La désignation du candidat LR vire à la farce suicidaire

Comme prévu les vieux croutons du parti LR ont réussi une manœuvre pour éviter une primaire ouverte ce que les statuts du parti semblaient pourtant prévoir. En repoussant la désignation du candidat lors d’un congrès se tenant le 4 décembre prochain, sauf nouveau rebondissement, les caciques reculent pour mieux sauter, dans le vide très probablement. Il est absolument fascinant d’observer comment les circonstances mais surtout des hommes d’une rare médiocrité empêchent le retour de la droite aux affaires alors que jamais elle n’a autant bénéficié d’un boulevard pareil.

On peut se demander si le pamphlet nostalgique d’Eric Zemmour « le suicide français » n’était pas écrit spécialement pour LR. Tandis que ce dernier truste les antennes et oblige les candidats de droite à se positionner par rapport à ses polémiques, LR a perdu une occasion de lancer un candidat en retard dans les sondages et apportant un souffle nouveau. Je passerais vite sur le cas de Denis Payre dont j’avais prédit qu’on ne lui déroulerait pas le tapis rouge. Les mois précédents ont vu l’éclosion médiatique de David Lisnard, seule personalité vierge de tout passage ministériel calamiteux sous Jacques Chirac ou Nicolas Sarkozy, confortablement réélu aux municipales et portant un diagnostic lucide et une argumentation solide mais aussi optimiste sur les réformes à conduire. Ce choix de congrès, ou plutôt ce non-choix a enterré tout espoir de proposer aux français du sang neuf, des convictions. Lisnard semble logiquement avoir jeté l’éponge ne voyant pas comment combler son déficit de notoriété et de poids au sein d’un parti verrouillé. Ce sera donc un choix restreint à des candidats naviguant entre deux eaux. Loins derrière Macron et Le Pen et incapables d’expliquer leurs singularités entre Zemmour et le président. LR paye en vérité ses luttes internes depuis la défaite de Sarkozy et le refus quasi systématique de se doter d’un leader et d’un projet ambitieux. Voilà 10 ans que ce parti tente de recycler à l’infini des nullités qui ont échoué et qui auraient disparu dans bon nombre de démocraties occidentales. Nullités livrées en prime avec une bouillie sociale-démocrate inepte compte tenu de la situation périlleuse dans laquelle la France nage en ce moment.

Au lieu d’occuper le terrain médiatique, la guerre interne va se poursuivre avec des tractations aussi ridicules que condamnées à l’échec. Pourquoi 2 mois de combinazione régleraient-ils 10 ans d’incurie? Pendant ce temps, Zemmour s’emploie à décrédibiliser, non seulement Marxine Le Pen mais aussi les notables LR. Son analyse est assez juste, la création de l’UMP a constitué la dernière étape de la trahison des élus de la droite aux idées de ses électeurs, de l’analyse de la situation du pays et du monde. Ce n’est pas exactement un parti avec des ténors issus du RPR avec les idées du centre, erreur classique du penchant réactionnaire de Zemmour et de la droite illibérale. L’UMP a en réalité assemblé le pire du RPR et de l’UDF : l’étatisme des uns et l’européisme des autres, le tout dans une soumission au politiquement correct gauchiste. Aux oubliettes les idées libérales, conservatrices ou souverainistes. Cette droite sans intérêt qui n’intéresse plus personne en dehors des EPHAD et quelques bourgeois catholiques, ne parle plus du tout aux actifs, aux jeunes et aux classes populaires comme Sarkozy avait en grande partie réussi à le faire en 2007. Le plus gros réservoir de voix, surtout vu le niveau de l’abstention ces derniers scrutins se trouve pourtant là. De l’autre côté, Edouard Philippe va (en mission téléguidée depuis l’Elysée) tenter de monter ce parti de centre-droit pour achever ce qui n’avait pas été accompli en 2017. L’idée étant d’assècher LR par le centre, sécuriser la présence de Macron au second tour pour affronter un candidat qui apparaîtra de facto extrémiste. En cas de mauvais sondages, il est probable que LR implose…

Le succès de l’entreprise de l’ancien premier ministre est facile à prévoir. De nombreux élus LR voudront sauver leurs têtes comme tous les opportunistes du PS qui s’étaient mis en marche derrière Macron en 2017. Le parallèle est évident. Reste à savoir jusqu’au ira Zemmour. Réhabiliter Pétain et sa querelle sur les prénoms ne font pas de vous un Trump français, un Steve Banon au mieux. Va-t-il plafonner? Une bulle qui va éclater? Reste que l’élection va se jouer, comme je le pressens depuis longtemps, au centre droit: celui qui va se l’aliéner va perdre. En recyclant des objects politiques périmés, dépourvus de vision, de conviction et désormais d’élan, LR semble tout indiqué four figurer comme première la victime du dégagisme version 2022.

