Législatives : J-1

Fraîchement réélu, Emmanuel Macron va-t-il disposer d’une large majorité, courte ou devoir composer avec d’autres formations politiques que la sienne et ses vassaux? La partie ne semble pas si facile alors que tous les autres candidats à la présidentielles sont sortis rincés. Pour Mélenchon, c’est certes moins évident, il a réussi à réunir toute la gauche de la gauche et pourrait faire bonne impression au premier tour. Au second, loin de banlieues mal famées, la vérité que les journalistes complaisants oublient de signaler, c’est que sa NUPES n’existera pas.

Après chaque élection majeure, une fois les enquêtes d’opinion épluchées, on constate avec regret qu’il ne s’est rien passé d’étonnant, rien d’imprévisible. La réélection de Macron était inéluctable et la parodie démocratique par le mode de scrutin et le calendrier ne peut pas accoucher d’une surprise. Sauf que le « vote utile » a joué à plein et que le parti du président s’est systématiquement ramassé aux élections locales. Bon nombre de parlementaires marcheurs, élus à la surprise générale et n’ayant pas réussi à sortir de l’anonymat pourraient bien redouter le scrutin de demain. La droite LR, gagnante des municipales ne devrait pas avoir de mal à conserver ses 60 rescapés voire engranger des succès mais c’est sans compter la stratégie funneste du parti qui s’est soldée par moins de 5% en avril…

Macron n’a eu de cesse d’abîmer la démocratie parlementaire, en exerçant le pouvoir seul bien au delà de ce que la constitution prévoyait, en rabaissant le role de ses députés, avec des commissions bidons de gens soit-disant tirés au sort etc. Les électeurs peuvent aussi s’adapter aux conditions et cesser d’accorder une majorité au président nouvellement élu et l’obliger à revenir aux fondamentaux démocratiques : ce serait plus que souhaitable. Réponse dans les jours qui viennent.

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Un nouveau paradoxe français

Aucun président de la Vème république n’a été réélu sur son bilan après une législature pleine à exercer le pouvoir (l’élection de 1965 étant un peu différente). Il se pourrait qu’Emmanuel Macron soit le premier à y parvenir. Son bilan étant pourtant un des plus mauvais, le vote pour les « extrêmes » ne fait que s’amplifier scrutin après scrutin et sa progression personelle – en trompe-l’oeil – au premier tour par rapport à 2017 ne cache pas son manque de réserves de voix.

Il y a 5 ans, le candidat par défaut des centristes et des modérés (mais surtout des politiciens opportunistes) avait battu nettement une candidate – nulle – et détestée par trop de monde. A la faveur d’un étrange vote utile, le match retour qu’une majorité de français ne voulait pas voir se tenir aura finalement bien lieu et c’est le moins haï qui va l’emporter. Je n’ai pas regardé plus de deux minutes le débat d’hier soir. Le Pen était appliquée, pénible car trop concentrée à ne pas dire de (trop) grosses bêtises. Macron, fidèle à lui même mais fatigué, était obligé de remplacer ses ambiguités coutumières par des mensonges à cause de son bilan. Avec un pays aussi fracturé, des électeurs lassés des soit-disant modérés, incapables de réformer le pays pour enrayer sa lente agonie, des extrêmes qui le sont de moins en moins et qui ont de plus en plus de grain à moudre, le pays sera ingouvernable.

Au fond le débat avait l’air d’être à l’image de la campagne : inexistant, insignifiant, nul et hors sujet compte tenu des décisions douloureuses qui devront être rapidemment prises et qui n’auront hélas pas été débattues. Macron devrait être réélu selon toute vraisemblance mais la crise institutionnelle se rapproche inexorablement. Il a échoué en se laissant faire prisonnier des promesses démagogiques de ses prédécesseurs, le voilà désormais prisonnier également de ses propres bobards. Il est le président de ceux qui s’accomodent plutôt bien de l’immobilisme, proportion de la population en lente régression… Voilà qui promet.

