Il faut sauver le monde libre, oui mais à quel prix?

Matthieu Laine vient de publier un nouvel ouvrage intitulé « Il faut sauver le monde libre« . La lecture des premières pages est très plaisante mais ne va convaincre que les convaincus. Le mal est très profond, les maux dont souffrent le pays sont parfaitement connus, ils sont grosso modo les mêmes partout en occident et partout aussi, les fausses solutions, la fuite en avant se poursuit. La France cultive deux paradoxes essentiels toutefois. Le premier c’est une détestation de la pensée libérale qu’elle a pourtant largement façonné. Le second c’est d’être un pays communiste qui marche, encore à peu près dirons-nous. La résilience de notre économie, de notre société face à l’immensité des bêtises planistes, égalitaristes, constructivistes bien souvent liberticides que nos politiciens leur ont infligé est proprement stupéfiante. De quoi croire à l’optimisme de Laine, c’est toujours ça. Mais que faut-il sauver? Le Libéralisme? Certainement. Ne serait-ce pas plutôt les conditions de son éclosion, puis de sa prospérité qui serait en jeu?

Comme l’explique très bien Laetitia Strauch-Bonart, il y a de lourds malentendus sur la pensée libérale et ses bienfaits que tels d’affreux ingrats nous nous plaisons à dédaigner.

Vidéo complète ici:

Matthieu Laine part aussi de ce constat en rappelant pourquoi au cours des siècles, une drastique (au prix souvent tragique) sélection de bonnes pratiques, règles a aboutit à un ordre libéral. Mais cet ordre est fragile tant ses adversaires sont nombreux, déterminés et peuvent compter sur la paresse intellectuelle, l’amnésie au mieux et l’ignorance au pire, et hélas, sur les plus vils penchants humains aussi. Laine dresse ce constat juste qu’actuellement les populistes, les adorateurs des démocraties illibérales se fourvoient dans leur prétendue défense de l’occident. Je ne cesse de le dire et de l’écrire mais pour le petit garçon de presque 10 ans que j’étais et qui a vu le mur de Berlin tomber, qui commençait à comprendre les conséquences historiques, entendre aujourd’hui la démocratie libérale questionnée, les vertus du capitalisme remises en cause c’est un caprice d’enfant gâté. Pire. Un scandale moral, une indécence rare en fait, une monstruosité assurément.

Je viens aussi de finir « Soumission » de Michel Houellebecq que Laine brocarde en le rangeant dans la catégorie des intellectuels inutilement nostalgiques et maladivement inquiets de l’avenir comme d’autres à droite, Zemmour en tête. Je ne suis qu’au quart du livre de Laine mais je sens pointer une divergence de fond. Le livre de Houellebecq dépeint une société résignée, apathique, incapable de défendre ses valeurs, sa civilisation et qui se soumet, comme une évidence, par une transition souple huilée par des représentants qualifiés de centristes et modérés. Houellebecq est peut être un être chétif et maladif, il n’en demeure pas moins prophétique jusqu’à des détails troublants, situant son action rive gauche, chez les intellectuels qui se prennent pour des phares et qui en fait n’éclairent rien et se soumettent platement. Ils se résignent d’abord à leur propre décadence (la fameuse « médiocrité consentie » repérée par Christian Saint-Etienne dans « France état d’urgence« ) pour ensuite se soumettre en se vautrant dans le confort apporté par le changement de paradigme. Confort inégal, injuste et parfois aux antipodes des valeurs occidentales mais tant pis, alea jacta est, ce qui est perdu n’est plus à défendre. Plus anecdotiquement, le fait que la place de la Contrescarpe apparaisse m’amuse, c’est probablement là que Macron a volontairement abandonné la pensée libérale en se vautrant dans l’arbitraire et la raison d’état qui le protégerait de tout abus.