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Denis Payre vient troller la primaire LR

Bien que les médias ne vendent qu’un match retour MLP/Macron s’appuyant sur les sondages, de nombreuses raisons conduisent à penser que LR peut encore venir perturber le jeu. Problème, le parti d’inspiration bonapartiste a choisi de ne pas désigner de chef avant l’approche de l’élection présidentielle de 2022, choix qu’il ne cesse de payer depuis 2017.

Xavier Bertrand a décidé de partir sans l’étiquette LR or il stagne dans les enquêtes d’opinion et ne paraît pas en mesure de se faire une place au second tour. Et pour cause, son style faussement débarassé de langue de bois depuis 2012 ne prend pas. Son positionnement reste diffus comme ses propositions, de l’eau tiède, du gloubi-boulga étatiste, sécuritaire rien de populiste dans le bon sens du terme. Valérie Pécresse, elle, va chercher l’investiture face à des candidats de second plan ce qui pourrait, en cas de frémissement sondagier, forcer Bertrand à se retirer à son profit. Hélas pour les deux, ils donnent l’impression d’avoir quitté LR trop tard pour prendre le train Macron en marche et trop tôt pour être libres de le critiquer sur son bilan et de se positionner convenablement. Comme le note avec justesse le québécois Bock-Coté, ils ont critiqué Wauquier sur le fond alors que c’était davantage la forme qu’il y avait matière (se souvenir de son « cours » à l’EM Lyon du niveau bar tabac PMU).

Tandis que les derniers sympathisans libéraux de LR s’impatientent d’une candidature de David Lisnard, à la surprise générale, c’est l’entrepreneur Denis Payre qui se lance. La démarche est paradoxale ce qui me fait dire qu’il s’agit de trollisme… Il y a près de 10 ans, pressentant l’échec complet de François Hollande ainsi que des appareils politiques pour répondre aux attentes des français, Payre a eu l’intuition géniale de fonder un mouvement politique nouveau assis sur des français avec un programme se voulant pragmatique. La suite des événements lui ont parfaitement donné raison. En Marche voulait reprendre la démarche avant qu’il soit évident que les rares personnes « neuves » et intéressantes ne soient finalement éclipsées/cornaquées par des politiciens professionnels. Payre a manqué de persévérance et puisque le jeu politique était complètement verrouillé au point de faire croire à l’apparition d’un nouveau parti sensé accompagner le nouveau monde, son discours manquait cruellement de souffle, de vigueur contre cette effrayante bureaucratie sur laquelle les énarques règnent.

Denis Payre semble revenir cette fois avec un discours plus musclé en phase avec la tendance au dégagisme qui mérite de s’abattre sur tous les tocards en place mais il entend tenir ce discours au sein d’un parti qui meurt à petit feu pour ces mêmes raisons… Si l’entrisme ne pouvait pas fonctionner il y a 10 ans comment le pourraît-il maintenant alors que tous les samedis la France bouillonne dans la rue depuis 3 ans? Je doute que les vieux croutons LR qui sont dépassés par les évènements lui dressent un tapis rouge… Payre n’aura probablement qu’une courte fenêtre médiatique pour ringardiser ces notables grabataires, responsables et principaux bénéficiaires de l’immobilisme social-démocrate français. Espérons que ça oblige les autres candidats à sortir des ornières, prendre des risques, faute de quoi, on ne voit pas pourquoi ils pourraient inquiéter Macron. Et surtout, on voit pas du tout pour le moment un candidat LR intéresser l’immense réservoir d’abstentionnistes qui ont parfaitement compris qu’aucun des prétendants connus actuellement n’ont réellement l’envie de changer quoi que ce soit.

LR est à la croisée des chemins, à l’image du pays. En restant incapable de porter un message de modernisation de l’état (mère de toutes réformes) et peu crédible sur le régalien du fait de son track record, il se pourrait que le candidat (ou la candidate) passe à côté de l’opportunité de tirer profit des trolls de cette future élection. Eric Zemmour d’un côté qui va démontrer que MLP est une imposture, une voie de garage faisant le jeu de la gauche et de l’autre un discours libéral fustigeant la faillite en tous points de l’état et de notre démocratie. Soit la primaire LR ne sert à rien et débouche sur une farce (ou une cabale grossière comme la dernière fois) soit elle peut lancer un candidat ou une candidate et lui donner quelques marges de manœuvre pour remporter l’élection présidentielle. Affaire à suivre donc, et merci aux trolls qui chagrinent les esprits fragiles et font ouvrir les yeux aux autres en soulignant des décalages insupportables.

