J-1 avant le remaniement…

Le maître des horloges fait durer le suspens. Il agace les journalistes qui pendant des journées entières meublent avec des rumeurs, du vent, s’impatientent et maudissent ce président ingrat qu’ils ont fait roi et qui ne délivre aucune information. Pire, il les traite pour ce qu’ils sont, des merdes. Or tout le monde le sait, c’est un non-événement. Le nouveau monde reproduit les même erreurs que l’ancien, regarde les échéances électorales à venir plutôt qu’à plus long terme et en particulier le temps qu’il reste pour espérer récolter à temps les fruits de réformes douloureuses.

Des noms d’entrants et de sortants sont balancés comme les noms ridicules des bourrins des courses du PMU. C’est tellement insignifiant comme de penser que le parasite félon à Hidalgo, Bruno Julliard, pourrait constituer une belle prise de guerre. Même des pécheurs à la grenade auraient de quoi être plus fiers… Préparerait-on les municipale de 2020 comme le petit vieux sénile lyonnais? Edouard Philippe à Paris pour coiffer au poteau tous les jeunes loups LREM qui oublient de dire pourquoi ils pensent tous qu’Hidalgo est une catastrophe ambulante? Préparerait-on les européennes mal embarquées malgré la nullité insondable de Marine Le Pen (qui ferait moins que les 25% de 2014) et de Laurent Wautré qui n’en finit pas de couler ce qu’il reste de LR? Peut-on au moins espérer que des ratages annoncés comme celui d’Hulot fassent enfin jurisprudence? Encore plus audacieux, peut-on espérer voir disparaître des ministères et des secrétaires d’états aussi invisibles qu’inutilement ruineux?

Edouard Philippe, justement, semble tirer son épingle du jeu, il est le seul c’est peut être pour cela que c’est tout juste perceptible. Il semble qu’il résiste à Jupiter qui les accumule depuis le début de l’été. Et les enquêtes d’opinion sont pour lui, de mémoire il faut remonter à loin pour trouver un premier ministre qui ne se fait pas entraîner vers le fond par un président. Fillon? Souhaitons à Edouard d’avoir plus de courage et pas une indépendance trop tardive comme le premier avec Sarkozy ou Valls avec Hollande. Pour quoi faire? Mieux que du Juppé rajeuni? Ce serait bien, rêvons un peu dans cet automne qui ne se lasse pas de la douceur estivale et comme nous électeurs, refuse de voir l’hiver s’approcher.

Publicités
Publié dans Politique | Tagué , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

La démographie est la seule science sociale un peu sérieuse

L’idée que des grands hommes, des intellectuels brillants, des écrivains admirés puissent influer significativement sur les débats d’idée paraît certes séduisante mais je la range dans la longue liste des immuables vanités humaines. Au cours du tragique XXème siècle, parmi les plus éminents personnages dont la hauteur de vue puis les actions furent ensuite considérées à leur juste mesure, combien prirent le pouvoir à temps et menèrent une politique faisant dévier sensiblement le cours des choses?. En comparaison, les plus grands périls n’avaient-ils pas été annoncés, prédits par certains esprits injustement méprisés? En démocratie, la dynamique des idées politiques est si lente qu’on en oublie souvent pourquoi et que la tentation de l’autoritarisme resurgit à intervalles réguliers. Serait-ce quand le poids des erreurs passés se fait trop lourd et semble peser sur les épaules de générations qui ne s’en sentent pas responsables, démocratiquement impliquées?

 

On peut lire ça et des réfutations argumentées et solides contre les thèses d’Eric Zemmour mais il y a un bien un point intéressant qui structure la pensée du polémiste : l’importance qu’il accorde à la démographie. Avant l’avènement de la robotique, des dernières technologies qui remettent en perspectives les anciens rapports de force, la démographie a façonné les empires et les civilisations et donc la genèse et la diffusion des idées politiques aussi. Malgré internet et son petit espace de liberté dans l’univers aseptisé des grands médias moutonniers, la démographie continuera encore un bon moment à dicter le cours des événements. Le démographe Christophe Guilluy explique très bien la montée du populisme parmi les couches populaires, dans la France périphérique ou l’équivalent ailleurs dans tous les pays occidentaux.

