Démocratie vs violence

Dans la douce France qui va mieux, dixit un ancien président qui tente péniblement de revenir un politique, il ne se passe plus un jour sans que des faits d’une rare violence soient commis. Violences physiques, sociales, morales et communautaires. Pour ceux qui en doutaient encore, la France a franchi un nouveau stade. Terminée l’époque des failles de l’état de droit, du laxisme judiciaire. Nous entrons au stade terminal du cancer qui ronge la démocratie.

 

Au premier stade, l’état est incapable d’assurer convenablement ses missions régaliennes mais au lieu d’en tirer les conséquences, les pouvoirs publiques préfèrent minimiser. Aucune évolution depuis les sauvageons de Jean-Pierre Chevènement dans les années 90, la petite claque de François Bayrou en 2002, Nicolas Sarkozy se félicitant du bilan des émeutes de 2005 (si ma mémoire est bonne). La fermeté des discours contraste avec l’absence totale d’action et bien entendu au nom de « faut pas faire le jeu du Front National« . Qu’il est bien pratique ce parti aux dirigeants aussi caricaturaux qu’incompétents… Sauf que la fermeté sans effet donne de plus en plus à penser aux français que la violence verbale et les solutions inspirées du café du commerce seraient des gages d’une volonté politique désespéremment absente chez nos gouvernants actuels. La boîte de Pandore est ouverte.

Au second stade, on constate que seule la violence interpelle les pouvoirs, médiatiques et politiques. Des gilets jaunes radicalisés en passant par des zadistes, aux racailles qui mettent le feu aux écoles comme si les représentants de la force publique ne leur suffisaient plus jusqu’aux grévistes professionnels dont le minable corporatisme emmerde bien au delà du tolérable. La France souffre d’un manque de démocratie évident quand les syndicats, les partis politiques et les associations ne sont plus que des aspirateurs à pognon publique et non des institutions qui donnent du sens, du concret aux doléances de la population. Les « conflits sociaux » et en particulier ceux motivés par un « troisième tour social » sont le faits de factieux qui refusent le résultat des urnes. Quant aux GJ, ils sont tombés dans le piège conjointement pensé par les gauchistes et la complicité du gouvernement, trop heureux de pouvoir les faire passer pour des crétins violents. Dans ce cas précis, non seulement le gouvernement a comme depuis longtemps fait semblant de luter contre la violence mais on peut même se demander s’il ne l’a pas intentionnellement encouragée. La France souffre aussi depuis (au moins) 2012 de la faible légitimité du pouvoir qui poursuit la fuite en avant drapée planquée derrière l’indiscutable légitimité.

Les pressions communautaristes se font sentir comme jamais à l’approche d’un scrutin, les municipales, hautement propice au clientélisme et aux compromissions scandaleuses qui préparent le terrain de la balkanisation du territoire. Le tout alors même alors que nous n’avons encore rien vu des conséquences à horizon 10/20 ans de ce que nous indiquent la démographie et l’immigration actuelle… La démocratie devrait être un rempart indiscutable contre la violence en légitimant son usage exclusif à un pouvoir rendant des comptes, qui doit trembler avant d’agir et ne pas trembler une fois les décisions prises. En exposant plus que du laxisme hérité des 40 piteuses, c’est désormais sa totale incapacité d’action voire une instrumentalisation périlleuse de la violence que l’appareil étatique révèle au grand jour. Pour ceux qui voudront enfin stopper ce bordel, il va être très difficile, presque dangereux de vouloir rétablir la paix civile…

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Mobilisons-nous contre « l’hydre islamiste »

 

Tandis que les crimes de déséquilibrés, de couteaux fous, de voitures désaxées, de pétoires névrosées se poursuivent avec allégresse et le désinvolte récit de notre très coûteuse presse subventionnée, notre bon président promet que la lumière sera faite sur le dernier drame en date qui a frappé la préfecture de police de Paris. C’est très aimable de sa part, tout comme de désigner un ennemi clairement. On s’attend naturellement à une réaction ferme et déterminée pour au moins médiatiquement traiter les conséquences car les causes, elles, devront gentillement attendre. Faut pas pousser.

