Recompositions politiques et avenir de la droite

 

Un an avant l’élection présidentielle, sur les ondes de BFM Business, l’ancien ministre Alain Madelin appelait de ses vœux à une union nationale des réformateurs. L’idée directrice était simple; le FN, en la personne de sa présidente, serait au second tour et qu’il fallait le battre par un agrégat de réformateurs venus du centre droit au centre gauche. Madelin fut exaucé après la tempête médiatique qui s’est abattue sur François Fillon alors que le scénario principal, jusqu’à la fin de l’automne, était l’élection de celui qui sortirait vainqueur de la primaire de la droite. Avant même l’affaire, en analysant les courants de pensées constituant la droite, certains observateurs de la droite française se doutaient qu’elle s’est réjouie trop hâtivement de la destruction du Parti Socialiste opéré par le président Hollande. Les racines du mal étaient très profondes. La droite n’a pas plus réfléchi après 2012 que la gauche en 1995 sur l’héritage mitterrandien ou en 2002 sur la déconfiture de Jospin.

Dans plusieurs articles parus cette année, je me suis demandé ce qui signifiait encore être de droite, ce que la droite avait encore à proposer ou devait proposer à l’avenir. Il est évident que si l’échec du quinquennat de Nicolas Sarkozy ait donné lieu à tant d’interprétations contraires, c’est que l’UMP était un parti fourre-tout abritant des sensibilités politiques trop peu conciliables. L’interprétation via le diagramme de Nolan du premier tour avec 4 blocs quasiment aussi puissants laissait entrevoir le score final, les institutions et l’histoire des idées politiques en France, l’embarras des adversaires à Emmanuel Macron. Avec des élections à deux tours et une fusion des orléanistes (libéralisme/européisme) avec les bonapartistes (étatisme/souverainiste) pour un parti finalement étatiste/européiste (le pire des idées de l’UDF et du RPR), il était évident que le FN serait renforcé (étatiste/souverainiste) mais avec aucune chance d’être élu. 2 esprits brillants nous éclairent sur la soumission au politiquement correct de la droite française, le québécois conservateur Mathieu Bock-Côté, et, sur l’absence d’une droite soit libérale soit conservatrice ou encore moins un mélange des deux, avec Frédéric Saint Clair.

 

Bien que la droite ne soit pas morte même si durablement enfoncée, la stratégie de Laurent Wauquiez reste floue et son espace politique restreint. Attaquer Macron sur l’économie alors qu’en énarque, il pense la même chose, ne sert à rien. Ne conserver que l’identité et c’est marcher sur les plates-bandes du FN… Une droite qui demeure ni libérale ni conservatrice ne sert donc à rien. Même avec Floriant Philippot dehors, le FN ne semble pas pressé de ranger au placard ses idées qui ne le distingue pas des insoumis. Rien d’étonnant, Marine Le Pen pense exactement la même chose que son ancien petit aide de camp. Une question vient donc à se poser. A quand en France, un parti populiste car anti-élites, qui ont lamentablement échoué ses 40 dernières années, sur fond de discours libéral dénonçant en particulier la connivence entre politiques, médias propriété de grandes fortunes qui traitent avec l’état? Ce populisme là ne m’inquiète pas et il semble se renforcer au nord de l’Europe alors qu’il est toujours étonnement absent en France et en Italie.

A propos Duff

Ingénieur consterné par le monde dans lequel il vit...
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2 commentaires pour Recompositions politiques et avenir de la droite

  1. Monstrueuse et presque incroyable erreur de Frédéric Saint Clair, perdu comme beaucoup dans le commentaire sportif plutôt que la volonté: Macron serait « libéral »…
    Il ne l’est pas: il augmente les impôts, étatise et ne touche à aucun des fromages, dépenses publiques, fonctionnaires et retraites. C’est une socialiste en fait et s’il attire les crétins centristes, c’est à cause de son libéralisme social et de mensonges éhontés qui ne convainquent que les faiblards incultes incapables de comprendre le trop subtil carré de Nolan.
    Vous ne semblez pas tout à fait trompé, mais restez entre deux eaux…
    Le point nodal est le Gaullisme, que Saint Clair ignore superbement: il est vrai que quand on ne s’intéresse qu’au foot…

    • Duff dit :

      Cher François,

      Saint-Clair m’a fait bondir aussi à ce moment là. J’ai trouvé le reste de son argumentaire assez clairvoyant sinon. Dans notre pays tout est décalé si on garde en tête l’évolution de ces 40 dernières années. Un Denis Tillinac s’affiche avec bonheur comme étant « réac » alors qu’il est favorable à libre entreprise et pour se faire à un état modéré, concentré sur ses missions régaliennes et juste conservateur sur les questions dites sociétales. Un mouvement comme LREM apparaît pour beaucoup comme libéral alors qu’il n’est que social-démocrate. Les premiers signaux montrent que les inepties de Marlène Schiappa ne sont que des artifices secondaires et que Jean-Michel Blanquer ne cédera rien au relativisme libertaire avec l’appui du président et de la majorité.

      Une fois dit cela, je concentre mes réflexion sur la droite car je n’attends rien de la gauche même modérée enfin débarrassée de son aile gauche marxiste et libertaire. C’est à la droite qu’il revient de restaurer des valeurs et des idées qu’elle a soit abandonné ou que la gauche méprise ouvertement par hégémonie culturelle aujourd’hui totalement déplacée. Voir le libéralisme renaître timidement au centre gauche me semble tellement saugrenu. La droite française a été d’une telle nullité, d’une telle servitude vis à vis de la gauche dans la période 1989/1991 où tous les régimes de gauche se sont effondrés. « La grande parade » disait Jean-François Revel, le fait que dans les années 90 le PS ne se soit pas coupé de son aile gauche et définitivement des communistes ou de leur réincarnation verte était un scandale sans nom qui aurait du écarter la gauche française pour 20 ans. Au lieu de ça on a eu Jospin dès 1997 et Sarkozy qui devait opérer une rupture autant avec le socialisme mitterrandien que la social-démocratie chiraquienne en 2007.

      Que de temps perdu… Pourquoi? Parce que les dirigeants de droite se sont convaincus d’une idée soufflée par la gauche en perdition : le peuple, il faut s’en méfier, il pense mal. Et donc il vote mal. Explication magique pour s’exonérer de ses fautes ou des turpitudes de la gauche mais qui aurait du galvaniser la droite. Quelque part la manif pour tous a sonné la charge, la rue avant les politiques. L’absence d’idées conservatrices et/ou libérales à droite n’a que trop duré. Les politiciens soit disant de droite en France ont toujours un métro de retard et apparemment ça ne s’arrange pas. La conquête du pouvoir par la ruse semble toujours de mise malgré les coups de tonnerre qui s’empilent. 2002 était l’avertissement sans frais, 2017, l’année où tout éclate au grand jour. Surtout si les révélations sur Fillon viennent de son propre « camp »…

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