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L’élection de 2022 va virer à la farce, le réveil sera dur…

Emmanuel Macron ne peut plus rien craindre de l’élection. La stratégie de la tension autour du COVID-19 a permis de stériliser les débats et de disperser les opposants sur des positions soit extrémistes soit insipides. La guerre en Ukraine a pris le relai d’une manière inespérée : le gouvernement qui prenait le risque de lever trop tardivement les restictions et de soulever un mécontentement peut donc les lever désormais sans crainte, Macron n’a même plus à mener campagne. Les sujets fondamentaux des 5 prochaines années ne seront donc hélas pas débattus. Encore une fois…

Les postures trop favorables à Poutine de certains candidats de droite vont leur coûter très cher. Poutine apparaît logiquement comme l’agresseur indéfendable. On en oublie même que ses revendications sont inchangées depuis 20 ans et qu’elles ne sont pas dénuées de sens au fond. Mais pour les droitards imbibés de propagande russe, il n’est pas concevable d’admettre une réalité simple à comprendre : dès que l’opinion publique d’une ex-république d’URSS limitrophe de la Russie exprime la volonté de vivre en paix et de goûter aux joies de la liberté et de la prospérité occidentale, celle-ci se rapproche de l’OTAN et de l’UE pour s’émanciper de M. Poutine et de ses chars menaçants. Quant à ce dernier, peu importe si c’est la poule qui a précédé l’oeuf ou l’inverse, c’est un débat ridicule au fond, il est invariablement prompt à agiter des minorités russophones, d’envoyer les tanks et provoquer le chaos. Les maladresses de l’occident sont une chose discutable, certes, mais c’est surtout l’absence de démocratie et la nostalgie de l’URSS côté russe qui sont une réalité. Les masques tombent. Tous.

A l’incapacité des droitards de répondre aux aspirations démocratiques, de liberté des peuples en occident comme en Europe plus à l’est, il vient s’ajouter une crise énergétique. Voir les écologistes toujours nous parler de sortie du nucléaire et d’intensifier le ruineux et inefficace déploiement des énergies, dites renouvelables, révèle leur caractère dogmatique, sectaire, une déconnexion obscène avec le réel. La gauche française tourne ainsi le dos à la raison sur des questions de justice (wokisme) et d’énergie (géopolitique). La droite à la liberté, à la démocratie : la droite française est incapable depuis la figure incapacitante de Charles de Gaulle de proposer les changements institutionnels qui s’imposent et rompre avec l’étatisme et la nostalgie maladive de l’empire. On pourrait aussi mentionner les allemands qui avec leur gouvernement rose/verdâtre avec des libéraux corrompus portent une lourde responsabilité depuis un moment et qui s’entêtent dans les fausses solutions (finalement ils renoncent à prolonger leurs dernières centrales nucléaires). L’UE franco-allemande est une chimère tant les allemands s’évertuent à convertir le continent à leur néant géopolitique et que la France cesse d’être une puissance économique respectable et par conséquent écoutable.

Macron va donc être réélu sans débat, avec une abstention probablement très forte et tous les problèmes économiques et sociaux mis sous le boisseau. La crise énergétique et l’inflation va faire exploser le nombre de gilets jaunes, l’endettement va exiger des réformes impopulaires et un renoncement aux dogmes médiatiquement à la mode (ENR vs nucléaire). Les 5 ans qui viennent vont être longues et semées d’embûches. Dès 2025 quand la prochaine élection se profilera avec un président ne tenant plus ses troupes (il ne se représentera pas a priori) le pays pourrait partir en sucette. Dès aujourd’hui en 2022, il suffit qu’un criminel ayant assassiné le plus haut représentant de l’état en Corse (!) soit victime d’un islamiste (parfaite illustration de tout ce qui ne va pas en France, en passant) pour que les plus excités enflamment l’île et que des propositions d’autonomie soient dégainées (aggravation du fort avec les faibles ceux qui la bouclent sagement durant le COVID-19, faible devant les caïds). Voilà qui n’augure rien de bon.

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Valérie Pécresse sur le toboggan

Après 2 mois en apesanteur à 15% en compagnie de Marine Le Pen et d’Eric Zemmour, se tenant ainsi dans la barre d’erreur, Valérie Pécresse semble désormais amorcer sa descente aux enfers. Son « grand » meeting parisien a exposé aux grands jours ses faiblesses et l’élimination au premier tour la guette avec le risque même de finir loin du podium, peut être même en cinquième place derrière Jean-Luc Mélenchon. Il serait pourtant injuste de lui tomber dessus : un autre des prétendants de la primaire de décembre aurait subi le même sort.

Sa campagne est un fiasco, on peut déjà le dire. Jamais l’adhésion à des propositions estampillées « de droite » n’a été aussi forte et c’est pourtant un étrange produit du capitalisme de connivence à la française, parti de la gauche qui semble détenir toutes les clés pour sa réélection. Dans ce contexte, ne receuillir que 17% ou 18% des intentions de vote constitue un échec cinglant. Mais la faute, le péché originel revient au parti LR et ses caciques qui préfèrent défendre de médiocres acquis que de prendre des risques pour réformer le pays. Une attitude de syndicalistes de la fonction publique en somme. Les figures de proue de LR se sont montrés incapables d’expliquer pendant 5 ans (!) pourquoi ils étaient différents (et mieux) que le populisme étatiste de Marxine Le Pen ou de l’immobilisme social-démocrate de Macron (se muant en autoritarisme à la première contestation populaire sans parler de la gestion calamiteuse et liberticide de l’épidémie de COVID-19). Ils ont reporté cette explication à la fin du mandat de Macron et se trouvent maintenant victimes de la concurrence d’un candidat étrange en la personne de Zemmour qui s’il ne siffle que peu leurs voix, savonne franchement la planche pour la suite.