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Régionales 2021, une abstention logique et méritée

Adieu la démocratie. Selon la célèbre formule d’Abraham Lincoln, la démocratie est « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ». Avec les énarques, nous avons le gouvernement de technocrates par des professionels de la politique et pour les intérêts corporatistes de la caste médiatico-politique et économique qui rôde autour. Bien peu de conditions nécessaires au bon fonctionnement démocratique sont encore respectées en pratique. Les premières enquêtes montrent que les français se sont tenus écartés des urnes parce qu’ils ont le sentiment que « ça ne changerait rien » et ils ont parfaitement raison.

La « réforme » des régions par Hollande n’a produit aucun effet positif. Sinon de l’illigitimité, de la bureaucratie au millefeuille déjà incompréhensible, aucune autonomie budgétaire, des péréquations pour récompenser la gabegie etc. Ajoutez à cela un contexte de campagne présidentielle qui a achevé toute velléité de parler des compétences des exécutifs locaux mais qui a nationalisé le débat. Une crise sanitaire rendant impossible la tenue de débats ou plutôt qui a servi de prétexte pour qu’il n’y en ait pas. Des candidats sans relief servant la même bouillie clientéliste depuis 40 ans… Il n’y avait aucune raison de voter.

Quand les mécontents ne votent pas, les vieux s’en chargent et naturellement, ils votent pour le maintien strict des sortants. Ils sont les seuls à apprécier l’immobilisme. Je ne cesse de l’écrire ici depuis que j’en ai la certitude : la crise de régime qui couve a pour origine le vieillissement de la population et des institutions peu démocratiques que les « réformes » successives ont achevé de rendre inopérantes.

Notons que LREM n’en finit pas de disparaître. Véritable exploit pour un parti qui n’est même jamais apparu aux échelons locaux. Aucune région, aucun département, aucune grande ville (ou presque). Voilà qui commence à faire beaucoup pour un parti qui concentre tous les réels pouvoirs. Parti de rien, n’arrivant à rien et n’allant nulle part. Les sondages qui donnent toujours Le Pen et Macron largement devant et qualifiés pour le second tour ne mesurent pas à quel point les (rares) électeurs seront motivés à transformer une réponse à un sondage en bulletin de vote. Les remainers et les supporters d’Hillary Clinton ne l’ont toujours pas compris.

On sait désormais une chose : personne ne veut du RN ou de Macron. Même des choix par défaut comme Pécresse ou Bertrand peuvent y croire. Lisez leur programme, à quelques points près, ils étaient parfaitement interchangeables avec les sornettes socialistes habituellement servies par la gauche. Le macronisme, comme je le décrivais dans mon précédent billet, c’est la destruction de la politique avec le refus de toute clarification idéologique. Je ne vois pas comment Macron va éviter son nauffrage au premier tour en 2022 sans être tenté d’expédier tout le monde par le fond.

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Tu sais quand les présidentielles approchent : libéraux vs conservateurs

Nous voici donc à l’approche d’une élection présidentielle et un indice ne trompe pas : la très grande famille des libéraux s’offre le luxe de se déchirer sur des distractions intellectuelles. Pour les libéraux qui se prétendent chimiquement purs, digestion d’une abondante littérature à l’appui, voter pour un candidat de droite révèlerait de secrets penchants pour le conservatisme pire une prétention scandaleuse à se référer aux grands auteurs de la pensée libérale. La droite c’est mal, le chic c’est de traiter les Gilets Jaunes de gros cons, de trouver que l’immigration massive est une chance bien que composée de gens souvent inemployables et porteurs d’une civilisation insensible à certaines de nos valeurs qui font l’ADN de l’occident.

Il est entendu que la droite n’offre qu’un bien inconfortable refuge pour les libéraux depuis 1945 ou le début de la Vème République mais que dire de la gauche? Même l’effrayant échec du communisme n’a pas permis (ni en France ni ailleurs) d’installer une gauche sociale-démocrate libérée de tous penchants collectivistes et de tentations totalitaires. Les prétendues avancées sociétales ont toujours été motivées par une soit disant égalité et jamais par la liberté, jamais par une logique de contrat librement souscrit entre adultes informés et consentants. L’argument d’autorité sur les auteurs libéraux m’a toujours laissé plus que perplexe aussi. Maintenant que les écrits des auteurs de lumières ou du XIXème sont numérisés, ça ne doit pas être très difficile de chercher les entrées « immigration » ou « islam« . Les occurences vont être rares surtout… Quand le truculent Jean-Marc Daniel affirme que Condorcet serait aujourd’hui favorable au mariage unisexe puisqu’ayant été favorable au divorce par consentement, on se pince. Evoquer des phrases prises hors de leur contexte, mais fermer les yeux sur les moeurs de l’époque, sur les écrits hostiles à l’islam, antisémites si ce n’est pas une mémoire très sélective…

