Le séisme des législatives va connaître de fortes répliques

Le succès historique de la démarche d’Emmanuel Macron, consistant à pendre haut et court tous ceux qui ont exercés les pouvoirs, les partis installés depuis 1958, en partant de quasiment rien, est à peine tempéré par la faible participation. Le premier tour des législatives confirme les principaux enseignements de la présidentielle. Le séisme de dimanche dernier a déjà coûté la carrière politique d’une longue liste d’incapables de gauche ou de droite et la liste promet de s’allonger. Les conséquences du second tour pourraient bien provoquer tout une série de répliques presque aussi fortes. Hormis le saut dans l’inconnu qui s’ouvre, quel plaisir de voir disparaître, parfois dans l’humiliation, autant de connards d’un coup. On en est presque à espérer que les abcès à crever qui minent notre société vont l’être par l’ampleur de la vague…

Macron a beau émerveiller les médias qui le présentent comme l’alchimiste qui en effleurant du plomb le change en or, la perception des français demeure inchangée. Peu d’enthousiasme, la plupart se sert de lui et de son mouvement comme un populisme aimable afin de virer les incompétents, souvent pourris, des partis de gauche et de droite qui échouent lamentablement depuis une bonne trentaine d’années. Les français les plus en colère, les plus en difficulté sur le plan matériel, savent au fond que ni le FN du clan Le Pen ni FI du petit père Mélenchon n’ont la moindre chance d’accéder au pouvoir. Le veulent-ils au fond d’eux mêmes? Le FN a pris le bouillon, même à 45% au premier tour Marine Le Pen n’est pas assurée de rallier le palais Bourbon car il n’y a pratiquement aucune triangulaire avec cette forte abstention. La remarque vaut aussi pour le PS qui affrontera presque partout un candidat REM pour qui une partie de la droite se fera un malin plaisir de voter pour tuer le PS. Réciproquement, les élus LR des banlieues aisées ont du souci à se faire. Les résultats des les Yvelines, l’ouest parisien et les hauts de Seine sont éloquents. Macron a fait entre 85 et 90% au second tour face à la candidate FN. C’était la confirmation de mes deux intuitions : d’abord la compatibilité de l’électorat bourgeois selon le diagramme de Nolan entre LR/UDI et Macron et les votes antilibéraux incompatibles entre eux, contestataires d’un jour en plus, entre FN et FI. Ensuite, que le candidat « En Marche » est pratiquement sûr de l’emporter partout, sauf sociologie très écartée de la moyenne dans la circonscription, face à un candidat de gauche ou de droite : le vainqueur de Condorcet.

Les caciques de LR n’ont pas compris que les sondages ne se trompaient pas : François Fillon a été choisi au dernier moment lors de la primaire pour son projet et non sa personne. C’est pour ça qu’il a bien résisté au premier tour de la présidentielle. En expurgeant les mesures qui faisaient le plus débat, en se fixant ridiculement sur la hausse de la CSG et en proposant des baisses d’impôts non compensées par des baisses de dépenses, LR a montré le vrai visage de ces dirigeants. Un parti de vieux qui ne parle qu’aux vieux et qui se soumet au politiquement correct alors même qu’en coulisse, ses éléments les plus lucides savaient qu’ils ne proposaient rien de courageux, rien de neuf, rien qui sortait du socialisme qu’ils ont fini par accepter avec Chirac et Juppé, un soir de décembre 1995, en se couchant face aux grèves. Ils n’auraient jamais du appeler à voter « oui » au traité de Maastricht s’ils étaient resté gaullistes, ils se sont laissés enfermer dans cette posture intenable entre la fiction de la souveraineté alors que le modèle social devait évoluer pour supporter le partage de la même monnaie avec l’Allemagne. Quand l’Allemagne s’est réformée, les deux pays ont commencé subitement à s’écarter l’un de l’autre, le piège s’était refermé. A cet égard, Florian Philippot a raison de penser que l’€ est la clé de voûte du système. Le FN va sauter aussi sur cette question, il veut revenir au franc pour garder en place le socialisme, les moins fous économiquement au FN ont compris que cette stratégie écartait pour toujours le report des voix de la droite bourgeoise sur le FN au profit d’un candidat centriste, prêt, lui, à enclencher les réformes que prône la commission européenne, les autres gardiens de la zone €… Écartelés, FN et LR sont donc travaillés par des forces centripètes au moins aussi fortes qu’au PS.