Sans surprise, Pécresse n’arrive pas à faire en 2 mois ce qu’elle n’a jamais réussi, osé, et que son parti s’est rechigné à faire pendant 5 ans (bis repetita). Surjouer une ligne qui n’est pas la sienne, incapacité à prendre des risques et de tenter d’imposer des thèmes plutôt qu’être à la remorque des autres candidats, voilà qui n’augure rien de bon. Quel gâchis prévisible! J’avais immédiatement remarqué (choix suicidaire avais-je dit) que le choix d’une primaire fermée aux seuls adhérents où le poids des élus locaux trop tentés de conserver leur pré carré ferait la décision au détriment du sang neuf, de la clarification idéologique, ne marcherait pas. Aussi, j’avais dit qu’un candidat LR insincère sur les idées libérales, conservatrices ou souverainistes c’était une droite qui ne servait à rien, une droite à 8%. Le score de premier tour quand on testait Laurent Wauquiez et où a fini le pourtant solide, intellectuellement parlant, FX Bellamy. L’accueillant sur ses terres, David Lisnard montre comment en 45 secondes on peut énoncer une ligne directrice aussi claire que tranchante tandis qu’en 2 mois, Pécresse minaude, louvoie, tournicote, tourne en rond sur du vide énarchique alors que c’est précisement ce que fait Macron depuis 5 ans (bis !!!).

Valérie Pécresse est donc partie pour être la Hamon de droite suivant une erreur de casting aux similarités troublantes. Choisir Hamon c’était faire fi de toutes les réalités économiques et des conséquences de notre modèle social anticapitaliste (notamment des externalités négatives de l’immigration) choix, qui ne pouvaient être que celui d’élus et de sympathisants vivant dans un univers parallèle. Il en est de même pour bon nombre d’élus de droite à l’évidence. Face au péril occidental d’être gouverné par des sachants, de prétendus centristes modérés qui ne supportent pas la contradiction et qui s’y opposent par des moyens nettement plus sophistiqués que la révolution ou autres références autoritaires, sanglantes des communistes, LR n’avait que des clones en stock. Je m’étais trompé par contre. Zemmour est un réactionnaire certes, mais lui, il sent mieux les choses et corrige ses erreurs sur la forme. Puisqu’il ne s’est pas effondré, qu’il n’est pas un leurre et qu’il est probablement sous-estimé du fait de son flingage en règle dans les médias, il sera très probablement au second tour. Les vieux croutons LR accuseront Pécresse. Ils devraient s’en prendre qu’à eux-mêmes.

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Les antivaxx, ça suffit! Emmerdons-les

La glorieuse presse française a vu récemment son exubérant éventail de titres s’enrichir d’une nouvelle publication, « Franc Tireur« . Un clin d’oeil aux résistants par l’inénarable Christophe Barbier, le tout financé par un tycoon tchèque, difficile de ne pas éclater de rire. Et pourtant, on aurait tort. Cette dream team d’auteurs composée principalement d’intellectuels médiatiques nous dit quelque chose de l’idéologie désormais dominante. Non dominante au sens de « majorité silencieuse » à laquelle ce journal prétend s’adresser (et échoue pour le moment si on en juge les ventes modestes et déjà déclinantes) ni au sens de celle des artistes et autres idoles progressistes des années 80/90 désormais totalement dépassées par les extrémistes écologistes ou wokes qu’ils ont malencontreusement façonné. Cette idéologie est celle des élites dirigeantes post-nationales, de la superclasse mondiale, des technocrates.

