en réalité, c’est le vainqueur de Condorcet qu’il convenait de trouver au PS ou chez LR. Voici ce qui a été la clé de voute du succès de Macron une fois Juppé éliminé, Macron s’est d’ailleurs porté candidat entre les deux tours de la primaires de droite alors pliée. Les primaires ne sont pas un mauvais système en revanche. Des gens, qui par décence, n’auraient pas du concourir ont ainsi été écartés, trop tardivement donc. Le poison provient de cette élection présidentielle à deux tour. Il faudra changer cet aspect des institutions qui depuis le quinquennat estampille « majorité présidentielle » des gens officiellement du même parti mais qui sont incapables de réformer en profondeur du fait de leurs profondes divisions idéologiques que le seul axe gauche/droite ne permet pas de soupçonner. La longévité des parcours qui pousse ces gens à qualifier de « réformes » des bricolages insignifiants a également favorisé une volonté puissante de « dégagisme ». La Postface de la défaite de Fillon : ce sont des cadres – usés jusqu’à la corde – de LR qui proposent des baisses d’impôts en réduisant les objectifs de réduction des dépenses publiques. Ils veulent vraiment gagner les législatives? Ils m’ont donné envie de contribuer à offrir au président Macron une majorité pour qu’il ait les coudées franches. Il y a trop d’indices qui laissent penser que ses velléités réformatrices soient plus ambitieuses que les vieux comptables LR tout juste encore crus dans les maisons de retraite.

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J-1 : Macron, la roue de secours face au pire

Je ne reviendrai (presque) pas sur le débat lamentable après tout le monde, tout a déjà été dit. Comme d’habitude, l’immense majorité des médias, favorables à Emmanuel Macron, l’a désigné comme éclatant vainqueur, ça n’a bien entendu aucune valeur. On peut juste noter qu’un borgne sort facilement vainqueur d’un débat face à une aveugle. Nous savions que les titres et le gros des articles étaient déjà prêts avant le débat. Prenons un peu de recul, nous votons dimanche pour élire le président et non pour la majorité pour conduire les affaires intérieures. Il me paraît opportun de rappeler quelques éléments de ce que je comprends de nos institutions dissipés sous un épais brouillard, notamment depuis la calamiteuse réforme du quinquennat. Ne confondons pas chef de gouvernement avec le garant des institutions bien que l’actuel ait pu intervenir pour polluer l’élection  en cours bien qu’ayant renoncé à s’y présenter (fait inédit il me semble).

Depuis au moins 1981, la tendance longue fut immuable, avec seulement quelques accidents très brefs temporellement. Toujours plus de dépenses sociales, toujours plus de chômage et de dette et toujours plus de contraintes réglementaires notamment sur le code du travail et des impôts. Dans le même temps l’autorité régalienne de l’état a reculé, pas une semaine sans échapper non sans effroi à des clichés de policiers molestés, brûlés voire tués. Fantastique terreau pour le populisme. Celui-ci présente deux faces : une très utile pour nous rappeler la trahison des élites des centre-villes connectées à la mondialisation qui évoluent dans une bulle de prospérité et l’autre, nettement moins reluisante, d’un discours outrancier et simplificateur visant à se nourrir des peurs, des jalousies de toutes les frustrations engendrées par une société bloquée à moins deux étages étanches. Or, même au sein de la zone € des pays s’accommodent fort bien de ces difficultés. Jamais personne n’a hélas pris le temps d’expliquer pourquoi. Si des pays scandinaves font mieux que nous en dépensant un % du PIB proche pour les dépenses publiques, personne n’a mentionné pourquoi cette dépense était à l’évidence plus efficace. Personne pour s’émouvoir et proposer quelque chose de sérieux quand des chômeurs de banlieues perçoivent des aides qui laissent penser qu’ils vivent mieux que des agriculteurs qui ne font ni 35h ni se se versent le SMIC pour vivre. Peu importe les chiffres, les raisonnements macro-économiques, c’est bel et bien la micro-économie, le terrible « ressenti » qui dicte les humeurs de ce vilain peuple qui se recroqueville sur une identité (réelle ou fantasmée) quand le bon sens (common decency?) abandonne les élites.