Puisque Laine parle beaucoup de Karl Popper, interrogeons-nous sur le sens de son paradoxe. Le propre des sociétés libres, c’est d’abriter en leur sein et même de protéger par le droit, des idées et des hommes qui leur sont violemment hostiles. Les démocraties libérales peuvent s’en honorer même. Tels les intellectuels déclassés qui selon Schumpeter vont militer pour le socialisme et agir donc contre l’ordre libéral précaire, il faut parfois agir vigoureusement pour remettre le clocher au centre du village en contradiction avec les idéaux de liberté et de tolérance. Or que faire aujourd’hui? La civilisation occidentale, le monde libre se défend très mal en ce moment et se cherchent des gourous aussi habiles contre le politiquement correct que potentiellement menaçants pour les libertés. En face une minorité en essor propose une autre civilisation, d’autres lois et ne semblent pas véritablement décidée à se diluer dans les valeurs occidentales. Il faudra aussi m’expliquer pourquoi ces intellectuels libéraux qu’on présente comme des génies des XVIIIème et XIXème siècles aient pu autant se tromper dès lors qu’ils parlaient de l’Islam, une religion prosélyte, réfractaire à la séparation du spirituel et du temporel et qui n’hésite pas à venir avec son propre code civil. Existe-t-il seulement une phrase du prophète musulman semblable au piège tendu au Christ qui répondit selon le nouveau testament par : « Rendez-à César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui appartient à Dieu » ? Les interprétations multiples me semblent expliquer l’une des différences majeures (la principale?) de la civilisation occidentale vis à vis des autres, précédentes ou expérimentant autre chose au même moment, voire plus tard comme dans le cas de l’Islam.

Les chiffres, même quand ils proviennent de l’INED, restent le sujet de polémiques brûlantes. La démographie est la science sociale la plus fiable car la plus simple à exprimer d’un point de vue mathématique. Les femmes d’origine immigrée font plus d’enfants, plus de 2 (expansion) et les françaises d’origine européenne moins de 2 (contraction). Après quelques décennies, mathématiquement, les gens d’origine extra-européenne – sans considération de ce qu’il va advenir du solde migratoire – vont devenir majoritaire et l’Islam comme religion en France aussi. Comme le docteur Laurent Alexandre, Matthieu Laine pense-t-il inéluctable qu’avant la fin du siècle, la France sera majoritairement peuplée par des populations d’origine extra-européenne et majoritairement musulmanes? Si oui, comment défendre le monde libre, les idées libérales? En France, beaucoup de musulmans deviennent athées, mais les idées extrêmes avancent quand même aussi. Des populations aux mœurs conservatrices votent encore pour des islamo-gauchistes progressistes pour avoir la paix, par clientélisme. Ils les jetteront probablement quand ils seront en nombre, la poussée de l’Islam politique est grandissante.

J’attends le livre de Matthieu Laine au tournant. Seuls les esprits débiles au sens littéral du terme peuvent contester le recul des idées libérales et ne pas s’en offusquer. Mais comment défendre notre civilisation quand celle-ci se refuse à toute action en face de la montée d’une autre qui se propose de la remplacer? Une politique purement protectionniste vis à vis des migrations n’est probablement pas appropriée car il est possiblement trop tard, les articles des décodeurs du Monde ou de libé désintox déraillent toujours subitement dès qu’on parle d’immigration, d’Islam ou de l’UE. Ils contesteront les chiffres de taux de fécondité qui se maintiennent au cours du temps sans voir ce qu’il se passe dans le monde musulman. Erdogan ou d’autres savent bien que dans le monde demain, l’IA ne remplacera pas la force de la démographie. Les esprits réactionnaires à la Zemmour ou Houellebecq ne parlent de ce poids de la démographie que comme moteur des changements historiques. Ce dernier cite l’historien anglais Toynbee pour qui « les civilisation ne meurent pas, elle se suicident« . Invoquer les conditions des sociétés libres de Popper sans son paradoxe ni parler des actions à mener si d’aventure l’Islam venait à devenir majoritaire, ne serait-ce pas ça le suicide?

Publicités
Publié dans Politique, Sociétal à la con | Tagué , , , , , , , | 2 commentaires

Quand la chaleur ramollit les cerveaux

Le nouvel épisode caniculaire sert de prétexte sur un plateau pour nous bourrer le mou avec le réchauffement climatique. Comme toujours, les plus prompts à dénoncer les hérétiques qui rient du réchauffement climatique dès lors que les températures sont anormalement basses pour la saison, les accablant de confondre météorologie et climat, sont les mêmes à crier à la fin du monde dès que le mercure grimpe. Quand ce matin j’apprends que la SNCF et la RATP invitent leurs usagers à se reporter sur d’autres moyens de locomotion, je pourrais rire de la chasse gouvernementale contre les automobiles mais c’est si anecdotique… Que le socialisme préconise des solutions inapplicables, subventionne de fausses alternatives et finit par afficher au grand jour ses contradictions, son caractère grotesque, rien de neuf sous le chaud soleil.