 

 

Le constat est si évident et cliniquement froid que même un universitaire français, biberonné à la dépense publique, peut le faire sans voir le lien avec le tabassage fiscal opéré par un état qui distribue à tout-va sans même plus se préoccuper de ses missions régaliennes, celles qui pourtant justifiaient la levée de l’impôt. Contrairement à ce qu’il raconte, comme tous les idéologues dits de droite mais qui crient à l’ultralibéralisme ambiant tandis que la France s’enfonce dangereusement dans le socialisme qui coule l’occident à des degrés divers, les « gagnants de la mondialisation » dans les grandes villes mondialisées, cosmopolites, n’existent pas. Ce ne sont que de moindres perdants. Personne n’a à gagner d’un système qui redistribue autant sans considération de mérite, de récompense d’un risque, sans prévoyance. Sauf quelques uns, des parasites plus ou moins sophistiqués. D’abord le fonctionnaire produit de la magie clientéliste du socialisme et de sa bureaucratie inhérente, ensuite le capitaliste de connivence qui fait fortune avec ses affaires plus ou moins branchées sur celles d’un état se mêlant trop du secteur économique. Le tout orchestré par le haut fonctionnaire qui fait de la politique en mode ceinture plus bretelle avec des émoluments et des retraites sans rapport avec ceux d’un entrepreneur même ayant réussi.

 

Les politiciens professionnels incapables de prendre des risques ni de comprendre l’importance de rétribuer la prise de risque font semblant de comprendre les messages électoraux. Ils se sont torchés les fesses avec le 21 avril 2002 tout comme avec le référendum de 2005. Il est désormais trop tard à mon avis. Le français moyen a presque 40 ans. Celui qui vote est proche de la retraite et a vu plusieurs élections présidentielles. Giulluy souligne que les fonctionnaires et les retraités ont voté Macron et qu’il aurait tort de toucher à leurs privilèges/protections. Donc Macron est mort car ce sont les baby-boomers qui nous plantent avec l’alliance mortelle de la démograhie et de la retraite par répartition. On estime qu’ils ont cotisé environ 40% de l’enveloppe nécessaire. Ces pensions coûtent déjà 18% du PIB, chiffre anormalement élevé même à côté de pays plus vieillissants encore comme l’Allemagne ou l’Italie. Or les petites retraites, ça existe. Le système français en plus d’être ruineux est en plus injuste…

 

Les beaux et grands discours de brillants et visionnaires orateurs n’y changeront rien. La crise migratoire, le progressisme du politiquement correct virant au délire face à ses échecs cinglants ainsi que la cavalerie financière pour refourguer les dettes des baby boomers sur les générations suivantes vont encourager le raidissement des populations occidentales face à leurs élites défaillantes. Avec Macron, la France des élites a même cru rejouer la carte de la singularité hexagonale lorsqu’en 1981 Mitterrand et un socialisme suranné (et aussitôt moribond) nargait les Thatcher et Reagan. Comme par le passé, cette parenthèse de décalage sera vite balayée par la démographie et toute la dynamique économique et politique qu’elle véhicule. Les allemands ne paieront pas, l’€ est mort et chacun prépare son sa mise en bière en niant officiellement. La jeunesse africaine ne prolongera pas la vie de la civilisation européenne, elle en apportera une nouvelle si on laisse faire, l’UE est donc probablement condamnée aussi.

Publié dans Politique, Sociétal à la con | Tagué , , , , , , , , , , , , | 3 commentaires

Au secours, Zemmour revient!