Pour quelles raisons les électeurs se mobiliseraient-ils, dans un regain de participation, pour modérer ce que le premier tour laisse entrevoir comme issue finale? On n’en voit aucune, Françoin Baroin donne l’impression d’avoir été désigné pour être flingué. On peut même s’attendre à ce que la REM remporte plus de sièges que la fourchette haute de 440. Ce qui signifierait aussi la REM n’aurait même pas besoin des élus Modem pour disposer d’une majorité absolue. Enfin, on peut s’interroger de l’intérêt des prises de guerre venues de LR. Pour faire passer des réformes agitant les centrales syndicales récalcitrantes, s’appuyer sur des ministres de droite pourrait s’avérer fort utile. Aucun remaniement d’ampleur à l’issue des législatives n’est donc à attendre. Pour finir, si Laurent Wauquiez s’empare du parti LR pour le droitiser et attirer (ce qui semble pour le moment exclu) des déçus FN de la ligne Philippot, des élus comme Thierry Solère partiront. Il l’a très bien dit hier sur CNEWS : l’UMP c’était l’union de la droite et du centre. Le centre parti chez Macron et la droite incarnée par des socialistes se réclamant du Général avec des déclarations aussi sidérantes de bêtise que révélatrices, telles celles d’un Henri Gaino, même éliminé et rangé au placard, on sent la même fébrilité chez LR qu’au PS. Comment le PS, où les frondeurs ont été balayés, pourraient se ré-agréger autour du rescapé Valls? Macron n’a pas fini de tout faire sauter, c’est passionnant.

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COP 21, poignée de main, bullshit et cie

Donc Trump dit merde aux engagements de son prédécesseur et accessoirement au monde entier. Puisque les engagements issus de ces grandes messes médiatiques sont peu contraignants, les réactions surjouées des uns et des autres et l’énorme buzz médiatique sont affreusement décalées et insupportablement orchestrées. Au mieux, pour les délégations, une dégustation de petit-fours au caviar rincés au champagne aux frais des méchants contribuables qui sont d’affreux-jojos pollueurs. Les médias haïssent tellement Trump qu’ils en oublient qu’ils sont en train, à la vue et aux yeux de tous, de conspuer l’idée même de démocratie. Les gauchistes de 68 ont non seulement durablement abîmé la souveraineté populaire mais ils prouvent aussi que le pouvoir, il faudra le leur prendre malgré la mort clinique de leurs idées, partout en déroute en occident.

Reprenons : Trump s’est joué de l’establishment républicain pour se faire élire en dénonçant la soumission des caciques du parti aux oukases du politiquement correct auxquels bon nombre des républicains se prêtaient. Voir un Ted Cruz porter leurs ultimes espoirs d’échapper à Trump, lui, qui conchiaient Washington pour des raisons très proches était soit savoureux soit annonciateur d’un effondrement tant politique qu’intellectuel. Or il y a bien une chose que les républicains partagent à peu près : un climato-scepticisme qui les soudaient devant des accords signés par Obama en fin de second mandat, qui engageaient l’Amérique, mais si peu le président signataire. Chacun a sa religion sur le sujet car il faut bien parler de religion. Bien entendu de puissants lobbies sont à l’oeuvre pour voir inscrire dans les rapports contradictoires ce qui les arrangent. J’observe seulement deux choses : en premier des études sérieuses qui contestent l’influence du CO2 comme gaz à effet de serre, gaz facilement assimilé aux activités humaines, histoire de les culpabiliser. En second lieu, je constate l’effort non négligeable des industries nucléaires et pétrochimiques pour investir dans les énergies renouvelables, en communiquant massivement sur leurs investissements. Quand l’état est près à balancer du fric par la fenêtre, il y a toujours foule au portillon.

A l’ère Macron, émettre des doute sur la maléfique connivence entre les états et les conglomérats énergétiques, ce ne serait pas si naïf. Idem pour Trump qui semble aimer les conséquences géopolitiques de l’indépendance énergétique des USA tout en signant des contrats militaires avec l’Arabie Saoudite. Les mains un poil plus libres mais toujours prêtes à encaisser un chèque. Or pendant sa campagne, il n’a eu de cesse de dire que la politique constructiviste prônée par les grand sommets sur le climat était tout bonnement à jeter à la poubelle. Aucune surprise donc à sa décision nullement motivée par une contrariété passagère, même par un un président français en marche sur l’eau d’après la presse française oubliant l’océan de dettes en dessous. Ce n’est pas non plus un gentil discours en anglais depuis le palais de l’Elysée qui bousculera le président américain et le faire revenir dans le droit chemin. Cette volonté affichée d’Emmanuel Macron de prendre le leadership de la pensée unique a de quoi inquiéter. A quoi va ressembler l’UE qu’il entend qu’il défend alors que la simple vue de Juncker pavaner partout, avant même d’entendre ses commentaires méprisants envers les peuples et la démocratie, sont insupportables? Que va-t-il faire pour l’écologie avec son ministre animateur de TF1 alors qu’il avait si peu parlé de ce sujet durant la campagne? Semer des ventilateurs géants qui ne produisent rien et en plus de manière discontinue alors qu’on ne sait pas stocker l’énergie? Les éoliennes sont une escroquerie symbolisant bien cette prétendue lute contre le réchauffement, sans subvention, elles n’existeraient pas. Enfin, on sait comment se finissent toutes ces initiatives constructivistes qui parient contre le marché et retardent l’innovation technologique : en accidents industriels et scandales politiques.