Définir cette idéologie est un exercice de gymnastique périlleux. La liste des auteurs invités, les thèmes, les arguments semblent parfois contradictoires d’un point de vue de l’histoire des courants de pensée. Il y a tout de même quelques invariants notoires, déjà bien visibles ailleurs : quiconque s’oppose aux décisions forcément intelligentes des technocrates est un vilain populiste voire dangereux extrémiste. Il faut éclairer le bon peuple car hélas son bon sens l’égare. Les Gilets Jaunes? Des pouilleux qui ne comprennent pas l’excellente politique économique du grand président Macron Ier. Les antivaxx? des assassins en puissance qui méritent d’être emmerdés. Les souverainistes, les enracinés, les conservateurs, un ramassis de nazis etc. Jugez les unes : FT n’a que des ennemis, des mal-pensants dont il faut convaincre la populace qu’il faut s’en détourner. Les 5 penseurs de 2022? A part le gentillet Marcel Gauchet, au libéralisme aussi mou que l’écharpe rouge du boss, j’avoue n’en connaître aucun. Il y a pourtant tant de grands auteurs français qui pourraient nous éclairer…

Si on repère chez ces gens là une idée juste c’est souvent accidentel. On y trouvera la fine-fleur de la sociale-démocratie très lucrative pour ceux qui auraient tout à craindre d’être payés à leur juste valeur comme le notait le regretté Raymond Boudon. Des libéraux en carton qui valident le pass sanitaire (ou vaccinal) et d’autres qui recyclent au nom de l’égalitarisme et du principe de précaution de nombreuses fumisteries socialistes. C’est une forme de populisme des élites que j’avais immédiatement décelé au lendemain de l’élection de Macron, une forme de sécession des sachants qui affichent désormais ouvertement leur mépris de classe envers les autres, les idiots qui n’arrivent pas à saisir la profondeur de cette pensée technocratique. La conséquence de l’essor du socialisme en occident après guerre concomitante avec la mondialisation fut de tuer le capitalisme entrepreneurial en créant des multinationales au pouvoir corrupteur démultiplié qui fricottent avec le pouvoir et ses haut-fonctionnaires. En France, on peut déplorer la restoration d’une société d’ordres digne de l’ancien régime du nouveau monde, mais surtout, que l’élite façonnée par cette évolution néfaste aux peuples et à la démocratie pense comment faire perdurer cet état de fait et non comment revenir aux fondations libérales responsables du progrès. (cf préoccupations du « Great Reset » des gens de Davos). Franc Tireur, c’est le Davos du pauvre, puisque malheureusement la France s’appauvrit dans tous les sens du terme.

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Janvier 2022 : Stop ou encore?

Bonne année à mes quelques lecteurs pour commencer.

Janvier ce n’est pas le mois de la trêve des confiseurs, elle est passée. La rentrée est toujours chargée et le président n’enchaînera pas ses voeux à qui veut encore les entendre, il sera en campagne cette fois. Janvier c’est surtout le mois de la « cristallisation » de l’opinion. Début février, l’identité du prochain président ne fera pratiquement plus aucun doute. Le plateau de départ est pratiquement connu, les dynamiques se figent rapidemment d’autant plus que COVID oblige, il n’y a pas beaucoup de place aux débats, surtout dans un pays qui va si bien par ailleurs…

En 2002 les prétendants étaient si nuls peu attrayants qu’il y eut un suspens du fait de la faible mobilisation des électorats plutôt modérés. Il y a 5 ans, entre l’envie de tous les envoyer chier à la cave, la cabale Fillon et le matraquage médiatique en faveur d’un outsider (plutôt bien installé dans le système en fait) il y eut à nouveau une (petite) surprise. Le paradoxe de 2022 c’est que la situation paraît jouée tandis que le pays coule à tous les niveaux et que l’épidémie de rhume-21 COVID-19 tétanise l’opinion stérilisant tout débat. Comment expliquer que Macron demeure aussi haut au premier tour, stable avec un % très élevé de gens sûrs de leur vote?. Il ne peut rien craindre dans cette situation. Le bilan de Macron est pourtant l’un des plus médiocre de la Vème République et le personnage s’est montré régulièrement condescendant envers les français, arrogant à l’étranger, en un mot : insupportable.

Que faire? Valérie Pécresse n’offre aucune perspective de changement, Eric Zemmour n’offre aucune perspective de victoire, Marine Le Pen n’offre aucune… perspective. Il y a tout de même un élément important à prendre en considération. Sous Macron, les institutions peu démocratiques de la Vème République lui ont permis de prendre un virage autoritaire sans précédent. Abus de pouvoir, parlement de godillots, référendum baffoué, atteintes aux libertés, manifestations sauvagemment réprimées, affairisme et j’en passe : il faut dégager Macron de toute urgence même si le successeur recyclera quelques nuisibles.