De retour de voyage en Afrique, je n’ai pas suivi les nouvelles françaises pendant près de 3 semaines. Saine, salutaire coupure. Après le visionnage cette semaine de plusieurs journaux télévisés, une chose était frappante: il n’y a pas qu’au sujet des températures que les informations sont présentées de manière inquiétante, la peur étant manifestement le vecteur le plus efficace pour captiver les esprits et pouvoir asséner un florilège ininterrompu d’idioties en tous genres. Constatons simplement que la présence ou non de députés pour écouter le déluge apocalyptique de Greta a fait scandale tandis que pour parler du chômage, une grosse dizaine de députés seulement s’étaient donné la peine d’écouter Jean Tirole, fraîchement auréolé de son prix Nobel d’économie, le tout, évidemment, dans le plus grand silence médiatique. Au même moment, pour débattre des conséquences prétendument gravissimes de la loi travail passée sous Hollande (dont chacun peut mesurer le caractère parfaitement inoffensif désormais) nous pouvions écouter allègrement le brave syndicaliste étudiant de l’UNEF, en licence à 27 ans, parler librement de ce qu’il ne connaîtra jamais, à savoir le monde du travail.

greta-thunberg-parodie-yes-vous-aime-une.jpg

En Afrique, sur le parking de l’aéroport international, à une barrière automatique qui distribue un ticket avec une machine identique aux équipements européens, un type était préposé à prendre le ticket et le tendre au chauffeur de taxi dont le bras ne semblait pourtant pas trop court. J’y ai vu une parfaite métaphore du socialisme. Pour une excursion, vous ne payez pas un tarif clairement connu à l’avance ni un nombre restreint de prestataires, leur nombre gonfle puisque l’occidental est un ATM ambulant, contraint de servir des bakchichs à tire-larigot dans un pays où ceux qui ne sont pas salariés de l’état clientéliste vivent du marché noir avec une autre monnaie, le dollar. Voilà ce qui arrive quand l’état se disperse, n’applique plus le droit et entretient ce parasitisme qu’il paie forcément mal pour des raisons bassement budgétaire. Corruption, inefficacité économique, parasitisme, bordel sympathique pour le touriste mais qui expose au grand jour les difficultés de survie au quotidien quand l’état est aussi déficient.

Pendant que Greta nous culpabilise pour des crimes que nous n’avons pas commis (elle comme d’autres du reste) nous ne regardons pas la réalité en face. A commencer par ce dont nous sommes responsables, de ce délitement de l’état qui par clientélisme social s’enfonce dans l’arbitraire, le grotesque (ne prenait pas votre voiture et le lendemain, bin finalement pas les transports non plus), l’impréparation à l’avenir, l’état étant désormais trop accaparé, voire exclusivement accaparé, à dissimuler la poussière sous le tapis. Au nom de l’écologie, de la lute contre le réchauffement, les technocrates n’hésitent même plus, c’est une foi. C’est moche, j’en viens à regretter l’URSS qui nous servait de piqûre de rappel, qui tempérait encore les ardeurs de nos technocrates.

Publié dans Politique, Sociétal à la con | Tagué , , , | 4 commentaires

L’instabilité : Pas les libéraux seuls cocus mais le pays entier.

Je ne partage pas toutes les analyses du bonapartiste et donc étatiste et dirigiste Eric Zemmour. Il y a un point que je lui accorde volontiers : l’importance de la démographie. Dans un pays vieillissant et angoissé comme la France, où le politiquement correct a conduit la classe politique dans l’abyme et le pays avec, l’arrivée au pouvoir d’une droite « dure » est inévitable, la parenthèse décalée du macronisme lui prépare le terrain même. Décalée parce qu’elle s’appuie sur des principes qui deviennent minoritaires, sociale-démocratie, progressisme social, européisme etc.