Donald Trump est certainement un bouffon égocentrique sauf que la décision qu’il a prise est la bonne. Tout le beau monde qui le conspue se moque des choix démocratiques et quand le peuple vote mal, il faut le lui faire comprendre pour qu’il expie sa faute. On voit comment les négociations entre le Royaume-Uni et l’UE sont lancées; tout est fait pour que les anglais regrettent leur choix et pour qu’on puisse s’asseoir sur un référendum tout en cherchant à imposer la « démocratie » dans certaines parties du monde. Trump rappelle aussi que derrière ce que les gardiens du politiquement correct appellent de l’égoïsme, il y a un dirigeant qui a comme priorité son pays. C’est moche un pays présidé par quelqu’un qui privilégie les intérêts de sa population et ne partage pas la souveraineté sans l’approbation du peuple. C’est moche un pays présidé par quelqu’un qui applique son programme (exception faite des mesures les plus stupides) on a perdu cette sombre habitude en occident. Sauf de voir la stupidité en action et la corruption de la classe politique. Trump est vraiment trop moche…

 

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La macronmania n’augure rien de bon

Voici un bref billet d’humeur pour livrer mon sentiment sur cette actualité internationale, faite de drames humains (terrorisme partout) et de rencontres de chefs d’Etat, le tout dans une euphorie journalistique délicieusement déplacée. Pas étonnante compte tenu du niveau pitoyable de la couverture médiatique de la campagne présidentielle. Au sommet de l’OTAN puis du G7, nous avions l’occasion d’assister au premiers pas de notre nouveau président. Il ne s’est pas pris les pieds dans le tapis comme François Hollande foudroyé d’entrée de jeu à l’occasion de son premier déplacement, à Berlin, comme il se doit. Il a plus de prestance, son âge et sa frimousse ne lui valent que des commentaires élogieux, quoique cela soit appréciable pour l’image de la France qu’il représente, c’est trop. On rira peut être un jour de ceux qui trouvaient la perte de poids d’Hollande courageuse à la vue de la remontée une fois élu… Cette mansuétude qui confine au lèche-bottisme pourrait se révéler dangereuse.

Emmanuel Macron a objectivement accompli un sans faute depuis son élection confirmant une remarquable habileté tacticienne. C’est bien, la leçon de la Rotonde a été retenue, ça nous change des débuts calamiteux de Sarkozy et d’Hollande qui préfiguraient, hélas, très bien la suite. La constitution du gouvernement, comme je le mentionnais dans mon billet précédent, ne penche pas aussi à gauche qu’on ne le croit, mais l’extrême faiblesse du personnel politique actuel ne permet pas à Macron de constituer une « dream team » des réformateurs plutôt centristes. Le silence médiatique autour de l’ancien assistant parlementaire UDF qui assure que François Bayrou était parfaitement au courant du caractère fictif de son emploi qui ne servait que de couverture à ses activités pour le parti, est malheureusement inquiétant. Vient ensuite l’affaire autour de Richard Ferrand qui démontre un cruel deux poids deux mesures vis à vis de l’acharnement médiatique contre François Fillon. La cause est identifiée et périlleuse pour la démocratie : la gauche mondialiste formée à Paris tient solidement deux bastions de contre-pouvoir tout à fait éminents. Le premier est le pouvoir journalistique qui est tenu en laisse par les capitalistes de connivence, en cheville avec les plus hautes sommités de l’énarchie, qui elle, s’est totalement emparé du pouvoir par le truchement de Macron. Le second c’est la magistrature qui déclenche des enquêtes quitte à les clore par un non-lieu juste pour salir un opposant ou atteindre une autre cible, voire pire, n’enquête pas alors que le soupçon de prise illégale d’intérêt est clairement explicité (Ferrand). On peut donc supposer que la ou les lois de « moralisation » de la vie politique du curé Bayrou ne déboucheront encore une fois que sur du bricolage insignifiant qualifié de « réforme » sans que les sources de conflits d’intérêts n’aient été aucunement taries.