Au pays du vivrensemble, il ne se passe pas une seule semaine sans sa polémique à la con. L’affreux polémiste réactionnaire en chef revient donc sur toutes les ondes et toutes les télés, malgré la fatwa dont il se dit victime, pour présenter son nouvel opus suintant la nostalgie de sa chère et douce France agonisante. Le contenu n’a que peu d’importance, c’est l’emballement médiatique absurde qui nous renseigne sur l’évolution le plus sur les actuels débats de société. La décrépitude tant morale qu’intellectuelle de la gauche évidemment, mais surtout sa profonde bêtise à ne pas avouer que le vilain réac joue avec ses propres codes infâmes qu’elle nous a imposé.

Dès le démarrage de sa séquence de promotion, Eric Zemmour déclenche le buzz en « clashant » une chroniqueuse dont le talent et les raisons de sa présence sur un plateau de télévision ne doivent probablement que très peu à son érudition ou à ses aptitudes à débattre. En cause : son prénom africain sub-saharien qui trahirait de la part de ses part de ses parents leur volonté manifeste de dénigrer la culture d’accueil. Vieille marotte zemmourienne déjà entendue par le passé, soit dit en passant. Il semble aussi que le polémiste recycle d’autres anciennes idées sur Pétain ou son Algérie perdue comme si pour lui, il faudrait y voir une certaine noblesse en tant qu’antériorité condescendante sur une mouvance en gestation, la francisation de l’Alt-Right américaine. Il l’inspire de toute évidence par son rejet complexe du progressisme et d’une partie du libéralisme mais refuse d’en assumer le leadership intellectuel en rabâchant ses obsessions sur un passé dont la jeunesse se moque éperdument.

685856--.jpg

Le cas algérien est cependant plus intéressant notamment la polémique sur l’assassinat d’Audin. La France est sommée de toute part de se repentir, exercice auquel nos élites politiques et intellectuelles se plient volontiers, à commencer par l’actuel chef de l’Etat, ce que manifestement ses prédécesseurs avaient refusé de faire. Il est toujours savoureux, sinon sain, de rappeler que celui qui avait reçu la francisque des mains de Pétain et ordonné les pouvoir spéciaux en Algérie, ouvrant la voie à la torture, François Mitterrand donc, était naturellement peu disposé à reconnaître la culpabilité de la France dans la déportation des juifs ni à s’excuser pour les crimes commis avant les accords d’Evian tandis que le FLN s’était rendu coupable d’aussi atroces après. Peut être que Zemmour l’a écrit, je ne l’ai pas entendu le dire hélas, à la lumière historique une interrogation me taraude au sujet de l’Algérie : Macron parle-t-il au nom de la France à tous les français d’où qu’ils viennent et quel que soit leur rapport avec l’Algérie ou seulement à certains? Précisons les choses… Macron, comme avant lui récemment à gauche, ne chercherait-il pas à expier les fautes de la gauche française? Rappelons-nous des quelques maigres grincements de dents quand François Hollande, une fois élu, a rendu hommage à Jules Ferry malgré ses écrits (abominables selon le vivrensemble) sur la colonisation. Hollande, l’homme des discours creux, enrobés de moraline dégoulinante et abjecte sur le nécessaire vivrensemble que les gaulois récalcitrants abhorrent avec en tête l’élite socialiste. Macron ressemble furieusement à Hollande là dessus, avec un peu plus de panache et étant plus télégénique, il nous invite lui aussi à renoncer à la civilisation pour le tribalisme pour d’infâmes calculs clientélistes. Jamais personne et, surtout pas de l’éducation nationale, ne m’a expliqué pourquoi les figures du libéralisme et du Bonapartisme sous les traits de Louis-Philippe et Napoléon III se sont inquiétés de l’Algérie sans engager de politique coloniale. Dommage. une des vertus oubliées de la civilisation occidentale consiste à établir et circonscrire précisément les responsabilités. Le socialisme vise inconsciemment voire ouvertement à les diluer dans un collectif abstrait. C’est si pratique pour se dédouaner, dissimuler et au final, mentir.