On se demande bien pourquoi on a laissé tomber la IVème République pour la Vème si c’est pour avoir un président qui inaugure les chrysanthèmes et fait de jolis discours exaltant des valeurs que plus personne n’est en réalité capable d’énumérer convenablement. Il ne manque plus que les bougies, les « pray for Paris Police », les pleurnicheries dépourvues de sens tandis que les actes que l’on déplore, eux hélas, en ont un très clair. On se croit revenu au temps de la sidération sous Hollande quand la gauche se mit subitement à bugger face à l’islamisme, mais toujours pas contrite par les conséquences aussi funestes que prévisibles de son modèle social si jalousé mais jamais copié qui désintègre les français depuis maintenant plusieurs décennies…

Doit-on se mobiliser contre l’hydre si l’état ne manifeste aucune volonté de traiter le problème? Si oui comment? Ces questions vont structurer l’avenir du débat politique à n’en pas douter. Déjà Edouard Philippe reconnaît qu’on peut discuter de « quota » d’immigration par pays et par niveau de qualification. C’est énorme comme mur de la bien-pensance abattu sous nos yeux. Dans la bouche d’un politique classé à droite, c’était encore il y a peu un casus belli. On le sait avec les quelques statistiques de l’INED, les pays en voie de développement africains sub-sahariens nous envoient leur jeunesse dorée dans les business schools, les écoles d’ingénieurs. Ce sont les pays du Maghreb intermédiaires qui nous fournissent le contingent de soldats faiblement éduqués et poreux aux idées extrêmes véhiculées par l’Islam. Cette histoire de quota n’est qu’une tentative hypocrite de nos élites de trouver un moyen de contourner leurs propres dogmes hostiles à toute discrimination… et donc de liberté de choix.

En dénigrant voire en censurant les populistes qui beuglent plus ou moins astucieusement leurs doutes sur la solubilité des musulmans dans les principes des démocraties occidentales, les démocrates autoproclamés prêchent dans le désert. Leurs actions insignifiantes ne font que creuser leurs tombes. Le grand péril est là et pas ailleurs. Nos élites se fourvoient magistralement et gèrent leur impuissance avec un cérémonial de plus en plus indécent. Il ne serait pas bon d’exposer au grand public les raisons profondes des dysfonctionnements qui ont laissé Michaël Harpon agir, certes. Faire croire qu’on s’agite sans actionner le moindre des leviers majeurs nous expose toujours à pire. Mentalité plus globale à analyser tant des similitudes troublantes existent avec les politiques économiques et monétaires très court-termistes en même temps.

 

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Adieu Jacques Chirac

Chirac c’est le gars dont t’as envie d’assassiner le bilan mais dont tu te rappelles que c’était pas si mal, que l’homme était très français, avec tous les défauts mais aussi toutes les qualités qui se perdent. En période de coupe du monde de rugby, un parallèle avec le XV de France saute aux yeux. Le french flair, des exploits mémorables souvent inattendus, des finales perdues, mais au final, en regardant l’armoire à trophées : il n’y a presque rien.

Le grand drame des politiciens professionnels à la longévité aussi spectaculaire qu’au bilan famélique c’est qu’on ne sait pas bien déterminer si, dans le cas précis de Chirac par exemple, il n’a fait qu’accompagner son temps ou abandonner des convictions par pur électoralisme. Le vrai Chirac n’était probablement ni le souverainiste de l’appel de Cochin ni le libéral de 1986 à 1988. Il y a bien l’opposition à Bush fils contre l’Irak dont la suite lui a incroyablement donné raison. On parle de « la maison qui brûle tandis que nous regardons ailleurs » mais qui en vérité sonne aussi faux que le « parti de l’étranger » ou que le « socialisme est une maladie« . Enfin, « le bruit et l’odeur » est à ranger dans la même catégorie de postures électoralistes. Au début des années 90, le RPR hésite avec Le Pen. Il y a de quoi sur le fond. Sur la forme nettement moins, Le Pen a multiplié les phrases scandaleuses qui ne laissent aucun doute planer sur sa xénophobie, son obsession antisémite et n’a fait aucun effort pour rendre son mouvement plus respectable. Tant pis s’il ne disait pas que des conneries et apportait de mauvaises solutions à des problèmes bien réels qui n’ont cessé de s’envenimer depuis.