J’ai eu l’impression ces dernières heures qu’en résistant subtilement à l’épreuve de la poignée de main et aux outrances du président Trump, Macron était un alchimiste transformant le plomb en or. Que son idylle avec le canadien Justin Trudeau ou des quelques réformateurs en peau de lapin en Europe était le signe annonciateur d’un printemps des oiseaux qui chantaient à nouveau. Je suis navré de rappeler qu’il n’a rien fait pour le moment qui change quoi que ce soit à mon quotidien ni améliore celui des gens les plus désespérés de mon pays. Galvauder le fond et l’action au profit de la forme risque de se payer très cher. S’imaginer que la prestation minable de Marine Le Pen au cours du débat assure 10 années supplémentaires de répit aux bavardages égalitaristes et socialistes, qui tuent à petit feu notre pays, me semble être une illusion très perverse. Nos maux sont profonds et tenter d’offrir des béquilles à ceux à qui on casse les jambes ne changera rien.

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Ce nouveau gouvernement penche-t-il trop à gauche?

Enfin, et cette fois-ci annoncée à l’heure, la composition de la nouvelle équipe gouvernementale est connue. En dehors du premier ministre Edouard Philippe, seuls deux élus LR intègrent cette équipe de 22 personnes respectant globalement les équilibres promis. Ils auront en charge toutes les équipes de Bercy, gros morceau donc et très casse-gueule (Le Maire était le seul prétendant à la présidence à vouloir baisser la CSG que Macron veut augmenter). Les ministres d’Etat, eux, semblent beaucoup plus proches du président Macron et des socialistes tandis que le Modem décrochent 3 maroquins, non des moindres. Rapide revue en détail et des conséquences possibles. Comme redouté, le renouveau, l’ouverture à la société civile, la parité sont de jolis vœux pieux qui se heurtent à l’exigence d’efficacité et de cohérence de l’action publique. Ce premier gouvernement n’échappe pas à la règle malgré le sans-faute d’Emmanuel Macron depuis son élection.

Gérard Collomb hérite de l’intérieur, poste si exposé actuellement. Avant même qu’Emmanuel Macron ne se lance dans l’aventure, tout en se tenant à l’écart des gouvernements pitoyables d’Hollande, Collomb soufflait déjà l’idée sur les plateaux TV que Macron était présidentiable. Réélu à Lyon qu’il gère d’une main de fer au grand dam des élus Modem cherchant une investiture dans le Rhône, on peut faire pire comme socialiste. Jean-Yves Le Drian et Sylvie Goulard étaient attendus mais chacun au poste de l’autre, le premier fut un des rares, si ce n’est le seul ministre compétent d’Hollande, apprécié et réélu en Bretagne sans s’allier ni aux verts ni aux communistes. La seconde, MODEM, ralliée de la première heure, partageant les convictions européennes du président et très compétente, étant probablement la seule candidate sérieuse pour Matignon. Là encore comme socialiste ou centriste, on fait bien pire, Goulard étant même globalement libérale. Richard Ferrand quant à lui, socialiste breton, modéré lui aussi, fait également partie avec Christophe Castaner voire le benjamin Mounir Mahjoubi, des élus ou gens engagés à gauche qui avaient rejoint Macron convaincus que le PS était mort du fait des synthèses impossibles entre les réformateurs sociaux-démocrates et l’aile marxisante. Mention spéciale au porte-parole Castaner : aux régionales en PACA, il s’est désisté pour faire élire Christian Estrosi et fut manifestement talentueux durant la campagne présidentielle. Encore quelqu’un issu de gauche avec lequel une droite réformatrice a plus envie de travailler que les vieux croûtons LR, en place depuis trop longtemps, qui défendent avec encore plus de talent que la plupart des socialistes, notre modèle social collectiviste agonisant. Les personnalités issues de la société civile ont une expérience managériale et/ou de conseil à haut niveau qui les rendent très intéressantes sur le papier. Inutile d’épiloguer.

Je vois deux ombres au tableau : Bayrou a poussé une soufflante pour plus d’investitures La République En Marche à des encartés MODEM pour qu’au final son ministère soit le plus important possible. Il hérite de la justice. On verra donc, mais vieille tactique politicienne pour servir des desseins personnels. L’autre ombre est la nomination du fantasque Nicolas Hulot capable de nous planter des éoliennes partout alors qu’elles coûtent très cher et ne produisent rien. Enfin, Bruno Le Maire était tenté de sauter dans le vide, il l’a fait mais il risque d’en payer le prix durement. Ce gouvernement me paraît plus centriste et équilibré qu’il n’y paraît mais va laisser des prises à LR d’une part et à l’UDI, dont personne n’a été débauché, pour donner l’envie aux français de ne pas donner à LREM trop de députés et certainement pas la majorité absolue. Je parie donc sur un remaniement en juin et une scission de LR/UDI seulement après le second tour des législatives. Premier (petit) échec du président Macron.