Cette question algérienne est toujours prégnante parce qu’au nom du toujours vivrensemble, sommet de l’illusion égalitariste, de l’hypocrisie socialiste et du constructivisme sociétal, au lieu d’être balayée par l’histoire, elle sert avant à tout à culpabiliser. Le sentiment de culpabilité étant le nouveau vecteur hyper efficace pour faire avaler de drôle de pilules, les écolos politiques pourtant si faciles à contrer sur le plan scientifique peuvent en témoigner. Dans cet éternel combat opposant raison et passion, Zemmour a choisi lui aussi son camp. Et ce n’est pas celui de la raison, et il l’assume d’ailleurs, il le sait, il a compris les ressorts maléfiques du socialisme non pour les dénoncer, réfuter l’incroyable régression intellectuelle qu’il encourage, il s’en nourrit. Comment devrais-je lui donner tort là dessus? Zemmour a pigé comment fonctionnait la mécanique médiatique, comment faire vendre en librairie ses idées.

Les « artistes » contemporains ont bien compris ce que les progressistes aimaient : choquer les âmes sensibles conservatrices et réacs avec de la transgression à deux sous. « Piss-Christ » le « vagin de la Reine » ou l’arbre de Noël de la place Vendôme. Ils ont pour eux le politiquement correct ce qui les exemptent d’avoir du talent tout en assurant leur fortune matérielle. Zemmour choque les âmes sensibles de gauche et leurs chimères en invoquant le passé et sa très particulière interprétation de l’histoire. Il est intéressant de constater sur quel sujet et sur quel angle le buzz se crée car Zemmour ouvre plusieurs portes possibles. Au final la pauvre auditrice des grandes gueules de RMC d’origine maghrébine qui pense « qu’il n’a pas de valeur ajoutée aux débats » se trompe doublement : en appelant à la censure, elle répond de manière liberticide comme une vulgaire socialiste ayant perdu un débat intellectuel, faits présentés froidement sous le nez. Elle se trompe aussi parce que les gens qui tentent de répondre à Zemmour en défendant les arcanes du politiquement correct ne vendent pas 10% en librairie ce que Zemmour s’apprête à vendre. Malgré mes divergences de point de vue, je reconnais le talent indéniable du polémiste qui vomissant la gauche en a compris assez le fonctionnement pour exploiter sa paresse intellectuelle, ses facilités, son inconséquence mortelle. Les réactions outrées des gardiens d’un temple en lambeaux m’amusent, en cela je suis assez admiratif.

Publié dans Sociétal à la con | Tagué , , , , , , , | Laisser un commentaire

Européennes de 2019: référendum pour ou contre Emmanuel Macron?

Tandis qu’après 14 mois passés au pouvoir où la majorité présidentielle s’évertue à appliquer les mêmes recettes qui ont échoué par le passé, les opposants continuent à gesticuler dans un réflexe pavlovien d’une efficacité symétriquement nulle. Les élections européennes approchent et nous promettent un grand moment de n’importe quoi politique comme seule la France a le secret. Tout le monde rêve de « sanctionner » la politique gouvernementale jusqu’à transformer le scrutin en référendum anti-Macron pour les insoumis.

Bien que les enjeux n’aient en apparence très peu à voir avec la conduite des affaires intérieure, les sous-fifres de la Macronie se placent sur le même terrain avec un chantage grossier en mode « c’est eux ou nous ». Le même qu’au second tour de l’élection présidentielle du reste, la compétence technocratique contre la folie populiste qui en dehors de tout péter, comme un chien dans un jeu de quilles, ne propose rien de sérieux.