Chez nos libéraux donneurs de leçons depuis Londres ou la Suisse ou tout autre pays traditionnellement bien plus libéral que la France, les conservateurs français sont indécrottables. Les restrictions à la liberté de circuler, le Brexit, l’élection de Trump, etc. ne les ont pourtant pas fait émigrer vers de nouveaux cieux plus cléments. J’en avais déjà parlé sur ce blog, je trouve fascinant la cécité des supporters du président Macron qui se pâment d’un libéralisme authentique sur les plus sérieuses menaces à la liberté qui pèsent en France et en occident en général. Dans « Il faut sauver le monde libre » Matthieu Laine, très prompte à trouver la droite pipi-caca, passe très rapidemment, négligemment en fait, sur l’essor de l’islam politique ou sur la surveillance de masse d’internet, loi Avia, cybersécurité, menaces sur la neutralité du web, rôle des GAFAM ou du CSA à qui l’audiovisuel ne suffit plus… Non la menace, ce sont la poigné de cathos homophobes, les faux libéraux qui n’écoutent que d’hypothétiques baisses d’impôt, les conservateurs qui savent lire des données de l’INED ainsi que les rapports des fondations Jean-Jaurès et Concorde sur l’islam en France. Bien sûr. Et Laine de mettre des tartines sur les bienfaits du capitalisme que son champion foule pourtant du pied avec sa redéfinition du rôle social de l’entreprise, ses éoliennes et la mise en danger de notre filière nucléaire.

Ce que nos libéraux chimiquement purs ne veulent pas voir c’est que leur champion technocrate échoue lamentablement à produire la moindre réforme qui remettrait le pays dans la bonne voie. Avec ses 120 000 fonctionnaires sortis du chapeau, comme on pouvait le craindre compte tenu de son pedigree, Macron n’a eu jamais le moindre projet, la moindre envie en vérité de mener la mère de toutes les réformes : celle de l’état. L’état français est resté englué dans une bureaucratie effrayante, se dispersant en négligeant l’essentiel. La crise du COVID-19 a montré encore pire : une improvisation permanente, un enfermement sur des postures et toujours le soutien à la bureaucratie pourtant totalement défaillante depuis le début. Macron n’a jamais voulu revoir l’état providence qui ne protège plus mais étouffe le secteur marchand qui paye pourtant cette hérésie socialiste. Il est surtout ridicule de s’étriper sur son bilan à la lumière des idéologies politiques. Le macronisme est volontairement un fourre-tout, la communication remplaçant l’action et la triangulation supplante délibéremment toute cohérence intellectuelle. On plante des éoliennes avec Pompili pour limiter l’impact d’une candidature écologiste à gauche et on envoie Darmanin faire du sous-Sarko devant les flics contre un candidat de droite sécuritaire mais plus crédible que l’ineffable Mme Le Pen, sparring partner certifiée de longue date assurant la pérénité du socialisme hexagonal.

Le grand malheur de l’élection présidentielle et des législatives à deux tours c’est l’activation de ce clivage gauche/droite avec impossibilité d’avoir une représentation fidèle de l’opinion. Les supporters du technocrate arrogant et vaniteux le savent : l’émergence d’un candidat de droite sérieux qui associerait les souhaits des milieux économiques avec les préoccupations quotidiennes des français pourrait provoquer l’élimination de Macron au premier tour. Pour échapper à ce destin inéluctable sur le papier, Macron pratique la triangulation, la personnification à outrance et des scrutins qui maintenant se tiennent sans campagne (merci le Covid-19!). N’en déplaisent aux donneurs de leçon, c’est dans cet espace immense entre leur socialiste éclairé (enfin crétin IYI de Nassim Taleb) et la version populiste de MLP qu’il nous faut trouver un président.

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Jusqu’où la farce bureaucratique va-t-elle aller?

Je déteste avoir raison. Surtout quand c’est pour prédire une catastrophe même si anticiper l’échec des politiques publiques françaises ne relève plus de l’exploit, loin de là.

Sur les réseaux sociaux, on pouvait lire il y a quelques semaines une confidence d’un député de la majorité prophétisant que le gouvernement ne pouvait pas s’offrir le luxe d’échouer dans sa campagne de vaccination. Depuis « l’affaire Benalla », Macron et ses ministres se prennent les pieds dans le tapis, sujet après sujet. Quel sera le truc suivant dont le gouvernement n’aura pas le choix de réussir et qui va rater immanquablement, toujours sans la moindre conséquence?