Depuis quelques années, je me plaisais à dire que la « démocratie était le pire des systèmes à l’exception de tous les autres » reprenant la merveilleuse formule de Churchill. Sa vertu reposait sur la possibilité de botter le cul des incompétents à intervalle régulier ou de relégitimer pour un temps compté quelqu’un de moins mauvais ce qui calmait les perdants et permettait un renouvellement des têtes, des idées. A la réflexion, je me dois d’y ajouter une précision de taille : la norme ce n’est pas le bon grain qui chasse l’ivraie, c’est hélas plutôt exceptionnel. La norme, ce sont des nuisibles qui s’accrochent et utilisent (pervertissent) les moyens de l’état pour ce dessein. Les bons sont rares et n’arrivent en général que trop tard. Il héritent de la m** laissée par les nuls. Puisque la crise en France est une crise de régime, je doute fort que de grands changements puissent intervenir avant d’avoir pris le mur en pleine poire. Avec le temps je me dis que l’abstention est un réflexe normal à toutes les élections intermédiaires sans enjeu et sans intérêt tant le pays est trop centralisé, avec 0 subsiduarité, pire, plusieurs mécanismes de péréquation pour encourager les nuls au détriment des bons etc. Au seul échelon avec de l’enjeu, virer un tyran (même soft) me semble donc nécessaire.

Surveillons donc le mois de janvier. Si nous en restons là, seule Pécresse peut nous débarasser de Macron. Si elle s’effondre – c’est bien possible – il ne restera plus aucun choix. Zemmour reste trop loin au second tour et son offre de service qui se résumait à « faire mieux que Le Pen » tombe complètement à l’eau. Triste plateau de départ, triste choix, triste président(e) en vue.

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Zemmour : le soufflé retombe et va au crash

La grande question était de savoir si le polémiste serait le Donald Trump français ou son « mauvais génie » Steve Bannon. La réponse se dessine nettement désormais. Mettre des gauchistes en PLS en reprenant leurs codes (choquer le camp adverse) c’est une chose, se lancer en politique en est une autre. Zemmour en fait l’apprentissage à ses dépens.

En se victimisant comme la familia Le Pen, par ses frasques indignes de la pureté du conservateur propret, par l’indigence du programme passéiste et anxiogène, par l’amateurisme grotesque de son maigre entourage, Zemmour s’est donc lancé officiellement dans la course alors que déjà sur la pente déclinante. Ce qu’un polémiste gagne en notoriété en appelant compromission le respect de l’équilibre entre les forces politiques qui requiert des compromis à côté des choix assumés, il le perd lorsqu’il se lance en politique avec la volonté de rester inflexible sur sa ligne. Voilà pourquoi les intellectuels font rarement de bons hommes politiques. Si les hommes politiques sont mauvais, ce n’est pas toujours à cause de leurs contorsions intellectuelles infernales qui les poussent à abandonner toute conviction, plus sûrement leur carriérisme et la faiblesse des sanctions dans les urnes quand ce n’est pas celle de la justice…

Comme prévu, le positionnement trop réactionnaire de la droite identitaire va lui être fatal : il s’est aliéné le centre-droit modéré le condamnant à prendre que l’électorat non socialiste de Marine Le Pen. Les accents fillonniste de son discours n’y changeront plus rien, il a échoué à réconcilier l’électorat populiste lassé des politiciens et la bourgeoisie qui attend des réformes de l’état bureaucratique qu’elle finance en pure perte. C’était pourtant son plan, c’est un échec de plus en plus évident. L’enfermement dans son thème de prédilection, la naphtaline capiteuse de ses références (parler en citation, un truc à laisser aux profs, de philo en particulier) vont lui coller à la peau. Comme prévu, l’absence d’une équipe expérimentée ou de prise de guerre d’élus LR ou RN droitiers vont être insurmontable. Pire, sans le dire il a fait comprendre que MLP était nulle alors qu’il ne vaut pas mieux. Aux LR d’en profiter, c’est la prochaine question, puisque c’est tout frais, c’est à Valérie Pécresse d’en jouer surtout si elle trouve comment valoriser le meilleur de ce qu’Eric Ciotti a défendu.

Reste une question qui restera sans réponse. La gauche nous déploie un écran de fumée bien opaque pour que jamais ne soit évoquée la question qui tue – pourtant vitale démographiquement parlant – celle de la solubilité de l’islam dans une démocratie libérale occidentale. Zemmour déploit des solutions dépassées de l’extrême droite, limiter démographiquement le poids des « méchants », la gauche un « circulez il n’y a rien à voir! » totalement hors-sujet, mortel depuis Merah et surtout le 13 novembre 2015. Qu’on réaffirme enfin les principes de la république française, les valeurs non négociables de l’occident, de l’universalisme de la liberté des lumières, c’est trop demandé?

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Zemmour, un réac français

Il n’est pas encore candidat mais se comporte comme tel et est, fort logiquement, déjà traité comme tel. Alors que l’officialisation de ce secret de polichinelle se rapproche (d’ici quelques jours?) un premier bilan de son début de « campagne présidentielle » s’impose. Zemmour bouscule, mais n’oublions pas comment Macron nous a déjà (trop) bousculé sans rien réformer.