En résumé Chirac avait pour mission de liquider le socialisme mitterrandien en 1995 à plus forte raison qu’il avait largement contribué à l’adoption de l’€ par référendum. Il s’est couché dès le mois de décembre parce qu’au fond il avait été élu en racontant n’importe quoi. La transition démographique avec l’arrivée des premiers boomers à l’age de la retraite commandait des réformes, des réserves. Où en serions-nous 25 ans après si une part de capitalisation avait été introduite au mécanisme de répartition? Chirac n’a pas su vendre les réformes et s’il n’a pas aggravé les choses comme les socialistes se plaisent à le faire avec un entrain forçant presque le respect, le bilan reste mince. Dommage, il avait la carrure pour beaucoup mieux.

 

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Tic tac, tic tac…

Gros temps en perspectives sur l’Europe. La rentrée promet d’être sportive tant l’été, période ordinairement calme et sujette à de la politique politicienne sans intérêt, des sujets sociétaux alternés avec l’angoisse du réchauffement climatique à exacerber, fut plus riche que d’ordinaire. Les récents événements laissent songeur, négociations clownesques du Brexit, instabilités gouvernementales en Italie, simulacres de débats et de réformes en France, BCE pilotant des taux négatifs.. Les institutions européennes semblent avoir enclenché le mode survie « whatever it takes ».

Les institutions humaines sont souvent des colosses aux pieds d’argile. Tandis que le visionnaire génial Emmanuel Todd prédisait l’écroulement prochain de l’URSS en 1976, dès 1920 Ludwig Von Mises avait expliqué pourquoi, quelques mois seulement après la mise en place de l’idéologie marxiste avec le peu qu’on en savait rétrospectivement. Jamais la mise en place d’une zone de libre échange puis progressivement d’un pouvoir, aux compétences encore étroites, contrôlé par un parlement fruit d’élections libres, ne pouvaient faire penser que l’objet de cette construction pourrait ressembler à l’horreur soviétique. Le noble projet a divergé en projet politique et a (accidentellement?) ravivé des ambitions impériales d’état continent, créant une monnaie contre nature, une bureaucratie violant la subsidiarité et la séparation des pouvoir. En ne lâchant rien à de pauvres anglais divisés à l’intérieur du Royaume et au sein de leurs partis politiques, l’UE démontre sa crainte des velléités séparatistes. Mon intuition se renforce en conviction : le Brexit est impossible dans la configuration actuelle, c’est une lute à mort. De la même manière, la BCE devait être une institution indépendante du pouvoir politique. Elle aussi se lance dans l’arène politique pour sauvegarder son intégrité en essayant d’acheter du temps pour des pays insolvables (Italie en tête). Qui peut croire qu’à moyen/long terme des taux très bas ne tuerait pas la nécessaire destruction/créatrice, l’épargne et son allocation rationnelle?

En plus de cette fuite en avant périlleuse, les dirigeants pro-européens dénigrent aux populations le pourtant nécessaire retour aux urnes pour légitimer l’action politique. Boris Johnson le sait et affronte les communes pour convaincre les britanniques de lui confier totalement les clés du camion. Qui peut croire que l’alliance entre le M5S et le PD en Italie, encore plus bancale que l’alliance entre le M5S et Salvini à l’issue des dernières élections générales en Italie, pourrait miraculeusement lancer des réformes et sortir le pays du mauvais pas tant redouté? Aucun de ces deux partis n’ont les idées et même au fond la légitimité pour agir avec l’ampleur nécessaire. Écarter Salvini fut un succès temporaire. Une probable façon de lui servir le pouvoir sur un plateau plus tard. Quant à Macron? Il fait du Macron, il subjugue les médias mais moins les français. Son sort se joue dans la capacité des premiers à fabriquer une opposition factice, qu’on peut facilement discréditer, à inquiéter les braves gens à tout prix.