Début janvier, lorsque les anglais et israéliens vaccinaient vite et bien tandis que Macron nommait un comité de français tiré au sort pour amuser la galerie et camoufler l’incroyable impréparation logistique française, l’inéluctable se préparait : nous allions être reconfinés en mars alors qu’au même moment ces pays allaient progressivement relâcher les contraintes pesant sur leurs économies, la vie des citoyens et surtout offrir des perspectives encourageantes de sortie de crise imminantes. Oubliez les salades sur les variants. Oubliez tout sur les chiffres de contaminations, d’occupation de lits d’hôpitaux. La vérité c’est qu’en un an, aucun des échecs n’ont été traités, corrigés, pire, les hôpitaux agonisent sous la bureaucratie, l’incompétence, le système de santé par la peur de prendre des risques et d’avoir à rendre des comptes.

Il n’y a plus de décision logique, rationnelle, claire. Plus la moindre cohérence. Plus que de la superstition, l’espoir de la chance. On a imposé le couvre feu à 18h pour tout le monde au nom de l’égalité, mais pas le confinement le week-end… La stratégie d’empilement de petites mesures vexatoires supplémentaires pour éviter un nouveau confinement strict semble vivre ses dernières heures. Faute de vaccins, de lits supplémentaires, d’idolement des gens contagieux (à commencer par les personnels de santé!) nous prendrons le mur de la réalité en pleine gueule quand d’autres voient enfin le bout du tunnel.

La descente aux enfers de la France ne fait que commencer, Castex et Macron aussi je suppose, sont très fiers d’eux, à défaut de gouverner, ils ne vont réussir qu’une seule chose. Adresser la facture aux contribuables de ce foirage gigantesque après la prochaine élection présidentielle. Mais si par hasard ils venaient à échouer là dessus aussi, comme le député LREM, je doute fort que cette fois l’executif et le président s’en sortent.

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Qui ne dit mot consent (le changement c’est pareil en pire)

Les analyses autres que juridiques de Régis de Castelnau ne m’ont jamais véritablement estomaqué, c’est le moins que l’on puisse dire. Sur son domaine, je le trouve factuel, sensé et pragmatique. Voici deux interviews où il montre la vraie nature de la cabale politico-judiciaire qui a indiscutablement faussé l’élection présidentielle de 2017. Même l’actuel garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, avait conseillé à François Fillon la défense par l’attaque tant la mise en accusation semblait grossière et ficelée politiquement et grossièrement.

Charles Gave pose la question qui tue : comment assurer l’indépendance de la justice vis à vis du pouvoir politique mais aussi de l’idéologie gauchiste du principal syndicat de la magistrature? (Une justice ne rendant plus aucun compte devant les élus de la Nation part en slip aussi bien que tenue en laisse par des élus). Il n’y a pas de réponse évidente à cette question. L’exigence de séparation des pouvoir est un socle, une condition nécessaire mais non suffisante. Suffisante pour ne reprocher à Fillon d’accepter des cadeaux de gredins mais n’a rien à voir avec ce qu’il fait de son enveloppe budgétaire comme parlementaire.

Quoiqu’on pense de Fillon, de son programme attaqué sur ses aspects faussement conservateurs (recours à la frange catholique pour se sauver) ou faiblards sur le libéralisme (privatisation rampante de la sécu), il n’a pas su quoi répondre sur le plan moral quand il fut attaqué sur sa probité. Il s’est mal défendu et n’a pas su se « trumpiser » quand Trump gagnait en 2016. Trump a gagné parce qu’il a surpris ses adversaires sur leur croyance inébranlable qu’ils pouvaient manipuler l’opinion.

Les adversaires de Trump sont passés à l’étape suivante : la manipulation des urnes. Le camp prétendument démocrate contre les méchants populistes aux relents nationalistes et je ne sais quoi, en sont à assassiner la démocratie. Je n’exclue pas que les circonstances (Covid-19) et autres postures mesquines, égocentriques qui rendent Trump infernal à défendre (contrairement à son bilan objectivement le meilleur depuis Reagan) ait pu profiter à son adversaire. Mais il paraît bien surprenant que Biden, sucrant visiblement les fraises et ne soulevant aucune foule comme Hillary Clinton, élu avec 25% de bulletins de vote par correspondance, dans un pays aussi mal protégé de la fraude électorale organisée, soit un accident comme Hollande ait pu l’être en France en 2012.

Je parle de 2012 parce qu’on dit souvent que la France a 10 ou 20 ans de retard avec les USA. Je trouve plutôt que la France a toujours suivi l’Italie avec 10 ans de retard et que toutes proportions gardées, l’élection US ressemblait à la notre avec 8 ans de retard. A la différence que Sarkozy a failli être réélu pour de mauvaises raisons et que Trump n’aurait jamais dû perdre sur son bilan… Mais les faits sont là : c’est un pantin de gauche incapable de répondre aux difficultés et ne sachant pas comment gérer les folies idéologiques de l’extrême gauche qui se retrouve à la tête du pays par un miracle médiatiquement rendu possible (et autres aides).