A un collègue de gauche se félicitant de l’élection d’Hollande en 2012, j’avais confessé que celui qui avait gagné contre le candidat sans visage, celui de la finance (et non incarné par Nicolas Sarkozy, à juste titre) n’avait que très peu de chance d’être réélu. Voire de finir son mandat, la BCE l’a sauvé, rappelons que plus de la moitié de la baisse du déficit budgétaire est à mettre au crédit de la baisse des taux d’intérêts… Hollande ne s’est même pas représenté. Il finira au mieux comme Chirac, un brave type, sympa mais incapable à ce niveau. J’avais aussi dit que je ne voyais pas le FN de Marine Le Pen l’emporter dès 2017, trop tôt, pas le bon positionnement idéologique et sociologique. Et ce fut Macron qui matérialisa l’UMPS, une alliance contre-nature entre courants de pensée qualifiés trop vite de « modérés » qui ne se sont agrégés que par refus, un refus évidemment moindre qu’en 2002. Cette alliance de technocrates, sociaux-démocrates, était dictée parce qu’il fallait trouver le vainqueur de Condorcet face à la lèpre lepéniste. Macron finira comme Giscard. Trahi par sa droite d’autant plus pour les raisons démographiques que j’ai immédiatement mis en avant. Reste à savoir deux choses pour le moment inconnues. Quelle est la force exacte et la volatilité de l’électorat de centre-droit plutôt libéral qui soutien Macron face à un FN qui avec sa représentante actuelle de la famille Le Pen s’enferme dans un soutien cohérent mais maléfique du socialisme français?

Tout le monde politico-médiatique regarde la dernière version de l’entreprise Le Pen, le FN 3.0 que pourrait incarner Marion Maréchal Le Pen, moi le premier tant j’ai perdu confiance dans ce que le parti de centre-droit pouvait produire. Ses tares sont connues et abondamment discutées. Elle a pour elle le nom sulfureux qui peut entraîner autour d’elle les déçus de Chirac et plus récemment de Sarkozy. Sur un positionnement plus raisonnable face au socialisme qui ruine – dans tous les sens du terme – le pays elle peut capitaliser des soutiens. Et si l’immigration, normalement pas un problème reflétant l’attractivité du pays au fond, posait un enjeu civilisationnel? La réponse libérale dans un pays qui dilapide avec allégresse plus de la moitié de la richesse produite en transferts sociaux communistes en plus des nécessaires dépenses régaliennes n’a pas grand sens. Même revenir au niveau de la Suisse, le niveau de la France de De Gaulle et Pompidou quand les deux pays avaient le même niveau de richesse est strictement impossible en un mandat, voire même en deux (baisser les dépenses publiques de 57% du PIB à moins de 40%).

Le plus important à celui qui veut « sérier les problèmes » c’est de bien voir que la démocratie, la liberté politique donc, est gravement mise en péril par des gens qu’on qualifie imprudemment de « libéraux » comme Macron. Fait rare et nouveau, cette soumission au politiquement correct, à l’extrémisme qui combat le libéralisme est opéré par des gens soit-disant centristes. Pour le comprendre il ne faut voir que le niveau de désinformation général qui explique que des opinions au centre du jeu puisse dériver à ce point vers l’arbitraire, la magie (l’obscurantisme vert traité avec une mansuétude ahurissante), si loin de ce que le bon sens commanderait naturellement. La Marion 3.0 est une proie facile tant la défaite de la tante était grossière, prévisible. C’est si facile d’opposer au pur produit de la connivence entre les élites administratives et les grandes firmes corruptrices, qui cherchent à effacer les vertus de la concurrence, une figure de proue repoussante. Marine Le Pen été un formidable, miraculeux repoussoir. Je pose juste une question terrible: Et Si la Marion 3.0 démontre son réel talent, ses intuitions et sa capacité à déjouer l’instrumentalisation machiavélique du système pour qu’elle soit battue face à un technocrate socialisant, ne serait-ce pas une preuve de sa capacité à gouverner « convenablement » ?