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Macron président, les primaires ont fait le jeu du gagnant de Condorcet

Il y a certes une abstention record tout comme de bulletins nuls ou blanc. Mais il y a surtout un président élu avec un résultat sans appel de 66%. Marine Le Pen a lourdement payé sa prestation cataclysmique au cours du débat en se payant le luxe d’apparaître sous les traits d’une caricature encore plus repoussante que celle d’Emmanuel Macron, l’incarnation de l’élite mondialisée, sans enracinement. Fait majeur il y aurait plus de 50% des électeurs de François Fillon qui aurait voté pour Macron. Si on se réfère aux résultats du premier tour sous l’angle du diagramme de Nolan, on voit qu’effectivement un nouveau clivage est apparu et qu’il appelle une reconfiguration du spectre politique. Le clivage traditionnel gauche/droite ne s’efface pas totalement, ou plus probablement, que temporairement. Mais la tectonique des plaques incite des grands changements après ces résultats, tant ceux du premier tour qu’à ceux du second. Pourquoi? Réduire l’élection de ce jeune président, sorti de nulle part, à une manipulation ou un simple accident de l’histoire qui n’appellerait pas de commentaire est une grossière erreur. Les accidents de l’histoire sont même toujours les moments les plus éclairants.

Le 23 avril à 20h, nous avions la confirmation d’une France éclatée en 4 blocs, aux poids voisins, aux intérêts et aux aspirations divergentes, ce qui n’est évidemment pas très rassurant pour la suite. En tête, les bobos mondialisés des centre-ville, un centre gauche plus libéral sur les sujet de société mais non marxiste économiquement. Les bourgeois, plutôt âgés et non totalement déchristianisés, des riches banlieues, plus conservateurs. Dans les banlieues de l’immigration, d’autres à peine moins modestes (où peuvent encore se réfugier des fonctionnaires prolétarisés) un discours socialement progressiste et économiquement marxiste fut mis en avant. Les perdants ruraux ou péri-urbains eux ont cédé aux sirènes du populisme identitaire, économiquement marxiste. On connaît la suite : à Paris Macron dépasse 85% dans les arrondissements conservateurs et la banlieue aisée, comme dans toutes les villes mondialisées de France. Le Pen finit essorée car la compatibilité entre les deux pôles plutôt libéraux était bien plus évidente que celle entre les pôles plutôt marxistes. D’où le rapport de 1 à 2 au second tour. La question suivante qui se pose, c’est évidemment, comment en sommes-nous arrivés là? Très souvent, il m’arrive de constater que les idées reçues en vogue confondent gentillement causes et conséquences. Je ne crois pas que la conjonction entre notre modèle social collectiviste et la mondialisation ait enfanté de cette situation, il n’y a en réalité que la superposition des leurs effets à un contexte politique délétère.

Aux 4 blocs, on peut accoler 4 idées directrices pour décrire le déroulement de la campagne. J’évacue immédiatement la cabale dont fut victime François Fillon bien qu’elle ait joué un rôle déterminant. Elle eut une postface sur laquelle je reviendrai. Mes deux principales idées partagent le point commun de remonter à loin, bien avant la tenue de cette campagne. Le mode de scrutin pour commencer. Le scrutin uninominal à deux tours viole souvent le principe de Condorcet :  en 2007, si François Bayrou avait atteint le second tour, il l’aurait emporté face à n’importe qui mais au final, les deux qualifiés furent des personnes dites « clivantes ». Ensuite, comme troisième observation, il faut admettre qu’il y a un an, Emmanuel Macron était le seul à avoir tiré toutes les conclusions qui s’imposaient de la présence certaine de Marine Le Pen au second tour. Des sociologues ont montré qu’un scrutin à un tour favorisaient la bipolarisation de la vie politique : nous voyons ceci à l’oeuvre aux USA et au Royaume-Uni. C’est l’apparition de scrutins à la proportionnelle qui ont permis l’émergence d’autres petits partis politiques. Un scrutin à deux tour favorise lui, l’apparitions des 4 pôles : des extrêmes populistes à la marge du clivage traditionnel gauche/droite. Au premier tour, on rassemble son camp sur son cœur pour éviter que ses flans ne soient tentés de rejoindre le pôle populiste. Il en résulte qu’au second tour, normalement le vainqueur de Condorcet est éliminé, et les deux finalistes « se centrisent » pour gagner. On comprend dès lors pourquoi un président français centriste ne peut être élu que dans des circonstances exceptionnelles. Depuis l’élection de 1965, de telles conditions ne se sont effectivement produites qu’en 1974 et cette année. Pour la première, Mitterrand avait bien réussi à éviter une candidature PCF (parti qui a boudé l’élection comme en 1965) mais était dépourvu de réserves de voix au second tour tandis que Chirac avait torpillé le candidat UDR pour l’essor de sa carrière. En 2017, le FN étant le seul parti certain de se qualifier au second tour mais avec une autre certitude : que le pôle communiste ressuscité mais refusant la « dédiabolisation » du FN, compte tenu de la structure de son électorat, ne lui apporterait que marginalement des voix au second tour (7% au final…). Dès lors, entre un Fillon discrédité et trop conservateur d’une part, trop réformateur pour une droite vieillissante, et, un Hamon aussi transparent que doublon inutile de Mélenchon, un boulevard s’ouvrait pour Macron. Ultime et quatrième point, l’inadaptation du modèle social collectiviste français à la mondialisation concurrentielle et les institutions ont exacerbé les rancoeurs entre les 4 blocs sociologiques. Pour deviner que le PS et le bloc de droite libérale allaient lourdement en pâtir et qu’il fallait l’équivalent français du parti espagnol « ciudadanos » pour opérer une percée décisive, il fallait de l’audace. Dès 2012 après la défaite de nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire à droite l’avait martelé. Pourquoi n’a-t-il pas bousculé les caciques en place depuis 30 voire 40 ans? Parce que son audace s’est limitée à se pointer au premier débat entre les candidats sans cravate! Macron est parti de 0 et son audace, son réseau, sa personnalité ont mis en marche des gens motivés et compétents… Qualités d’un chef, en passant.