Et si on ne dit rien? Les médias ont fait ce raccourcis. Si Trump n’a pas été capable d’argumenter des éléments juridiquement recevables auprès de la Cour fédérale, c’est la preuve qu’aucune manipulation n’a eu lieu. (notez l’abysse entre les deux assertions pourtant). Avec la gestion calamiteuse des Gilets-Jaunes, de la gestion de la pandémie à la petite semaine, de la vaccination complètement catastrophique en France et par l’UE, normalement, Macron ne passe pas le premier tour. En fait, Hollande n’a pas pu se représenter à cause du PS, Macron tient son parti c’est la seule différence, la France allait mieux en 2017 qu’en 2012. Elle ira certainement moins bien en 2022 qu’en 2017. Si Macron se représente ce sera une anomalie. S’il gagne ce sera une erreur. Oubliez Marine Le Pen, elle n’est qu’un faire-valoir. Si personne ne l’a désarçonnée en cours de route (mise en examen tardive donc calculée), vous conviendrez avec moi que nous ne vivons plus en démocratie, la ligne aura été clairement franchie.

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1 an de palabres autour du COVID-19

Un article publié hier compile des données qui confirment les tendances observées très tôt, il y a plus d’un an. Personne ne s’étonnera des premières lignes de celui-ci laissant entendre que compiler des données en provenance des administrations françaises n’est pas une mince affaire. Personne ne sera surpris non plus qu’à l’ère de l’open data, des réseaux sociaux, des data scientists anonymes font un bien meilleur travail que les administrations. Administrations qui sont possiblement soumises à des pressions, politiques par exemple, surtout quand les statistiques ne soulignent pas vraiment l’efficacité éblouissante de tous les braves gens au pouvoir, visiblement très génés par l’idée d’avoir à rendre des comptes un jour.

Pour résumer la situation, disons qu’on nous avons fait le choix de convertir environ 1 milliard de PIB marchant en dette par jour parce que les services de réanimation sont en ébulition au delà de 4000 malades COVID-19 au même moment. Vous pouvez doubler le chiffre de 4000, le tripler, le quadrupler si ça vous chante mais il n’est pas nécessaire d’être très au fait de tous les chiffres pour comprendre la stratégie vaccinale de plusieurs pays tels qu’Israël, le Royaume-Uni. Ils ont fait le choix de payer un peu plus cher les doses pour massivement vacciner, au plus vite, les personnes âgées.

J’aimerais un jour savoir qui est le gros malin qui s’est dit qu’il était sanitairement acceptable, logistiquement raisonnable, économiquement tenable, bref, politiquement judicieux, d’étaler la campagne de vaccination sur plusieurs longs mois : sa tête devra rouler sur terre en place publique à mon humble avis.

A la lumière de ce que nous savons, et que nous savions depuis un moment, après une année d’intox en continu, de distractions stériles autour de possibles remèdes et des politiques de prévention ainsi que de soutien à l’économie, quelques remarques en vrac s’imposent.

Tous les opposants à Macron se seraient plantés de la même manière : l’erreur principale de Macron c’est d’avoir fait confiance à une administration aussi pléthorique qu’incapable de remonter des informations ou de descendre un ordre. Le fait que la campagne de vaccination, la prise en charge hospitalière etc aient été prises en main par l’administration pose une sérieuse question : à quoi servent tous ces fonctionnaires en temps normal s’ils sont capables d’absorber la charge exceptionnelle d’une épidémie jamais vue depuis 100 ans (dit-on) au point de faire dire au président que « nous sommes en guerre« ? Chacun devra comprendre que le système français est moisi jusqu’à l’os. Nous aurions eu plus de lits disponibles avant cette crise que le taux d’occupation aurait été sensiblement le même que celui constaté ces dernières années. L’efficacité des soins pour un prix raisonnable est une chose délicate à établir, elle est devenue techniquement impossible dans un système totalement étatisé aussi bien dans la production de soin que dans sa prise en charge financière. Rappelons que lorsque « tout est gratuit » soit on cache qui paie en réalité soit c’est que ça n’a pas de valeur. Le système de soin en France est devenu un mélange des deux.

Les politiques qui ont réclamé l’enfermement de tous les français au risque de tuer l’économie sont les mêmes à pleurnicher désormais sur les conséquences sociales d’une crise qui n’en est qu’à ses débuts. En un an seulement, jamais il n’a été aussi évident que ceux qui déplorent les conséquences des causes qu’ils chérissent sont régulièrement portés au pouvoir en démocratie, même dans les pays riches disposant pourtant d’un meilleur système éducatif que les autres. C’est en vendant une fausse protection, tueuse à tous points de vue, que le socialisme prospère dans les pays capitalistes depuis près de 150 ans.