Nous élisons donc notre cher tyran pour 5 prochaines et longues années. La décorrélation entre le temps politique et le temps économique fait qu’aujourd’hui 5 années paraissent longues, c’est pourtant le minimum avant que des réformes aient indiscutablement des effets pour qu’on puisse en débattre. Madame Le Pen s’est présentée mercredi soir sous le mauvais visage du populisme : inutilement hargneuse, impréparée, ignorante sur des dossiers qu’elle avait elle-même choisi de mettre en exergue, incapable de défendre un projet inspiré d’une vision, incapable, surtout, de s’adresser aux indécis, à ceux qui n’avaient pas voté pour elle au premier tour (ni pour Macron). Cette nullité abyssale nous ramène aux vrais enjeux de ce second tour puis des législatives qui suivront. Oui l’UE dysfonctionne et encourage une bureaucratie locale s’ajoutant aux inclinations locales, si fortes en France naturellement. Oui l’€ est une stupidité monétaire qui se terminera dans une crise, crise qui ne se réglera pas d’avance par un référendum ou toute tentative démocratique factice. L’€ mourra dans une réunion secrète au terme d’un long week-end de tractation qui aboutira dans la nuit du dimanche à lundi à 4h du matin, quand d’épuisement, les dirigeants européens se seront vaguement mis d’accord sur les modalités : fermeture temporaire des banques, contrôles des changes et des capitaux, accord sur le règlement des dettes. Jamais la célèbre formule de Laurent Fabius, datant de 1984, n’aura résonné aussi fort : « Le FN pose les bonnes questions mais apporte les mauvaises réponses ». En 30 ans, le PS et une droite pleutre devant les réformes à conduire, pourtant connues et identifiées, se sont rendus complices de cette très résistible ascension.

Certains nigauds pensent que s’abstenir ou voter Le Pen dans le but, je cite, « d’affaiblir » le président Macron serait opportun. Dans un moment d’éructation populaire aforme qui a drainé plus de 50% des voix du premier tours sur des tarés pathologiques, dans un moment d’une grande faiblesse générale de la France, est-ce le moment de mal élire un maigre réformateur sous prétexte de bien lui signifier qu’il n’est qu’un choix par défaut? Même mes amis éduqués bac+5 et jeunes fortunés n’expliquent pas mieux leur choix qu’un chômeur picard, par un infâme gloubiboulga antimondialisation, dont la seule phrase compréhensible est un réquisitoire contre l’islam et l’immigration maghrébine. Quelle surprise, c’est évidemment le seul ferment rassembleur du FN. Si Madame Le Pen fait plus de 40% dimanche prochain, où est reléguée l’opposition libérale à la sociale-démocratie et à l’Europe normative qui devrait animer un centre-droit libéral? Aux oubliettes de l’histoire, avec cette idée devenue abscons qu’elle pourrait se nourrir de l’échec des démocrates-sociaux? Folie. Dimanche, l’étrange et surtout pernicieux projet à la fois souverainiste, socialiste et nationaliste de Mme Le Pen doit être battu le plus largement possible. M. Macron qui doit constater les résultats des législatives aura, je le souhaite, grand besoin d’une droite libérale centriste pour compléter un tableau de chasse vigilent. Acceptons le risque qu’il soit instable. Lui donner les coudées franches ce dimanche ne me paraît pas, vu le contexte de l’élection, un risque de nature à reconduire le hollandisme mou pourtant si rejeté. C’est aux législatives qu’il convient de faire comprendre au nouveau président de ne pas recycler les déchets de la majorité sortante.

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Jubilatoire! Les masques tombent les uns après les autres!

Dimanche dernier, François Fillon n’a pas entendu que les résultats s’affinent pour reconnaître sa défaite tant elle devait lui paraître anecdotique face au choc politique en cours sous nos yeux. En quoi le fait que Marine Le Pen soit passée de 23% à 21.3 et lui de 18.5% à 20% changeait la donne tandis que les deux candidats passés par les primaires des deux partis de gouvernements, depuis le début de la Vème République, étaient passés à la trappe? Certains naïfs regrettent le score « élevé » de Nicolas Dupond Aignant, notre futur premier ministre, privant Fillon du plaisir de se faire étriller par Emmanuel Macron au second tour! Depuis dimanche, on devine de plus en plus nettement les contours de la recomposition politique tant les masques tombent les uns après les autres.