Jamais un candidat supposé à l’élection présidentielle, sans parti ni soutien d’élus, n’est monté aussi vite dans les sondage au point de sembler capable de se hisser au second tour. Il pioche partout à droite et rameute aussi des abstentionnistes de 2017. Quand on songe aux racines du dégagisme de la précédente élection, plus personne ne doit être surpris qu’un candidat sans étiquette, sans parti, sans mandat, sans programme puisse arriver à l’Elysée… C’est le récit officiel du parcours météoritique d’Emmanuel Macron. En 2017, toute la presse, les médias et l’intellegenstia aux mains des capitalistes qui grouillent autour de l’état ont façonné ce candidat jeune et beau. Il a certes profité de la cabale contre François Fillon orchestrée par des juges rougeâtres (les macronistes ne sont pas les commanditaires de toute évidence bien que les principaux bénéficiaires). En 2021, le paysage médiatique a légèrement changé. Les youtubers de droite cartonnent, M. Bolloré reprend en main vigoureusement des médias existants pour les réorienter politiquement et M. Macron doit désormais défendre un bilan plus que médiocre.

Zemmour prend évidemment à Marine Le Pen mais drague ouvertement l’électorat fillonniste laissé orphelin par la bouillie énarchique, soumise au politiquement correct qui a pris définitivement le contrôle des républicains. Ses attaques anciennes et encore récemment aux fondements de la pensée libérale devraient le condamner au moins au second tour mais ça, c’était avant comme on dit. Entre temps Macron devra répondre de son bilan et le moins que l’on puisse dire, c’est que le président « libéral » a lui aussi porté de violents coups de canif à la pensée libérale. Oublié son livre « révolutions » et ses observations girondines. Jupiter use et abuse du pouvoir du monarque républicain avec un cynisme mitterrandien sans le talent de ce dernier, ne serait-ce que pour dissimuler son mépris de classe, son narcissisme maladif et cette vanité déplacée à se croire plus malin que tout le reste de l’univers. J’avais dit que le quinquennat avait commencé à déraper avec l’abus de pouvoir caractéristique derrière l’étrange affaire Benalla. Depuis, les faits se sont accumulés. Tentative systématique de discréditer ses adversaires en voulant les faire passer pour des extrémistes, des factieux (opposants politiques, gillets jaunes), tentative de révision de la constitution, de l’objet social des entreprises, enfer bureaucratique de la gestion de l’épidémie et j’en passe. Quand le minable François Hollande constate l’échec de la démocratie représentative pour se mettre d’accord et assumer un choix pour le nouvel aéroport nantais, reconnaissons-lui le mérite d’avoir eu le réflexe sain d’employer la démocratie directe via un référendum. Macron s’en ai lavé les mains, comme sa réforme de la taxe d’habitation, tout doit être décidé d’en haut, par lui évidemment. Il peut décorer Angela Merkel, étrange animal politique au bilan mitigé mais dont le seul mérite réside dans la mise en coupe réglée de l’Europe et de la France en particulier. Les admirateurs du général qui tendit la main à Konrad Adenauer à la Boisserie jusqu’au traité de l’Elysée vont encore certainement apprécier ce geste qui ressemble plus à l’officialisation d’une vassalité incongrue qu’à une relation d’égal à égal.

Zemmour pourfend opportunément « l’état nounou » et pleurniche sur l’américanisation de la France en fustigeant le libéralisme dans son acception nord-américaine. Macron s’est fait élire en tenant le discours le moins anti-libéral depuis au moins 1988 pour ensuite tourner le dos à la pensée libérale immédiatement et sapper la démocratie et les libertés publiques comme jamais. Pour les libéraux, 2022 va encore être un choix par défaut, pire, un choix en subodorant qu’un candidat ne fasse pas le pire de ce qu’il est capable. A ce jeu destructeur, rappelons l’asymétrie de cette élection : Macron, on a vu et il vaudrait mieux que ça cesse au plus vite. Reste à savoir si Zemmour peut (enfin) se montrer plus rassurant une fois que ses équipes, ses premiers ralliements se seront montrés. Les américains ont élu Trump parce que le rejet de la mère Clinton était presqu’aussi massif et son électorat était moins motivé que celui de Trump. Les français seront prévenus et le scrutin sera direct. Mais qui pourra bien réformer sur la base d’un rejet de l’autre camp?