Enfin, la jeunesse et les actifs ont été sacrifiés une nouvelle fois pour protéger une population qui a laissé en héritage une montagne de dettes et d’ennuis en tous genres. Voilà qui n’est pas bien surprenant mais qui est insupportable, pas seulement philosophiquement : on a ajouté un scandale générationnel à la traditionnelle mentalité « Ligne Maginot » qui caractérise si bien nos élites. Elles abhorrent le risque et cherchent toujours à se défosser de toute responsabilité sur la population. Si le confinement ne marche pas ou plus, c’est de votre faute. Imparable. Il y a tellement de moutons en France que ça marche encore.

La suite est hélas prévisible. Je ne crois pas qu’en passant la barre des 100% de dettes vs PIB on soit en danger comme espéraient le démontrer Rogoff & Reinhart. Une chose est certaine, nous sommes endettés pour payer des promesses démagogiques du passé et des politiques anticapitalistes plus récentes, le clientélisme et la bureaucratie tuant désormais des missions essentielles de l’état. La fuite en avant va donc se poursuivre, la seule solution restante étant la destruction de la monnaie avec les soucis de pouvoir d’achat pour les plus modestes. Pour en revenir à l’article sur les victimes âgées du COVID-19, ceux qui auront pu échapper ne vivront pas assez longtemps pour voir les conséquences (probablement importantes) de cette crise, ironie finale.

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Meilleurs vœux pour 2021!

Jean Castex : un drôle de geste fait le tour des réseaux sociaux - Gala

Et bonne santé surtout…

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La crise de régime se rapproche à grands pas

La crise sanitaire a déjà commencé à provoquer des faillites en cascades mais malheureusement le pire semble encore devant nous. La réponse du gouvernement a bien entendu consisté en une distribution sans limite d’argent gratuit. Macron a donc « débloqué » à plusieurs reprises, tous les jours depuis le printemps, ce fameux chèque bloqué qui traîne dans les caisses de l’état. La dette et des business défaillants seront donc les cicatrices très profondes du « new normal« . La faute à pas de chance, le cygne noir qu’on n’avait pas prévu, le COVID-19 sert déjà d’excuse au concours Lépine de politiques qui vont échouer très vite. L’épidémie n’est pas responsable du bordel préexistant, elle est juste un nouveau catalyseur qui accélère la décomposition politique, notamment française. Au point de provoquer des basculements très bientôt?

On ajoute de la dette pour gagner du temps. Rien de neuf, me direz-vous. Certes. Mais l’empressement à créer des eurobonds cet été avant même que la sortie de crise ne se profile trahit l’inquiétude des eurocrates. Qu’une solidarité à l’échelle du continent où le virus a circulé se mette en place peut se comprendre, une solidarité financière alors que les systèmes de santé se sont comportés bien différemment, c’est déjà plus douteux. Mutualiser de la dette pour dépenser de l’argent dans d’autres secteurs que la santé, il dit qu’il ne voit plus du tout le rapport… Et c’est pourtant ce que l’UE va autoriser. Autrement dit, après avoir exacerbé les divergences structurelles entre les états et souligné l’effrayante bureaucraties françaises et italiennes, la crise du COVID-19 va déboucher sur une aggravation des tares congénitales de l’euro. Nous avions déjà des faux prix par blocage des taux de change sans mécanisme d’ajustement en cas de crise dissymétrique (ça y ressemble fortement, l’Europe du nord ayant vu son PIB moins plonger) et maintenant nous voilà avec des faux prix, sur le prix du temps et de la rémunération du risque avec les eurobonds. L’€ est désormais totalement prisonnier du surrendettement français et italien… Les conséquences politiques finiront bien par se matérialiser. Quand on chasse le risque et que ce ne sont plus les acteurs spécialisés et avertis qui l’assument, il se concrétise ailleurs et ça en rendra furieux plus d’un lorsque ce génial stratagème socialiste s’écroulera.

La crise des Gilets Jaunes avait révélé un point spectaculaire : une grogne sociale très forte alors que le pays était en sommet du cycle. Quand Hollande affirmait « ça va mieux« , il avait techniquement raison mais personne ne le croyait. La crise que nous traversons n’est donc pas seulement économique, c’est une crise de régime et ce n’est pas l’introduction de quelques % de proportionnelle aux législatives qui vont la résoudre. Et encore moins des conventions citoyennes avec des gugus soit-disant tirés au sort qui, par le plus grand des hasards, encadrés cornaqués par des militants politisés nous récitent le programme de la France Insoumise ou d’EELV. Non seulement c’est une manière d’achever la démocratie représentative (gravement malade, d’où l’appel à de la démocratie directe des GJ) mais aussi on peut aussi y voir le reflet de la maladie frappant les corps constitués. Les GJ se sont servis des platerformes d’intermédiation libres de toute dépendance à ces corps pour une bonne raison : ceux-ci ne sont plus le réceptacles des doléances des français mais de subventions d’argent publique pour imposer leur calendrier sans légitimité démocratique.