J’ai longtemps cru qu’avec l’UMP, qui décevait sur l’immigration excessive et ses conséquences, et une partie du parti populiste à sa droite, il y avait de quoi constituer une force majoritaire en France, prête à réformer pour nous débarrasser du socialisme mitterrendien. Quand j’ai publié mon analyse selon le diagramme de Nolan et au soir du débat sur TF1, dont on peut exfiltrer le passager clandestin Hamon, je voyais bien que les 4 France étaient irréconciliables. J’ai enfin ouvert les yeux dimanche soir et dans les jours qui ont suivi. Ces députés conservateurs qui n’ont en rien réformé la France pour les mêmes raisons qui les ont poussé à minauder sur les résultats du premier tour, incapables de désigner le pire entre un réformateur (pourtant léger) centriste et une folle dingue aux solutions inopérantes car socialistes, voire carrément démentielles, m’ont beaucoup aidé. Qu’ils cessent de rêver, non LR ne gagnera pas les législatives pas plus qu’ils n’éviteront la fracture de leur mouvement. Les courants qui les animent tirent dans trop de directions divergentes. Le 23 avril, les français ont balancé un énorme « MERDE » à la gueule de tous ces trous du cul qui prétendent comprendre les français depuis 30 ans en leur pétant au nez et en les prenant pour des enfants au QI attardé. On le voyait déjà venir avec la tentative détonante, qu’on croyait juste absurde, d’Henri Gaino de se présenter et de chier sur la tentative de Fillon d’imposer un programme libéral de réduction du poids de l’état dans nos vies. Pour évacuer la contribution décisive à l’échec de Fillon du poids des affaires, des « ténors » (bientôt des castrats) ont commencé à prétendre que c’était de la faute de son programme. Alors que 20% des français s’étant exprimés avaient défendu le projet malgré les révélations ébranlant la stature personnelle, le vrai visage des Gaullo-étatistes ne comprenant rien à la mondialisation, sans colonne vertébrale intellectuelle sérieuse, mués par leur intérêt personnel, fut outé mais pas à l’issue de leur plein gré, comme on dit. NDA a révélé que ses idées agissaient sous un faux nez pour le FN, Mélenchon incapable de dire d’emblée, dès dimanche soir, la fracture qu’il l’oppose au FN (elle est si tenue) tous ces éléments vont dans le même sens: une clarification historique. Quand De Gaulle appelle Jacques Rueff pour réformer, ses prétendus successeurs appellent Jacques Sapir. Toute est dit. Un économiste d’extrême gauche, hostile à l’€ car celui-ci interdit les folies étatistes. En financier mondialisé, pour qui le mépris envers la populace est fantasmé par les populistes, je dirais qu’il faut shorter toute cette merde. Que le dégagisme aille au bout. LR et UDI doivent sauter et qu’on sépare enfin l’ivraie du bon grain pour que Macron ait une majorité constituée de réformateurs.

Le vrai clivage était non pas entre mondialiste/multiculturalisme vs gens enracinés mais entre réformateurs et socialisme. Le premier clivage restera et par mon métier, étant mondialiste par essence et enraciné de cœur, je mets ce combat entre parenthèses tant l’urgence l’exige. 6 millions de chômeurs, 2200 milliards de dettes, un gamin sur 4 qui naît dans une famille pauvre, le terreau de tous les pires. Ajoutons les méfaits directs et indirects de la guerre perdue face au cannabis… Vu la sociologie du vote Fillon, seuls ceux insultés de « traîtres » pour leur soutien clair à Macron s’en sortiront. Ceux qui louvoient ou pactisent avec le diable FN sont promis à disparaître comme NDA qui a signé son arrêt de mort. Idem des élus LR du sud dont le discours ambigu finira par les tuer au profit du FN. Les masques tombent, la droite n’a jamais en 22 ans voulu réformer la France par son manque de libéralisme, c’est à un jeune centriste de faire le job dans un contexte a priori effrayant d’hostilité. Tant qu’il ira dans le bon sens je le soutiendrai en me délectant de l’obscurantisme de la droite.