Puisque Laurent Wauquiez reste inaudible et ne clarifie rien de la position des républicains sur l’UE, il y a fort à parier que le chantage fonctionne encore un peu. « Profiter » de la catastrophe de Genes pour pointer du doigt les incohérences voire le discours mensonger de l’étrange alliance au pouvoir en Italie c’est une chose qui s’entend, mais nier la cohérence de Salvini avec les attentes du peuple italien ainsi que la convergence de point de vue avec les pays de l’est de l’Union en est une autre bien différente. Comme dirait un célèbre énarque en son temps : « la maison brûle mais nous regardons ailleurs ». Enfin, ils, ces technocrates infaillibles, exigent que nous regardions ailleurs, pour être plus précis.

Avec des partis dits de gouvernement comme LREM et LR englués dans la défense plus ou moins stérile des dysfonctionnements patents de l’UE d’un côté et la démagogie teintée de repli nationaliste de l’autre RN ou FI, nul besoin d’une boule de cristal pour parier sur la défaite des idées. Or le consensus mou/statu quo de LR et les avancées impossibles LREM sont condamnés à long terme. L’UE est un navire à la dérive, sa réforme ou dissolution, son avenir en général ne se décidera pas à Paris.

Publié dans Politique | Tagué , , , , , , , , , , , , , , , , | 10 commentaires

Oh putain quel pied!

On se fait vieux quand on digère la défaite de l’équipe de France de football en finale du championnat d’Europe organisé à la maison en seulement 2 minutes. Vieux ou lucide. Ou tout simplement parce que c’est la coupe du monde le trophée le plus prestigieux. Mais vieux et lucide parce qu’on en a vu d’autres, entendu d’autres. C’est la folie du football d’ailleurs, mélange obscur, et même très ambigu entre talent individuel et discipline collective, sport qui ne peut que réussir aux français quoiqu’on dise (à tort), que les français ne sont pas des mordus comme d’autres le sont, nous sommes en même temps vieux, lucides et insouciants comme les jeunes à la fois…

Dimanche soir, c’était un joyeux bordel. Tant pis pour les pisse-froids professionnels, il n’y a que le foot qui provoque de pareils moments. Dans un pays où sortir un drapeau national vous vaut une suspicion d’adhésion à un parti politique surfant sur la misère sociale, le racisme et une maladive nostalgie d’un pays fantasmé, interdit de changer (en bien ou en mal) dans lequel on avait déjà passé sous silence les événements les plus regrettables de la célébration du premier titre en 1998, ce joyeux bordel m’a fait beaucoup de bien. Il y aurait tant à dire mais laissons aux anglais et aux belges, mauvais perdants, leur promptitude à nous reprocher notre chauvinisme en face de leur incapacité de s’apercevoir de l’extrême mauvaise foi de leurs critiques envers nous, du jeu des bleus, de leurs couvertures sur les incidents aussi lamentables que tristement inévitables. Ce joyeux bordel était si beau et si jouissif après la triste soirée de défaite de 2006 et le scénario fou. La penenka de Zidane, l’arrêt de Buffon qui a empêché Zidane d’accéder à un statut divin et le carton rouge qui l’a fait redescendre (heureusement au fond) à l’humble niveau des autres humains. Des gens errant dans le métro, rasant les murs et regardant leurs pieds et moi mal comme possible, à la limite des pleurs encore le lendemain.

Un détail est passé inaperçu : Jean-Michel Larqué prenait sa retraite après cette coupe du monde. Une énième page de ma jeunesse se tourne. J’ai du coup été frappé par l’incapacité du duo de commentateurs Grégoire Margotton et Bixente Lizarazu de trouver les mots dimanche soir. On vivait un moment exceptionnel mais les mots justes et simples n’arrivaient pas à venir. J’ai immédiatement pensé à Thierry Roland. A côté de la palette, des artifices techniques de Canal+, Roland était simple, « beauf » comme on se plaisait à le critiquer mais avec Jean-Michel le duo avait eu tout bon. Cette jeune équipe hyper talentueuse et à la fois brouillonne par moment est tellement française… C’est ça qu’il faut dire aux jeunes. C’est juste ça qu’il fallait dire à la télé, avec simplicité. L’identité française, finalement, c’est ça. Être capable du meilleur comme du pire, imprévisible, mais savourer le meilleur, l’exalter, et le reconnaître pour commencer. Pas une promesse politicienne ou la récupération agaçante, la promesse comme espoir.