Nul ne sait comment et quand va se dénouer cette tragédie. Son origine est claire: les élites gouvernantes qui sont prêtes à tout pour conserver le pouvoir ont abandonné l’idée que la démocratie et le droit ont besoin de frontières pour définir ce qu’était un citoyen, une décision de justice implacable, un contrôle par les représentants du peuple, une démocratie libérale. Après avoir fait barrage aux volontés populaires exprimées par référendum, ils lui dénient le droit de s’exprimer tandis que le besoin d’un retour aux urnes devient patent. L’issue se rapproche inexorablement.

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Il faut sauver le monde libre, oui mais à quel prix?

Matthieu Laine vient de publier un nouvel ouvrage intitulé « Il faut sauver le monde libre« . La lecture des premières pages est très plaisante mais ne va convaincre que les convaincus. Le mal est très profond, les maux dont souffrent le pays sont parfaitement connus, ils sont grosso modo les mêmes partout en occident et partout aussi, les fausses solutions, la fuite en avant se poursuit. La France cultive deux paradoxes essentiels toutefois. Le premier c’est une détestation de la pensée libérale qu’elle a pourtant largement façonné. Le second c’est d’être un pays communiste qui marche, encore à peu près dirons-nous. La résilience de notre économie, de notre société face à l’immensité des bêtises planistes, égalitaristes, constructivistes bien souvent liberticides que nos politiciens leur ont infligé est proprement stupéfiante. De quoi croire à l’optimisme de Laine, c’est toujours ça. Mais que faut-il sauver? Le Libéralisme? Certainement. Ne serait-ce pas plutôt les conditions de son éclosion, puis de sa prospérité qui serait en jeu?

Comme l’explique très bien Laetitia Strauch-Bonart, il y a de lourds malentendus sur la pensée libérale et ses bienfaits que tels d’affreux ingrats nous nous plaisons à dédaigner.

Vidéo complète ici:

Matthieu Laine part aussi de ce constat en rappelant pourquoi au cours des siècles, une drastique (au prix souvent tragique) sélection de bonnes pratiques, règles a aboutit à un ordre libéral. Mais cet ordre est fragile tant ses adversaires sont nombreux, déterminés et peuvent compter sur la paresse intellectuelle, l’amnésie au mieux et l’ignorance au pire, et hélas, sur les plus vils penchants humains aussi. Laine dresse ce constat juste qu’actuellement les populistes, les adorateurs des démocraties illibérales se fourvoient dans leur prétendue défense de l’occident. Je ne cesse de le dire et de l’écrire mais pour le petit garçon de presque 10 ans que j’étais et qui a vu le mur de Berlin tomber, qui commençait à comprendre les conséquences historiques, entendre aujourd’hui la démocratie libérale questionnée, les vertus du capitalisme remises en cause c’est un caprice d’enfant gâté. Pire. Un scandale moral, une indécence rare en fait, une monstruosité assurément.

Je viens aussi de finir « Soumission » de Michel Houellebecq que Laine brocarde en le rangeant dans la catégorie des intellectuels inutilement nostalgiques et maladivement inquiets de l’avenir comme d’autres à droite, Zemmour en tête. Je ne suis qu’au quart du livre de Laine mais je sens pointer une divergence de fond. Le livre de Houellebecq dépeint une société résignée, apathique, incapable de défendre ses valeurs, sa civilisation et qui se soumet, comme une évidence, par une transition souple huilée par des représentants qualifiés de centristes et modérés. Houellebecq est peut être un être chétif et maladif, il n’en demeure pas moins prophétique jusqu’à des détails troublants, situant son action rive gauche, chez les intellectuels qui se prennent pour des phares et qui en fait n’éclairent rien et se soumettent platement. Ils se résignent d’abord à leur propre décadence (la fameuse « médiocrité consentie » repérée par Christian Saint-Etienne dans « France état d’urgence« ) pour ensuite se soumettre en se vautrant dans le confort apporté par le changement de paradigme. Confort inégal, injuste et parfois aux antipodes des valeurs occidentales mais tant pis, alea jacta est, ce qui est perdu n’est plus à défendre. Plus anecdotiquement, le fait que la place de la Contrescarpe apparaisse m’amuse, c’est probablement là que Macron a volontairement abandonné la pensée libérale en se vautrant dans l’arbitraire et la raison d’état qui le protégerait de tout abus.