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La désignation du candidat LR vire à la farce suicidaire

Comme prévu les vieux croutons du parti LR ont réussi une manœuvre pour éviter une primaire ouverte ce que les statuts du parti semblaient pourtant prévoir. En repoussant la désignation du candidat lors d’un congrès se tenant le 4 décembre prochain, sauf nouveau rebondissement, les caciques reculent pour mieux sauter, dans le vide très probablement. Il est absolument fascinant d’observer comment les circonstances mais surtout des hommes d’une rare médiocrité empêchent le retour de la droite aux affaires alors que jamais elle n’a autant bénéficié d’un boulevard pareil.

On peut se demander si le pamphlet nostalgique d’Eric Zemmour « le suicide français » n’était pas écrit spécialement pour LR. Tandis que ce dernier truste les antennes et oblige les candidats de droite à se positionner par rapport à ses polémiques, LR a perdu une occasion de lancer un candidat en retard dans les sondages et apportant un souffle nouveau. Je passerais vite sur le cas de Denis Payre dont j’avais prédit qu’on ne lui déroulerait pas le tapis rouge. Les mois précédents ont vu l’éclosion médiatique de David Lisnard, seule personalité vierge de tout passage ministériel calamiteux sous Jacques Chirac ou Nicolas Sarkozy, confortablement réélu aux municipales et portant un diagnostic lucide et une argumentation solide mais aussi optimiste sur les réformes à conduire. Ce choix de congrès, ou plutôt ce non-choix a enterré tout espoir de proposer aux français du sang neuf, des convictions. Lisnard semble logiquement avoir jeté l’éponge ne voyant pas comment combler son déficit de notoriété et de poids au sein d’un parti verrouillé. Ce sera donc un choix restreint à des candidats naviguant entre deux eaux. Loins derrière Macron et Le Pen et incapables d’expliquer leurs singularités entre Zemmour et le président. LR paye en vérité ses luttes internes depuis la défaite de Sarkozy et le refus quasi systématique de se doter d’un leader et d’un projet ambitieux. Voilà 10 ans que ce parti tente de recycler à l’infini des nullités qui ont échoué et qui auraient disparu dans bon nombre de démocraties occidentales. Nullités livrées en prime avec une bouillie sociale-démocrate inepte compte tenu de la situation périlleuse dans laquelle la France nage en ce moment.

Au lieu d’occuper le terrain médiatique, la guerre interne va se poursuivre avec des tractations aussi ridicules que condamnées à l’échec. Pourquoi 2 mois de combinazione régleraient-ils 10 ans d’incurie? Pendant ce temps, Zemmour s’emploie à décrédibiliser, non seulement Marxine Le Pen mais aussi les notables LR. Son analyse est assez juste, la création de l’UMP a constitué la dernière étape de la trahison des élus de la droite aux idées de ses électeurs, de l’analyse de la situation du pays et du monde. Ce n’est pas exactement un parti avec des ténors issus du RPR avec les idées du centre, erreur classique du penchant réactionnaire de Zemmour et de la droite illibérale. L’UMP a en réalité assemblé le pire du RPR et de l’UDF : l’étatisme des uns et l’européisme des autres, le tout dans une soumission au politiquement correct gauchiste. Aux oubliettes les idées libérales, conservatrices ou souverainistes. Cette droite sans intérêt qui n’intéresse plus personne en dehors des EPHAD et quelques bourgeois catholiques, ne parle plus du tout aux actifs, aux jeunes et aux classes populaires comme Sarkozy avait en grande partie réussi à le faire en 2007. Le plus gros réservoir de voix, surtout vu le niveau de l’abstention ces derniers scrutins se trouve pourtant là. De l’autre côté, Edouard Philippe va (en mission téléguidée depuis l’Elysée) tenter de monter ce parti de centre-droit pour achever ce qui n’avait pas été accompli en 2017. L’idée étant d’assècher LR par le centre, sécuriser la présence de Macron au second tour pour affronter un candidat qui apparaîtra de facto extrémiste. En cas de mauvais sondages, il est probable que LR implose…

Le succès de l’entreprise de l’ancien premier ministre est facile à prévoir. De nombreux élus LR voudront sauver leurs têtes comme tous les opportunistes du PS qui s’étaient mis en marche derrière Macron en 2017. Le parallèle est évident. Reste à savoir jusqu’au ira Zemmour. Réhabiliter Pétain et sa querelle sur les prénoms ne font pas de vous un Trump français, un Steve Banon au mieux. Va-t-il plafonner? Une bulle qui va éclater? Reste que l’élection va se jouer, comme je le pressens depuis longtemps, au centre droit: celui qui va se l’aliéner va perdre. En recyclant des objects politiques périmés, dépourvus de vision, de conviction et désormais d’élan, LR semble tout indiqué four figurer comme première la victime du dégagisme version 2022.