 

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Et maintenant? Voter Macron?

Le miracle du vote caché ne s’est pas produit pour François Fillon, c’est bien Emmanuel Macron qui aura donc la charge du pays pour les 5 années à venir, tant il est entendu qu’il battra Marine Le Pen au second tour. La potion est d’autant plus amère à avaler que Fillon a donc raté le second tour pour 1.3 points seulement et qu’on aurait eu un excellent débat entre les deux tours entre les deux seuls candidats raisonnables parmi les 11 présents sur la ligne de départ. Digne, Fillon a immédiatement assumé sa responsabilité personnelle et appelé à voter pour Macron. Ce choix est nullement évident pour ses électeurs: pour les conservateurs souverainistes attachés aux questions liées à l’immigration et à l’islamisme sont tentés par Le Pen, d’une part, pour des libéraux effondrés par la vacuité totale d’Emmanuel Macron d’autre part.

J’ai désormais 3 choix qui s’offrent à moi, mais le choix est tellement capital et ces 3 options ouvrant des conséquences si différentes, qu’il convient de les analyser froidement et prendre le temps de la réflexion.

  1. M’abstenir car aucun des deux candidats ne seront en mesure de réformer le pays et lui éviter une aggravation de la situation. Fillon a été manifestement victime d’un lynchage téléguidé odieux et orchestré par des gens qui voient d’un très bon œil l’assurance qu’avec Macron, de la pérennité du système social-clientéliste d’un côté et le capitalisme de connivence de l’autre. L’argument moral ne tient pas, Marine Le Pen trimbale une collection de casseroles tandis que personne n’a voulu enquêter sur les nombreuses zones d’ombres de Macron : déclaration de patrimoine fumeuse, l’ancienne banque qui l’employait avantagée dans les opérations de rachat qu’il a ordonné, renvoi d’ascenseur au propriétaire du groupe de presse à qui il a autorisé le rachat de SFR etc. En si peu de temps en politique, on peut dire que Macron a fait très fort. Dur de cautionner son élection alors que le panurgisme électoral à la française n’a aucune raison de se retourner contre lui tant le rejet de Marine Le Pen est visiblement très intense.
  2. Voter pour Marine Le Pen et ainsi faire comprendre aux microcosme parisien, qui a manifestement cherché et réussi à fausser cette élection, que dans l’âme française, il se cache toujours un esprit frondeur. Et face au politiquement correct, quand je parle de frondeurs, je n’ai aucune considération pour cet abruti d’Hamon (remis très justement à sa place avec moins de 7%) au charisme inexistant et à l’élégance d’un VRP de seconde zone s’habillant en faisant les soldes chez Brice. Une autre motivation défendue par certains, souvent bien planqués depuis des pays comme la Suisse, serait de croire que l’élection de Le Pen accélérerait un effondrement salutaire du pays pour le sortir de se lent déclin. Charles Gave parle souvent de mettre fin à l’horreur plutôt que de vivre une horreur sans fin en parlant de l’€. Ce choix serait cependant tout sauf altruiste car j’appartiens clairement à une frange de la population qui en souffrirait le moins.
  3. Voter Macron. Au fond, tenu par ses engagements européens, il devra tenter de réformer la France plus profondément qu’on ne peut le penser suite à la lecture de son programme fourre-tout. Voilà qui serait infiniment plus engageant que le programme économiquement démentiel du FN qui ruinerait méthodiquement les électeurs les plus convaincus par les thèses de ce parti. Bien sûr qu’une victoire large de Macron risquerait de lui faire croire abusivement qu’on lui signe un chèque en blanc. Il doit tout de même bien se douter qu’en partant de seulement 24% avec en plus autant d’électeurs qui ont voté pour lui par dépit, il aura toute les peine du monde à gouverner s’il ne satisfait que les sociaux démocrates et européistes qui ont voté pour lui, leur seule roue de secours possible.