Puisque Laine parle beaucoup de Karl Popper, interrogeons-nous sur le sens de son paradoxe. Le propre des sociétés libres, c’est d’abriter en leur sein et même de protéger par le droit, des idées et des hommes qui leur sont violemment hostiles. Les démocraties libérales peuvent s’en honorer même. Tels les intellectuels déclassés qui selon Schumpeter vont militer pour le socialisme et agir donc contre l’ordre libéral précaire, il faut parfois agir vigoureusement pour remettre le clocher au centre du village en contradiction avec les idéaux de liberté et de tolérance. Or que faire aujourd’hui? La civilisation occidentale, le monde libre se défend très mal en ce moment et se cherchent des gourous aussi habiles contre le politiquement correct que potentiellement menaçants pour les libertés. En face une minorité en essor propose une autre civilisation, d’autres lois et ne semblent pas véritablement décidée à se diluer dans les valeurs occidentales. Il faudra aussi m’expliquer pourquoi ces intellectuels libéraux qu’on présente comme des génies des XVIIIème et XIXème siècles aient pu autant se tromper dès lors qu’ils parlaient de l’Islam, une religion prosélyte, réfractaire à la séparation du spirituel et du temporel et qui n’hésite pas à venir avec son propre code civil. Existe-t-il seulement une phrase du prophète musulman semblable au piège tendu au Christ qui répondit selon le nouveau testament par : « Rendez-à César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui appartient à Dieu » ? Les interprétations multiples me semblent expliquer l’une des différences majeures (la principale?) de la civilisation occidentale vis à vis des autres, précédentes ou expérimentant autre chose au même moment, voire plus tard comme dans le cas de l’Islam.

Les chiffres, même quand ils proviennent de l’INED, restent le sujet de polémiques brûlantes. La démographie est la science sociale la plus fiable car la plus simple à exprimer d’un point de vue mathématique. Les femmes d’origine immigrée font plus d’enfants, plus de 2 (expansion) et les françaises d’origine européenne moins de 2 (contraction). Après quelques décennies, mathématiquement, les gens d’origine extra-européenne – sans considération de ce qu’il va advenir du solde migratoire – vont devenir majoritaire et l’Islam comme religion en France aussi. Comme le docteur Laurent Alexandre, Matthieu Laine pense-t-il inéluctable qu’avant la fin du siècle, la France sera majoritairement peuplée par des populations d’origine extra-européenne et majoritairement musulmanes? Si oui, comment défendre le monde libre, les idées libérales? En France, beaucoup de musulmans deviennent athées, mais les idées extrêmes avancent quand même aussi. Des populations aux mœurs conservatrices votent encore pour des islamo-gauchistes progressistes pour avoir la paix, par clientélisme. Ils les jetteront probablement quand ils seront en nombre, la poussée de l’Islam politique est grandissante.

J’attends le livre de Matthieu Laine au tournant. Seuls les esprits débiles au sens littéral du terme peuvent contester le recul des idées libérales et ne pas s’en offusquer. Mais comment défendre notre civilisation quand celle-ci se refuse à toute action en face de la montée d’une autre qui se propose de la remplacer? Une politique purement protectionniste vis à vis des migrations n’est probablement pas appropriée car il est possiblement trop tard, les articles des décodeurs du Monde ou de libé désintox déraillent toujours subitement dès qu’on parle d’immigration, d’Islam ou de l’UE. Ils contesteront les chiffres de taux de fécondité qui se maintiennent au cours du temps sans voir ce qu’il se passe dans le monde musulman. Erdogan ou d’autres savent bien que dans le monde demain, l’IA ne remplacera pas la force de la démographie. Les esprits réactionnaires à la Zemmour ou Houellebecq ne parlent de ce poids de la démographie que comme moteur des changements historiques. Ce dernier cite l’historien anglais Toynbee pour qui « les civilisation ne meurent pas, elle se suicident« . Invoquer les conditions des sociétés libres de Popper sans son paradoxe ni parler des actions à mener si d’aventure l’Islam venait à devenir majoritaire, ne serait-ce pas ça le suicide?