Pour résumer, Emmanuel Macron a certes bénéficié d’un incroyable concours de circonstances mais la chance ne sourit qu’aux audacieux. La désignation de candidats trop « clivants » et aux électorats actuellement rétrécis par l’exaspération populaire ont fait croire que de l’élection présidentielle était devenue un processus de désignation à 4 tours. Cette élection, depuis le départ, n’était qu’à un seul tour en réalité, c’est le vainqueur de Condorcet qu’il convenait de trouver au PS ou chez LR. Voici ce qui a été la clé de voute du succès de Macron une fois Juppé éliminé, Macron s’est d’ailleurs porté candidat entre les deux tours de la primaires de droite alors pliée. Les primaires ne sont pas un mauvais système en revanche. Des gens, qui par décence, n’auraient pas du concourir ont ainsi été écartés, trop tardivement donc. Le poison provient de cette élection présidentielle à deux tour. Il faudra changer cet aspect des institutions qui depuis le quinquennat estampille « majorité présidentielle » des gens officiellement du même parti mais qui sont incapables de réformer en profondeur du fait de leurs profondes divisions idéologiques que le seul axe gauche/droite ne permet pas de soupçonner. La longévité des parcours qui pousse ces gens à qualifier de « réformes » des bricolages insignifiants a également favorisé une volonté puissante de « dégagisme ». La Postface de la défaite de Fillon : ce sont des cadres – usés jusqu’à la corde – de LR qui proposent des baisses d’impôts en réduisant les objectifs de réduction des dépenses publiques. Ils veulent vraiment gagner les législatives? Ils m’ont donné envie de contribuer à offrir au président Macron une majorité pour qu’il ait les coudées franches. Il y a trop d’indices qui laissent penser que ses velléités réformatrices soient plus ambitieuses que les vieux comptables LR tout juste encore crus dans les maisons de retraite.

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J-1 : Macron, la roue de secours face au pire

Je ne reviendrai (presque) pas sur le débat lamentable après tout le monde, tout a déjà été dit. Comme d’habitude, l’immense majorité des médias, favorables à Emmanuel Macron, l’a désigné comme éclatant vainqueur, ça n’a bien entendu aucune valeur. On peut juste noter qu’un borgne sort facilement vainqueur d’un débat face à une aveugle. Nous savions que les titres et le gros des articles étaient déjà prêts avant le débat. Prenons un peu de recul, nous votons dimanche pour élire le président et non pour la majorité pour conduire les affaires intérieures. Il me paraît opportun de rappeler quelques éléments de ce que je comprends de nos institutions dissipés sous un épais brouillard, notamment depuis la calamiteuse réforme du quinquennat. Ne confondons pas chef de gouvernement avec le garant des institutions bien que l’actuel ait pu intervenir pour polluer l’élection  en cours bien qu’ayant renoncé à s’y présenter (fait inédit il me semble).