Et il y aura les législatives ensuite. Comme je le notais après le débat à 5 ou disons à 4.5 sur TF1, il y a 5 France d’à peu près 20% : L’abstention et les 4 premiers au soir du premier tour. Compte tenu des circonstances et de la sociologie très marquée voilà qui me laisse penser que LR va perdre des députés mais résister. Le PS va sauver une partie de son personnel en le re-badgeant « EM », mais il est plus que probable que la majorité de Macron sera faite de bric et de broc car cette élection n’est pas à la proportionnelle. Puisque le pire ne serait pas l’élection d’Emmanuel Macron mais l’impossibilité de voter des réformes à l’assemblée avec le risque de crise de régime à court terme, je pense raisonnable de nous épargner les incertitudes folles qui suivraient l’élection de Marine Le Pen. Le dimanche 7 mai, je voterai donc pour Emmanuel Macron, n’oubliant rien, ne regrettant rien, en espérant que le centre droit libéral s’imposera et rangera au placard les figures odieuses qui se réclament du gaullisme pour justifier un vote immonde et la poursuite du socialisme en France.

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Jour J : les limites de la démocratie

Cette campagne aura été folle. Sans présager des résultats de ce soir (si à 20h on est capable d’affirmer qui sera au second tour) quelques remarques s’imposent. Il y a un an, dans l’émission de Nicolas Doze sur BFM Business, les invités se réjouissaient que pour la première fois dans une campagne présidentielle les questions économiques seraient prépondérantes. En 2012, plutôt que de parler du chômage et de la nécessaire réduction des déficits publiques le débat s’est arque-bouté sur le prix du permis de conduire et de la viande halal. Grâce aux primaires, on a parlé d’économie avant que les boules puantes ne soient balancées. Mais les candidats issus des primaires risquent de sauter dès le premier tour… Première limite à la démocratie, pourtant indispensable dans ces partis politiques sclérosés et si enclin au statu-quo.

Il y a un invariant dans l’histoire des hommes : une éternelle vanité à se croire plus malin que ces ancêtres. Au moment ou le niveau scolaire s’effondre et que de jeunes générations, si facilement diplômées, ignorent l’histoire avec allégresse et l’économie avec aplomb, il y a de quoi être inquiet. J’irais plus loin que la simple affirmation, qui pourtant devrait faire réfléchir, sur l’impossibilité d’éduquer de façon « neutre » à savoir que la plupart des enseignants penchent à gauche. Le secret historique le mieux gardé par aveuglement à gauche et à dessein fumeux à droite, c’est que le socialisme, la planification étatique de l’économie et les restrictions de la liberté individuelle se sont toujours soldés historiquement par la ruine, la dictature, souvent la guerre, une honte tenace dans tous les cas malheureusement minorée voire niée. Mélenchon siphonnant ce brave abruti parasitaire d’Hamon, en rejoignant le trio de tête dans les sondages, soudainement, des journalistes pas encore soumis aux thèses effrayantes du dictateur bolivarien à la française se sont réveillés. Le contre-pouvoir journalistique ne joue plus tant il apparaît évident que ceux-ci penchent à gauche, pire qu’ils trouvent encore de scandaleuses parades pour ne pas placer au même niveau de dangerosité la flottille de candidats marxistes avec l’affreuse Marine Le Pen qui n’effraie plus près d’un quart de l’électorat. Seconde limite à la démocratie. Il est urgent de couper les vivres à ce microcosme parisien qui en plus de se contenter de ne rien comprendre à la diversité de la France, l’insulte régulièrement et gratuitement.