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Quand la chaleur ramollit les cerveaux

Le nouvel épisode caniculaire sert de prétexte sur un plateau pour nous bourrer le mou avec le réchauffement climatique. Comme toujours, les plus prompts à dénoncer les hérétiques qui rient du réchauffement climatique dès lors que les températures sont anormalement basses pour la saison, les accablant de confondre météorologie et climat, sont les mêmes à crier à la fin du monde dès que le mercure grimpe. Quand ce matin j’apprends que la SNCF et la RATP invitent leurs usagers à se reporter sur d’autres moyens de locomotion, je pourrais rire de la chasse gouvernementale contre les automobiles mais c’est si anecdotique… Que le socialisme préconise des solutions inapplicables, subventionne de fausses alternatives et finit par afficher au grand jour ses contradictions, son caractère grotesque, rien de neuf sous le chaud soleil.

De retour de voyage en Afrique, je n’ai pas suivi les nouvelles françaises pendant près de 3 semaines. Saine, salutaire coupure. Après le visionnage cette semaine de plusieurs journaux télévisés, une chose était frappante: il n’y a pas qu’au sujet des températures que les informations sont présentées de manière inquiétante, la peur étant manifestement le vecteur le plus efficace pour captiver les esprits et pouvoir asséner un florilège ininterrompu d’idioties en tous genres. Constatons simplement que la présence ou non de députés pour écouter le déluge apocalyptique de Greta a fait scandale tandis que pour parler du chômage, une grosse dizaine de députés seulement s’étaient donné la peine d’écouter Jean Tirole, fraîchement auréolé de son prix Nobel d’économie, le tout, évidemment, dans le plus grand silence médiatique. Au même moment, pour débattre des conséquences prétendument gravissimes de la loi travail passée sous Hollande (dont chacun peut mesurer le caractère parfaitement inoffensif désormais) nous pouvions écouter allègrement le brave syndicaliste étudiant de l’UNEF, en licence à 27 ans, parler librement de ce qu’il ne connaîtra jamais, à savoir le monde du travail.

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En Afrique, sur le parking de l’aéroport international, à une barrière automatique qui distribue un ticket avec une machine identique aux équipements européens, un type était préposé à prendre le ticket et le tendre au chauffeur de taxi dont le bras ne semblait pourtant pas trop court. J’y ai vu une parfaite métaphore du socialisme. Pour une excursion, vous ne payez pas un tarif clairement connu à l’avance ni un nombre restreint de prestataires, leur nombre gonfle puisque l’occidental est un ATM ambulant, contraint de servir des bakchichs à tire-larigot dans un pays où ceux qui ne sont pas salariés de l’état clientéliste vivent du marché noir avec une autre monnaie, le dollar. Voilà ce qui arrive quand l’état se disperse, n’applique plus le droit et entretient ce parasitisme qu’il paie forcément mal pour des raisons bassement budgétaire. Corruption, inefficacité économique, parasitisme, bordel sympathique pour le touriste mais qui expose au grand jour les difficultés de survie au quotidien quand l’état est aussi déficient.

Pendant que Greta nous culpabilise pour des crimes que nous n’avons pas commis (elle comme d’autres du reste) nous ne regardons pas la réalité en face. A commencer par ce dont nous sommes responsables, de ce délitement de l’état qui par clientélisme social s’enfonce dans l’arbitraire, le grotesque (ne prenait pas votre voiture et le lendemain, bin finalement pas les transports non plus), l’impréparation à l’avenir, l’état étant désormais trop accaparé, voire exclusivement accaparé, à dissimuler la poussière sous le tapis. Au nom de l’écologie, de la lute contre le réchauffement, les technocrates n’hésitent même plus, c’est une foi. C’est moche, j’en viens à regretter l’URSS qui nous servait de piqûre de rappel, qui tempérait encore les ardeurs de nos technocrates.

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L’instabilité : Pas les libéraux seuls cocus mais le pays entier.

Je ne partage pas toutes les analyses du bonapartiste et donc étatiste et dirigiste Eric Zemmour. Il y a un point que je lui accorde volontiers : l’importance de la démographie. Dans un pays vieillissant et angoissé comme la France, où le politiquement correct a conduit la classe politique dans l’abyme et le pays avec, l’arrivée au pouvoir d’une droite « dure » est inévitable, la parenthèse décalée du macronisme lui prépare le terrain même. Décalée parce qu’elle s’appuie sur des principes qui deviennent minoritaires, sociale-démocratie, progressisme social, européisme etc.