Merci les bleus, j’ai vibré, elle était magnifique cette coupe du monde, merci.

Publié dans Sociétal à la con | Tagué , , , , , , , , , , , , | 3 commentaires

L’Europe de la zone € converge, oui mais vers la crise

A peine élu, Emmanuel Macron suscitait des commentaires dithyrambiques : la France n’était pas la seule à jouir du privilège d’être sortie à jamais des ténèbres qui s’approchaient dangereusement, le monde entier aussi, et, à commencer par l’Europe. Un an après Patatras. Les causes – toujours non traitées – produisant les mêmes effets et l’absence de miracle, d’écartement des eaux pour la marche (enfin) triomphale du progressisme français, l’UE est restée engluée dans la crise qui de surcroît semble s’aggraver. Les partis de droite portent une lourde responsabilité. Ils portent en fait toute la responsabilité à cause de leur antilibéralisme et leur haut niveau de corruption.

Ce lundi matin le constat était rude pour les thuriféraires de l’UE et de l’€ : après 10 ans de crise qui ont ravagé la zone sud de la zone € au point que l’Italie n’a toujours pas retrouvé un PIB par habitant d’il y a 15 ans au moins, plus aucun gouvernement favorable aux mesures d’austérité n’était en place. Entendons-nous sur le mot austérité, c’est fondamental. L’austérité peut se caractériser par l’augmentation des impôts pour équilibrer les budgets gouvernementaux ou la baisse des dépenses pour poursuivre le même but. Or baisser la dépense publique dans des pays où celle-ci est notoirement inefficace pour des raisons structurelles liées aux rigidités sur le marché de l’emploi, l’inaptitude de la formation initiale et professionnelle ou une absence flagrante de management rationnel des moyens et des carrières dans le secteur publique, n’aboutit pas nécessairement au relèvement de la croissance potentielle qui était pourtant le but poursuivi. C’est très certainement le cas de pays socialistes de la zone sud de la zone € drogués, à des degrés divers, à la dépense publique, à la redistribution soit pour des motifs égalitaristes peu glorieux ou régionalistes reposant sur la croyance naïve d’unité nationale.

La France a donc vu torpillée la candidature de François Fillon qui avait justement fait remarquer que sans baisse crédible de la dépense publique et donc en France, de la masse salariale de la fonction publique, aucune baisse d’impôt n’était crédible. Le remplaçant du président social-démocrate Hollande fut donc un autre social-démocrate tout aussi incapable d’intelligemment couper dans les dépenses inutiles, de mettre en place à une échelle plus vaste une politique de mise en concurrence. En Grèce, tenue en laisse, les eurocrates se moquaient du communiste élu tant son attachement à l’€ signait sa capitulation. Nouvelle démocratie ne profiterait pas plus que le centre droit portugais du fruit des dures réformes accomplies. Rajoy en Espagne a fini par se faire désarçonner après avoir tangué suite à des élections anticipées qui avaient finalement sauvé temporairement sa peau. Voilà que des populistes en Italie ont eu celle des partis modérés pro-européens et pro-€. Qu’ils sont loins les articles magnifiant le Messie italien Renzi après l’indéfendenble technocrate Monti sèchement battu aux élections et la serpillère suivante du Parti Démocrate.