Depuis au moins 1981, la tendance longue fut immuable, avec seulement quelques accidents très brefs temporellement. Toujours plus de dépenses sociales, toujours plus de chômage et de dette et toujours plus de contraintes réglementaires notamment sur le code du travail et des impôts. Dans le même temps l’autorité régalienne de l’état a reculé, pas une semaine sans échapper non sans effroi à des clichés de policiers molestés, brûlés voire tués. Fantastique terreau pour le populisme. Celui-ci présente deux faces : une très utile pour nous rappeler la trahison des élites des centre-villes connectées à la mondialisation qui évoluent dans une bulle de prospérité et l’autre, nettement moins reluisante, d’un discours outrancier et simplificateur visant à se nourrir des peurs, des jalousies de toutes les frustrations engendrées par une société bloquée à moins deux étages étanches. Or, même au sein de la zone € des pays s’accommodent fort bien de ces difficultés. Jamais personne n’a hélas pris le temps d’expliquer pourquoi. Si des pays scandinaves font mieux que nous en dépensant un % du PIB proche pour les dépenses publiques, personne n’a mentionné pourquoi cette dépense était à l’évidence plus efficace. Personne pour s’émouvoir et proposer quelque chose de sérieux quand des chômeurs de banlieues perçoivent des aides qui laissent penser qu’ils vivent mieux que des agriculteurs qui ne font ni 35h ni se se versent le SMIC pour vivre. Peu importe les chiffres, les raisonnements macro-économiques, c’est bel et bien la micro-économie, le terrible « ressenti » qui dicte les humeurs de ce vilain peuple qui se recroqueville sur une identité (réelle ou fantasmée) quand le bon sens (common decency?) abandonne les élites.

Nous élisons donc notre cher tyran pour 5 prochaines et longues années. La décorrélation entre le temps politique et le temps économique fait qu’aujourd’hui 5 années paraissent longues, c’est pourtant le minimum avant que des réformes aient indiscutablement des effets pour qu’on puisse en débattre. Madame Le Pen s’est présentée mercredi soir sous le mauvais visage du populisme : inutilement hargneuse, impréparée, ignorante sur des dossiers qu’elle avait elle-même choisi de mettre en exergue, incapable de défendre un projet inspiré d’une vision, incapable, surtout, de s’adresser aux indécis, à ceux qui n’avaient pas voté pour elle au premier tour (ni pour Macron). Cette nullité abyssale nous ramène aux vrais enjeux de ce second tour puis des législatives qui suivront. Oui l’UE dysfonctionne et encourage une bureaucratie locale s’ajoutant aux inclinations locales, si fortes en France naturellement. Oui l’€ est une stupidité monétaire qui se terminera dans une crise, crise qui ne se réglera pas d’avance par un référendum ou toute tentative démocratique factice. L’€ mourra dans une réunion secrète au terme d’un long week-end de tractation qui aboutira dans la nuit du dimanche à lundi à 4h du matin, quand d’épuisement, les dirigeants européens se seront vaguement mis d’accord sur les modalités : fermeture temporaire des banques, contrôles des changes et des capitaux, accord sur le règlement des dettes. Jamais la célèbre formule de Laurent Fabius, datant de 1984, n’aura résonné aussi fort : « Le FN pose les bonnes questions mais apporte les mauvaises réponses ». En 30 ans, le PS et une droite pleutre devant les réformes à conduire, pourtant connues et identifiées, se sont rendus complices de cette très résistible ascension.

Certains nigauds pensent que s’abstenir ou voter Le Pen dans le but, je cite, « d’affaiblir » le président Macron serait opportun. Dans un moment d’éructation populaire aforme qui a drainé plus de 50% des voix du premier tours sur des tarés pathologiques, dans un moment d’une grande faiblesse générale de la France, est-ce le moment de mal élire un maigre réformateur sous prétexte de bien lui signifier qu’il n’est qu’un choix par défaut? Même mes amis éduqués bac+5 et jeunes fortunés n’expliquent pas mieux leur choix qu’un chômeur picard, par un infâme gloubiboulga antimondialisation, dont la seule phrase compréhensible est un réquisitoire contre l’islam et l’immigration maghrébine. Quelle surprise, c’est évidemment le seul ferment rassembleur du FN. Si Madame Le Pen fait plus de 40% dimanche prochain, où est reléguée l’opposition libérale à la sociale-démocratie et à l’Europe normative qui devrait animer un centre-droit libéral? Aux oubliettes de l’histoire, avec cette idée devenue abscons qu’elle pourrait se nourrir de l’échec des démocrates-sociaux? Folie. Dimanche, l’étrange et surtout pernicieux projet à la fois souverainiste, socialiste et nationaliste de Mme Le Pen doit être battu le plus largement possible. M. Macron qui doit constater les résultats des législatives aura, je le souhaite, grand besoin d’une droite libérale centriste pour compléter un tableau de chasse vigilent. Acceptons le risque qu’il soit instable. Lui donner les coudées franches ce dimanche ne me paraît pas, vu le contexte de l’élection, un risque de nature à reconduire le hollandisme mou pourtant si rejeté. C’est aux législatives qu’il convient de faire comprendre au nouveau président de ne pas recycler les déchets de la majorité sortante.

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Jubilatoire! Les masques tombent les uns après les autres!