A un collègue de gauche se félicitant de l’élection d’Hollande en 2012, j’avais confessé que celui qui avait gagné contre le candidat sans visage, celui de la finance (et non incarné par Nicolas Sarkozy, à juste titre) n’avait que très peu de chance d’être réélu. Voire de finir son mandat, la BCE l’a sauvé, rappelons que plus de la moitié de la baisse du déficit budgétaire est à mettre au crédit de la baisse des taux d’intérêts… Hollande ne s’est même pas représenté. Il finira au mieux comme Chirac, un brave type, sympa mais incapable à ce niveau. J’avais aussi dit que je ne voyais pas le FN de Marine Le Pen l’emporter dès 2017, trop tôt, pas le bon positionnement idéologique et sociologique. Et ce fut Macron qui matérialisa l’UMPS, une alliance contre-nature entre courants de pensée qualifiés trop vite de « modérés » qui ne se sont agrégés que par refus, un refus évidemment moindre qu’en 2002. Cette alliance de technocrates, sociaux-démocrates, était dictée parce qu’il fallait trouver le vainqueur de Condorcet face à la lèpre lepéniste. Macron finira comme Giscard. Trahi par sa droite d’autant plus pour les raisons démographiques que j’ai immédiatement mis en avant. Reste à savoir deux choses pour le moment inconnues. Quelle est la force exacte et la volatilité de l’électorat de centre-droit plutôt libéral qui soutien Macron face à un FN qui avec sa représentante actuelle de la famille Le Pen s’enferme dans un soutien cohérent mais maléfique du socialisme français?

Tout le monde politico-médiatique regarde la dernière version de l’entreprise Le Pen, le FN 3.0 que pourrait incarner Marion Maréchal Le Pen, moi le premier tant j’ai perdu confiance dans ce que le parti de centre-droit pouvait produire. Ses tares sont connues et abondamment discutées. Elle a pour elle le nom sulfureux qui peut entraîner autour d’elle les déçus de Chirac et plus récemment de Sarkozy. Sur un positionnement plus raisonnable face au socialisme qui ruine – dans tous les sens du terme – le pays elle peut capitaliser des soutiens. Et si l’immigration, normalement pas un problème reflétant l’attractivité du pays au fond, posait un enjeu civilisationnel? La réponse libérale dans un pays qui dilapide avec allégresse plus de la moitié de la richesse produite en transferts sociaux communistes en plus des nécessaires dépenses régaliennes n’a pas grand sens. Même revenir au niveau de la Suisse, le niveau de la France de De Gaulle et Pompidou quand les deux pays avaient le même niveau de richesse est strictement impossible en un mandat, voire même en deux (baisser les dépenses publiques de 57% du PIB à moins de 40%).

Le plus important à celui qui veut « sérier les problèmes » c’est de bien voir que la démocratie, la liberté politique donc, est gravement mise en péril par des gens qu’on qualifie imprudemment de « libéraux » comme Macron. Fait rare et nouveau, cette soumission au politiquement correct, à l’extrémisme qui combat le libéralisme est opéré par des gens soit-disant centristes. Pour le comprendre il ne faut voir que le niveau de désinformation général qui explique que des opinions au centre du jeu puisse dériver à ce point vers l’arbitraire, la magie (l’obscurantisme vert traité avec une mansuétude ahurissante), si loin de ce que le bon sens commanderait naturellement. La Marion 3.0 est une proie facile tant la défaite de la tante était grossière, prévisible. C’est si facile d’opposer au pur produit de la connivence entre les élites administratives et les grandes firmes corruptrices, qui cherchent à effacer les vertus de la concurrence, une figure de proue repoussante. Marine Le Pen été un formidable, miraculeux repoussoir. Je pose juste une question terrible: Et Si la Marion 3.0 démontre son réel talent, ses intuitions et sa capacité à déjouer l’instrumentalisation machiavélique du système pour qu’elle soit battue face à un technocrate socialisant, ne serait-ce pas une preuve de sa capacité à gouverner « convenablement » ?

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