Publié dans Politique | Tagué , , , , | 1 commentaire

La droite 8%

Un sondage commandé peu après l’installation de Laurent Wauquiez à la tête du parti LR le donnait à 8% au premier tour de l’élection présidentielle en prenant comme hypothèse qu’on reprenait les mêmes candidats de 2017 et lui comme figure de proue LR. Ses soutiens et les derniers aveugles soutenant mordicus ce parti à la dérive criaient à la manipulation grossière et hurlaient « vous verrez ce que vous verrez!« . Bien, nous avons vu. Je ne prédisais pas un avenir radieux à LR, la déconfiture de ce parti, sonné et un genou à terre après les législatives se poursuit et ce, malgré l’inquiétante bouillie idéologique du macronisme. Wauquiez n’aura même pas tenu 2 ans en place, conformément à ce que je pressentais.

Laurent-Wauquiez-930x620_scalewidth_961

Certes ces élections s’annonçaient mal pour un parti fondamentalement fracturé sur les questions européennes. Si on croit les sondages, le sympathique FX Bellamy a semblé faire décoller les sondages avant de retomber comme un soufflé. Jeune, poli, capable d’argumenter et agréable à écouter, le jeune philosophe avait le profil pour retarder les échéances mais l’inertie de la défaite était trop lourde. Pire, tandis que Macron multipliait les stimulis pour son aile gauche en relâchant ses timides ambitions de réduction de dépense publique couplées à un fatras d’imbécilités écologiques, c’est finalement son électorat de centre-droit qui s’est mobilisé pour le sauver d’une claque face à la nullité Marine Le Pen.

ump-arbre-sec-300x156

Depuis la primaire de 2016 le doute n’est plus permis. Contrairement à ce que des idéologues conservateurs, identitaires et maladivement antilibéraux, le centre droit ne vote pas contre ses idées en se détournant systématiquement du FN ou même de LR droitisé façon Wauquiez. Il n’a tout simplement pas ces idées là. Même un social-démocrate arrogant fait l’affaire. Il ne s’agit pas de préférer son porte-feuille à ses convictions mais juste que la droite étatiste, dirigiste, plus ou moins autoritaire ne fait bander que les excités prêts à fermer les yeux sur les propos socialistes de Marine Le Pen pourtant disqualifiée à jamais après le débat d’entre deux tours. Chirac avant et Sarkozy ensuite ont cocufié tous les courants de pensée de la droite. LR sans être souverainiste, libérale ou conservatrice en se présentant comme une synthèse à la Hollande c’est donc 8% et c’est mérité.

Marion-Marechal-Le-Pen-se-dit-d-une-generation-saoulee-par-les-valeurs-de-la-Republique-qu-on-nous-serre-en-permanence

Si l’ambition de Wauquiez, de Marine Le Pen ou de Marion Maréchal est de reconstituer le RPR alors ils resteront assurés de perdre l’élection présidentielle de 2022. Nouveau paradoxe pour Macron, c’est au moment ou il songe aller à gauche qu’il est sauvé dans les urnes par sa frange libérale de centre-droit. Plus que jamais il y a un espace pour expliquer les vertus de remettre l’état à sa place et laisser seuls les identitaires socialisants qui voteront RN dans le futur, la plupart de ces électeurs ne devraient même pas être qualifiés d’électeurs de droite en vérité… Comme tout parti de droite, LR doit trouver une figure charismatique mais qui au lieu de vendre du protectionnisme et parler d’assistanat aux plus fragiles doit parler des vertus de la liberté, d’un travail qui paie et d’une justice implacable y compris au sommet de l’état. Tout ce que faisait fort mal Laurent Wauquiez.

 

Publié dans Politique | Tagué , , , , | 4 commentaires

Britain May had a problem

Fin de l’acte 1 de la farce Brexit. May démissionne enfin à l’issue de la pantalonnade de la veille : la participation des britanniques aux élections européennes, 3 ans après avoir exprimé leur volonté de quitter l’union. Après avoir tenté à plusieurs reprises de faire valider son accord de sortie en espérant vainement que l’expiration du délai accordé par l’article 50 exercerait une pression, avant de finalement implorer à Bruxelles un report, son sort et son échec étaient finalement scellés. Mais comment en pouvait-il en être autrement? Comment ratifier un accord de sortie avec un parlement majoritairement hostile au Brexit et incapable de prendre le risque de jouer sa peau face à l’UE (hard Brexit) ? Comment diriger un pays et pour commencer un parti conservateur qui refuse de trancher un question lancinante dans ses rangs depuis près de 20 ans?