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Denis Payre vient troller la primaire LR

Bien que les médias ne vendent qu’un match retour MLP/Macron s’appuyant sur les sondages, de nombreuses raisons conduisent à penser que LR peut encore venir perturber le jeu. Problème, le parti d’inspiration bonapartiste a choisi de ne pas désigner de chef avant l’approche de l’élection présidentielle de 2022, choix qu’il ne cesse de payer depuis 2017.

Xavier Bertrand a décidé de partir sans l’étiquette LR or il stagne dans les enquêtes d’opinion et ne paraît pas en mesure de se faire une place au second tour. Et pour cause, son style faussement débarassé de langue de bois depuis 2012 ne prend pas. Son positionnement reste diffus comme ses propositions, de l’eau tiède, du gloubi-boulga étatiste, sécuritaire rien de populiste dans le bon sens du terme. Valérie Pécresse, elle, va chercher l’investiture face à des candidats de second plan ce qui pourrait, en cas de frémissement sondagier, forcer Bertrand à se retirer à son profit. Hélas pour les deux, ils donnent l’impression d’avoir quitté LR trop tard pour prendre le train Macron en marche et trop tôt pour être libres de le critiquer sur son bilan et de se positionner convenablement. Comme le note avec justesse le québécois Bock-Coté, ils ont critiqué Wauquier sur le fond alors que c’était davantage la forme qu’il y avait matière (se souvenir de son « cours » à l’EM Lyon du niveau bar tabac PMU).

Tandis que les derniers sympathisans libéraux de LR s’impatientent d’une candidature de David Lisnard, à la surprise générale, c’est l’entrepreneur Denis Payre qui se lance. La démarche est paradoxale ce qui me fait dire qu’il s’agit de trollisme… Il y a près de 10 ans, pressentant l’échec complet de François Hollande ainsi que des appareils politiques pour répondre aux attentes des français, Payre a eu l’intuition géniale de fonder un mouvement politique nouveau assis sur des français avec un programme se voulant pragmatique. La suite des événements lui ont parfaitement donné raison. En Marche voulait reprendre la démarche avant qu’il soit évident que les rares personnes « neuves » et intéressantes ne soient finalement éclipsées/cornaquées par des politiciens professionnels. Payre a manqué de persévérance et puisque le jeu politique était complètement verrouillé au point de faire croire à l’apparition d’un nouveau parti sensé accompagner le nouveau monde, son discours manquait cruellement de souffle, de vigueur contre cette effrayante bureaucratie sur laquelle les énarques règnent.

Denis Payre semble revenir cette fois avec un discours plus musclé en phase avec la tendance au dégagisme qui mérite de s’abattre sur tous les tocards en place mais il entend tenir ce discours au sein d’un parti qui meurt à petit feu pour ces mêmes raisons… Si l’entrisme ne pouvait pas fonctionner il y a 10 ans comment le pourraît-il maintenant alors que tous les samedis la France bouillonne dans la rue depuis 3 ans? Je doute que les vieux croutons LR qui sont dépassés par les évènements lui dressent un tapis rouge… Payre n’aura probablement qu’une courte fenêtre médiatique pour ringardiser ces notables grabataires, responsables et principaux bénéficiaires de l’immobilisme social-démocrate français. Espérons que ça oblige les autres candidats à sortir des ornières, prendre des risques, faute de quoi, on ne voit pas pourquoi ils pourraient inquiéter Macron. Et surtout, on voit pas du tout pour le moment un candidat LR intéresser l’immense réservoir d’abstentionnistes qui ont parfaitement compris qu’aucun des prétendants connus actuellement n’ont réellement l’envie de changer quoi que ce soit.

LR est à la croisée des chemins, à l’image du pays. En restant incapable de porter un message de modernisation de l’état (mère de toutes réformes) et peu crédible sur le régalien du fait de son track record, il se pourrait que le candidat (ou la candidate) passe à côté de l’opportunité de tirer profit des trolls de cette future élection. Eric Zemmour d’un côté qui va démontrer que MLP est une imposture, une voie de garage faisant le jeu de la gauche et de l’autre un discours libéral fustigeant la faillite en tous points de l’état et de notre démocratie. Soit la primaire LR ne sert à rien et débouche sur une farce (ou une cabale grossière comme la dernière fois) soit elle peut lancer un candidat ou une candidate et lui donner quelques marges de manœuvre pour remporter l’élection présidentielle. Affaire à suivre donc, et merci aux trolls qui chagrinent les esprits fragiles et font ouvrir les yeux aux autres en soulignant des décalages insupportables.

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