Il y a 10 ans, en promettant le kärcher, Nicolas Sarkozy ramenait des abstentionnistes sur le droit chemin du vote. De discours non suivis d’effet à l’odieux prononcé à Grenoble, ville emblématique des collusions entre la gauche avec le pire, Sarkozy s’est rendu coupable d’une banalisation des idées extrêmes ce dont le social-démocrate Chirac s’était toujours interdit. Qui aurait pensé que seulement 10 ans après un jeune Rastignac sans parti, sans programme, ne s’étant jamais présenté à la moindre élection serait donné vainqueur dans les sondages? Autre tare de la démocratie, et surtout des partis en place : être un obstacle au renouvellement des tête et des idées. Selon toute vraisemblance, ni Benoît Hamon ni François Fillon ne seront au second tour. Il opposera la fille d’un dictateur en puissance – capable elle-même de l’évincer! – au protégé des médias, notamment ceux possédés par des capitalistes de connivence qui ont déjà pu apprécier ce court ministre et qui se disent que 5 ans de présidence serait une formidable opportunité. Churchill avait raison de dire de la démocratie qu’elle était le pire des système à l’exception de tous les autres. Depuis que les hommes sont sortis de leurs cavernes, ils n’ont pas cessé de se taper sur la tête mais c’est plus feutré désormais. La candidature de Macron respire à plein nez le capitalisme de connivence, nous sommes bien loin de cette société bloquée qu’il dénonce dans ses discours: il l’incarne comme personne tant il en a été jusqu’ici le principal vainqueur… Dans la dernière ligne droite, d’obscurs petits candidats sont venus troubler les débats et égrainés des idées toutes plus délirantes les unes que les autres. Voilà qui servait bien les intérêts du bel Emmanuel pour dissimuler la vacuité de son projet. Pas sûr que le triste rappel avec ce qu’il s’est passé sur les Champs Elysées jeudi dernier guide les français sur le chemin de la raison aujourd’hui. Entre le délire sécuritaire d’un état policier imaginé par Le Pen ou la complicité nunuche d’un vivrensemble, qui tue ouvertement depuis au moins Merah, où est passé la raison?

Justement, parlons de ce mot de « raison ». Fillon a basé ses arguments, toute se campagne et son programme, notamment économique, sur la raison au point qu’on lui a reproché de manquer d’empathie. Après 5 années de discours larmoyants, au pathos dégoulinant d’insincérité d’Hollande, ça nous aurait fait beaucoup de bien d’avoir un chef au sommet de l’état qui préside avec hauteur et avec un cap clair. Jouer sur le registre de l’émotion, ça fait possiblement gagner une élection, ça ne fait pour autant de grands présidents, Sarkozy et Hollande en savent quelque chose. Espérons que ce soir Fillon soit au second tour, sa personnalité un peu raide, froide correspond assez à ce que les français regrette de leurs derniers présidents qui ont laissé une trace dans l’histoire. Que dirons-nous des deux derniers sinon que souligner leur triste rôle dans la faillite à tous niveaux qui a commencé?

 

 

 

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L’affligeant « débat »

Il fallait donc qu’il eusse lieu ce débat avec les 11 prétendants. France Télévision, qui devait organiser le second le 20 avril, cherche désespéramment une solution de remplacement tant personne n’a envie d’assister à cette mascarade une seconde fois. A seulement 5 sur TF1, c’était déjà pénible à suivre. L’ajout des 6 recalés a comme prévu rendu l’émission inaudible, ennuyeuse au possible, risible par les participants et les propos démentiels qui ont pu être tenus en toute décontraction. Les deux journalistes des chaînes d’info, quoique meilleures que les tocards du service publique, avaient toutes les peines pour garder le contrôle. La cacophonie annoncée et effective, ce n’est même pas le plus important.

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Le premier constat qui saute aux yeux est l’effroyable composition de ces 11 candidats : seuls deux paraissent conscients des enjeux et possiblement en mesure d’éviter au pays une sortie de route rapide, après seulement quelques mois d’exercice du pouvoir. François Fillon sera bien entendu contesté comme jamais, pour un président de droite, par des factieux de tous poils, et, Emmanuel Macron aura bien peu de chances de sortir de son chapeau une majorité suffisamment cohérente pour gouverner sereinement. Voilà qui constitue mon principal effroi ; mais je ne peux m’habituer à la présence sur la ligne de départ d’au moins 3 paléo-communistes aux discours soit glaçants par leur totalitarisme assumé (Poutou et Arthaud) soit dissimulé par un voile de culture qui permet à Mélenchon de rendre tantôt truculentes tantôt poétiques les idées les plus infamantes. Sans un écologiste qui aurait grossi d’une unité les rangs anti-capitalistes avec des formules chocs à base de poncifs éculés, signalons la présence de Jacques Cheminade que j’ai trouvé le moyen de ne jamais entendre (j’ai lu le programme pour me prononcer). Enfin la gauche socialiste était représentée par Benoît Hamon dont la nullité avérée et le parasitisme social, incarnée par son « parcours politique » (à défaut de professionnel), ne mollissent pas. Enfin Macron plane en apesanteur, quelque part entre Hamon et Fillon, profitant de ce vaste espace politique ouvert par l’absence d’une candidature centriste et d’un socialiste, économiquement réaliste. Toutefois le format de l’émission lui était favorable, on avait tant annoncé qu’il serait la cible privilégiée de ses opposants principaux autant que des « petits candidats« . Peu de temps pour s’invectiver, aucun débat de fond possible, surnager au milieu de cet océan de délires étatistes, de complotisme anti-européen, sans devoir s’expliquer ou prendre un risque lui convenait finalement assez bien.