Les institutions de la Vème République, avant même la détérioration des réformes constitutionnelles récentes (le quinquennat par exemple) sont vérolées depuis le départ. Je me demande même si on peut considérer qu’un seul monarque républicain ait pu être réélu sur son bilan. Mitterrand et Chirac ont été réélus à la suite de cohabitations meurtrières, au moins pour le débat intellectuel. Tous les autres ont été battus ou sont morts en cours de route, physiquement (Pompidou) ou politiquement (Hollande). Reste le cas de Charles de Gaulle qui rêvait de son plébiscite romain. L’élection de 1965 étant, je crois, la première au suffrage universel direct. Rappelons qu’il lui fallut un second tour contre l’Intriguant, pur arriviste du passé récent, le plus ancien étant douteux. Comme le rappelle Philippe Fabry dans la vidéo ci-dessous, l’équilibre entre régime présidentiel et parlementaire était une escroquerie, elle est de toute façon rompue, le président qui tente péniblement de se cacher derrière un premier ministre est certain d’échouer. Macron a pris Edouard Philippe dans ses filets pour disloquer LR, calcul inutile, LREM aurait eu la majorité à l’assemblée. Même Bayrou et son Modem, son allié de circonstance à l’importance exagérée par les médias, eut droit de constituer un groupe. Philippe n’était pas le chef de la majorité en entrant à Matignon mais en commençant à devenir le chef d’une majorité pas toujours sur la ligne du président, il fut remercié et remplacé par un parfait inconnu à la dégaine ridicule.

Par ses récentes initiatives qui finissent d’achever ce qu’il reste de démocratie représentative, Castex qui tombé du ciel, députés godillots, assemblée de citoyens triturés au hasard, Macron pourrait bien provoquer l’effondrement de la Vème République. Au fond, celle-ci nous faisait rejouer la Révolution à l’envers. On commençait par le sacre de l’Empereur qui se muait en monarque républicain. Puis les ennuis arrivaient. Comme toujours la bureaucratie et l’absence de délégation, de responsabilités et de démocratie au plus près du terrain empêchent l’exécution des ordres, rarement pertinents en plus. Puis le doute s’installe, le souverain hésite, change souvent de cap, n’a plus aucun résultat et s’enferme dans une communication au mieux lointaine au pire irritante. Enfin, tous les 5 ans désormais, son sort est de monter sur l’échafaud. Avec tous les ennuis qui s’empilent à la gravité jamais vue depuis 1945, dans un contexte mondial de plus en plus lourd, combien de Louis XVI avons-nous encore le luxe de nous offir?

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J’étais pas Charlie il y a 5 ans, je ne le suis toujours pas.

J’ai écouté LCI cette après-midi pendant 5 minutes. Nuancée, mais surtout précautionneuse, Elizabeth Martichoux explique calmement pourquoi 5 ans après la manifestation en soutien aux victimes de l’attentat contre Charlie Hebdo, celle d’aujourd’hui – bien que louable sur le principe – ferait un bide. Qui, surtout a gauche, a bien compris les avertissements d’un des survivants, Riss?

Comme prévu, pour défendre la liberté d’expression en France, il s’est abattue une pluie de mesures liberticides, de renforcement du verrouillage politique et intellectuel des débats alors que nous en crevions déjà. En réponse à Martichoux, un « gradé » de l’éducation nationale déplore la poussière planquée sous le tapis. Comme d’habitude c’était « faire le jeu du FN » que de dénoncer le réel, les atteintes à la minute de silence et autres signaux alarmants qui démontrent la montée du soutien à un islam contestant les lois en vigueur.

Combattre le réel, interdire ses signes extérieurs plutôt que de s’attaquer aux racines du mal, confondre sciemment causes et conséquences, voici le mal qui ronge le pays. Ce constat est hélas généralisable à bien d’autres domaines, presque tous en fait. En économie aussi, il suffit de constater à quel point la France combat frénétiquement un excès de socialisme par toujours plus de relances keynésiennes sans dates de fin. Lire la conclusion il y a 5 ans de l’excellent H16. C’est pas maintenant qu’on va s’excuser de ne pas avoir été Charlie. On avait raison, et ça ne nous amuse pas.

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