 

Ce soir, les éloges pleuvent à Paris. La démission sur fond d’échec d’un chef d’état anglo-saxon de droite, c’est si rare et si savoureux qu’on peut même entendre des journalistes français de gauche (pas un pléonasme pour une fois) saluer le courage (à défaut de clairvoyance politique dirons-nous) de Theresa May. Plus regrettables sont les commentaires venus de gens ordinairement fins, prétendument libéraux, mais dont l’eurobéatitude ruine misérablement leur appréciation sur cette situation.

Revenir ce soir sur le référendum n’est pas plus pertinent qu’hier ou de le faire demain. Si Nigel Farage est eurodéputé depuis 1999, si David Cameron s’est mis en tête d’aller négocier des aménagements pour que l’UE s’occupe davantage de l’essentiel que de calibrer les pommes ou le volume de notre chasse-d’eau, entre autres, cela ne doit pas s’expliquer uniquement par la simple maladresse, le manque de sens politique. Quant à la nature du débat d’une question qui hante la politique locale depuis 15/20 ans, doit-on rappeler les innombrables bobards des remainers? S’agissant du coup de poignard (mais admirable sur le plan tactique) à des « alliés » Lib-Dem, avec l’annonce de la tenue du référendum après les élections générales de 2015, il faut encore rappeler quelques vérités trop facilement passées sous le boisseau. Les sympathiques Lib-Dems ont été bien plus occupés à renforcer l’intégration de l’UK dans l’UE et à légaliser le mariage homo plutôt qu’aider Cameron et Osbourne à ramer face aux gauchistes sponsorisés par la BBC sur l’opportune baisse des dépenses publiques. Et surtout, quand devient-il légitime d’interroger la population par référendum? 60% ? 70% ? 90% dans les sondages? On ne peut pas savoir puisque même perdu nettement, auprès de ces brillants démocrates europhiles, le résultat final ne suffit toujours pas à enterrer le soupçon d’illégitimité. Preuve que la légitimité ne découle pas d’un coup de sang, d’une humeur passagère. L’envie de Brexit polluait de plus en plus les débats internes de la droite et des libéraux eurosceptiques anglais, et surtout, depuis belle lurette. Nos commentateurs/experts/politiciens refusent d’analyser pourquoi. Dommage et c’est certainement la raison pour laquelle ici les envies de Frexit trouvent des motivations hélas bien plus socialistes que libérales.

Qui pour l’acte 2 de la farce anglo-bruxelloise? Nos mêmes médias et grands penseurs officiels sont révulsés à l’idée que ce soit le truculent Bojo. Vous savez ce crétin impulsif mal coiffé qui a déserté les rangs alors présenté comme l’un des principaux artisans du Brexit (alors que Farage avait fait probablement 99% du travail). Boris a tellement déserté les rangs du parti conservateur qu’il a été éphémèrement ministre de Theresa May et a démissionné quand il avait compris qu’elle n’avait aucune chance de parvenir à un accord satisfaisant. Un moment pressenti à la place de May, il avait déclaré ceci (et sentez combien chaque mot a été pesé par cet abruti impulsif, la PUNCH LINE prémonitoire):

 

Outre le biais de confirmation qui embrume nos esprits les plus brillants, ceux-ci souffrent aussi de confondre petite histoire (l’actualité, le bruit médiatique) avec les tendances plus lourdes, l’Histoire. Malgré les inimitiés personnelles, le manque de courage et/ou de convictions dictés par des impérieuses nécessités matérielles qui découlent sur des choix erratiques, des lourdeurs tant politiciennes, journalistiques que bureaucratiques, les choses avancent un peu au Royaume-Uni (Et s’il en sort encore Uni, la gifle sera saignante pour l’UE, Barnier & cie, salauds aussi sur la question irlandaise bien plus que sur celle des socialistes europhiles mais surtout pétrolifères d’Ecosse). Après la crise il fallait faire des choix politiques forts sur le plan économique, Cameron les a fait, l’économie britannique l’en remercie aujourd’hui. Il faut désormais placer à Westminster une majorité de Brexiters prêts à en découdre, au hard Brexit s’il le faut pour que la farce prenne fin. C’est en cours car chez les anglais pragmatiques, on sait sérier les problèmes. J’ignore comment cela va se faire, s’il faut casser le parti conservateur (les travaillistes socialistes avec Corbyn n’arriveraient même pas à gagner en France, c’est dire) ou que Farage et son nouveau parti oblige une coalition temporaire, mais ça va se faire. Surtout si comme on peut ce soir le supposer, le Brexit Party est arrivé très largement en tête des élections d’hier et avec des torries au pied du mur, dans l’obligation de changer bien plus que la pauvre Theresa May.