Dimanche dernier, François Fillon n’a pas entendu que les résultats s’affinent pour reconnaître sa défaite tant elle devait lui paraître anecdotique face au choc politique en cours sous nos yeux. En quoi le fait que Marine Le Pen soit passée de 23% à 21.3 et lui de 18.5% à 20% changeait la donne tandis que les deux candidats passés par les primaires des deux partis de gouvernements, depuis le début de la Vème République, étaient passés à la trappe? Certains naïfs regrettent le score « élevé » de Nicolas Dupond Aignant, notre futur premier ministre, privant Fillon du plaisir de se faire étriller par Emmanuel Macron au second tour! Depuis dimanche, on devine de plus en plus nettement les contours de la recomposition politique tant les masques tombent les uns après les autres.

J’ai longtemps cru qu’avec l’UMP, qui décevait sur l’immigration excessive et ses conséquences, et une partie du parti populiste à sa droite, il y avait de quoi constituer une force majoritaire en France, prête à réformer pour nous débarrasser du socialisme mitterrendien. Quand j’ai publié mon analyse selon le diagramme de Nolan et au soir du débat sur TF1, dont on peut exfiltrer le passager clandestin Hamon, je voyais bien que les 4 France étaient irréconciliables. J’ai enfin ouvert les yeux dimanche soir et dans les jours qui ont suivi. Ces députés conservateurs qui n’ont en rien réformé la France pour les mêmes raisons qui les ont poussé à minauder sur les résultats du premier tour, incapables de désigner le pire entre un réformateur (pourtant léger) centriste et une folle dingue aux solutions inopérantes car socialistes, voire carrément démentielles, m’ont beaucoup aidé. Qu’ils cessent de rêver, non LR ne gagnera pas les législatives pas plus qu’ils n’éviteront la fracture de leur mouvement. Les courants qui les animent tirent dans trop de directions divergentes. Le 23 avril, les français ont balancé un énorme « MERDE » à la gueule de tous ces trous du cul qui prétendent comprendre les français depuis 30 ans en leur pétant au nez et en les prenant pour des enfants au QI attardé. On le voyait déjà venir avec la tentative détonante, qu’on croyait juste absurde, d’Henri Gaino de se présenter et de chier sur la tentative de Fillon d’imposer un programme libéral de réduction du poids de l’état dans nos vies. Pour évacuer la contribution décisive à l’échec de Fillon du poids des affaires, des « ténors » (bientôt des castrats) ont commencé à prétendre que c’était de la faute de son programme. Alors que 20% des français s’étant exprimés avaient défendu le projet malgré les révélations ébranlant la stature personnelle, le vrai visage des Gaullo-étatistes ne comprenant rien à la mondialisation, sans colonne vertébrale intellectuelle sérieuse, mués par leur intérêt personnel, fut outé mais pas à l’issue de leur plein gré, comme on dit. NDA a révélé que ses idées agissaient sous un faux nez pour le FN, Mélenchon incapable de dire d’emblée, dès dimanche soir, la fracture qu’il l’oppose au FN (elle est si tenue) tous ces éléments vont dans le même sens: une clarification historique. Quand De Gaulle appelle Jacques Rueff pour réformer, ses prétendus successeurs appellent Jacques Sapir. Toute est dit. Un économiste d’extrême gauche, hostile à l’€ car celui-ci interdit les folies étatistes. En financier mondialisé, pour qui le mépris envers la populace est fantasmé par les populistes, je dirais qu’il faut shorter toute cette merde. Que le dégagisme aille au bout. LR et UDI doivent sauter et qu’on sépare enfin l’ivraie du bon grain pour que Macron ait une majorité constituée de réformateurs.

Le vrai clivage était non pas entre mondialiste/multiculturalisme vs gens enracinés mais entre réformateurs et socialisme. Le premier clivage restera et par mon métier, étant mondialiste par essence et enraciné de cœur, je mets ce combat entre parenthèses tant l’urgence l’exige. 6 millions de chômeurs, 2200 milliards de dettes, un gamin sur 4 qui naît dans une famille pauvre, le terreau de tous les pires. Ajoutons les méfaits directs et indirects de la guerre perdue face au cannabis… Vu la sociologie du vote Fillon, seuls ceux insultés de « traîtres » pour leur soutien clair à Macron s’en sortiront. Ceux qui louvoient ou pactisent avec le diable FN sont promis à disparaître comme NDA qui a signé son arrêt de mort. Idem des élus LR du sud dont le discours ambigu finira par les tuer au profit du FN. Les masques tombent, la droite n’a jamais en 22 ans voulu réformer la France par son manque de libéralisme, c’est à un jeune centriste de faire le job dans un contexte a priori effrayant d’hostilité. Tant qu’il ira dans le bon sens je le soutiendrai en me délectant de l’obscurantisme de la droite.

 

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