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La France

A droite, l’absence de clarté de ce qui est devenu l’UMP qui a gouverné de 1995 à 2012, est revenue comme à Boomerang à la figure de François Fillon. Il est pourtant infiniment moins fautif que Chirac, qui vote le traité de Maastricht en 1992, contre toute attente, et, Sarkozy qui piétine le référendum de 2005. Mais les socialistes de droite, Dupont-Aignant et Asselineau voulaient le saigner à blanc pour son passé eurosceptique. Fillon leur a répondu sèchement par deux constats évidents dans la situation actuelle : l’UE se désagrège (Conséquence du Brexit passée sous silence par presque tous!) donc il est grand temps de revenir à une union sur des grands principes (subsidiarité?) mais hors de question de jeter le bébé avec l’eau du bain. Le soutien des français à l’€ est si fort que le programme de Marine Le Pen, sitôt élue, est tout bonnement promis à être mis à la poubelle. Asselineau, professoral, avec ces citations de traités constitutionnels, est resté ce qu’il n’aurait jamais cesser d’être : un youtuber conférencier incapable de dissimuler le mal-être profond d’un énarque tombé en disgrâce (notamment ancien du cabinet de la très nulle Françoise de Panafieu). Disgrâce provoquée par son refus de se soumettre à l’européisme ou par son incapacité à travailler en équipe, sa nullité à l’écran ou que sais-je encore? Je n’ai même pas envie de m’interroger sur le sujet. Pour finir, Marine Le Pen a encore une fois démontré la vacuité de son projet, de ses convictions et de son opposition complètement factice au « système » qui l’enrichit grassement dont elle semble, elle et son parti abuser à Bruxelles comme au plan national. Enrichissement bien plus efficace que si elle avait du ne se reposer que sur son talent, et lui offre une immunité parlementaire. Poutou le lui a fait remarquer d’ailleurs, lui, il ne dispose pas de « l’immunité ouvrière« , c’est gênant pour la candidate de « la voix du peuple« . L’état de décrépitude de nos institutions, des partis politiques et de notre économie interdit hélas de rétorquer que l’immunité des syndicalistes en général, de ceux d’Air France qui agressent physiquement leurs supérieurs, celle-là, elle existe bel et bien. Au détriment des salariés des compagnies publiques ou semi-publiques quand dans le même temps la CGT signe parfois des accords de compétitivité dans le privé. Point inaudible par les temps qui courent surtout avec un si faible temps imparti à chaque candidat.

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J’évacue immédiatement le cas du brave Jean Lassalle. Accent sympathique et possible atout terrien gâché, mais par moments avec magnificence, personne ne comprend son combat, ni les ressors ni la finalité. Asselineau et NDA prouvent que le marketing européen de MLP est factice. Les idées communistes ont la peau dure et que les réformes récentes (publication des noms des parrains) n’a rien changé à la donne. La réduction de la période d’égalité de temps de parole, elle, se traduit par un débat final qui sera probablement annulé. La démocratie est souillée par la surreprésentation des idées extrémistes qui, en plus, peuvent se plaindre d’une inégalité de traitement face aux idées des partis dits « raisonnables » co-responsables de la débâcle à tous niveaux que nous subissons. Mon ultime effroi est donc celui là : au fur et à mesure que les partis traditionnels, de plus en plus discrédités pour proposer des solutions aux maux qui rongent la France, au lieu d’agir et assumer le risque, préfèrent tendre le bâton pour se faire battre. Si on passe 2017, je serre les fesses pour 2022.

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