 

Publié dans Politique | Tagué , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Le socialisme de droite et le mitterrandien

Depuis des années un hoax a la vie dure, celui sur la loi du 3 janvier 1973 qui serait donc responsable de l’envolée de l’endettement de notre beau pays. Cette théorie bancale présente la dette comme le fruit d’un complot sournois de nos politiciens traîtres à la Nation. Plutôt que faire tourner la planche à billet pour monétiser cette dette on a du à la place payer des intérêts à des vilains banquiers et la méchante finance internationale qui « ne présentera jamais sa candidature mais qui gouverne pourtant« .

Quand cette loi fut rédigée par des technocrates pour des technocrates, la France n’avait aucune dette ou presque, un taux de chômage ridiculement bas et une croissance plus jamais observée depuis. Aucun rapport entre le mécanisme d’escompte et la dette et pourtant… Ce hoax est apparu avant que Draghi ne lance son programme de rachat de dettes sur le marché secondaire donc une forme de planche à billet. La BCE fait très exactement ce que réclament des « économistes » de gauche, hostiles à l’€ pour pouvoir manipuler le franc. Le hoax survit encore. Donc c’est bien le procès en légitimité de la dette et donc la volonté de la répudier qui est à l’oeuvre. Hélas là encore, les français l’ont voulu, ils sont nuls en économie certes, ils sont surtout complices de ces politiques, les baby-boomers en tête.

Revenons donc aux fondamentaux. Il y a création de dette quand le budget est déficitaire or nous savons que depuis la fin des années 70 aucun budget voté n’a été en équilibre y compris dans les périodes d’expansion économique. Reagan n’a voté aucun budget en équilibre mais en remontant la croissance des USA, ses capacités de remboursements ont accru aussi. Il faut regarder l’évolution de la dépense publique vis à vis de la création de richesse, des montants des impôts et de la dette pour mieux apprécier les différents styles de pilotage. Gardons en tête que la comparaison entre un stock et un flux est délicate notamment à cause des taux d’intérêt. Chacun comprendra qu’un pays sainement géré peut plus facilement s’autoriser un déficit budgétaire temporaire quand son endettement en % du PIB est bas que lorsqu’il est élevé. Si le keynésianisme a des vertus temporaires, sur plus de 40 ans, ce mode de pilotage est en revanche tueur.

evolution-depense-publique330px-Dette_publique_France_1979-201701-prelevements-obligatoires-france-1

Que constate-t-on? Que les présidents officiellement socialistes ont beaucoup augmenté les dépenses publiques mais que pour contenir le déficit budgétaire différentes stratégies ont été mises en oeuvre. Valéry Giscard d’Estaing a fortement augmenté les impôts pour tenter d’équilibrer son budget. J’appelle ça du socialisme de droite. Mitterrand a quant à lui, augmenté le recours à la dette puisque, contre toute attente (créations d’impôts dont les idéologiques IGF/ISF) il a peu augmenté les impôts. Chirac et Sarkozy ont consacré une nouvelle ère mixte de dette et d’augmentations des impôts avec des succès mitigés que l’ont connaît. Hollande a fortement augmenté les impôts ravivant le socialisme de droite de VGE. Macron part sur le même mode, Giscard pour commencer et s’il relâche les contraintes comme récemment annoncé, il pourrait tenter de finir en mode Mitterrand : l’exact opposé de Sarkozy parti en mode Mitterrand et terminant en mode VGE.

Les français sont complices de cet endettement : ils réélisent le socialisme mitterrandien et sanctionnent le socialisme un poil plus rigoureux sur le plan budgétaire. Ils sont à la fois socialistes et libéraux. Libéraux car ils n’aiment pas les augmentations d’impôts et comprennent bien vite que cette rigueur budgétaire ne leur est pas utile. Ils sont socialistes car ils ne voient pas le danger de reporter à plus tard, sur les générations futures le fardeau de la dette. Le malheur français est donc double : incapacité à baisser les dépenses publiques en comprenant qu’une économie bien portante est indiscutablement plus protectrice que ces dépenses sociales qui nous étouffent. Incapacité à voir le transfert d’impôt des baby-boomers vers les plus jeunes et la bombe à retardement, signe d’un blocage générationnel, de la perte de sens de cette société socialisée et de la déresponsabilisation des individus mais c’est un autre débat, probablement majeur lui aussi.