Il  y a des caractéristiques communes à tous ces gouvernements au sud de la zone € : les électeurs sont vieillissants, des rentiers ne souhaitant pas la sortie de l’€ mais n’acceptant pas les transformations nécessaires à leurs pays les obligeant à renoncer au socialisme. Ils ont rejeté des gouvernements de droite car leurs résultats trop tardifs voire inexistants (toujours par manque de libéralisme économique au moins) les ont en plus rendus inaudibles du fait de leurs graves problèmes de probité. On peut dire qu’Hollande fut un accident industriel mais il n’a jamais (et ne sera probablement jamais) mis en examen et a en plus détruit l’aile marxiste du PS. Malgré ses phrases ridicules récentes, on en viendra à réhabiliter son action tandis que celle de Sarkozy restera confinée dans les tréfonds de l’histoire. Les partis de droite et les idées libérales reculent au sud du fait de la corruption et de l’absence de réformes de fond. Qui imaginait une pareille situation 10 ans après la crise des subprimes? S’obstiner à penser que tout va se régler dans la joie et la bonne humeur me paraît si illusoire…

x2b3ssa-h9jck

Vieux dessin?

 

 

Publié dans Eco, Politique | Tagué , , , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

La droite cornerisée de M. Wauquiez

Un sondage cruel, mais pas très surprenant, a été publié cette semaine indiquant qu’au premier tour de la présidentielle, Laurent Wauquiez ne recueillerait pas plus de 8% des voix. Pire, Marine Le Pen pourtant discréditée à vie après sa prestation nullissime face à Emmanuel Macron ferait 3 fois plus de voix que lui… Et pourtant le parti LR est bel et bien le parti politique qui compte le plus de députés derrière le groupe soutenant la majorité présidentielle. Certes, nous sommes 4 ans avant ladite élection et que nous ignorons tout du contexte et des prétendants alignés sur la ligne de départ mais comme défense de Wauquiez, c’est vraiment de la défense en mode ligne Maginot.

Wauquiez a bien tenté de garder un centre-droit vaguement libéral avec la pauvre juppéiste Virginie Calmels associée au populisme conservateur proche du FN en la personne de Guillaume Pelletier. La fameuse droite qui marcherait sur « ses deux jambes » à la fois libérale et conservatrice. La réalité est tout autre. Calmels sert de caution centriste alors qu’à l’évidence tout le centre plus ou moins libéral soutient Macron malgré des réserves d’usage envers un énième énarque jacobin qui n’a juste que ripoliné les sociaux-démocrates, enfin débarrassés des marxistes du PS. Quant aux convictions conservatrices, en carton elles aussi, elles ne sont là que pour tenter d’amadouer un électorat désespéré qui manifestement préfère la fermeté, avec la violence au moins verbale comme caution, du FN malgré le discrédit total dont désormais souffre sa présidente. En clair, Wauquiez va au casse-pipe. En fait LR n’hésite pas entre le conservatisme anglo-saxon et le libéralisme français, avec Wauquiez il cherche à incarner une autre voie tout en se pliant dans les grandes lignes au politiquement correct partout désavoué en occident. Une droite au fond ni tout à fait libérale, ni tout à fait conservatrice ni tout à fait souverainiste. Une droite à 8% donc.

LW

Je rappelle toujours avec un sourire en coin que le RPR de Chirac dans les années 80 c’est 800 000 adhérents soit 5 à 6 fois plus de ce qui a enfanté de la bouillie idéologique UMP en 2002. Wauquiez est possiblement intelligent mais dépourvu d’humour et connu pour des formules cassantes que seul un littéraire normalien et énarque peut s’autoriser en petit comité. Trop élitiste pour être le Trump français, trop calculateur soumis pour briser les tabous en place, trop arriviste pour paraître sincère, Wauquiez coche toutes les cases pour se faire ubériser avant 2022. Le noyau dur LR a parié sur le mauvais cheval, si les Bertrand et Pécresse ont un minimum de courage – ce dont je doute – ils devraient en tirer les conséquences et fonder leurs propres partis. Si Emmanuel Macron peut être crédité de quelques succès en 2022, il rira fort de cette opposition risible, incapable de réagir à son incurie.

Publié dans Politique | Tagué , , , , , , , , , , , , | 5 commentaires