Publié dans Eco | Tagué , , , , , , , , , , | 2 commentaires

Social-démocratie = technocratie, le nouveau visage du socialisme

Il m’arrive souvent ici de fustiger le positionnement contradictoire des centristes – quelle que soit leur formation politique – tant ils sont incapables de dissocier les mots « liberté » et « social« . Ce n’est pas seulement une soumission au politiquement correct qui a durablement installé l’idée qu’une politique promouvant la liberté individuelle était nécessairement antisociale. Tout esprit critique normalement constitué devrait songer immédiatement aux merveilleux résultats de 40 années de socialisme quasi-ininterrompues en terme de chômage, pauvreté, dette du pays, et stagnation du PIB par habitant par rapport à nos voisins ayant fait des choix différents. Après 2 années en Macronie, seuls les communistes arrivent encore péniblement à se convaincre qu’il y a des traces de libéralisme dans la sociale-démocratie LREM. En réalité aux expressions stupides de journalistes paresseux tel que le fameux « néo-libéralisme » il faudrait parler du « néo-socialisme« . Le macronisme est un nouveau socialisme.

 

Le social-démocrate serait-il un progressiste qui mélangerait plus subtilement le recours à des politiques publiques constructivistes avec le marché, avec plus de « pragmatisme »? Cette dernière expression – qu’on entend souvent – sonne comme un aveu d’échec des politiques purement planistes que les socialistes voulaient mettre en place jusqu’à un passé récent. En réalité le pragmatisme masque mal la vacuité idéologique qui caractérise les élus de La République En Marche, aile droite du PS et leurs ralliés de la droite socialiste tout aussi dépourvus de colonne vertébrale intellectuelle. Autour de Macron, figure de proue de la technocratie française mais présenté comme pragmatique, on trouve d’étranges personnages que Nassim Nicholas Taleb appelle les IYI : Intellectual yet idiot. Examinons un cas typique en la personne de Brune Poirson. Solide formation dont la London School of Economics, passage dans le privé et qui déclare ceci maintenant qu’elle est ministre:

 

 

La phrase n’est pas sortie du contexte : il suffit de remonter son fil twitter pour constater l’effrayant planisme soviétisant de la ministre au sourire charmant. Ils ont fait de bonnes études, ils ont été grassement payés par le secteur privé – enfin on y regardant de près leurs activités, on voit des jobs rendus nécessaires par des états occidentaux de plus en plus interventionnistes – ils se croient donc très malins et pourtant, ils sont totalement crétins. Ils ont cette croyance funeste, cette prétention insupportable, celle de la présomption fatale, de savoir mieux que le marché. Les technocrates russes étaient des porcs, des incultes, ils n’avaient pas fait l’ENA ou la LSE c’est probablement pour cette raison qu’ils se sont plantés… Ces crétins pourtant éduqués ne jouent pas leur peau, ils jouent aux entrepreneurs dans leur Start-up nation fictive avec l’argent des autres sans jamais assumer les risques financiers qu’ils vont courir aux contribuables. Ils sont donc au moins aussi dangereux que les anciens socialistes.

 

Macron n’a pas été élu pour changer le modèle mais juste pour le rafistoler, pour qu’il tienne un peu plus longtemps. Personne en France ne semble s’être interrogé sur les raisons pour lesquelles Gorbatchev n’a jamais réussi à revenir aux affaires, à quelque échelon que ce soit, en Russie après la chute de l’URSS alors que sa politique l’a fait aduler en occident. Les russes semblent regarder sa politique comme une tentative désespérée de sauver un système qui coulait et non pour assurer une transition vers la liberté. Macron fait de même et avec son équipe de technocrates. Deux conséquences se dessinent de plus en plus clairement : il va échouer et il sera un pestiféré une fois battu.

Publié dans Politique | Tagué , , , , | 2 commentaires